Le hollandisme, phase finale du socialisme, d’Alain Le Bihan

Un essai qui tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme au sujet de l’évolution de la société française et propose des orientations nouvelles pour tenter de sortir du marasme.

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Le hollandisme, phase finale du socialisme, d’Alain Le Bihan

Publié le 18 février 2017
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Par Johan Rivalland.

Un peu plus de quatre ans après L’horreur étatique, présenté ici il y a déjà quelques temps, Alain Le Bihan revient avec un nouvel ouvrage dans la continuité du précédent.

Et après quatre années supplémentaires de purgatoire, force est de constater que la France ne se porte pas mieux.

Le diagnostic établi ici une nouvelle fois va même plus loin, puisqu’à l’horreur économique s’est ajouté, selon ce que montre l’auteur, un ensemble d’autres maux qui trouvent leur source dans l’idéologie socialiste et sa dangereuse démagogie. Ce qui explique le sous-titre, « Le hollandisme, phase finale du socialisme », l’ouvrage ne portant pas spécifiquement quant à lui sur le dernier quinquennat, mais bien plutôt sur les erreurs cumulées de nos politiques de droite comme de gauche au cours des quatre dernières décennies.

Le diagnostic

« Comment en est-on arrivé là ? » s’interroge l’auteur.

À l’instar des mandats de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy auparavant, Alain Le Bihan montre que les événements semblent continuer à prendre le pas sur les actions de dirigeants qui se trouvent incapables d’autre chose que de tenter de « colmater les brèches qui se présentent partout ».

Chômage, déficits, endettement, dépenses sociales croissantes et démesurées, déresponsabilisation des citoyens, entraves croissantes à la liberté des entrepreneurs, échecs à l’international, etc. Les maux sont nombreux et s’aggravent d’année en année, surtout lorsque la démagogie et l’idéologie d’un socialisme aux abois viennent encore la renforcer.

Face à ces terribles constats, Alain Le Bihan établit un ensemble de 45 « certitudes » issues de ses observations. Un terme qui, personnellement, ne me plaît guère, d’autant que je ne les partage pas forcément toutes, mais chacune d’elle est, de fait, argumentée. Avec parfois quelques erreurs, comme la douzième certitude, qui avance que le chômage ne peut diminuer en dessous de 3% de croissance, ce qui n’est bien heureusement plus vrai depuis plusieurs décennies. Ou quelques affirmations excessives, comme « plus la dépense publique est élevée, plus la croissance est faible », et bien qu’étant d’accord sur l’essentiel, me paraissent fondées sur des raccourcis un peu rapides, même chiffres à l’appui.

Parmi ces certitudes, on trouve des critiques sur le processus européen et les orientations prises en la matière, ayant conduit notamment à une perte de l’indépendance de décision de la France et au choix d’une orientation de plus en plus clairement tournée vers l’émergence d’un État supranational. Souvent, il est vrai, à marche forcée, les référendums étant en quelque sorte contournés lorsque la réponse du peuple ne convient pas à ceux qui dirigent (ce qui pose un véritable problème démocratique, mettant en cause l’état de droit, auquel le titre de l’ouvrage ne manque pas de se référer).

Critique, ensuite, de l’euro, qui ne reposait pas sur des fondements solides, n’a pas répondu aux promesses énoncées et a suscité de nombreux effets pervers.

Et critiques nombreuses, bien sûr, sur le train de vie de l’État et les choix établis le concernant. Avec des emprunts qui n’ont pas servi, pour l’essentiel, à financer des investissements, 90% de la dépense publique étant consacrée au fonctionnement courant de l’État et aux aides, subventions et dépenses sociales diverses. Avec pour effets pervers supplémentaires une baisse de la compétitivité des entreprises, un corsetage des initiatives, une réglementation devenue étouffante et une perversion de la démocratie. Toutes choses pas vraiment améliorées par des décisions peu heureuses, comme le passage aux 35 heures notamment.

Une forte mise en cause de l’immigration, aussi, mais je ne partage pas toutes les analyses de l’auteur sur le sujet.

C’est également au socialisme qu’Alain Le Bihan s’attaque, et à sa doctrine européiste, ainsi qu’à ce président de la République sans réelle conviction, résolution ni projet qu’a été François Hollande. Et à cet État de droit qui aboutit, non seulement à ce que les choix des peuples se trouvent bafoués, comme évoqué plus haut, mais aussi à ce que la justice, faute de moyens mais pas seulement, ne fonctionne plus correctement, garantit de moins en moins les libertés, n’est pas « républicaine », voire fait preuve d’arbitraire.

Je ne détaille pas ici toutes les analyses de l’auteur, que vous trouverez au sein de l’ouvrage, mais on peut en conclure, comme il le fait, que la France se trouve ainsi, en de nombreux domaines, à la croisée des chemins.

Les propositions

À partir de ces constats, Alain Le Bihan propose un ensemble d’orientations, parmi lesquelles une refondation de l’Europe autour des États-Nations, une neutralisation de la Commission européenne (ou une sortie de la France de l’Union, dans le cas contraire), et une sortie de l’euro. Sur ce dernier point, là encore, je partage d’autant moins les « certitudes » de l’auteur que les choses ne semblent pas si simples sur le papier, et l’entreprise non dénuée de risques lourds, ainsi que le montrent de nombreux économistes, à l’instar de la discussion ici en lien, qui met particulièrement bien en exergue les conséquences de l’abandon de l’euro et les leçons à tirer de l’histoire économique. Et donne sérieusement à réfléchir…

Sur le plan de l’État républicain, l’auteur suggère la construction d’un véritable pouvoir judiciaire, avec élection des juges des tribunaux. De manière générale, le pouvoir d’État serait recentré sur ses missions régaliennes, à redéfinir. Et il devrait être mis fin à la dilution de l’Administration centrale à travers une multitude d’organismes divers.

Là encore, je ne détaille pas les propositions de l’auteur et n’en établis pas une liste exhaustive, vous laissant le soin de découvrir l’ouvrage si vous le souhaitez.

Un essai offensif, en forme de sonnette d’alarme, qui cherche à encourager de nouvelles orientations, face à une situation dont chacun ne peut que constater l’inertie, voire la décrépitude avancée et le chaos grandissant.

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  • Un article intéressant. L’auteur traite du « hollandisme, phase finale du socialisme ». A mon avis il aurait pu y ajouter le « sarkozysme » qui s’est révélé être aussi mauvais…

    A la lecture de l’article, on perçoit le nombrilisme français qui consiste à se désespérer face à un constat d’échec mais, sans véritablement proposer des solutions au plan économique.

    Or, la seule solution consisterait à promouvoir le libéralisme au plan politique et au plan économique donc, à limiter la sphère de l’influence Étatique aux pouvoirs régaliens.

    Par exemple, quand auront nous des politiques qui revendiqueront, pour les salariés français en général, un droit à un revenu au moins égal à celui dont bénéficient les Suisses – le double en moyenne du revenu salarial moyen des français -.

    Il faudrait alors avoir le courage politique de sortir la France de la torpeur dans laquelle elle est plongée…Nous ne sommes pas à la veille d’un tel changement….!!

  • Les commentaires sont fermés.

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liberté
9
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Il est communément dit qu’en France, le libéralisme n’aurait aucun ancrage populaire, aucune existence politique, aucun passé et donc par voie de conséquence, aucun avenir.

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