Les députés anti-privilèges : 10 contre 567 !

Hémicycle de l'Assemblée Nationale (Crédits Richard Ying et Tangui Morlier licence Creative Commons)

10 députés luttent contre leurs propres privilèges et réclament l’abolition de leur régime spécial de retraite.

10 députés luttent contre leurs propres privilèges et réclament l’abolition de leur régime spécial de retraite.

Par Geneviève Frixon de l’Association des contribuables de l’Intercommunalité d’Aubagne.

Hémicycle de l'Assemblée Nationale (Crédits Richard Ying et Tangui Morlier licence Creative Commons)
Hémicycle de l’Assemblée Nationale (Crédits Richard Ying et Tangui Morlier licence Creative Commons)

 

Ils sont dix ! Dix courageux députés contre leurs propres privilèges, qui luttent pour abolir leur régime spécial de retraite, l’exonération fiscale de leur l’indemnité de frais de mandat et la publication de l’utilisation de leur « réserve parlementaire » incroyable !

En cette période de marasme social où le gouvernement, dans un souci de justice unilatérale, demande toujours plus de sacrifices aux contribuables, les dix lancent un appel dans le Nouvel Observateur pour mettre fin à leurs avantages.

La loi sur la moralisation de la vie politique aura mis en lumière une timide volonté de se démarquer du cynisme ambiant qui instaure l’égalité dans la crise mais ne descend nullement de son piédestal élyséen afin de participer à l’effort national.

Voici la liste des 10 contre 567 :

  • Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne : propose en conséquence de publier les augmentations de patrimoine entre le début et la fin du mandat parlementaire. « Autant on peut évoquer l’atteinte à la vie privée si on publie tout le patrimoine au moment de l’élection, autant on doit rendre des comptes si on s’enrichit durant l’exécution du mandat. »
  • Laurent Wauquiez, député UMP de Haute-Loire : « Supprimons le régime de retraite, dans la période actuelle, si les politiques ne s’appliquent pas à eux-mêmes ce qu’ils demandent aux Français, ils n’ont aucune chance d’avoir la moindre crédibilité. »
  • Bruno Le Maire, députe UMP de l’Eure : juge de son côté anormal que 38% des députés soient issus de la fonction publique et demande que tous les hauts fonctionnaires remettent leur démission lorsqu’ils deviennent parlementaires. « Un haut fonctionnaire est garant de l’indépendance de l’État, or s’engager en politique signifie avoir des obligations partisanes », souligne-t-il, précisant que cette incompatibilité existe dans la plupart des pays européens.
  • Gérald Darmanin, député UMP du Nord : « Encadrons l’achat des permanences ».
  • François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique : « Contrôlons les lobbys ».
  • Barbara Pompili, députée EELV de la Somme : « Réformons l’assurance chômage ».
  • Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne : « Fiscalisons les frais de mandat ».
  • Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis : « Clarifions les groupes d’amitié ».
  • Barbara Romagnan, députée PS du Doubs : « Adoptons le mandat parlementaire unique ».
  • Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes : « Publions la réserve parlementaire ».

Les réseaux sociaux n’appellent pas encore à un « été des parlementaires », mais cette initiative a le mérite de nous réconcilier un tout petit peu avec la gente politique.

Note : La France compte 577 députés pour une population de 65,5 millions d’habitants, soit un député pour 113.000 habitants.


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