La seule manière de vaincre le terrorisme est de réformer l’État

Police de Toulouse - Mic via Flickr - CC BY 2.0

Plutôt que de dépenser plus, l’État ferait bien de dépenser mieux, notamment en améliorant la sécurité.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’IREF-Europe

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Police de Toulouse – Mic via FlickrCC BY 2.0

 

Les politiques français profitent aussi de la situation actuelle pour mettre un frein à la baisse des dépenses publiques. L’IREF l’a déjà écrit et l’actualité le confirme tous les jours : ces attentats sont aussi un grand échec de l’État français qui consacre 2.5 % du PIB à la sécurité de son pays et plus de 36 % à son système social. Non seulement, il ne faudrait pas arrêter la baisse des dépenses, au contraire, on devrait l’accélérer et restreindre l’État à sa mission principale : assurer la sécurité des citoyens.

La Russie est un pays du tiers-monde

Encore sous le choc des attentats, la très grande majorité de nos politiques et des médias se tourne vers la Russie pour en faire un allié dans la lutte contre le terrorisme. Au-delà des considérations géopolitiques, des intérêts de Poutine dans la région ou du fait qu’il n’est pas évident de trouver dans l’Histoire des exemples récents de conflits réglés par l’URSS ou par la Russie (au contraire, de nombreux pays et populations ont souffert et continuent à souffrir à cause de l’interventionnisme russe), il y a un autre aspect dont il faudrait tenir compte. Il s’agit de l’état de l’économie de ce pays. La Russie, malgré ses capacités militaires, a les caractéristiques d’un pays du tiers monde. Connaissez-vous un seul produit de fabrication russe qui serait connu et vendu en Occident ? Une grande entreprise ? Son économie ne survit que grâce aux ressources naturelles exploitées par des entreprises détenues par une oligarchie mafieuse de connivence avec le pouvoir d’État. Or, l’innovation et la concurrence ont largement fait baisser les prix des ressources naturelles ces dernières années. Un exemple : le prix du baril est tombé de 100 dollars à 50 dollars alors que la Russie avait planifié ses dépenses en comptant sur le baril à … 100 dollars. Plus grave encore, et en France on n’en parle pas, tous les indicateurs montrent que le pays est en voie de paupérisation massive. Le nombre de Russes sous le seuil de pauvreté (154 dollars/mois) a pratiquement doublé depuis 3 ans pour atteindre 16 % de la population, soit 23 millions de personnes. D’après les prévisions, le PIB va baisser de 4 % en 2015 et l’inflation atteindra 13 %. La monnaie locale, le rouble, a perdu 50 % de sa valeur depuis 2013 et en 2014 plus de 151 Mds de dollars ont « quitté » le pays. En réalité, la Russie n’a nullement les moyens de mener une guerre (50 % du budget de la Défense pour 2015 était déjà dépensés au mois de mars !) et l’avenir du pays s’annonce extrêmement inquiétant.

Prendre l’exemple du Royaume-Uni

Les économies et les réformes, c’est ce qu’ont fait les Anglais depuis 2010. Des réformes et encore des réformes pour une belle santé économique. Le Premier ministre David Cameron se réjouit de cette situation et vient d’annoncer une nouveau programme de baisse de dépenses publiques afin de passer de 39.6 % du PIB en 2015 à 36.3 % en 2020. Ce qui fera une différence de plus de 20 points avec la France (57 % du PIB). La différence avec la France ne s’arrête pas là. Alors que les statistiques du chômage montrent une hausse des inscriptions en France avec 40 000 personnes de plus, ce qui est énorme, le Royaume-Uni peut se targuer d’un taux de chômage à 5 % plus de deux fois inférieur à celui de la France.

Le tableau ci-joint montre les créations d’emplois dans le privé depuis 2009, environ 2 millions nets, et la baisse de 600.000 emplois publics. Encore plus intéressant est le graphique totalement ignoré en France concernant l’évolution des revenus depuis environ 20 ans montrant la hausse constante de tous les revenus, y compris des classes moyennes et des plus pauvres, ainsi que du revenu médian. Ce qui contredit les thèses des économistes comme M. Piketty qui soutiennent que les classes moyennes, et pauvres, ne cesseraient de se paupériser. C’est dans ce contexte économique extrêmement favorable que David Cameron a annoncé, le 13 novembre dernier, sa position sur l’Europe. C’est un oui à l’Europe mais à condition que les États de la zone euro ne décident pas pour ceux qui n’ont pas adopté la monnaie unique. C’est un non à l’union bancaire et un oui à la concurrence, à la subsidiarité et aux déréglementations. Le discours de Cameron a vanté les mérites du libre-échange et surtout de la liberté que devraient avoir les États membres plutôt que d’être soumis à des réglementations européennes excessives.

Le Royaume-Uni est un allié sur lequel on peut compter dans la lutte contre le terrorisme. C’est aussi un partenaire économique qui a su transformer son État et dont on peut s’inspirer.

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