Nicolas Baverez : Avis de tempête force 10

La France se meurt de sa classe politique en totale déliquescence.

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Nicolas Baverez (crédits Fondapol, licence Creative Commons)

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Nicolas Baverez : Avis de tempête force 10

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 mars 2014
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Par Philippe Robert.

Baverez

En France, des événements de tous ordres se télescopent en tous sens avec une rapidité stupéfiante dont, finalement, la survenue n’a rien de surprenant tant nos oligarchies se sont ingéniées, en si peu de décennies, à créer de toutes pièces les conditions d’un tel désordre. Toutefois, mon propos ne va pas consister à gloser sur l’actualité brûlante dont regorge jusqu’à l’écœurement la presse audio-visuelle ; en revanche, l’état de notre classe politique au plus mal me paraît désormais requérir une attention soutenue de la part de la société civile.

Après avoir moi-même écrit un article récemment paru sur Contrepoints et consacré au dernier livre de Nicolas Baverez, Lettres Béninoises (Albin Michel (janvier 2014), je recommande vivement la lecture d’un entretien accordé par Baverez, le 10 mars dernier, au quotidien libéral L’Opinion.

tempêteNicolas Baverez est le premier des « déclinistes », ainsi dénommé par ses détracteurs les plus aveugles encore aujourd’hui, à avoir sonné le tocsin dès 2003 sur la pente de plus en plus raide et savonnée suivie par la France après avoir durablement rompu avec un budget excédentaire sinon à l’équilibre.

De cet entretien d’une lucidité exceptionnelle à un instant lui-même exceptionnel de notre histoire, j’ai sélectionné quelques extraits, à mes yeux significatifs, afin de communiquer au lecteur de ces lignes l’enthousiasme que j’ai moi-même ressenti à en lire d’une traite l’intégralité.

« J’écris en moraliste pour prévenir des dangers qui menacent notre pays et appeler les Français à les surmonter (…) La France est en passe de basculer du déclin relatif au déclin absolu (…) Alors que nous entrons dans un nouveau moment de la mondialisation (…) nous ratons le train de la reprise par notre refus des réformes. »

La question se pose donc avec acuité d’en savoir plus sur les causes profondes à l’origine d’une telle descente aux enfers et sur lesquelles il n’est plus possible, au risque de perdre plus d’un millénaire de dignité nationale, de continuer à privilégier le déni. Mais de quand date ce désastre ?

« Pour dire la vérité, il remonte à quatre décennies puisque le dernier excédent budgétaire date de 1973. Mais le décrochage s’est spectaculairement accéléré avec la crise de 2008 et plus encore depuis 2012. À la suite d’un campagne présidentielle placée chez tous sous le signe du déni et de la démagogie. La politique conduite par François Hollande a mis l’économie française à genoux en cassant tous les moteurs de la croissance. Avec un choc fiscal d’une violence inouïe, elle l’a isolée en Europe et coupée du monde. »

img contrepoints159La France se meurt de sa classe politique en totale déliquescence qui ne veut rien lâcher de ses privilèges mal acquis dans les urnes ; de même notre pays se meurt-il de l’insolente indifférence de ladite classe politique pour la France d’en bas assommée comme à plaisir de difficultés sans nom.

L’Opinion pose alors la question qui tue : « Serions-nous arrivés à une heure de vérité ? » Réponse canon de la part de Nicolas Baverez dont, à titre personnel, je doute qu’elle puisse encore fonctionner avec des élites usées jusqu’à la corde et qui donc ont fait leur temps : « Oui. François Hollande doit agir enfin en chef de l’État – et non plus de son parti – pour mettre en œuvre très rapidement son « pacte de responsabilité ». Il doit pour cela investir un nouveau Premier ministre à la tête d’un gouvernement resserré. Et l’opposition doit, dès le lendemain des élections municipales, se doter d’un leader, d’une stratégie et d’un projet crédibles. »

« Après nous, le déluge » aurait dit Mme de Pompadour à l’adresse de son amant Louis XV lors de la défaite, le 5 novembre 1757 à Rossbach, des troupes franco-autrichiennes face à l’armée prussienne du Roi Frédéric II. Soit, mais une fois suffit !

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  • Baverez mérite un grand respect, ne serait-ce que pour avoir été la cible de tous les gogos, bobos et gauchistes à qui il a présenté un miroir pour qu’ils puissent y voir le reflet de leurs turpitudes, de leur veulerie, et de leur bêtise sans fond.

    Ils n’ont pas apprécié, et c’est bien normal.

    Maintenant, faut-il partager votre enthousiasme ?

    Car enfin, comment Baverez (et vous ?) peut-il donner la moindre crédibilité au « Pacte de responsabilité » ?
    Alors que tout honnête homme sait qu’il s’agit d’une outre. Vide. Le néant. Une insulte permanente à l’intelligence.

    Et plus fort encore, comment penser une seule minute que Hollande soit capable d’être… « un chef d’état » ? !

    Ca donne le vertige.

    Baverez est bon lorsqu’il épingle la mécanique implacable du déclin.

    Mais il est… enfantin, naïf, voire franchement mauvais lorsqu’il se risque à ébaucher des « solutions », à se persuader qu’on peut « réformer » la France, faire virer de bord le Titanic avant la collision.

    C’est absurde.

    Et y croire, c’est commettre un péché d’esprit. C’est même… obscène.

    Jusqu’à la lie. Nous devons toucher le fond. C’est la condition sine qua non pour ensuite retrouver l’espoir, le vrai.

    Nous en sommes encore loin.

    Voilà pourquoi rationnellement, le vrai libéral doit tout faire pour accélérer le déclin, renforcer l’entropie… précipiter la destruction de notre prison.

    Et arrêter d’amuser la galerie et perdre son âme en agitant des hochets : « gouvernement resseré », « Hollande chef d’état », « pacte de responsabilité », « choc de simplification », « boîte à outils », « leader de l’opposition » (il n’y a pas d’opposition) etc.

    • Je suis comme vous totalement sceptique sur la capacité de Hollande à agir en chef d’Etat et je le dis en toutes lettres dans cet article. Quant au pacte de responsabilité en particulier, nous avons affaire à des socialistes et tant qu’ils seront là, eux ou d’autres de la fausse droite, la France risque de se retrouver sous la férule du FMI, comme Baverez le décrit en 2040. Il faut un nouveau souffle, mas une alternance mais une alternative libérale et toute la difficulté de l’exercice se trouve là.

    • 100% en phase, bien trop polisse vis a vis de pourritures malhonnêtes qui pillent le pays
      Supprimer les politiques pros en limitant par exemple a deux mandats pour toute fonction et supprimer le statut de fonctionnaires…
      1789 est tout est a refaire dans ce pays pourri par le privilège de droit divin

  • Partage et soutien de l’analyse de Christophe…qui, j’en suis convaincu , n’ignore pas que Baverez a été également nourri par la matrice enarchique: ça laisse forcément des traces…
    Mais bon, au moins il a retrouvé une lucidité cristalline, recouvré sa part de liberté et amélioré l’écriture de sa pensée

  • L’optimisme de Baverez, c’est celui du personnage de ses Lettres Béninoises, et il aura la même fin. Mais c’est bien dommage qu’il n’y en ait pas un peu plus comme lui dans les médias, car après tout, c’est autant le déni qui entretient nos dirigeants que nos dirigeants qui entretiennent le déni.

  • Le diagnostic est bon mais pas la conclusion. Le peuple doit reprendre la main, virer les grands féodaux, demander des comptes à ceux qui devraient faire respecter les lois et qui s’y refusent, justice et Bercy. Cahuzac, selon son ex aurait un autre compte à l’île de Man…

  • Arrêtez de nous bassiner avec ce « pacte de responsabilité ». C’est du vide.
    Notre pays a besoin d’une grande réforme fiscale, pas de sparadrap, de réformettes à la gribouille.
    Les investisseurs et les patrons ont besoin d’être aussi libres qu’un juge d’instruction. Ils ne doivent pas à avoir à mettre en place des contreparties qu’ils ne pourraient tenir du fait même des aléas économiques.
    Nous avons besoin de réformes politiques fortes, d’un gouvernement qui se limite à ses responsabilités régaliennes, d’une justice dont les membres ne puissent plus pourrir la vie de qui elle veut sous prétexte d’indépendance, d’un impôt réaliste type flat taxe….
    Enfin d’un personnel politique qui a des couilles.

  • « Vite mettre en œuvre le pacte de responsabilité ? »
    10 milliards sous hautes conditions alors que l’état ponctionne 400 milliards aux entreprises ?

    Sérieux ?

    Alors que par derrière se profilent pleins de taxes, droits de mutations, timbres qui vont discrètement augmenter ?

  • Et si on suivait l’exemple ukrainien ?

  • la société civile n’a pas à signer de pacte avec le socialisme, elle a à le liquider…

  • pas d’accord avec la conclusion : les politiques doivent arrêter d’agir : cela limitera les dégâts.

  • Croire que la solution la solution est que

    « François Hollande doit agir enfin en chef de l’État – et non plus de son parti – pour mettre en œuvre très rapidement son « pacte de responsabilité ». Il doit pour cela investir un nouveau Premier ministre à la tête d’un gouvernement resserré. Et l’opposition doit, dès le lendemain des élections municipales, se doter d’un leader, d’une stratégie et d’un projet crédibles. »

    Relève aussi de l’indigence politique. C’est totalement anecdotique.

  • Si j’en crois tous les commentaire faits jusqu’ici il n’y a pas de solution.
    Pauvre France

  • Baverez 1er ministre… au moins

  • Matteo Renzi a rencontré François Hollande à Paris.
    Sur les solutions permettant un redressement de leur pays, ils disent dire la même chose.
    La nuance est que l’un fait, l’autre explique… ce qu’il ne fera jamais.
    Un an après le délai d’aisance de deux ans accordé par la Commission de Bruxelles, RIEN n’ a été REALISE en France ; par contre, que de réflexions, rapports, concertations, analyses…

    Plus par ici : http://www.challenges.fr/monde/20140314.CHA1592/ce-que-hollande-devrait-apprendre-de-matteo-renzi-le-nouveau-chef-du-gouvernement-italien.html

    •  » la nuance est que l’un fait , l’autre explique…  »

      Renzi est un poste depuis 15 jours et qu’est-ce qu’il fait ? un plan de relance…. quel visionnaire !

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