Le socialisme est un cancer de la démocratie : abattons-le !

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Les socialistes ont perverti les nobles notions de Liberté, Égalité et Fraternité. En tant que tels, ils sont les ennemis de tous les démocrates.

Les socialistes ont perverti les nobles notions de Liberté, Égalité et Fraternité. En tant que tels, ils sont les ennemis de tous les démocrates.

Par Philippe Bouchat.

Jean-Jacques Rousseau, penseur socialiste avant l’heure, avait coutume de dire que le législateur doit se sentir de force à transformer la nature humaine. Il n’y a pas meilleure définition du socialisme constructiviste que celle-là : transformer la nature humaine et, pour ce faire, prendre le pouvoir et user de la loi pour opérer cette transformation. Transformer l’homme par la contrainte légale : tel est donc l’idéal socialiste. Cette idée est l’exacte contraire du libéralisme qui se refuse de changer la nature humaine et rejette toute contrainte légale non librement consentie ! Je le dis ici avec force : on ne peut à la fois être libéral et socialiste ! Il n’y a rien de plus énervant ni de plus stupide que d’entendre parler de « social-libéralisme » ou de « libéral-socialisme ». Ainsi, certains médias en France, osent affirmer en dépit de tout bon sens que le président François Hollande se serait converti au « social-libéralisme » (que d’aucuns nomment aussi la « social-démocratie ») au motif qu’il aurait changé de cap en matière économique. Cela ne tient pas la route : on ne peut être qualifié de libéral parce que l’on adopterait quelques-unes des recettes du libéralisme économique ; le libéralisme n’est pas un courant de pensée à la carte où l’on prendrait ce qui est intéressant et refuserait ce qui ne l’est pas. Le libéralisme est une éthique, une attitude. On est libéral en tout ou on ne l’est pas. On ne peut être à la fois pour la Liberté et l’égalitarisme. C’est radicalement incompatible.

Qu’il me soit permis ici de le clamer avec force : les socialistes ont perverti les notions de « liberté », « égalité » et « fraternité » qui leur sont pourtant si chères. La Liberté est absence de contrainte légale (mais pas de règles : le libéralisme n’est pas l’anomie). Les socialistes ont perverti cette notion en ce qu’ils l’ont remplacée par l’absence de besoins : est libre, non pas la personne qui n’est pas contrainte d’agir contre son intérêt, mais celle qui ne se trouve pas dans le besoin. Dans la mesure où les besoins de l’homme sont infinis, cette définition permet donc l’intrusion permanente de l’État dans la sphère privée de l’individu. La liberté, selon les socialistes, doit être effective, réelle, ou ne pas être. Ils ont remplacé une réalité (l’homme est imparfait mais est capable d’agir dans son intérêt et dans celui de la société), par un idéal abstrait contraignant et asphyxiant (la loi va satisfaire tous les besoins du berceau au cercueil, fût-ce en privant certains de liberté).

Le libéral n’est pas contre l’intervention étatique en dehors de ses missions régaliennes, mais il convient que cette intervention, pour être légitime à ses yeux, soit impossible à réaliser par le privé ou à ce point coûteuse qu’il est plus efficient qu’elle soit assurée par le public (problématique des externalités ou des effets de voisinage). Donc, pour le libéral, c’est à titre tout à fait exceptionnel que l’État pourra intervenir de manière fortement encadrée et en se rappelant que toute intervention publique est un empiètement sur la sphère privée et donc sur la Liberté individuelle. Pour le socialiste, au contraire, l’État gardien de la liberté effective se doit d’intervenir chaque fois qu’un besoin n’est pas satisfait, peu importe l’empiètement sur la liberté individuelle que cette intervention implique ! Beaucoup de libéraux se sont laissés piéger par cette rhétorique socialiste et les ont rejoints pensant se placer ainsi sous la bannière de la Liberté. Funeste erreur car, ce faisant, ils ont non seulement contribué à gonfler les rangs socialistes et légitimé leur rhétorique, mais ils ont surtout, dans la réalité, abandonné leur vocation et quête de Liberté !

La liberté socialiste est donc contraire en tous points de vue à la liberté des libéraux. Elle est par conséquent également contraire à la Liberté chrétienne qui est quête jamais atteinte vers toujours plus d’émancipation, quête qui se retrouve également dans le combat libéral. Pour les chrétiens, Dieu a décidé librement de s’incarner dans l’humanité, jusqu’à en mourir sur la Croix, afin de sauver l’homme, c’est-à-dire, concrètement de lui donner la possibilité de partager Sa nature absolument libre. En s’unissant au Christ – tel est le sens de la communion chrétienne –, l’homme est fondé à jamais dans la Liberté sans que l’asservissement du péché n’ait plus aucune emprise sur lui (telle est la Vie éternelle qui commence hic et nunc, ici et maintenant). Le socialisme, en pervertissant la notion de Liberté, se place donc complètement à l’opposé du christianisme, tout comme il s’est placé à l’opposé du libéralisme.

La notion d’égalité a également été pervertie par les socialistes. Pour le libéral, l’égalité formelle, c’est-à-dire l’égalité de traitement est seule compatible avec la notion de Liberté véritable. L’égalité des chances, dans sa juste acception d’égalité d’accès aux emplois publics, est également soluble dans la notion de Liberté. En revanche, l’égalité des résultats, prônée par les socialistes, est radicalement incompatible tant avec le libéralisme qu’avec le christianisme. L’égalité des résultats – ou égalitarisme – a une tout autre portée : elle vise ni plus ni moins à placer chaque individu dans la même situation que son voisin, ce qui n’est pas possible sans « déshabiller Pierre pour habiller Paul » ou, pour le dire autrement, sans prendre – par la force de la loi – aux uns pour donner aux autres. Il s’agit d’une spoliation légale pour arriver à une société sans classe, sans différence, sans altérité, que ce soit au niveau social, politique, économique, sociétal. Il s’agit d’une dictature d’autant plus sournoise qu’elle revêt les habits de la légalité.

Dans cette optique, la femme doit devenir l’identique de l’homme, avec force de quotas et de gommage de la différence sexuelle. Les frontières entre pays doivent disparaître au profit d’un grand melting-pot international où le confusionnisme tient lieu de religion. Le riche et le pauvre doivent disparaître au profit d’une classe unique paupérisée. Le fort doit être émasculé pour engendrer un androgyne efféminé portant gloire au grand dieu gay qui gouverne le monde et la mode. L’épargnant allemand doit dilapider son argent au profit des cigales grecques. Les élèves doivent acquérir le même niveau de qualification quitte à abolir le redoublement et à abandonner le système de points. Les femmes doivent pouvoir louer leur ventre comme on loue une voiture ou un immeuble. On pourrait continuer ainsi à l’infini la longue litanie des contraintes légales que les socialistes font peser sur les individus pour transformer la nature humaine et la société ! Or, à chaque obligation correspond une perte de liberté individuelle. Le libéral ne peut être que révulsé par cette emprise tentaculaire du monstre public. Et le chrétien également, lui dont le Dieu est venu consacrer l’individualisme en offrant le salut et la Bonne Nouvelle de Sa personne à chaque personne, chaque femme, chaque homme, chaque enfant, considérant comme démoniaque toute déresponsabilisation de l’individu par la collectivité. Le chrétien comme le libéral ne peuvent ainsi en aucune manière souscrire aux concepts de liberté et d’égalité pervertis par les socialistes.
Il en va de même, enfin, avec le concept de fraternité, dont l’expression politique est la solidarité. La Solidarité n’est pas une construction abstraite, artificielle de l’homme comme celle dont nous rabattent les socialistes indéfiniment, mais elle est bien plutôt concrète, inhérente à la nature humaine. Frédéric Bastiat l’explique à merveille : « Il suffit que l’action d’un homme, d’un peuple, d’une génération, exerce quelque influence sur un autre homme, sur un autre peuple, sur une autre génération, pour que la loi (de la Solidarité) soit constatée » (in Harmonies économiques). La Solidarité, version libérale, n’est donc pas contrainte par le législateur ; elle est issue des multiples échanges entre les hommes : elle est spontanée, non contrainte. Par exemple, lorsque l’État impose une journée de « solidarité » en faveur des plus âgés, fait-il un effort ? Non, car il ne s’agit pas de son temps libre, mais de celui des citoyens. Il ne s’agit donc pas ici davantage de solidarité véritable. Autre exemple : lorsque l’on prélève des cotisations sur le travail au prétexte d’une redistribution qui s’avèrera plus ou moins réelle, le travailleur fait-il là un acte magnifique de solidarité ? Non, car seule la contrainte le guide. Cette solidarité entre hommes, libres et responsables, existe depuis que l’humanité est. Elle demeure par ailleurs un des piliers du christianisme. Mais, les exemples ci-dessus suffisent à le démontrer, il ne faut pas confondre la solidarité véritable avec la dérive de « solidarisme » effréné de tous les mouvements de gauche actuels qui réclament tous les jours, plus de « solidarité », sans que cela leur coûte quoi que ce soit et sans que cela soit le fruit d’une réelle volonté !

Concluons. Les socialistes ont perverti les notions nobles de Liberté, Égalité et Fraternité (Solidarité). Ce sont donc des pervers. Comme tels, ils sont les ennemis des libéraux et des chrétiens et de tous les démocrates ! Chassons-les, avant qu’ils nous imposent leur dictature…