Sondages : La descente aux enfers de François Hollande

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L’impopularité de François Hollande est à son paroxysme, comme le confirment deux sondages publiés cette semaine, le baromètre politique de TNS-Sofres et le sondage sur les intentions de vote pour la présidentielle 2017 de l’Ifop.

contrepoints 642 sondage enferPlus rien ne va pour le Chef de l’État qui ne cesse de battre des records d’impopularité. Deux sondages publiés cette semaine par TNS-Sofres et l’Ifop sanctionnent la rentrée politique totalement ratée de l’Exécutif, empêtré dans de multiples affaires (la constitution en catastrophe d’un nouveau gouvernement suite à la bravade de Montebourg et Hamon, les couacs entre membres de gouvernement, la fronde d’élus de la majorité, la publication de l’ouvrage de l’ex-compagne du Chef de l’État, la démission du Secrétaire d’État Thomas Thévenoud qui aurait fraudé le fisc…).

François Hollande atteint une cote d’impopularité jamais vue sous la Ve République

Le dernière baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, réalisée au lendemain du remaniement gouvernemental et pendant l’université d’été du PS à La Rochelle, montre en deux mois une nette dégradation de l’opinion à l’égard de l’exécutif. François Hollande comme Manuel Valls enregistrent en effet des reculs importants de leur cote de confiance par rapport à juillet dernier.

En ce début septembre, seuls 13% des Français font confiance à François Hollande : en recul de 5 points par rapport au mois de juillet, il s’agit du résultat le plus bas jamais enregistré sous la Ve République. 85% des Français ne font pas confiance au Président (+6 points). C’est particulièrement auprès des sympathisants de gauche que la défiance progresse le plus : 64% d’entre eux ne lui font pas confiance (+8 points).

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Évolution de la cote de confiance des présidents de la République depuis 1981 (cliquer pour agrandir).

 

Manuel Valls, également fragilisé par les dissensions au sein de la majorité et critiqué par la gauche du PS, enregistre un très fort recul de sa cote de confiance alors qu’il avait réussi à se maintenir avant l’été : 30% des Français lui font désormais confiance, soit une baisse de 14 points en deux mois. Celle-ci est nette chez les sympathisants de droite (-17 points) mais aussi à gauche (-13 points). Toutefois Manuel Valls conserve une majorité de soutien auprès des sympathisants socialistes (61%).

Intentions de vote pour la présidentielle 2017 : encore un autre sondage qui écorne l’image du Chef de l’État

L’enquête d’intention de vote pour l’élection présidentielle de 2017 de l’Ifop pour Le Figaro est également riche d’enseignements. Le Président y apparaît très affaibli politiquement puisque dans deux des trois hypothèses de premier tour testées (face à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé), il serait éliminé et ne pourrait pas se qualifier pour le second tour. Dans la troisième hypothèse, face à François Fillon, la qualification serait incertaine, les deux candidats obtenant chacun 17%. Son score ne serait que de 16% dans les deux autres scénarios testés, soit le point bas atteint par Lionel Jospin un certain 21 avril 2002. Mais contrairement à ce qui s’était produit à l’époque, l’élimination du candidat socialiste ne se jouerait pas à un point mais avec un écart beaucoup plus large, de l’ordre de 8 à 9 points selon les hypothèses. Autre signe dénotant de son extrême fragilisation, François Hollande verrait se détourner de lui quasiment la moitié (entre 42 et 47%) de son électorat du premier tour de la présidentielle de 2012.

Il est à noter que ce décrochage de François Hollande ne profiterait pas aux autres candidats de la gauche, comme si c’était l’ensemble de cette famille politique qui était aujourd’hui en crise. Jean-Luc Mélenchon se situe à 10% (soit 1 point de moins qu’en 2012) et Cécile Duflot à 3%, un niveau très proche de celui d’Eva Joly. On peut également constater que l’impopularité de Hollande ne profite guère à l’UMP : si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, Marine Le Pen arriverait largement en tête dans les trois hypothèses testées avec un score oscillant entre 28 et 32% et une avance allant de 3 points face à Nicolas Sarkozy (28% contre 25%) à 15 points (32% contre 17%) face à François Fillon.

Toujours dans ce sondage de l’Ifop, les résultats des différentes hypothèses de second tour amplifient et confortent les tendances observées au premier tour. Signe de son affaiblissement, François Hollande, opposé à un candidat de droite (configuration qui au regard des scores du FN est loin d’être la plus plausible aujourd’hui), serait largement surclassé par les trois compétiteurs de droite, avec un score pour l’actuel président oscillant entre 34 et 39% seulement contre 66% à 61% pour la droite, soit un rapport de force historiquement bas pour la gauche. La poussée frontiste se confirmerait avec des résultats élevés pour Marine Le Pen au second tour face à la droite (configuration la plus probable actuellement) : 36% face à Alain Jupé, 40% contre Nicolas Sarlozy et même 43% contre François Fillon. Dans ce type de configuration, l’abstention de la gauche serait importante, mais parmi les électeurs de gauche qui participeraient, la leader frontiste pourrait bénéficier du soutien de 28% d’entre eux. Ces reports en provenance de la gauche sur le FN contre la droite au second tour avaient déjà été observés lors de certaines élections partielles et aux municipales.

Corollaire spectaculaire de ces deux enseignements précédents que sont l’affaiblissement extrême de François Hollande et la puissante dynamique frontiste, dans l’hypothèse d’un deuxième tour Hollande/Le Pen (scénario assez peu probable à la lumière des chiffres du premier tour, mais éventuellement envisageable dans le cas où François Fillon représenterait l’UMP au premier tour et serait coiffé au poteau par François Hollande), Marine Le Pen devancerait le président sortant par 54% contre 46%.