Le patron des stups poursuivi : ça changera quoi ?

Publié Par Édouard H., le dans Libertés publiques

Par Édouard H.

Cannabis

Cannabis By: aeroSoulCC BY 2.0

Scandale, stupeur et surprise dans le monde de la prohibition française du cannabis ! Dans une enquête publiée le 23 mai dernier, Libération révèle le rôle qu’aurait eu François Thierry, anciennement à la tête de la lutte anti-drogues en France, dans l’importation de dizaines de tonnes de cannabis. Tel Jérôme Cahuzac qui donnait des conférences sur la fraude fiscale, le journal rappelle que l’ancien patron de l’office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) avait pour habitude de poser devant les plus grosses prises aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs.

Si ce scandale est avéré, il est peu probable que la hiérarchie de l’Ocrtis n’ait pas été informée de ces agissements : cette révélation serait ainsi une mise à nu de l’ampleur de la corruption du système anti-drogue français. Sans surprise pour les personnes s’intéressant de près ou de loin au débat sur la politique des drogues, la prohibition démontre une nouvelle fois à quel point elle tend à corrompre les administrations chargées de la mettre en place. Comme aux États-Unis durant la prohibition de l’alcool dans les années 1920, la prohibition du cannabis en France crée d’immenses incitations à la corruption pour l’administration étatique. La France, malgré sa politique répressive, est le premier consommateur de cannabis en Europe : les gains financiers pour les personnes répondant à cette demande sont colossaux.

La fin de la corruption ?

Thierry, si les faits sont confirmés, sera condamné. Cela signera-t-il la fin la corruption de la lutte anti-drogues en France ? On en doute sincèrement. Partout où cette politique est appliquée et à toute époque, la prohibition produit les mêmes effets : hausse de la criminalité suite à la gestion par le crime organisé du commerce des drogues, corruption endémique, qualité moindre des produits et mise en danger des consommateurs, etc…

Ainsi, plutôt que de toujours persister envers et contre tout à appliquer cette politique dont l’échec n’est plus à démontrer, pourquoi ne pas réfléchir à un autre modèle ? Alors qu’en France la moindre évocation d’une sortie de la prohibition est rencontrée avec mépris et dédain, comme l’a encore montré la sortie de Jean-Marie Le Guen en avril dernier, à l’étranger les choses commencent à changer. Aux États-Unis, pays précurseur dans la lutte contre la drogue, de plus en plus d’États décident de sortir du cercle vicieux de la prohibition, comme le Colorado. Si ce pays qui a gâché tant de milliards de dollars et de vies humaines sur une politique liberticide et nocive ose admettre son échec et aller au-delà, pourquoi pas nous ?

  1. et cela changera quoi de légaliser, rien . regardez toutes les filaires commerciales légales , par exemple l’alcool ou le tabac , la corruption y est toujours présente !
    vous légalisez le cannabis , vous faites exploser le marché des autres drogues , le problème est toujours là mais en plus grave pour la société . le marché fait qu’un produit devenu moins rare a un prix plus abordable sans que le dit marché voit son chiffre d’affaire augmenter sauf gagner en clientèle..super la nounou fumant du cannabis avec bébé ou cuisinant un potage au cannabis … une cuillère pour papa , une cuillère pour maman , une cuillère pour bébé..bah , le cannabis , c’est inoffensif et bébé dort beaucoup mieux 😉

    1. pfiouuu n’importe quoi !! les pochtron(ne) ne mettent pas du ricard dans les biberons de leurs gosses !!!!!

    2. Au Colorado la consommation de drogue a explosé, la mortalité infantile atteint des sommets (parce que les nounous fument en présence des bambins et leur donnent des biscuits au cannabis), plus personne ne travaille et le taux d’ensoleillement a baissé de 40% à cause de la fumée générée par les fumeurs.

      Même constat au Portugal.

      Ou bien…….. ceux qui consommaient déjà avant continueront à en consommer et ceux qui n’en consomment pas n’en consommeront toujours pas… sauf que les premiers se retrouvent avec des produits de meilleures qualités et des ressources pour en sortir (plutôt que des menottes).

      Quant à l’État, il dépense moins en répression et engrange des revenus supplémentaires.

      Tout le monde est gagnant sauf… les corrompus et les mafieux.

      Si la corruption est toujours présente avec le tabac, c’est parce que la forte taxation du produit génère un marché noir. Quant à l’alcool… jamais entendu parler de trafic de pinard… mais si c’est le cas, jetons un oeil à la réglementation.

    3. Rien a foutre que ça te choque, ce que je met dans mon corps ne te regarde pas, point barre!

  2.  » l’alcool ou le tabac , la corruption y est toujours présente ! » : de quoi parlez-vous?

    « super la nounou fumant du cannabis … » : toujours le même mécanisme.
    Libéraliser ne veut pas dire rendre obligatoire, et déresponsabiliser. Donc argument fumeux et sans intérêt.

    1. le trafic d’alcool ou de tabac existe toujours parce que libéralisé mais au profit d’un seul escroc l’état.
      libéraliser signifie….augmenter la taille du marché donc , le nombre de clients et je ne vois pas pourquoi on ne donnerait pas du cannabis a bébé quand il fait ses dents , grand père en prend pour son arthrose !

      1. Où est la corruption dans la vente d’alcool et de tabac?

        Bien sûr, demain, dès le cannabis légalisé, ce sera la ruée des parents pour acheter du cannabis pour soigner leurs enfants.

        Vous êtes sûr que nous n’avez pas déjà consommé avant l’heure?
        .

      2. « libéraliser signifie….augmenter la taille du marché ».
        Ce n’est pas si sûr. Cela supposerait que des gens se privent actuellement de cannabis à cause des interdictions, soit parce qu’elle réduise les quantités disponibles, soit parce qu’elle renchérissent excessivement le produit. Excusez moi, mais je crois que dans le cas du cannabis, c’est faux : la marchandise ne manque pas, et les consommateurs font passer leur achat de drogue avant tous le reste quelque soit le prix (ce qui veut dire que l’augmentation du prix ne fait que les marginaliser, sans effet sur la consommation) .
        Au contraire, la libéralisation c’est l’occasion d’attaquer le marché à la base, par une politique de prévention et de soins, tout en éliminant les effets secondaires dus à la criminalisation de l’activité (produit de qualité mauvaise ou variable, prix excessif qui fait des trous dans le budget des consommateurs, etc. )
        Les moyens considérables actuellement alloués à la prohibition seraient bien mieux utilisés ailleurs.

        1. @P
          dépénalisons ..et retrouvons nous dans la même situation que l’Australie avec le tabac…qui finira par être pénalisé.
          je me fous des dealers et du sort que leur fait la société , ils n’ont qu’a vendre des savonnettes . l’intéressant est le drogué majoritaire,donc moi pour le tabac , et j’aimerais voir notre bon peuple de gauche nous défendre contre l’état que défendre les dealers …et pour devenir dealers a leur tour.
          Comme tu dis , on n’a pas de mal a trouver du cannabis donc , le marché est saturé…pas vraiment un problème avec une bonne campagne de PUB et une disponibilité légale..y a des gens qui n’aiment pas aller a l’encontre des lois , ça existe , moi le premier !
          Mais , si j’ai bien compris , on légalise puis on culpabilise , génial !

          1. Hum … le drogué majoritaire, c’est pas le tabac, c’est peut-être le sucre ou le sport (aussi bien en tant que spectacle qu’en tant que pratique). Et encore en écartant d’autres drogues infiniment plus dangereuses : la moraline, le socialisme, l’écologisme, etc.
            Toutes les sociétés ont leurs drogues, qui ont toutes un effet plutôt positif à dose normale et franchement mauvais quand on s’écarte du normal (cette remarque s’applique aussi bien à la moraline, au socialisme, à l’écologisme). Aucune expérience de prohibition n’a jamais fonctionné : quoi qu’on pense de la drogue, il faut vivre avec et non l’expulser violemment à coup de lois pénales et de flics

    2. Stef : « Donc argument fumeux » en parlant d’un joint !

  3. « Si ce pays qui a gâché tant de milliards de dollars et de vies humaines sur une politique liberticide et nocive ose admettre son échec et aller au-delà, pourquoi pas nous ? »

    Car ce pays est pragmatique. Ils ont essayé avec toute la bonne volonté du monde et en y mettant les moyens nécessaires la prohibition. Ils ont vu qu’il n’y a rien à faire et que ça marche pas, ils vont donc logiquement tenter autre chose. La France est comme d’habitude dans l’idéologie.

    1. Même si ça avait fonctionner, la prohibition est immoral et anti-constitutionelle

  4. Non, monsieur Reac, il n’y aura pas d’explosion vers d’autres drogues plus dures si on légalise le cannabis pour la bonne raison qu’il n’y a pas la demande. Il y a 5 millions d’utilisateurs de cannabis mais 20 fois moins de cocaïnomanes ou d’héroïnomanes. Et si on légalise en contrôlant la distribution, on ne distribuera pas du cannabis à la maternelle comme vous l’insinuez, de même que le mariage pour tous n’est pas la porte d’entrée à la zoophilie, monsieur Réac. 🙂

    1. en effet…mais sans doute que le prix d’entrée est bien plus élevé pour la cocaïne..ce faisant , les dealers perdant leur marché facile du cannabis , chercheront autre chose et l’offre faisant la demande….enfin , ce n’est pas mon problème , ce n’est que le problème des consommateurs

      1. Au contraire, ce qui fait que les consommateurs passent d’une drogue à une autre, c’est souvent à cause du marché noir. Comme c’est illégal, il est difficile de se fournir de manière constante et stable. Typiquement, le consommateur va voir son dealer pour du cannabis, mais celui-ci lui dit qu’il n’en a pas momentanément, mais il a autre chose… et voilà comment notre drogué se voit « semi-contraint » par la pénurie d’essayer une alternative qui ne l’intéressait pas.

        Au demeurant, la cocaïne et le cannabis n’ont pas du tout les mêmes effets…

      2. et l’offre faisant la demande

        Affirmation osée. J’aurais parié sur l’inverse. Les dealers n’auront qu’à se transformer en peintres, maçons, caristes, pour la plus grande joie des entrepreneurs, et pour le plus grand bénéfice de la société au lieu de croupir dans des prisons sur-occupées.

  5. en europe , il est considéré que plus de 88 millions d’adultes entre 15 et 64 ans ont consommé de la drogue ; l’observatoire européen des drogues a constaté une augmentation de la consommation de canabis ; en 2013 , le marché de la drogue a été estimé à 24,3 milliards d’euros…..un article sur actu.orange vient de sortir ; que françois thierry soit comdamné ne changera absolument rien ; ce qu’il ne pourra plus faire , d’autres le feront ;

  6. Repris sur Aviseur international.

  7. Prohibition ? quelle prohibition ? Il n’y a quasiment pas de répression, on ne peut pas vraiment parler de prohibition !
    Le trafic de drogues, principalement de cannabis se fait au vu et au su de tout le monde, y compris des autorités qui ne font rien à part quelques interventions sporadiques pour faire croire qu’ils font de la répression.
    Les consommateurs ne sont pratiquement jamais inquiétés, les dealeurs font la loi dans les quartiers.
    Les forces de l’ordre étant assises entre deux chaises à faire semblant de faire de la répression tout en faisant copain copain avec les dealers, voilà ce qui amène la corruption.
    Sans parler de la corruption des politiques, après tout ce sont eux qui donnent les ordres de répression ou pas. Et puis cette économie sous-terraine, le soutien d’une part importante de l’économie du Maroc (faut pas contrarier le Roi hein!), justifient bien des choses pas claires !
    Le cannabis est une saloperie qui pourrit la vie des gens, il est urgent de tout faire pour s’en débarrasser, surtout pas en la légalisant !
    Quant aux expériences comme au Colorado, j’attends avec impatience les résultats sur la santé (mentale et physique) de la population !

    1. heu … « Il n’y a quasiment pas de répression, on ne peut pas vraiment parler de prohibition » mais les prisons sont quand même pleines de « trafiquants de drogue ». Cherchez l’erreur …
      Les forces de l’ordre se limitent au … maintien de l’ordre ! et, étant conscientes que leur travail relève de Sisyphe; elles en arrivent finalement à organiser elle-même le trafic, en distribuant des indulgences à untel tout en courant après tel autre.

      wikipedia a un graphique intéressant sur le classement des diverses « saloperies qui pourrissent la vie des gens »
      https://en.wikipedia.org/wiki/Heroin#/media/File:2011_Drug_Harms_Rankings.svg
      Et bien sûr il y manque les principales saloperies : le fisc, le communisme, etc.
      Ce qui signifie que vous allez probablement être déçu des résultat de l’expérience du Colorado (qui n’a rien d’une expérience, soi dit en passant)

      1. Prisons pleines de trafiquants de drogue ? ah bon ? vous avez des chiffres officiels ?
        D’autre part, ce n’est pas parce qu’il existe déjà des saloperies qu’il faut en ajouter une ! Ce n’est pas une justification valable.

        1. « D’autre part, ce n’est pas parce qu’il existe déjà des saloperies qu’il faut en ajouter une ! Ce n’est pas une justification valable. »
          Bien sûr que si c’est une justification valable, c’est bien pour ça qu’on fournit de la méthadone ou de la nicotine pour sevrer de l’héroïne ou du tabac, c’est pour ça qu’on distribue des seringues aux drogués, c’est pour ça que la cigarette électronique a été inventée, etc.

          Mais c’est même pas de ça dont on parle : le cannabis est déjà là. Et il est là pour une bonne raison : les gens y trouvent du plaisir, ou l’oubli (pour un temps) de leurs ennuis. Les gens ont besoin de paradis artificiels. Le choix n’est pas entre une saloperie et pas de saloperie, il est entre une saloperie ou une autre saloperie. Vous voulez que le cannabis disparaisse ? OK, et qu’est-ce qui va prendre sa place, à votre avis ; la vertu et la tempérance, les solvants, ou l’alcool et l’héroïne ?

  8. Il y a un problème.
    L’article en source ne parle pas de corruption mais de méthodes illégales, comme sont l’utilisation des fadettes hors autorisation d’un juge.

    Le rapprochement de l’auteur entre ces actes et la corruption des policiers qui a eut lieu pendant la Prohibition n’a semble-t-il rien à voir…

  9. C’est bien de vouloir légaliser les drogues. Je me suis toujours demandé pourquoi ces abrutis de Chinois ont obligé l’Angleterre à faire la Guerre de l’opium , pour dépénaliser ce qui leur apportait pourtant tant de bien-être.

    1. Le pouvoir impérial chinoix à mis en place une magnifique politique isolationiste, qui à fait passer en quelque siècle la Chine de premiere économie mondial à colonie anglais. Je suis sur qu’on peut se fier à leur sage jugement pour résoudre nos problèmes actuelle.

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