1914, Jean Monnet et l’Europe

1914 1918

C’est pendant cette conflagration que le jeune Jean Monnet a commencé à développer ses théories de supranationalisme, idées qu’il a aiguisées pendant l’entre deux guerres.

Par Richard North, depuis le Royaume-Uni.

1914 1918L’année dernière a marqué le quarantième anniversaire de l’entrée de la Grande Bretagne dans ce qui était à l’époque le marché commun. Cette année, c’est le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, au sujet duquel beaucoup sera écrit, peut-être trop.

La déclaration de guerre a été saluée par des célébrations délirantes mais, d’ici à sa fin, l’humanité avait appris une leçon suffisante pour ne pas être si enthousiasmée par la suivante.

C’est à l’occasion de cette conflagration, cependant, que le jeune Jean Monnet a commencé à développer ses théories de supranationalisme, idées qu’il a aiguisées pendant l’entre deux guerres, déterminé à développer un modèle politique qui assurerait la fin de toutes les guerres en Europe.

Dans l’esprit de Jean Monnet, il existait une construction qu’il nommait assez ouvertement les États-Unis d’Europe ; c’est avec l’aide du jeune fonctionnaire britannique Arthur Salter, qu’à la fin des années 20, il avait ainsi pu formaliser un plan permettant  aisément de distinguer la forme actuelle de l’Union européenne.

Le point notable, bien sûr, c’est que le « plan » Monnet avait pour but d’éviter la Deuxième Guerre mondiale. Et donc, avant même sa mise en pratique en 1950, il avait déjà échoué. Et, comme un cadeau qui continue de produire des cadeaux, il ne cesse d’échouer.

Cette approche sera très peu discutée cette année dans les médias dits traditionnels, mais l’ombre de 1914 sera avec nous toute l’année, alors même que se déploient des plans pour nous amener encore un nouveau traité de l’Union européenne.

Cette année aussi, avec le prix « Brexit » de l’Institute of European Affaires nous pourrions tout juste être un petit peu plus proches de quitter « l’empire du mal ». Je reste convaincu que, jusqu’à ce que nous, le mouvement anti-UE, soyons en mesure de présenter un plan crédible de sortie, nous n’avons aucune chance de nous assurer d’y arriver.

D’un autre côté, quand nous pourrons livrer la matière intellectuelle, comme l’a fait Jean Monnet, nous aurons en main le début de la fin. Et ça, c’est une pensée suffisamment réjouissante pour nous soutenir au cours de cette année 2014.

Sur le web – Traduction Contrepoints