7 raisons de préférer le marché à Nuit Debout

7 raisons de laisser tomber les idées de Nuit Debout et de reconsidérer la société de marché d’un œil neuf.

Par Frédéric Mas.

By: Thomas BressonCC BY 2.0

Partout en France, Nuit Debout séduit les médias et fascine les commentateurs du sérail. La France a enfin son Occupy Wall Street à elle, certes en un peu moins clinquant, mais avec des intervenants de marque comme Frédéric Lordon ou Yanis Varoufakis. S’il est difficile de cerner les contours d’un mouvement qui emprunte à la culture estudiantine des assemblées générales, à celle bidonvillesque des zadistes, le tout saupoudré d’une dose non négligeable de romantisme gauchisant, on peut tout de même en comprendre le message principal : le capitalisme, c’est le mal, et son bras armé, le néolibéralisme, c’est la mort.

Le capitalisme, ça arraisonne l’être, ça préfère l’avoir à l’être, ça fait la guerre et provoque la famine, là où toutes ses alternatives ont bien entendu évité tous ces maux, c’est bien connu. Il faut toutefois reconnaître qu’une peur partagée par bon nombre des noctambules est bien réelle : le marché n’est pas seulement un ajustement technique destiné à assurer la prospérité, l’extension de son monde de fonctionnement à l’ensemble des relations sociales conduit à l’avènement d’un ordre social nouveau dans l’histoire de l’Humanité.

Privilégier l’échange volontaire entre individus, la justice et la propriété comme l’envisageait Adam Smith offre une alternative à la fois plausible et plus aimable que les projets politiques de nos apprentis révolutionnaires. Plus encore, le marché est préférable à Nuit Debout pour bien d’autres raisons, dont entre autres ces dernières :

1. Parce que le marché est consensuel, là où les assemblées politiques prétendent tout régenter. Alors que le marché met en scène un vendeur et un acheteur qui se mettent d’accord sur le transfert d’un bien ou d’un service, c’est-à-dire qu’il est le lieu de choix individuels réciproques et consentis, les expériences politiques, démocraties participatives comprises, prétendent donner le droit à une minorité de personnes de dicter leur conduite à la majorité : elles sont du domaine des choix collectifs, avec leurs limites : elles ne sont jamais unanimes.

2. Parce que tout le monde est égal devant le marché, mais qu’il respecte les différences et les préférences humaines. Il n’est pas l’égalitarisme idéologique qui voit dans les différences de revenus et de compétences des injustices devant être rabotées ou niveler.

3. Parce que le marché permet de créer concrètement des richesses, des biens et des services nécessaires, d’utiliser au mieux les compétences des uns et des autres là où la culture du bavardage envisage surtout de vivre aux crochets des classes productives.

4. Parce que le marché est une incitation au réalisme, là où la politique est évasion vers les rêveries enfantines. Comme l’a déjà remarqué l’économiste Bryan Caplan, la politique démocratique, parce qu’elle ne sécrète aucune incitation réelle à se comporter rationnellement en tant qu’électeur (ou ici en tant que participant à une de ces AG interminables dont les étudiants ont le secret), et une invitation à dire n’importe quoi : on peut refaire le monde en assemblée sans avoir à se soucier de la réalisation pratique de ses rêveries.

5. Parce que le marché est vraiment all inclusive : pas besoin d’être étudiant en centre-ville pour en bénéficier.

6. Parce que le marché n’insulte pas Alain Finkielkraut. Si vous n’aimez pas un produit ou des idées, libre à vous d’en choisir d’autres et d’ignorer celles qui vous déplaisent. Claude Lefort appelait ça l’organisation des séparations.

7. Parce que le marché marche, depuis la nuit des temps, alors que Nuit Debout piétine depuis plus d’un mois au même endroit.