Florange, Flamanville : la politique des couacs industriels

Manifestation syndicale à Florange en février 2012

De Florange à Flamanville, ce n’est pas une politique industrielle que le gouvernement mène, c’est une politique des couacs industriels !

Ce n’est pas une politique industrielle que le gouvernement mène, c’est une politique des couacs industriels ! De l’EPR de Flamanville à la sidérurgie à Florange, c’est couac sur couac. Il est temps de regarder la réalité en face.

Par Philippe Robert.

Manifestation syndicale à Florange en février 2012

Aux toutes dernières nouvelles, l’EPR de Flamanville va coûter plus cher que prévu, soit 8,5 milliards d’euros. Une paille. Et les antinucléaires de service d’exiger d’emblée l’arrêt immédiat de cette construction pharaonique.

Mais si cette question sensible pose légitimement un certain nombre d’interrogations auxquelles nul ne saurait se dérober, il faut aussi savoir raison garder et ne pas se laisser aller à tirer d’inutiles plans sur la comète.

En effet, songer aujourd’hui à un démantèlement de l’EPR de Flamanville sans prendre en compte, d’une part, l’état d’avancement de la construction en cours et, d’autre part, ce qu’elle a déjà coûté relèverait de la dernière incurie.

S’agissant de Florange et des faux espoirs de pérennisation du site grâce au projet ULCOS (toujours pas au point), pour enfouir du CO2 il faut produire de l’acier et pour produire de l’acier il faut des clients : où sont les clients ?

Profitant de la brèche ouverte par le psychodrame national qu’est devenu Florange, les médias se font un malin plaisir de convaincre les Français que Lakshmi Mittal serait un affreux prédateur qui aurait juré la perte de l’acier français.

Hélas, l’acier français n’est plus compétitif à l’échelle de la planète et, depuis des lustres, ne cesse plus d’agoniser, une longue agonie puissamment accélérée par la crise qui ne cesse plus de martyriser une France anachronique.

Car dans le monde férocement compétitif auquel nous devons nous adapter à marche forcée ou bien régresser sans espoir de retour, c’est définitivement la règle schumpetérienne qui prévaut : la destruction créatrice, comme dans la vraie vie.

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