RSA contre bénévolat : est-ce la vraie question ? [Replay]

Les débats sur le RSA ne sont qu’une tentative de masquer le problème de fond de cette aide.

Par Patrick de Casanove.

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La passe d’armes entre Marisol Touraine (ministre des Affaires sociales) et Éric Straumann, (Président du conseil général du Haut-Rhin) sur le RSA relève de la querelle de socialistes. Socialiste entendu ici non pas au sens actuel, qui est subjectif : théorie visant à transformer l’organisation sociale dans un but de justice entre les hommes au plan du travail, de la rétribution, de l’éducation, du logement, etc. (définition Larousse) mais au sens que donne à ce mot Frédéric Bastiat : spoliation légale1définition qui, elle, est objective.

Leur différend porte en fait sur la manière dont doit être distribué le produit de cette spoliation légale. Dans le cas qui nous concerne cette distribution s’appelle Revenu de Solidarité Active (RSA). Décidé en conseil des ministres en juin 2007, le RSA est applicable en France métropolitaine depuis le 1er juin 2009. Il est mis en place par les départements qui sont chargés du social.

Ce qu’on voit…

Comme toute mesure sociale le RSA a été décidé au nom de la justice sociale c’est ce qu’on voit.

Au début tout va bien. Les politiciens vendent très bien leur politique de solidarité, de générosité et de simplification. Toute la classe politico médiatique se félicite. Personne ne peut être contre ce genre de mesure au risque de se faire lyncher, médiatiquement, car accusé d’être contre la justice sociale et pour les riches.

L’intérêt de subventionner les pauvres est multiple ; acheter des voix avec l’argent des autres : l’État avec celui du département, et tous avec celui des contribuables ; rendre une population dépendante pour son niveau de vie de l’État, national ou départemental ; déresponsabiliser l’individu, le collectiviser.

…et ce qu’on n’a pas vu

Au bout d’un certain temps la réalité reprend ses droits et les dépenses de solidarité, comme toujours sous estimées, c’est ce qu’on n’a pas vu, explosent. Il n’y a rien d’étonnant à cela. Le grand problème du socialisme est qu’il est délétère et induit toujours la misère et la pauvreté, la division sociale et l’affrontement. Il n’y a aucune exception.

Ainsi dans un pays comme la France, vieux pays développé mais aussi vieux pays socialiste, cette gestion a créé les nouveaux pauvres, les SDF, le chômage de masse2. L’afflux de personnes en difficulté a mis à mal, pour le cas qui nous concerne, les finances des départements

Le cas du RSA

Par conséquent le département du Haut-Rhin a décidé de conditionner le versement du RSA à l’exercice du bénévolat. « C’est une prestation qui est versée en regard duquel des devoirs sont attendus » rétorque Marisol Touraine. Certes, mais les devoirs liés à l’attribution du RSA sont très faibles. C’est difficile à vivre quand tout le monde souffre, et surtout les faibles. En cette période de difficultés, bien des personnes peuvent travailler pour un revenu à peine supérieur à celui que procurent les revenus de redistribution.

Les étatistes ont donc besoin de justifier et défendre leurs largesses mais aussi montrer qu’ils veulent faire des économies. Ils posent donc des conditions et réglementent. C’est, avec taxer, la seule chose qu’ils savent faire.

« Si le département du Haut-Rhin pense être capable de trouver sept heures de bénévolat par semaine pour les 20.000 personnes bénéficiaires, peut-être peut-il leur trouver une activité rémunérée. » En disant cela Marisol Touraine met le doigt sur une des tares du socialisme : l’inadéquation de l’offre et de la demande par la disparition des informations fiables que sont la liberté des prix et la liberté du marché du travail. Il n’y a pas cinquante possibilités. Soit les emplois existent et alors pourquoi ne sont-ils pas pourvus ? Soit les emplois3 n’existent pas et alors le vote du conseil général du Haut-Rhin n’est que de la poudre aux yeux, de la gesticulation politicienne.

La liberté économique est la solution à cette querelle d’étatistes.

D’abord, plus le pays est économiquement libre, plus il est prospère, donc moins il y a de pauvres. Donc moins il y a de nécessité d’assistance. Ensuite toute rémunération dépend d’un service sans qu’il y ait besoin de réglementation. Si le service est important la rémunération est importante. Si le service est faible la rémunération peut être basse mais cela encourage la personne à progresser pour améliorer son niveau de vie, par ses qualités et son travail.

Cette faible rémunération est très critiquée par les socialistes parce qu’elle dépend d’un emploi précaire ou parce qu’elle fournit de la main d’œuvre à bas coût « exploitée par le patronat ou les capitaliste » et créant « dumping social et concurrence déloyale ». À cela les socialistes préfèrent, pour se maintenir au pouvoir, des électeurs misérables et captifs prisonniers des minimas sociaux et d’un chômage de masse.

Cela démontre la justesse de la théorie des choix publics : les hommes de l’État prennent des décisions en fonction de leur propre intérêt et non de celui des individus.

  1.  « C’est ce qui est arrivé. La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. » La Loi
  2.  Le socialisme est logique : il crée des pauvres puis des subventions pour ces pauvres
  3.  Je parle de vrais emplois pas d’emplois fictifs subventionnés qui sont des emplois dont l’offre ne rencontrerait aucune demande dans une économie libre.