L’éolien n’est pas écologique !

Qui l'eut cru : la production d'électricité par l'éolien n'a rien d'écologique !

Par Michel Gay.

the wind of springs credits Couse baker (CC BY 2.0)
Vent éolien (Crédits : Couse Baker, licence CC BY 2.0), via Flickr.

Les éoliennes ne poussent pas sous le soleil en les arrosant. Ce moyen de production d’électricité dit « écologique » nécessite des matériaux ainsi que des travaux industriels et d’entretien. Il ne suffit pas juste de récupérer l’énergie produite… quand il y a du vent.

Une éolienne récente de puissance 2 mégawatts (MW) mesure environ 150 m de haut en bout de pale (environ 100 m pour le mât) et sa durée de vie est de 20 ans. Sa construction nécessite 425 mètres cubes (m3) de béton et 40 tonnes d’acier. Le poids total des matériaux de construction atteint presque 1200 tonnes1. Des « composites » entrent dans la fabrication des pales (3 fois 7 tonnes, soit 21 tonnes par hélice), des métaux (dont le cuivre) et des « terres rares » composent la nacelle et le générateur, ainsi que 300 à 400 litres d’huile de lubrification et de refroidissement.
En étant optimiste, son facteur de charge, en moyenne en France, est de 23% (temps de fonctionnement en équivalent pleine puissance), soit environ 2000 heures par an2. Sur sa durée de vie, cette éolienne produira donc 80 gigawattheures3 (GWh).

Il faut donc 5 m3 de béton et 0,5 tonne d’acier par GWh pour une éolienne.

Or, la durée de vie d’un réacteur nucléaire EPR de 1650 MW est de 60 ans (minimum prévu). Sa construction nécessite 385.000 m3 de béton et 74.000 tonnes d’acier. Son facteur de charge prévu est de 85%, soit environ 7500 heures/an. Pendant sa durée de fonctionnement, ce réacteur produira donc au minimum 742.500 GWh… soit l’équivalent de 9000 éoliennes de 2 MW.

Il faut donc 0,5 m3 de béton et 0,1 tonne d’acier par GWh pour la construction d’un EPR

L’EPR produit des déchets radioactifs. Les déchets conditionnés représentent environ 4000 m3 par an4, soit, pour une production nucléaire annuelle de 400.000 GWh / an, soit 0,01 m3 par GWh d’un mélange de verre, d’acier et de béton supposé sans vide.

L’exploitation du centre de stockage géologique CIGEO est prévue pour durer au moins 100 ans. La totalité de l’acier et du béton pour le construire doit donc être divisée par la production pendant cette durée, soit environ 40 millions de GWh.

En prenant un volume excavé de 4,3 millions de m3 (document CEA décembre 2012, tome 2, page 60, sans transmutation) et un remplissage / garnissage par la moitié d’acier et de béton, soit 2,15 Mm3, alors on obtient 0,06 m3/ GWh (par excès).

En tout état de cause, le volume d’acier de verre et de béton ne devrait pas excéder 0,1 m3 par GWh pour le stockage.

Ainsi :

1) il faut 0,5 m3 de béton par GWh pour la construction d’un EPR, auquel il faut ajouter 0,1 m3 pour le stockage des déchets radioactifs (acier inclus).
Total 0,6 m3 / GWh soit 8 fois moins que pour l’éolien (5 m3 / GWh),
2) il faut 0,1 tonne d’acier par GWh pour la construction, plus environ 0,02 tonne pour le stockage géologique.
Total 0,12 tonne / GWh soit environ 4 fois moins que pour l’éolien (0,5 tonne / GWh).

De plus, les 9000 éoliennes produiront une électricité de manière erratique puisqu’il n’y a pas toujours du vent, et qu’il n’est pas forcément corrélé avec le besoin. Il faudrait donc aussi ajouter aux éoliennes le béton et l’acier nécessaires à la construction, en parallèle, des centrales à gaz et à charbon de compensation à l’absence de leur production les jours de vents faibles ou nul. Ou bien les immenses stockages qui seraient nécessaires pour absorber leurs pics de production les jours ventés… Et ce n’est peut-être pas négligeable !

Qui a dit que produire de l’électricité avec du vent était écologique et minimisait l’impact sur la nature ?

Lire sur Contrepoints nos articles sur l’éolien

  1. Rotor (moyeu et pales) 50 T, nacelle 90 T, mât 180 T, fondation 800 T http://eolienne.f4jr.org/aerogenerateur
  2. Un an = 8760 heures.
  3.  2 MW x 20 ans x 2000 h/an = 80.000 MWh = 80 gigawattheures (GWh).
  4. Inventaire national des déchets et matière radioactives (INMDR) 2015, page 38.