Misogynie ? Ce sont les femmes blanches qui ont rejeté Hillary Clinton

La défaite de Hillary Clinton fait hurler certaines à la misogynie, mais ce n’est pas ce que révèle les chiffres…

Par Daniel Girard

Il fallait s’y attendre… Le décompte des votes n’était pas terminé que déjà les hurlements dénonçant la misogynie pour expliquer la défaite de Hillary Clinton se multipliaient.

La chroniqueuse de La Presse, Rima Elkouri, est parmi les mécontentes. Dans un texte sans données quantitatives et où l’analyse est absente, la chroniqueuse conclut que c’est la misogynie et son fameux plafond de verre qui expliquent la défaite de l’ex-secrétaire d’État.

Ce que Rima Elkouri expose en onze paragraphes a été encapsulé en moins de 140 caractères abondamment sur la toile.

Les femmes ont déserté Hillary

Il m’a été impossible de trouver un seul texte où l’auteur prenait la peine de se pencher sur les données recueillies après le vote pour étayer sa thèse. Peut-être, enfin, parce qu’un examen attentif des chiffres révèle des tendances qui non seulement n’étayent en rien la thèse de la misogynie mais mettent plutôt en relief le rôle des femmes blanches dans la défaite de Hillary Clinton ! 53% des femmes blanches ont voté pour Donald Trump…

En fait, si on sépare le vote par le niveau d’éducation, on découvre que 51% des femmes blanches diplômées ont voté pour Hillary Clinton mais que les femmes blanches non diplômées ont voté massivement pour le milliardaire, dans une proportion de 59% contre 35%. Une dernière statistique qui a sidéré beaucoup de gens.

Évidemment, ce qui ressort de ce genre de Tweets c’est encore une fois, le mépris des élites pour les femmes qui ont choisi d’aller travailler chez Wal-Mart ou d’être serveuse au lieu d’aller à l’Université. Une femme diplômée a voté pour Hillary Clinton et celle qui sert le café chez Dunkin Donut’s a opté pour Trump, donc bien sûr elle a manqué de jugement.

Ce genre de mépris, les femmes non scolarisées le constatent bien, et c’est justement pour cela qu’elles votent pour Donald Trump. Elles se sentent respectées par lui. Quant à Hillary Clinton, ce n’est pas d’avoir été une femme qui lui a été fatal, mais d’avoir insulté de manière gratuite la moitié des partisans de Donald Trump.

Il faudra refaire l’analyse…

Ceux qui voudront analyser de manière crédible la défaite de Hillary Clinton devront donc élargir leur palette de causes s’ils veulent tirer de solides conclusions. A moins que l’aveuglement idéologique ne les rendent imperméables à l’analyse…