Confessions libérales d’un enfant du siècle

Publié Par Marius-Joseph Marchetti, le dans Politique

Par Marius-Joseph Marchetti.

écrire credits J Valiente (licence creative commons)

On m’a demandé, il y a quelques temps déjà, comment j’ai pu passer en quelques années du stade de communiste au stade de libéral. C’est un changement qui prend ses racines il y a peu ou prou trois ans : c’est à dire en 2011, lorsque je commençais mon année scolaire en Première ES. Mon intérêt pour la politique (et surtout l’économie) s’est éveillée quelques mois plutôt, mais ce n’est que durant la campagne présidentielle que cette passion, dirais-je, s’est cristallisée. Les idées défendues notamment par le candidat et actuel Président de la République François Hollande me correspondaient assez bien. Je n’ai même pas pris le temps de lire les programmes des extrêmes ou celui des autres candidats. C’est clairement à ce moment là que des idées socialistes bourgeonnèrent. Je considérais notamment l’imposition du capital ou l’impôt à 75% sur le revenu comme de bonnes idées pour ne citer qu’elles. Une autre chose me caractérisait à cette époque : la haine de ce qu’on appelait consumérisme et machinisme. Je vous laisse donc imaginer ma joie à la victoire du candidat que je soutenais. Et ma déception lorsque je le vis reculer sur certaines de ses promesses. Mon intérêt pour la politique s’effrita petit à petit.

Quelque chose d’autre m’avait perturbé durant cette année scolaire : l’étude de la seconde guerre mondiale et plus particulièrement du communisme. Et c’est là qu’une étrange chose advint, même si elle était prévisible. Le communisme captivait mon attention. Un idéal se dessinait dans mon esprit : un monde où tout le monde serait égaux. Personne ne serait riche mais personne ne serait pauvre et nous serions épargnés du déficit moral du matérialisme et autres dépravations de nos sociétés capitalistes. C’est lorsque je repense à cette époque que je réalise la pertinence de la critique de Murray Rothbard envers Ludwig von Mises : ce dernier défendait une position utilitariste, et refusait toute considération éthique concernant le libéralisme. Or à l’époque, étant communiste, ce n’était pas son efficacité qui m’avait convaincu de l’être, car je m’apercevais bien de son inefficacité. C’est l’éthique, ou le semblant d’éthique, qui caractérisait le communisme qui m’avait convaincu à défendre ses positions. Même meurtrier, c’était pour la bonne cause, tout en me disant qu’il serait préférable de ne plus faire couler de sang à l’avenir.

Rejet de la violence

Mais cette passion, que dis-je, cette adoration du communisme s’estompa lorsque je découvris ce qui fut ma première caractéristique libérale : la détestation de la violence. Non, en effet, à y regarder plus près, je me demandais si le fait de fermer les frontières n’était pas l’aveu même de la défaite de mes idéaux, et je réalisais que, sauf à user de la violence, un pays communiste ne pouvait pas émerger. La chimère communiste et pleinement centralisatrice s’estompa. Mais elle fut rapidement remplacée par une autre : la mouvance alter-mondialiste. Si on ne peut se passer d’une économie de marché, faisons en sorte que celle-ci ne soit pas aussi destructrice que ce qu’elle était naturellement dans mon esprit. Il fallait au moins s’épargner le renard libre dans le poulailler libre. Une époque où désillusion allait sur désillusion : une époque où lorsque je critiquais les ultra-libéraux, je mentionnais d’emblée les renflouements des banques, les subventions publiques, la politique expansionniste de la Banque Centrale. Tous ces artifices me semblaient être l’expression même de la caste libérale qui se servait de ses pouvoirs pour accroître la potentialité du pouvoir économique à écraser les plus pauvres. Les droits de succession ? Les plus pauvres seraient obligés de vendre leurs terres à des agents immobiliers. C’était forcément une injure libérale qui se cachait derrière cela.

Mes cours de sciences économiques avaient cependant amené une autre pierre à l’édifice interventionniste que je représentais : j’ai nommé le keynésianisme. Autant dire que je commençais à accumuler les mauvais actifs. Il survint cependant un remède guérissant ces stigmates étatistes, lentement mais sûrement. J’avais eu l’avantage d’avoir un enseignant hors norme dans l’éducation nationale. Très conservateur sociétalement, si je puis dire, mais très libéral sur le plan économique.

Autant dire que j’avais droit à une certaine critique des tentatives de relance en France, du protectionnisme ou de la politique de la Fed, ou que celui-ci nous parlait des Lois Hartz et de la flat tax dans les pays anciennement communistes. Un professeur un peu atypique en somme et à qui, malgré notamment nos nombreuses divergences sur le plan sociétal, je dois l’attraction que je subis progressivement vers le libéralisme. Cela ne se fit pas du jour au lendemain. Il me fallut mon année de Terminale pour me débarrasser d’une partie des pensées keynesio-marxistes qui me caractérisaient. Ainsi je considérais vers la fin de l’année scolaire la taxe à 75% comme une imbécillité, ainsi que la très grande rigidité du marché du travail français. Ce n’était pas grand-chose mais au vu de mes précédentes promenades au fin fond du socialisme, on pouvait considérer cela comme un progrès.

Après avoir passé mon bac, je commençais à m’intéresser à l’UDI, qui s’était formée depuis quelques mois. Parallèlement, il me prît l’envie de relire les programmes de chaque parti. Je vous laisse deviner ma stupeur quand je me suis aperçu que, peu ou prou, c’était les mêmes programmes. Derrière chacun d’entre eux se cachait l’État, et seul le degré auquel il se manifestait variait, encore que très peu. À cette découverte, une idée me traversa l’esprit. Je devais absolument savoir ce qu’était le libéralisme, ce qu’il était vraiment (pas ce qu’on en disait à la télévision). C’est à ce moment là que je découvris que le PLD faisait partie de l’UDI.

Il me semblait approprié donc de lire leur programme. Et le moins que je puisse dire est que j’étais choqué, plutôt dans le bon sens du terme, par ce que je lisais. Retraite par capitalisation ? Les médias parlaient tous les jours de la retraite par répartition sans proposer d’alternative. Cela me semblait être une bonne idée. En somme, j’étais relativement d’accord avec tout ce que je lisais.

J’avais cependant encore en détestation les inégalités économiques et je souhaitais que l’État les résolvent. Une personne me fit cependant remarquer que l’égalité économique était le contraire de l’égalité de droit, et qu’à vouloir des individus vivant pareillement, il fallait agir différemment avec chacun d’entre eux. En somme, chacun aurait une part inégale de sa propriété qui lui appartiendrait. Le dogme de l’égalitarisme s’envola définitivement.

Mieux connaître le libéralisme

Passons vite ma première année de Licence. Elle correspond à l’année où j’ai essayé d’approfondir mes connaissances sur le libéralisme. Je m’étais mis à lire Contrepoints, les publications de l’Ifrap, de l’Iref Europe et parfois de l’Institut Coppet et l’Institut Molinari, et je discutais régulièrement avec des libéraux sur Twitter. Je finis rapidement par me considérer comme minarchiste, c’est-à-dire que je défendais un État minimal. Mais même si la tentation d’aller plus loin me tenaillait, je voyais dans l’anarcapie un danger profond pour la liberté, et je ne comprenais pas comment certains individus en arrivaient à un tel … « extrémisme » ? Je me refusais à user de ce terme, sachant que c’était ce que les étatistes disaient des libéraux en général.

Le jour arriva cependant où je me mis à discuter avec un anarcho-capitaliste. Ma position restait la même : l’État devait gérer les fonctions régaliennes. Il essayait cependant de me convaincre que ce n’était pas nécessaire. Il sema le doute dans mon esprit et je ne savais plus que penser. Cependant, l’aboutissement de ma quête arriva lorsqu’une excellente nouvelle illumina mon quotidien. C’est à celle-ci que je dois mon arrivée à l’anarcho-capitalisme.

C’est cette personne qui me fit réaliser que le seul monde où elle méritait de vivre, c’était dans un monde de liberté. Pas un monde dépravé, enchaîné et spolié par l’État. Un monde où elle pourrait s’épanouir et ne pas avoir à se soucier de mafieux en tout genre. Un monde où celle-ci verrait que la liberté n’est pas un bien, mais un droit de l’humanité.

La seule manière de limiter l’État, c’était d’avoir le pouvoir de le quitter.

Et vous, avez-vous toujours été libéral ? Ou revenez-vous de loin également ?

  1. Mathilde de St Amour

    Vos questionnements sont intéressants, je ne comprends pas votre fin, chaque être humain mérite de vivre libre, et chacun est maître et peut décider de voir sa liberté ou non.
    A vos 2 questions je réponds oui/non et oui/non 🙂

    1. Comment ça de voir sa liberté ?
      Je trouve que les Français n’ont pas le choix justement. Du coup, comment savoir ?

      1. Mathilde de St Amour

        Dans le sens où, comme un esclave, c’est à nous de prendre notre liberté vis à vis de l’état, comme de nos parents finalement, cela dépend de votre degré de liberté ( celui avec lequel vous êtes épanoui). Mais sur le fond, le monde devrait être un monde de liberté où chacun aurait le choix, je suis tt à fait d’accord.
        L’hypnose? Pourquoi l’hypnose? Elle traite magnifiquement bien les acouphènes d’ailleurs 😉
        C’est la vie de Savoir, penser, rêver, mais bien sur il faut être libre pour ça 🙂

        1. Pourquoi l’hypnose ?
          Par curiosité, car je ne fume pas et je bois régulièrement. Donc, aucun vice à supprimer…
          A part le sexe, mais c’est plutôt un besoin naturel 🙂

          C’est très interressant l’hypnose. Très différent du liberalisme et du bouddhisme, mais le lien reste la recherche de réponses sur la nature humaine. (Et moi même, par la même)

          Un esclave, reste un esclave. Si leurs maîtres le décident, ils doivent obéir. Nous sommes bien les esclaves modernes de l’Etat. Sans les chaînes physiques, mais avec des devoirs moraux et des taxes virtuelles qui nous enchaînent tout autant.

          1. Mathilde de St Amour

            Oh d’accord, je comprends!

    2. Moi c’est non et ne sait pas (pour les questions).

      En même temps dire que le bouddhisme et l’hypnose mon conduit ici….ça craint un peu quand même.

  2. J’ai un peu le même parcours politique. J’ai grandis dans une ville coco. J’ai été embrigadé par les jeunesses coco à l’âge de 13 ans ( ambiance komsomol 🙁 ). A 14 ans j’ai voulu les quitter car c’était n’importe quoi. Ils nous disaient « hé les jeunes bougez vous » et lorsqu’on voulait écrire un tract on nous changeait les termes, les phrases.

    J’ai rejoint l’anarchisme même si au fond de moi je n’arrivais pas à me reconnaitre dans les autres membres.

    Un jours, j’ai réellement discuté avec mon père qui est né en Tchécoslovaquie. Et il m’a raconté son histoire là-bas… j’ai vraiment eu froid dans le dos et je n’ai pas compris pourquoi dans ma tendre jeunesse il ne s’est pas opposé à mon premier engagement politique. Quand vous entendez ça… ce n’est pas de la théorie, c’est du concret…. Le communisme plus jamais…. c’est le nazisme avec des petites fleurs….

    J’ai rencontré le libéralisme progressivement, par curiosité intellectuelle. Par liborg, H16, wikilibéral, Murray Rothbard, mes lectures et ici.
    J’ai besoin d’un cadre intellectuel réfléchis. Quand on dépasse les cochonneries matraqué par Arte, les médias dominant, on se rend compte de la puissance de réflexion du libéralisme, de sa tradition.

    Ce qui est rigolo c’est de constater que l’anarchisme libertaire est vraiment très proche du libertarien dans certains principes fondamentaux ( absence d’état ). Mais bien sur, il diffère sur de nombreux autres points. Une des différences c’est qu’un libertarien n’empêchera pas des anarcho-syndicalistes de s’associer, d’acheter un terrain et de faire leur truc…

    Ce qui est dommage c’est qu’il y a plein plein d’anarchistes et de gens dit de gauche tout à fait libéraux-compatible et qui s’ignorent. Ils sont bloqués sur le matraquage antilibéral alors que au fond d’eux ils n’aspirent qu’a cela… C’est même terrible de constater à quel point le formatage est puissant ( école/média/parents, refus de de se remettre en question).

    1. « Le communisme c’est le nazisme avec des petites fleurs » => Excellent !

      Je suis d’accord avec vous sur votre diagnostic concernant ces gens libéralo-compatibles ; le problème étant que plus les gens avancent dans l’âge, plus il leur est difficile d’admettre qu’ils se sont complètement trompés pendant toutes ces années, notamment un parent vis-à-vis de son enfant…

  3. J’ai eu de la chance… Je n’ai jamais aimé penser comme les autres, et toujours eu un intérêt marqué pour l’économie politique (merci à mon père). Je suis passé d’anarchiste (mais plutôt libéral) à anar-cap (mais finalement un poil minarchiste) sans trop de difficultés. Avec une inclination monarchiste en l’absence d’anarchie finalement très semblable à celle de Hoppe que je n’ai découvert que bien plus tard.

    1. Je confirme, Franz est très à cheval… Sur l’étiquette 🙂

  4. J’ai l’impression de vivre depuis 2 ans ce même cheminement. (venu tardivement).
    J’ai le sentiment que pour être libéral dans un pays aussi étatiste que le nôtre, cela demande bcp d’effort et de recul… (Et bien que plutôt minarchiste), je trouve cet article très intéressant.

  5. Je n’ai jamais embrassé le côté rouge de la politique. Sauf peut être avec l’UMP. Ma plus grosse erreur.

    Et puis me voilà presque anarchiste. Mais peut être que je vais changer comme Franz. Pourquoi pas ?
    C’est la vie de changer, d’évoluer, de se tromper. Il faut bien sur être libre pour ça.

  6. « Une personne me fit cependant remarquer que l’égalité économique était le contraire de l’égalité de droit, et qu’à vouloir des individus vivant pareillement, il fallait agir différemment avec chacun d’entre eux. En somme, chacun aurait une part inégale de sa propriété qui lui appartiendrait. Le dogme de l’égalitarisme s’envola définitivement. »

    Quelle brillante démonstration !

    J’ai peu ou prou la même histoire que toi dans le passage entre minarchisme et anarcho-capitalisme. Moi aussi ça me faisait flipper. Jusqu’au jour où je prenne les questions qui me dérangeaient à bras le corps et que je découvre les droits naturels, l’idée d’une police par assurance et même de l’armée par abonnement !

    Ça fait toujours plaisir de lire ce genre d’histoire. 😛

    Il y a 2 ans lorsque j’étais en première j’avais imaginé le concept de revenu de base en me disant que les machines détruisaient l’emploi et donc qu’il fallait prendre les gains engendrés par ces machines pour les donner à ceux qu’elles avaient renversées.

    Il y a une semaine je lisais cette phrase d’Hazzlit : « si les machines détruisent les emplois, pourquoi nous faisons nous du mal en livrant des marchandises en train de Chicago à New York alors que l’on pourrait créer des milliers d’emplois en les faisant porter à dos d’hommes ? »

    On est heureux de regarder en arrière et de se dire à quel point on a appris depuis ça. 🙂

  7. Je me disais anarcho-socialiste, mais je ne connaissais rien à l’Économie. J’ai demandé à mon père pourquoi l’État ne nationalisait pas les usines pour éviter qu’elles ne ferment, et il m’a répondu que les usines ferment à cause de la baisse de la demande pour ses produits sur le marché, et que la nationalisation ne changerait pas la situation du marché. Pour la première fois, j’ai compris qu’en fin de compte c’est la réalité économique qui prime sur la volonté politique, et que le dirigisme était une négation de cette réalité. J’ai alors commencé à m’intéresser à l’Économie, que je ne voyais plus comme la « religion des patrons » mais comme une science, et le seul vrai moyen d’améliorer la vie des gens. Empiriquement, je constatais que les pays ayant une économie dirigée étaient toujours plus pauvres que les pays ayant une économie libre et s’appauvrissaient irrémédiablement jusqu’à atteindre le point d’effondrement. Alors, j’ai cherché les données pour comparer les différents systèmes en place dans le monde afin de savoir ce qui marchait le mieux, et je suis tombé sur l’indice de liberté économique de l’Heritage Foundation. Ça a confirmé mon intuition, et j’ai commencé à m’intéresser à la théorie économique libérale, à lire plus attentivement les arguments libéraux (j’étais déjà sensible aux idées libertaires, mais je faisais encore la différence entre liberté individuelle et liberté économique). Un facteur majeur de mon changement, c’est que je fréquentais un imageboard américain, et les gens là-bas sont pour le moins critiques à l’égard du Socialisme 🙂 . Pendant la Campagne Présidentielle Américaine, j’ai découvert Ron Paul et les Libertariens. J’ai découvert que même aux États-Unis on pouvait être « de Droite » sans être religieux ni conservateur. J’étais déjà libertarien sans le savoir, il me manquait juste la culture économique (comme beaucoup de Français). Et puis, en grandissant, j’ai comme tout citoyen été confronté à la gabegie innommable des monopoles d’État Français qu’on appelle les « Sévices Publics », qui fait douter même un étatiste forcené de la pertinence de l’État Français à s’occuper de tout.

  8. J’ai toujours détesté qu’on me dise ce que je devais faire, et plus encore ce que je devais penser. Appelons ça une prédisposition.

    En tout cas ça m’a sauvé de l’endoctrinement de l’EdNat.

    J’ai toujours été fasciné par la facilité avec laquelle les autres élèves se faisaient lessiver le cerveau. Alors même qu’eux n’ont plus n’aiment pas qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire. Alors même que les ados détestent en grande majorité leur profs.
    On voit l’efficacité du tir croisé EdNat / médias / parents / politiques.

  9. Excellent témoignage. Je me reconnais beaucoup dans votre parcours bien que le mien fut plus brutal, plus tardifbet peut-être moins achevé.
    Tout un tas d’expériences m’ont conduit au libéralisme, mais je crois que ce qui enfonce le clou un peu plus tous les jours, lorsqu’on commence à s’y intéresser sérieusement, c’est de constater le dose de désinformation et d’ignorance diffusée de manière quasi quotienne dans les médias français. Pour qu’un courant de pensée suscite une telle déformation dans la présentation qui en est systématiquement faite à l’opinion, il y a forcément anguille sous roche… Cela pousse a se renseigner plus avant, et à lever de plus en plus de lièvres étatiques…

    Internet est en cela un formidable outil de promotion du libéralisme qui contribuera, je l’espère (si les étatistes ne sen emparent pas avant), à son adoption de la manière finalement la plus naturelle qui soit: par la base…

  10. « Ou revenez-vous de loin également ? »

    Depuis que je m’intéresse à l’économie/l’actualité j’ai toujours été libéral (j’étais relativement jeune!), mais sans connaitre le mot même ! (si si)
    En fait je disais avoir mes propres idées, c’est vrai, je n’en faisais qu’à ma tête, je passais pour un fou lors de mes rares occasions pour débattre. Je trouvais par exemple bizarre les subventions de l’ue pour l’agriculture (« sécurité-alimentair-omg » ils disent), les solutions dont on parlait pour l’école publique ou encore celui de notre système de retraite. Je croyais être le seul à avoir de telles analyses sur tout ces sujets.

    à cette époque, j’avais cependant une légère tendance à gober les discours en super cohérents (en circuit fermé), de type égalitariste, étatistes, anti-mondialisation, ect, ça ne m’empêchait pas de penser qu’il devait y « avoir quelque chose ailleurs ».

    Débattre, démontrer m’étais très difficile par je ne connaissais que très peu de différences, de démonstrations.

    Je croyais être le seul à penser tout ça, et pourtant j’étais très convaincu d’avoir raison.

    C’est par Internet que j’ai commencé à connaitre le libéralisme. D’abord par les publications du genre NdF. NdF a un petit côté libéral non négligeable par rapport aux grands médias, j’ai appris pas mal de choses, mais je les trouvais mauvais sur beaucoup d’autres choses, j’ai fini par ne plus les lire. Finalement ce n’est pas un journal si libéral que ça.

    C’est vraiment Contrepoints qui a été LE premier think tank avec lequel j’étais d’accord avec une écrasante part de ce qu’ils publiaient. Contrepoints a non seulement confirmé ce que j’ai toujours pensé, mais a aussi apporté une grande complémentarité d’analyses, de démonstrations, d’idées et de références dont j’avais terriblement soif.

    Jamais mes parents ne m’ont inculqués d’idées, mon père m’a seulement dis qq fois quand j’étais plus jeune des choses comme « le communisme n’a jamais fonctionné » ou que le socialisme était semblable au communisme, et ma mère n’a pas de couleur mais ses idées sont clairement étatistes.
    Au dehors de mes parents, j’étais même bien plus exposé au discours étatiste moyen par les gens de tout les jours, les jeunes de mon âge, les profs, les médias.
    Depuis longtemps on ne parle quasiment jamais de politique, mais mon père lui, je sais par incident qu’il a presque les même idées que moi. <————- fait, tout de même très curieux.

    Me voila aujourd'hui, libéral, pleurant ou riant des lois absurdes, des fallacies présentes dans l'analyse économique, des discours de certains, ect.

Les commentaires sont fermés.