L’incroyable incapacité d’Hillary Clinton d’accepter la défaite

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L’incroyable incapacité d’Hillary Clinton d’accepter la défaite

Publié le 6 juin 2017
- A +

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Difficile de battre Hillary Clinton dans l’art du déni. Si elle avait investi autant d’efforts dans une course efficace à la présidence que dans la recherche approfondie des raisons de ses insuccès, elle serait à la Maison Blanche.

Mais ce n’est pas Hillary. Hillary ne fait pas d’erreurs. Elle est la victime des gens qui l’entourent, des organisations où elle oeuvre, des partis politiques et, ultimement, de l’électorat. Tous ses problèmes viennent de l’extérieur. Elle n’y est pour rien.

Hillary Clinton assume la responsabilité de toutes les décisions qu’elle a prises dans sa campagne électorale, « mais ce n’est pas pour cela que j’ai perdu », dit-elle. Elle l’a bien expliqué dans une longue entrevue avec deux journalistes sympathiques à sa cause, Walt Mossberg et Kara Swisher. L’entrevue mérite d’être écoutée tellement elle défie l’imagination.

La défaite d’Hillary Clinton n’aurait rien à voir avec elle !

Les raisons de la défaite d’Hillary Clinton sont tellement nombreuses que lorsqu’on suit l’ex-secrétaire d’État à toutes les tribunes où elle se rend, il devient difficile d’établir un ordre de priorité dans les causes de sa débandade.

L’un des éléments-clés de sa défaite a été, selon elle, la relance, le 28 octobre 2016, par le directeur du FBI, James Comey, de l’enquête sur sa messagerie privée de secrétaire d’État. La candidate démocrate affirme avoir perdu des plumes dans les intentions de vote après cette annonce de James Comey dans une lettre au Congrès. J’aurais gagné si l’élection présidentielle avait eu lieu le 27 septembre plutôt que le 8 novembre affirme-t-elle.
Et à cet élément il faut ajouter, selon Hillary Clinton, que l’intervention de James Comey a été motivée par la découverte d’éléments d’information fantoches qui auraient été émis par des sources russes.

Les Républicains, souligne-t-elle, se spécialisent dans les contenus bidons conçus en Macédoine pour distribution dans les algorithmes de recherche sur internet alors que les Démocrates se concentrent sur les messages traditionnels.

Mais il faut aller plus loin. Selon la démocrate, il ne faut pas sous-estimer le fait qu’on aurait empêché beaucoup d’électeurs de voter au Wisconsin, un État qu’elle était certaine d’emporter.

Le fait qu’Hillary Clinton ne se soit pas rendue au Wisconsin pendant la campagne électorale n’est pas un facteur de défaite semble-t-il.

Hillary Clinton blâme son propre parti !

Là où l’entrevue de l’ex-Secrétaire d’État avec Walt Mossberg et Kara Swisher étonne, c’est quand elle s’en prend au Parti démocrate. Je ne dois rien au Parti démocrate dit-elle. Le parti était en faillite et son réseau d’information était tellement inadéquat que j’ai dû y injecter mon propre argent. Le Parti démocrate a pourtant été derrière elle avec une vigueur qui a mené son adversaire Bernie Sanders à se plaindre du favoritisme pro-Clinton de la part du parti.
https://twitter.com/RepStevenSmith/status/870027437849104384

Hillary en veut au New York Times

S’il y a un quotidien majeur aux États-Unis qui ne fait pas de mystère de sa sympathie pro-démocate, c’est bien le New York Times. Le quotidien a même pris la peine de s’excuser d’avoir sous-estimé le momentum de Donald Trump lorsque le milliardaire a accédé à la présidence.


Mais malgré ce biais pro-démocrate, Hillary Clinton s’en prend au New York Times qu’elle accuse d’avoir couvert l’histoire de l’utilisation de sa messagerie privée comme secrétaire d’État  »comme s’il c’était agi de Pearl Harbor ».

Il est difficile de reprocher aux médias d’avoir favorisé Donald Trump dans leur couverture.
https://twitter.com/RepStevenSmith/status/870029340205080580
Les sympathies pro-Clinton étaient assez évidentes chez plusieurs journalistes.

Hillary Clinton affirme qu’elle a été désavantagée par le fait que les Démocrates venaient de remporter la présidence pour deux mandats consécutifs et qu’il est difficile historiquement pour le même parti d’en remporter un troisième. Elle estime que le fait qu’elle était largement favorite pour l’emporter a aussi joué en sa défaveur.

Barack Obama est devenu le premier président noir parce qu’il était attirant ?

Hillary Clinton ajoute que les gens ont déjà une idée du look d’un président et qu’il était difficile de succéder à un homme aussi charmant que Barack Obama. Pour elle, il aurait remporté la présidence en 2008 en tant que Noir parce qu’il avait une très belle apparence… Un commentaire qui en a fait réagir plusieurs…

Lorsque l’on évoque l’apparence physique des candidats, l’argument de la misogynie n’est pas très loin. Il n’est pas convainquant à l’ère moderne pour le choix de chefs d’État. L’Allemagne compte une présidente, Angela Merkel, depuis 2005. La Grande-Bretagne est dirigée par Theresa May et a bénéficié du leadership de Margaret Thatcher en 1979. Comme l’écrit Peggy Noonan dans le Wall Street Journal, peut-être qu’Hillary Clinton n’a pas envisagé l’hypothèse qu’elle était la mauvaise candidate au mauvais moment ?

Les causes de la défaite dont Hillary Clinton ne veut pas parler

Hormis le fait qu’elle voulait devenir la première femme présidente, Hillary Clinton n’avait aucune vision à présenter. Elle était juste contente de poursuivre le travail accompli par Barack Obama pendant ses deux mandats. Candidate de la continuité, elle a été surprise par la force de la candidature d’un candidat qui s’annonçait plutôt marginal, Bernie Sanders.

Mais Bernie Sanders a séduit les jeunes par ses propos anti-establishment et ses discours inspirants. Son dynamisme et son authenticité ont tranché avec le style froid et calculé d’Hillary Clinton. Elle a eu plus de misère que prévu à vaincre Bernie Sanders. Plusieurs des partisans du sénateur du Vermont ne voulaient rien savoir d’Hillary Clinton et ne se sont pas présentés à l’isoloir. Dans la multitude de causes évoquées pour sa défaite, Hillary Clinton n’a pas un mot sur Bernie Sanders.
https://twitter.com/lraknnam/status/870519148228427776

Mépris et absence d’auto-critique

Le politicien qui méprise l’électeur finit toujours par se dévoiler. Lorsqu’Hillary Clinton a qualifié les partisans de Donald Trump de personnes mal informées et pitoyables, elle a commis une bourde majeure qui lui a fait mal dans les États dont elle avait absolument besoin pour aller chercher les grands électeurs.

Contrairement à ce qu’Hillary Clinton affirme, ce ne sont pas les Russes qui lui ont fait mal au Wisconsin, en Ohio et en Pennsylvanie, mais le fait qu’elle n’a pas fait campagne activement dans ces États-clés.

Lorsqu’il a regardé l’entrevue d’Hillary Clinton avec Walt Mossberg et Kara Swisher, l’ancien stratège de la campagne présidentielle de Barack Obama, David Axelrod s’est écrié « Ce n’est pas James Comey qui a dit à Hillary Clinton de ne pas faire campagne au Wisconsin. Il faut vraiment travailler très fort pour perdre contre Donald Trump.

Avant même le début de la campagne électorale d’Hillary Clinton, David Axelrod s’était demandé si Hillary Clinton avait appris de ses erreurs de 2008 alors qu’elle avait de la difficulté à articuler son message et à organiser sa campagne. Il a eu sa réponse.

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  • il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ;

  • Le point « good looking man » à propos d’Obama est phénoménal! Elle avait en face d’elle Trump, un homme particulièrement laid (son physique comme sa personne).

  • Nous avons donc la chance d’avoir évité une authentique personnalité paranoïaque, genre Nixon en pire….

  • La vanité de cette femme ne lui permet pas de tirer des leçons de ses échecs et de ses erreurs! Heureusement que cette incompétente corrompue n’a pas été élue. Son passage au département d’état a montré qu’elle n’est pas faites pour le Job!

  • Peut être que c’est parce qu’elle a perdue aux USA, que les socialos français ont mis un « good looking man married with an no younger wife ».
    Afin que les ménagères de plus de 65 ans soient toutes amourachées d’un président qui ressemble un peu beaucoup à JFK, ce tant aimé président démocrate des USA, qui s’est fait tellement d’ennemis lors de son mandat, que l’on n’a jamais su qui l’avait « éliminé ».
    Parions que l’histoire se répètera de ce coté là de l’atlantique.
    Alors, Daesh, Al quaïda, Isis, les syriens, les turcs, sans oublier les LR, les FI, les extrèmes d’un seul coté, les russes, les allemands (ceux qui veulent leurs rétro-commissions sur la dette française), et même les climato-sceptiques américains.
    A moins que d’ici là nous n’aillons maille à partie avec les iraniens, les quataries, les saoudiens, les frères musulmans égyptiens, et les algériens à qui « il » a fait acte de repentance avant son élection.
    Alors, qui pour jouer le rôle de Lee Harvey Oswald?.
    Alors, gagner avec tant d’ennemis, vaut-il mieux que de perdre avec tant de mauvaises foies personnelles ?.

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