Que retenir finalement du mandat de François Hollande ?

Que retiendrons-nous du mandat de François Hollande ? Petit bilan en forme d’analyse critique.

Par Johnathan Razorback.

Toute tentative, même parcellaire, de faire un bilan de la présidence Hollande, doit se décomposer en deux moments. Il faut, d’une part, évaluer la fidélité de l’action du Président au regard des promesses du candidat, les seules à l’engager directement auprès du peuple souverain. Il faut aussi et surtout analyser son (in)action au pouvoir, et ses conséquences pour l’état du pays, sa place sur la scène internationale, etc.

Certaines promesses, reconnaissons-le, ont été tenues. Le site lui.president.fr en dénombre 65 sur 189. Certaines promesses réalisées, ayons l’impartialité de le reconnaître, vont plutôt dans le bon sens.

Les réformes hollandiennes de bon sens

Par exemple, la suspension de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) n’était pas forcément stupide, le principe de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux obéissant à un gestionnarisme comptable plutôt qu’à une définition de l’étendue du service public et de ses besoins. Le problème étant que cette redéfinition n’a pas eu lieu (ou de manière erratique, comme l’a montré l’augmentation soudaine du budget de l’Armée en réaction paniquée aux attentats). Le nombre de fonctionnaires a donc continué à augmenter sans qu’une réforme de l’État, appuyé sur des principes sinon valables, du moins connus, soit entreprise. Les secteurs régaliens continuent de souffrir de sous-effectifs chroniques (Justice en particulier) tandis qu’une jungle d’administrations et d’organismes publics à l’utilité mystérieuse continue de se développer.

La baisse de la TVA dans les secteurs du livre et du spectacle vivant (engagement 44.4, étendue aux billets de cinéma en 2014) permet de favoriser une consommation des ménages qui stagne. Mais cette diminution localisée des impôts n’est qu’une insignifiante goutte d’eau dans un océan de hausses des prélèvements obligatoires.

Le non-cumul des mandats

Au plan institutionnel, le gouvernement socialiste a réalisé l’une des meilleures mesures du quinquennat en parvenant à faire adopter (22 janvier 2014) le non-cumul des mandats (impossibilité de cumuler un mandat parlementaire et un mandat exécutif local), réalisant ainsi l’engagement 48.2 du candidat Hollande. C’est une mesure qui permettra sans doute de limiter le clientélisme politique et de vivifier la démocratie en diversifiant un peu plus le personnel politique. La baisse de 30% du salaire du Président et des ministres (engagement 47.2) était également un geste symbolique appréciable.

Dans le registre sociétal, soulignons l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels. De l’aveu même du Président, c’est un progrès que l’histoire retiendra de son mandat. On se demande ce qu’elle pourra retenir d’autre.

Promesses démagogiques et nuisibles

Mais les problèmes commencent vraiment lorsqu’on remarque que parmi les promesses tenues, beaucoup étaient démagogiques et nuisibles. Il faut alors, non pas reprocher au Président de les avoir tenues, mais au candidat de les avoir formulées en premier lieu.

Par exemple, la création de la BPI (Banque Publique d’Investissement), était largement dispensable. L’État n’a pas à se substituer au marché pour financer quoi que ce soit à la place des épargnants (et avec leurs impôts). Du reste, des collectivistes plus radicaux rêvent déjà de saisir cet outil pour entamer une nationalisation plus poussée du crédit, vieux fantasme socialo-soviétique.

Gaspillage d’argent public

Le contrat de génération et les emplois d’avenir (sic) subventionnés sont certes des promesses tenues, mais un fiasco économique et un gâchis (de plus) de l’argent du contribuable. De surcroît, les études semblent montrer que le passage par ces « emplois d’avenir » a éloigné du marché du travail ceux qui en ont « bénéficié », en créant des doutes sur leurs capacités professionnelles.

Il y a également eu nombre de promesses, bonnes ou mauvaises, qui n’ont pas été tenues.

Inutile de commenter, sans doute, l’engagement 22. (« Faire construire 2,5 millions de logements »), sommet pharaonique de démagogie planificatrice.

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (engagement 49.1) n’a (quoi qu’on en pense) pas été réalisée.

L’énorme déficit public

Le déficit public n’est pas revenu sous la barre des 3% (engagement 9.1) en 2013 (ni depuis…), comme était censé l’imposer le TSCG (et avant lui, le Traité de Maastricht). Il est assez remarquable de voir les dirigeants européistes passer leur temps à signer des traités pour enfreindre ensuite les règles qu’ils ont eux-mêmes élaborées. L’ère du vide est aussi celle du n’importe quoi.

Puisqu’on parle du TSCG (officiellement appelé traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, informellement connu sous le nom de traité Merkel-Sarkozy), que le Président Hollande n’a pas renégocié, contraire à ses engagements…

Durant sa campagne, Hollande avait annoncé qu’il bloquerait les orientations budgétaires promues par l’Allemagne s’il n’obtenait pas de « mesures de croissance ». À peine élu, il avalisa le pacte budgétaire européen, qu’il avait pourtant promis de renégocier. Élaboré en pleine crise de l’euro, ce traité pose le principe d’un retour à l’équilibre des finances publiques des États, leur imposant des trajectoires de redressement extrêmement contraignantes. Hollande dut s’y résoudre : il signa le traité dans des termes strictement identiques, à la virgule près, à celui élaboré fin 2011 par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel…

— Gérard Davet & Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…, Éditions Stock, 2016, 662 pages, p.286.

Il faut se souvenir qu’il tenait largement aux exigences des contribuables allemands, pris au piège de l’euro, et inquiets d’avoir un jour ou l’autre à payer pour les gabegies financières de l’Europe du sud (on se souvient de la crise grecque), que la France semble pressée de rejoindre dans l’abîme. Compte tenu de ce rapport de forces interne à l’euro-zone, M. Hollande a versé dans une démagogie facile en promettant de mutualiser les dettes souveraines par le moyen des « euro-obligations » (engagement 11.3).

Là encore un engagement non-tenu, et pour cause, il était d’emblée intenable, car il revenait à prétendre faire payer des peuples étrangers pour des décisions de politique intérieure sur lesquels ils n’ont aucun contrôle (l’Union européenne n’étant pas – et sans doute pas promise à devenir un jour – un État fédéral).

Créations de postes : mauvaise promesse non tenue

Le candidat socialiste avait également promis de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale au cours de son quinquennat. Autre (mauvaise) promesse non tenue. M. Jean-Luc Mélenchon s’en indignait à sa manière dès mai 2015 :

Hollande peut continuer ses numéros sur la jeunesse et l’école sans que ses passe-plats médiatiques ne le reprennent. Pourtant sur les 60 000 postes promis, moins de 4 000 ont été créés. Exactement 3 856 dont 950 en collèges et lycées ! Il aura été créé moins de 1 000 postes en collèges et lycées ! Le bidouillage des chiffres consiste à mettre en avant les 28 000 postes de stagiaires créés. Mais ces postes ne sont pas définitifs ! Ils ne le deviennent que si un titulaire s’en va ou si un poste supplémentaire est créé. Or, l’essentiel des 28 000 vont être absorbés pour remplacer des départs en retraite. Mais ce doit être trop long à expliquer en format télé et ça ne fait pas le buzz.

— Jean-Luc Mélenchon, La fin du collège unique, 15 mai 2015.

Le candidat Hollande avait promis d’embaucher 60 000 personnels pour l’Éducation nationale, et il s’agit bien ici de personnels et non pas uniquement d’enseignants. Pour un État en faillite et en dépression budgétaire, accroître un tel nombre était une gageure.

Cela répond à un dogme solidement établi à gauche, et pas seulement à gauche : plus on met d’argent dans l’école et plus les résultats s’améliorent. C’est ainsi que les dépenses intérieures d’éducation sont passées de 129,9 Mds d’euros en 2000 à 146 Mds€ en 2014. C’est ainsi qu’un lycéen coûtait 7 700€ en 1990 et 11 190€ en 2014.

Des dépenses en hausse pour des résultats scolaires qui ne cessent de se dégrader. Le quinquennat Hollande n’a rien changé à l’affaire, au fil des classements Pisa et des tests des journées de citoyenneté la réalité est cruelle : le niveau scolaire ne cesse de baisser. Mme Belkacem jure que c’est à cause du quinquennat précédent, mais on a du mal à la suivre quand elle veut exonérer son propre gouvernement.

Recruter 60 000 personnes en plus était donc inutile et coûteux. […]

Mais il y a un point que François Hollande n’avait pas prévu, c’est que l’on n’arriverait pas à recruter ces 60 000 personnes. En dépit d’un fort taux de chômage et d’un attrait quasi pathologique pour la fonction publique, les jeunes français ont refusé de travailler dans l’Éducation nationale.

Cette promesse n’a pas pu être tenue, non pas à cause d’un manque de moyens, mais à cause du refus de travailler pour l’Éducation nationale. Cette désaffection touche toute l’école : chaque année, aux concours de recrutement, il y a moins de candidats que de postes à pourvoir et de plus en plus de professeurs quittent le navire.

— Jean-Baptiste Noé, L’école sous Hollande, le triomphe de l’idéologie, 4 janvier 2017.

La ratification de la Charte européenne des langues régionales, mesure éminemment nuisible à la cohésion nationale et leitmotiv des tenants de l’« euro-régionalisme », a également avorté.

Des promesses et des actes

Enfin, l’extension du droit de vote aux étrangers pour les élections locales, serpent de mer du clientélisme socialiste (que le très « libertaire » Benoît Hamon remobilise d’ailleurs pour sa campagne), n’a pas été appliquée.

Dans l’ensemble, bonnes ou mauvaises, on observe que les promesses non tenues étaient parmi les plus ambitieuses de celles formulées par le candidat socialiste durant la campagne présidentielle de 2012. Même si elles sont numériquement moins nombreuses que les promesses réalisées (qui ne s’élèvent néanmoins qu’à 1/3 du total), on ne peut s’empêcher de penser que le Président s’est contenté de faire ce qui était le moins difficile à mettre en œuvre.

Examinons maintenant la réalité de l’action du Président Hollande au cours de son mandat.

Le bilan éducatif du quinquennat, on l’a évoqué, n’est guère reluisant :

Que ce soit la réforme des rythmes scolaires ou celle du collège, nous avons touché le fond de l’idéologie.

La première est très coûteuse, car il a fallu embaucher du personnel pour occuper les enfants entre 15h et 17h avec des activités qui devaient être ludiques et attrayantes. Mais les promesses de poterie, d’expression artistique et de langues étrangères se sont vite envolées : face au coût et aux difficultés d’embauche, les mairies ont très souvent organisé des heures d’étude. Résultats : les enfants passent plus de temps à l’école et ils sont plus fatigués. C’est l’inverse de ce qui était recherché.

La réforme du collège est elle aussi une catastrophe. La mise en place des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) est un vaste fourre-tout qui n’a aucun intérêt pédagogique et qui ne sert qu’à masquer le manque d’enseignants. Grâce à eux, les professeurs d’EPS (pléthoriques) vont pouvoir donner des cours de mathématiques ou de physiques, disciplines où l’on manque cruellement de personnels.

— Jean-Baptiste Noé, L’école sous Hollande, le triomphe de l’idéologie, 4 janvier 2017.

N’oublions pas non plus le laxisme diffus entretenu par le pouvoir socialiste, lequel, en matière éducative, a encouragé la peur de sanctionner typique du « dernier homme », et ce, à un degré si kafkaïen que ce sont désormais les élèves qui réclament le retour de l’autorité et de la sanction !

L’une des gabegies financières les plus extraordinaires de ces dernières années fut la gestion calamiteuse de la « taxe poids lourd », ou écotaxe. Son annulation, consécutive au mouvement des Bonnets rouges, a entraîné une perte de plus d’un milliard d’euros pour l’État, selon la Cour des comptes. Un scandale de premier ordre, pilotée par l’inénarrable Ségolène Royal, et qui passe pourtant relativement inaperçu.

Matraquage fiscal

D’une façon générale, le quinquennat fut marqué par une hausse à outrance des impôts (plus 48 milliards d’euros d’impôts sur la seule période 2012 – 2015), finançant d’innombrables gaspillages, prébendes, subventions et autres bêtises, ce qui a fort logiquement conduit à une contraction de l’activité économique de notre pays, une raréfaction des emplois, et une envolée de la dette publique (laquelle ne manquera pas de causer de nouveaux problèmes, ultérieurement, signe que Hollande n’est sans doute pas tant un boulet qu’une charge explosive à retardement) :

Dans un ouvrage récent « Le massacre fiscal » (Eds. Du Moment), Manon Laporte, avocate fiscaliste, s’intéresse à l’augmentation considérable de la charge fiscale tous impôts confondus, qui a frappé depuis 2011 l’ensemble des particuliers et des entreprises françaises, droite et gauche au pouvoir confondues. Son constat est saisissant : si l’on prend les montants d’impôts votés (et cotisations sociales), la hausse est de +5,4 milliards en 2012 à partir de l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République, puis de 27,5 milliards en 2013 et de 7 milliards en 2014 et de 8,1 milliards en 2015. L’ensemble de ces hausses représentant l’augmentation ou la création de près de 103 impôts, taxes ou cotisations sociales.

— Samuel-Frédéric Servière, Retour sur le massacre fiscal, 18 septembre 2015.

Le taux des prélèvement obligatoires passe d’un coup de 42,6% en 2011 à 43,7% en 2012, il pointera même jusqu’à 44,9% en 2014, plaçant la France au deuxième rang des pays européens les plus taxés, juste derrière le Danemark.

— Gérard Davet & Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…, Éditions Stock, 2016, 662 pages, p.222.

À noter que malgré cette hausse des prélèvements obligatoires, les deux journalistes du Monde qualifient sans rire Hollande de « libéral convaincu » (p.218) !

Désastre historique en Syrie

Dans le domaine international, il faudrait faire un article complet sur le désastre historique qu’a représenté le soutien militaire français à l’opposition syrienne (mais aux trois quarts djihadiste et étrangère au pays) au régime de M. Bachar el-Assad. On se contentera de renvoyer aux judicieuses critiques formulées par le journaliste Maxime Chaix (notamment ici et ).

Tout au plus remarquera-t-on que le chef de l’État avait été mis en garde contre toute aventure militaire, qui ne pourrait manquer que d’envenimer la situation syrienne :

Au mois de février 2013, Hollande se rend à Moscou, protecteur historique, aux côtés de l’Iran, du régime syrien. […]
Hollande […] reconstitue à notre demande le dialogue.
Poutine : « Nous, on reconnaît les États. Vous intervenez au Mali à la demande d’un État pour lutter contre les terroristes, eh bien, vous devriez avoir la même position en Syrie et être conscients que l’opposition à Bachar el-Assad n’est pas une opposition légitime et que ce sont des terroristes.
Hollande : Ce ne sont pas des terroristes. […]
À cette date, la nécessité d’armer les rebelles syriens commence à s’imposer, en France, dans le débat public. « Je pense que ça viendra, si on n’y arrive pas », confie Hollande, qui anticipe la réponse russe : « Poutine aurait un argument : « Vous allez vous mettre dans la même situation qu’en Libye, vous verrez, ces armes-là se retourneront contre vous… » Ce qu’on peut entendre, d’ailleurs. Il est assez bon quand il commence en disant : « Vous trouvez qu’en Irak, ça a été un progrès, vous pensez qu’en Libye, ça a été un progrès ? » (Davet & Lhomme, op. cité, p.461)

Pour lui, ajoute Hollande à propos du chef du Kremlin, c’est tout sauf les djihadistes, tout sauf les fondamentalistes, tout sauf les islamistes, donc mieux vaut Bachar el-Assad que des hordes de musulmans qui viendront donner des arguments aux Tchétchènes et aux peuples du Caucase… (p.464).

Mais là où l’attitude du chef de l’État fut la plus irresponsable, la plus belliciste, la plus insensée, la plus lourde de conséquences au regard de l’histoire, ce fut dans la tentative avortée (l’Oncle Sam, à la manœuvre en coulisse, se faisant hésitant) de déclencher purement et simplement une guerre d’agression contre le régime syrien qui, on peine à croire qu’il faille le rappeler, ne nous a tout simplement rien demandé ni rien fait !

Le samedi 31 août [2013], Obama informa Hollande qu’il va devoir obtenir l’aval préalable du Congrès, contraignant la France à reporter l’opération [de bombardements de bases militaires du régime syrien], puis à l’annuler, devant l’hostilité des parlementaires américains. (Davet & Lhomme, op. cité, p.464).

La France de Hollande est ainsi restée, en matière de défense de son intérêt national et d’indépendance militaire, au niveau où l’avait laissé M. Sarkozy, c’est-à-dire en dessous de tout. Le gaullisme édulcoré du Président Chirac n’est déjà plus qu’un lointain souvenir.

Les liens avec l’Arabie Saoudite

On n’oubliera de mentionner, à titre de souvenir glorieux de l’action internationale de M. Hollande, les ventes massives d’armes à l’Arabie Saoudite, au moment même où cette monarchie obscurantiste menait une agression brutale contre la souveraineté nationale de son voisin, le Yémen.

Souvenir d’autant plus glorieux que, d’après l’ex directeur du renseignement intérieur français, l’Arabie Saoudite participe directement au financement du terrorisme djihadiste international.

Ou encore l’effondrement du commerce bilatéral avec la Fédération de Russie, suite à des « sanctions » nettement nuisibles à l’agriculture française (et pas seulement à l’agriculture, d’ailleurs).

Dans le même ordre d’idée, il y a eu le refus d’accueillir Edward Snowden, et l’interception (illégale au regard du droit international), en juillet 2013, de  l’avion du président bolivien M. Evo Morales (violant ainsi l’immunité diplomatique reconnue aux avions présidentiels). Tout cela pour s’attirer les bonnes grâces de Washington. D’aucun dirait : « faible avec les forts, fort avec faibles ».

Néant historique

Et finalement, sur fond de tout cela, des points de lumière jaunâtres sur un fond bleu qui ne trompe pas :

Si nous ne voulons pas du renforcement de l’Europe, alors la seule voie possible c’est de sortir de l’Europe, tout simplement. Sortir de l’Europe, sortir de Schengen, sortir de l’euro, et même sortir de la démocratie [sic]. La souveraineté européenne [re-sic], c’est être capable de décider pour nous-mêmes et éviter le retour au nationalisme, au populisme, aux extrémismes.

— François Hollande, 7 octobre 2015, au Parlement européen.

En face d’un tel néant historique, on ne peut que reproduire une énième fois les propos de Léon Bloy, sur les époques de décadence :

C’est peut-être l’effet le moins aperçu d’une dégringolade française de quinze années, d’avoir produit ces dominateurs, inconnus des antérieures décadences, qui règnent sur nous sans y prétendre et sans même s’en apercevoir. C’est la surhumaine oligarchie des inconscients et le Droit Divin de la Médiocrité absolue.

Ils ne sont, nécessairement, ni des eunuques, ni des méchants, ni des fanatiques, ni des hypocrites, ni des imbéciles affolés. Ils ne sont ni des égoïstes avec assurance, ni des lâches avec précision. Ils n’ont pas même l’énergie du scepticisme. Ils ne sont absolument rien. Mais la terre est à leurs pieds et cela leur paraît très simple.

— Léon Bloy, Le Désespéré, 1887.