Mars bleu : le mois du dépistage… sans dépistage !

Marisol Touraine (Crédits : tendencies Creative Commons)

Cette année, l’opération aura un goût un peu amer, puisque ce sera une année de dépistage… sans dépistage !

Par Phoebe Ann Moses.

Marisol Touraine (Crédits : tendencies Creative Commons)
Marisol Touraine (Crédits : tendencies Creative Commons)

 

Mars bleu, c’est le nom de l’opération de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, qui a lieu comme son nom l’indique, chaque année au mois de mars. Cette année, l’opération aura un goût un peu amer, puisque ce sera une année de dépistage… sans dépistage !

Jusqu’à présent, le test utilisé pour ce dépistage était le test Hemoccult (qui détecte le sang dans les selles), d’une fiabilité moyenne.

Un nouveau test, qui détecte toujours l’hémoglobine dans les selles, mais plus rapide et plus facile à effectuer (un à deux prélèvements au lieu de 6) doit être mis en service vers le mois de mai. Le problème : le test n’est pas encore disponible et pourtant la Direction générale de la santé a donné des instructions claires non seulement de ne plus effectuer les analyses sur les prélèvements faits après le 31 janvier 2015 mais même de détruire les prélèvements à leur arrivée en laboratoire.

Il va donc s’écouler près de 4 mois sans qu’aucun dépistage ne soit possible, les nouveaux tests n’étant pas encore en service et les anciens étant détruits.

Outre le gaspillage financier, on peut s’interroger sur le bien-fondé de cette décision pour le moins brouillonne, et surtout sur la prise en charge des patients qui ont eu un prélèvement alors que celui-ci ne sera jamais analysé, et qui doivent donc attendre l’arrivée du nouveau test. Ils sont plus de 10 000 dans ce cas. Les anciens tests n’auraient-ils pas pu être utilisés jusqu’à la mise à disposition des nouveaux ?

Sans compter qu’il existe d’autres tests, plus fiables et pas forcément beaucoup plus chers, mais non pris en charge par la Sécurité sociale, qui préfère mener une politique de santé publique et de prévention avec des moyens d’un autre âge.

Décidément, dans la tourmente du mois de mars, Marisol Touraine peut ajouter à la liste de ces erreurs stratégiques, ce dysfonctionnement qui montre que l’amateurisme de ce gouvernement n’est jamais bien loin.