La France, un semblant de totalitarisme sans tambours ni drapeaux

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Les réactions de la classe politique à la lettre de Gérard Depardieu sont inquiétantes. Les hommes libres devront choisir entre exil et collaboration.

Les réactions de la classe politique à la lettre de Gérard Depardieu sont inquiétantes. Les hommes libres devront choisir entre exil et collaboration.

Par Baptiste Créteur.

L’actualité est marquée par le départ d’un Français célèbre, Gérard Depardieu, parti s’exiler en Belgique pour ne plus avoir à s’acquitter d’impôts qu’il juge trop élevés. Suite aux insultes qu’il subit de la part du gouvernement et à la menace de se voir privé de sa nationalité, l’acteur a décidé de répondre en justifiant son départ et en rendant de lui-même son passeport français :

Je pars, après avoir payé, en 2012, 85% d’impôt sur mes revenus. Mais je conserve l’esprit de cette France qui était belle et qui, j’espère, le restera. Je vous rends mon passeport et ma Sécurité sociale, dont je ne me suis jamais servi. Nous n’avons plus la même patrie.

Le gouvernement accuse l’acteur de ne pas remplir son devoir de solidarité et de faire preuve d’égoïsme. Le « devoir de solidarité » est devenu la justification de toutes les spoliations que le gouvernement fait subir aux Français et à ceux qui s’installent en France. Les Français n’ont, pour signifier leur désaccord avec cette solidarité qu’on veut leur imposer de force, qu’une possibilité : partir. Ils sont alors méprisés pour leur refus de contribuer à un système qu’ils n’approuvent pas ; aucune insulte n’est trop forte, même la comparaison avec les collabos. Mais avec qui collaborent-ils ?

En réalité, les Français qui s’exilent s’opposent au système actuel, et le font avec assez de courage pour oser renoncer à leur nationalité avant même d’y être contraints. Ce qu’on dénonce à l’inverse dans leur départ, c’est le refus de collaborer. Ils refusent d’être contraints par la force à se sacrifier pour les autres.

Des volumes peuvent être et ont été écrits sur le sujet de la liberté contre la dictature, mais, par essence, il revient à une seule question : considérez-vous moral de traiter les hommes comme des animaux sacrificiels et de les diriger par la force physique ? (Ayn Rand, « We The Living »)

N’ayons pas peur des mots. La France d’aujourd’hui se rapproche dangereusement du totalitarisme, si elle n’y est pas déjà. Elle présente les quatre caractéristiques du totalitarisme énoncées par Ayn Rand dans « The Virtue of Selfishness » : parti unique, jugements sommaires pour crimes politiques, nationalisations ou expropriations, et censure.

Il ne se trouve en France aucun parti pour défendre la liberté ; malgré leurs divergences de façade, les partis partagent étatisme, collectivisme et constructivisme. Les jugements sommaires pour qui manifeste son désaccord ont d’ores et déjà lieu, le crime étant bien souvent de ne pas « partager les objectifs de solidarité » du gouvernement. Les expropriations sont effectives, les nationalisations sont évoquées et approuvées par la classe politique. La censure, plus ou moins explicite, veut qu’on ne publie pas certaines informations. Tout y est.

Ce n’est pas parce que nous n’avons vu défiler ni uniformes ni drapeaux, n’entendons pas d’hymne nouveau et qu’aucun livre explicitant la doctrine d’État n’est présent dans toutes les bibliothèques que nous vivons dans une société libre. La vie des Français ne leur appartient plus, elle appartient au groupe, à la société, à l’État. Comment expliquer sinon que les Français souhaitant partir, seule alternative pour qui ne veut pas contribuer de force, devront potentiellement continuer à s’acquitter de leurs impôts en France ou renoncer à leur nationalité ?

Le gouvernement se veut défenseur d’un bien commun dont il est le seul à connaître et pouvoir défendre les intérêts face à l’égoïsme des Français. Il leur refuse le droit d’exister par et pour eux-mêmes et leur impose de se sacrifier pour le groupe. L’étau se resserre ; à mesure que les plus prometteurs et les plus aisés s’en vont, la pression qui s’exerce sur ceux qui restent augmentera jusqu’à l’effondrement du système. D’illustres libéraux ont déjà donné les raisons de cet effondrement futur, comme ils ont donné par avance les raisons des effondrements passés ; loin de tirer une quelconque satisfaction de l’exactitude de leurs prédictions, les hommes libres peuvent anticiper et se battre pour que les mêmes erreurs ne soient pas perpétuellement reproduites.

Il y a un pas intellectuel à franchir pour accepter de laisser le système s’effondrer, pour arrêter d’y contribuer, pour partir. La France a besoin de vous et saluera votre départ par le plus profond mépris. Le choix qui s’offre à vous a déjà été fait à maintes reprises dans l’histoire et requiert un grand courage, mais la liberté est à ce prix : les hommes libres ont toujours choisi l’exil à la collaboration.