« Moi Président, je laisserai faire la société civile »

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François Hollande By: Jean-Marc Ayrault - CC BY 2.0

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« Moi Président, je laisserai faire la société civile »

Publié le 24 février 2017
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

"Moi Président, je laisserai faire la société civile"
François Hollande By: Jean-Marc AyraultCC BY 2.0

À l’approche des élections, en reprenant la célèbre formule de François Hollande de 2012, plusieurs émissions dans les médias sont consacrées au programme que mettraient en place leurs invités. Politiques, économistes, spécialistes se relayent pour énumérer les mesures politiques et économiques dont la France aurait besoin. À l’occasion de la sortie de notre livre, j’ai été aussi invité à diverses émissions et j’ai pu présenter notre approche qui est assez différente des autres.

Le constat est, bien entendu, pratiquement le même. La situation économique de la France est très mauvaise et il faut agir. Néanmoins, on sait très bien qu’il n’est pas facile de réformer le pays. D’un côté, les syndicats, les corporatismes et les fonctionnaires, de l’autre, le manque de volonté des politiques. Pour l’IREF, la solution consiste en la liberté de choix accordée aux Français. À eux de décider ce qui leur convient le mieux.

Le nouveau rapport Pébereau qui vient de sortir ne fait que confirmer une situation qu’on sait catastrophique. En 2005, lors du précédent Rapport, la dette publique était à 67 % du PIB. Aujourd’hui, elle représente 97.6 % du PIB ou 2 150 Mds d’euros. C’est-à-dire 34 345 euros/habitant. Et ce chiffre ne tient pas compte des retraites non provisionnées des fonctionnaires : 50 Mds d’euros par an ! Rappelons que pour 1 euro de cotisations retraite versées par les fonctionnaires, l’État (les contribuables) en verse 9 !

Des dépenses publiques énormes

Les dépenses publiques représentent 57 % du PIB, dix points de plus que la moyenne européenne, et le déficit public représente 70Mds d’euros en 2016. En fait, les recettes de l’État ne couvrent que 80% de ses dépenses. De même, les dépenses sociales sont à 33 % du PIB contre 22 % en moyenne dans la zone euro. Et pourtant, les prélèvements obligatoires atteignent des records : 45.7 % contre 36 % en Allemagne par exemple.

Comme en 2005, le rapport Pébereau propose plusieurs solutions : « réviser le périmètre d’intervention de l’État », « revoir la durée de cotisation et l’âge de départ à la retraite sans décote ». Pour l’assurance-chômage, il est recommandé de « jouer des leviers que sont la durée d’indemnisation ou le plafonnement des taux de remplacement des allocations »… C’est paramétrique et du « déjà vu ».

Et quand on se souvient que le précédent rapport n’a débouché sur rien de concret, on peut douter des suites données à ce rapport qui s’ajoute d’ailleurs à des dizaines d’autres réalisés par la Cour des comptes, l’Assemblée, le Sénat, etc…

Il faut mettre l’État en concurrence

En fait, il ne faut pas empiler les mesures et les réformes. Il faut d’abord supprimer le monopole de l’État en le soumettant aux mêmes exigences que les entreprises. Mettons-le en concurrence ! Les services publics doivent être ouverts à la compétition.

Laissons aux Français la liberté de choisir l’école pour leurs enfants, accordons-leur le droit de prendre l’assurance chômage qui leur convient et la couverture santé qui leur paraît la plus intéressante. Donnons-leur la possibilité de cotiser pour un compte retraite en fonction de leurs moyens tout en les assurant que l’État ne va pas confisquer leurs avoirs.

Encourageons l’initiative privée dans le domaine social, libérons le logement en privatisant le secteur HLM. Il va de soi que la réforme fiscale est inévitable, et pour cela il faudra vraiment agir en transformant le système terriblement progressif et confiscatoire en une fiscalité proportionnelle et juste. Tous les Français doivent payer un impôt, même symbolique. Il faudra supprimer les centaines de niches fiscales et sociales qui transforment les gens en profiteurs d’un système qui les oppresse en même temps.

Il ne s’agit pas là des vœux utopiques, du « wishful thinking ». Cela a été fait dans d’autres pays : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, l’Autriche, le Royaume-Uni l’ont fait…. Pourquoi pas nous ? En fait, « Moi Président je ferai le moins possible et je laisserai faire les Français ». Ce devrait être la devise d’un candidat qui souhaite vraiment que la France change.

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  • Un point de détail : « Rappelons que pour 1 euro de cotisations retraite versées par les fonctionnaires, l’État (les contribuables) en verse 9 ! »
    Pour que le fonctionnaire versé son € il a fallu qu’il le gagne.
    Par conséquent les 10€ de versement sont bel et bien issus, par nature, de l’Etat, et donc des contribuables…

  • Aucun réel moyen de vérifier les chiffres alignés dans ce papier. Cela dit, l’analyse est solide et l’idée va dans le bon sens. Auriez vous une idée pour permettre aux francais de prendre les decisions suggérées ? Des référendums (ça risque de faire beaucoup) ? Par ailleurs, nous, population française, ne sommes pas stupides, mais comment informer chacun sur l’ensemble des sujets tous aussi vastes les uns que les autres ? Ne procédons nous pas à des élections afin de choisir ceux qui vont nous représenter et justement gérer ces sujets qui demandent l’investissement complet d’équipes chevronnées, et que chacun d’entre nous aura du mal à reproduire chez lui pour prendre ces décisions à leur place (ce qui me semble être un comble) ? Le vrai problème de fond réside dans le manque de confiance que nous avons en nos élus (en place ou à venir). Je suis dans ce cas, l’auteur de ce papier semble l’être aussi, et probablement la majorité des électeurs francais. Je n’ai pas de solution, si ce n’est de prendre en compte les votes blancs permettant d’invalider une élection lorsque ceux-ci atteignent un certain niveau. Cela obligeant les candidats à se remettre en cause, à communiquer plus clairement, voire à générer d’autres candidatures plus crédibles.

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