La France de Hollande apaisée à coups de matraque !

CRS credits Martin Le Roy (licence creative commons)

Des avocats en grève, le gouvernement hué, des émeutes : la France apaisée de François Hollande a du plomb dans l’aile.

Par Serge Federbusch.

CRS credits Martin Le Roy (licence creative commons)
CRS credits Martin Le Roy (licence creative commons)

 

« J’apaise la France », « Notre pays va mieux » : décidément François Hollande a une incommensurable capacité à nier les évidences. Puisqu’il est intelligent, du moins au sens énarchique et bureaucratique du terme, c’est-à-dire à la fois conformiste et manipulateur, il ne peut évidemment croire à cette fable. Tout son pari consiste donc à espérer que ses adversaires et l’immense cohorte des mécontents finiront par se lasser, accablés par sa bonhomie satisfaite et son mépris rigolard pour les critiques. Une guerre d’attrition en quelque sorte, un culbuto géant installé dans les jardins de l’Élysée.

C’est avec cette méthode qu’il gouverna jadis le parti socialiste et réussit les plus improbables synthèses, en reniant ses promesses et traficotant les résultats des congrès comme s’en plaignait alors Mélenchon. C’est comme cela aussi qu’il amena peu à peu la Corrèze au bord de la faillite.

Las ! La France n’est pas qu’une grande Corrèze, nonobstant l’ambition de ce chef de circonstance. Quand un foyer de mécontentement se calme, un autre démarre. Même les reporters du Monde et de Libération sont obligés d’entendre les huées qui accompagnent chaque déplacement de leur grand dispensateur de subventions. La Seine-Saint-Denis sous perfusion, sa population lui fait désormais un accueil digne des broncas autrefois réservées à Sarkozy.

Autre symbole indubitable d’apaisement, les avocats lillois ont eu droit à leurs premiers coups de matraque. Tout vient d’un malentendu. Jusqu’à présent, seuls les individus violents obtenaient gain de cause. Bonnets rouges, chauffeurs de taxis, paysans, salafistes, Roms : dès qu’un groupe se montre vraiment dangereux, le pouvoir recule. On l’a vu encore hier en Isère où des émeutiers ont eu droit aux gros yeux de Valls qui a beaucoup parlé de fermeté sans qu’aucune interpellation n’ait été faite. Aux Roms qui ont pris l’habitude d’obtenir des permissions de sortie dans les prisons en cassant des équipements publics, le parquet d’Albertville s’empresse de déclarer qu’il va examiner leur demande.

À Lille, la musique est différente. Ferme avec les bourgeois complexés et bien-élevés, comme au moment de la Manif pour tous, le gouvernement a dû considérer que les robins locaux n’oseraient pas se rebiffer et les a fait bousculer par les CRS. Mais ils ont résisté et leur rassemblement a dégénéré.

Là est la vraie menace pour Hollande : si les gentils et les propres-sur-eux finissent par s’énerver et comprendre que seule la force paie, il ne fera plus bon sortir dans la rue en étant membre du gouvernement.

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