Selon Margerie, PDG, Total va fermer des raffineries à cause des politiques « vertes »

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Le PDG de Total, Christophe de Margerie, déclare que des raffineries vont devoir fermer, avec autant de pertes d’emplois à la clé, du fait des politiques « vertes ».

Le PDG de Total, Christophe de Margerie, déclare que des raffineries vont devoir fermer, avec autant de pertes d’emplois à la clé, du fait des politiques « vertes ».

Par Nick de Cusa.

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Christophe de Margerie, PDG de Total, déclare que les politiques vertes, ayant pour but de réduire l’utilisation et la consommation d’hydrocarbures, vont avoir pour résultat la fermeture de plusieurs raffinerie de pétrole. On peut donc envisager un massacre de l’emploi à grande échelle frappant encore plusieurs milliers de travailleurs et leurs familles.

Tristement, ceci ne surprendra pas les lecteurs de Contrepoints puisque nous avions expliqué la même chose à l’occasion de l’arrêt de la production de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne en Normandie, et à l’occasion de la fermeture de la raffinerie de Dunkerque dans le Nord.

Nous écrivions pour l’occasion :

Alors que les employés, cadres et ouvriers de la Raffinerie Total de Dunkerque sont confrontés à l’angoisse d’un futur incertain pour eux et leurs familles, la recherche de coupables se tourne avec une monotonie mécanique vers « les patrons » et « les capitalistes » qui font des économies alors même que leur entreprise fait des profits. Bien sûr, c’est là la preuve d’une inimaginable inculture économique, les profits étant une bonne chose, à sauvegarder avec soin puisqu’ils récompensent les investisseurs pour leur prise de risque, mais aussi, qu’ils sont le signe de la viabilité de l’entreprise. Une entreprise qui cesse durablement d’en faire n’en a plus pour longtemps. Mais le plus dommage dans ce mode « pilote automatique » bêta de désignation des coupables, c’est qu’il rate une cause réelle et, elle, plus qu’inquiétante, de ce tragique accident industriel : l’acharnement inouï et persistant de l’État et de la loi contre les raffineries de pétrole. En effet, cela fait des décennies que la France fait tout pour minimiser la consommation de leurs produits. En premier lieu, bien sûr, ils sont parmi les produits les plus taxés qui soient. Leur prix à la pompe est principalement constitué de taxes, en strates multiples, sur lesquelles on ajoute bien sûr une bonne couche de TVA pour faire bonne mesure. Cela réduit naturellement la demande pour ces produits, et donc le besoin de production, et donc le besoin de travail et d’usines. Cela met particulièrement la pression sur les raffineries les plus petites, dont le rendement ne peut atteindre celui des géantes comme, dans le cas de Total, le complexe du Havre ou celui d’Anvers. La demande des produits des raffineries baisse d’année en année. Ce n’est pas une fatalité : c’est le résultat d’un choix aussi irresponsable que destructeur de la part des pouvoirs publics.

Comme si cela ne suffisait pas, la détestation ne s’arrête pas là : non seulement on favorise le chauffage électrique pour justifier les investissements massifs du pays dans le nucléaire, au détriment du mazout qui vient des raffineries, mais encore on invente tout un tas de mesures prohibitives contre l’achat de voitures consommant un peu plus que le minimum, que ce fût la vignette en son temps, ou désormais le bonus malus pseudo écologique. Pseudo, car en effet, le CO2 qu’on pénalise est une émission entièrement inoffensive, non seulement aujourd’hui mais aussi dans 30 ans, et dans 100 ans. En attendant, tous ces emplois détruits ne reviendront pas, et on aura d’autant augmenté la misère.

Pire encore : n’allons pas croire que ce type d’acharnement destructeur ne frappe que les pétroles. L’automobile en souffre tout autant, sinon plus, comme nous l’expliquions à l’occasion de la fermeture de l’usine Ford de Genk, dans le Limbourg belge. Nous mettions en avant des causes malheureusement trop souvent négligées de ce type de drames :

  • Sur-taxation de l’automobile
  • Sur-taxation du carburant
  • Discrimination en faveur des très petites voitures à très petits moteurs via la guerre injustifiée contre un gaz non polluant, le CO2
  • Coût des véhicules fortement plombés par cette même guerre absurde contre le CO2 : diesel, rampe commune, matériaux légers, stop start, pneus basse friction, etc., ce sont des milliers d’euros de plus par voiture
  • Autres règlementations abusives ajoutant d’autres insupportables surcoûts aux véhicules, on peut penser à Euro V et bientôt Euro VI
  • Guerre à la conduite automobile : limites de plus en plus contraignantes, chicanes, bosses diverses
  • Réduction permanente des voies de circulation automobile : suppressions de bandes (voies pour les Français), extension du piétonnier, plans de circulation proprement vexatoires
  • Traque à l’automobiliste sur la route, mise en place de contrôles de vitesse de plus en plus cachés ou de plus en plus orwelliens, comme les contrôles de moyenne sur tronçon (alors même que les immenses progrès de sécurité des véhicules autoriseraient de remonter les limitations)
  • Politiques monomaniaques en faveur des transports en communs, alors même que leurs fréquences, confort, sécurité, qualité de service, coût réel tout compris, ne répondent pas aux attentes des gens qui doivent se déplacer
  • Contrôle technique annuel coûteux
  • Fiscalité en forte hausse sur les voitures de société (et amplifiant les distorsions absurdes autour du CO2)
  • Nouveau permis de conduire électronique coûteux

Il n’est que temps que les industries subissant de tels assauts expriment et expliquent quelles en sont les conséquences pour l’emploi, et donc, l’effet « boule de neige » d’aggravation d’une crise déjà terrible pour les gens.

On ne peut, de plus, que s’étonner, sur un sujet aussi grave, du silence des syndicats. Ne défendent-ils pas les travailleurs et l’emploi ?

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Le CO2 est innocent.

Interview de Drieu Godefridi pour la sortie de Climat, 15 Vérités qui Dérangent.