Budget 2013 : Au revoir les startups !

Avec la mise en place d'une fiscalité qui punit la prise de risque, François Hollande est en train de tuer les startups.

Avec la mise en place d’une fiscalité qui punit la prise de risque, François Hollande est en train de tuer les startups.

Par Pierre Chappaz.

In mémoriam des start-ups

Jean-David Chamboredon, capital-risqueur très actif dans le financement des startups, que j’ai bien connu il y a quelques années, publie cette tribune dans La Tribune. (Extraits au bas de l’article).

« Pas mécontent » de payer des impôts et favorable à un ISF modéré, Jean-David n’est certes pas un libéral extrémiste. Il a peut-être même voté Hollande ?

Chamboredon proteste néanmoins, poliment, contre la taxation confiscatoire des plus-values sur le capital, qui va atteindre avec Hollande le taux incroyable de 60%. Les taxes sur l’immobilier et les œuvres d’art ne bougent pas, mais haro sur l’entrepreneur.

Ce gouvernement socialiste, gouvernement de professeurs et de fonctionnaires totalement ignorant de l’économie réelle, achève de tuer une économie française déjà mal en point.

Je ne connais pas un seul fondateur de startup qui acceptera l’idée que, en créant une entreprise dans laquelle il va investir toutes ses économies et des années d’efforts, souvent sans se payer, il donnera à l’État 60,5% de son gain quand il vendra sa boite s’il réussit. Il faut savoir que 9 startups sur 10 échouent, et dans ce cas personne ne rembourse le fondateur.

Ensuite, sur les 39,5% qui lui resteront, il paiera 1 à 2% par an, tous les ans, c’est l’ISF.

Et quand il mourra, l’État prendra 45% de ce qui reste.

In memoriam.

Il n’y aura bientôt plus de startups en France.

Extrait de l’article de La Tribune :

Je voudrais plutôt parler ici de l’alignement de l’imposition des revenus du capital avec ceux du travail qui conduira, par exemple, un entrepreneur cédant son entreprise après 10 ans de labeur, d’incertitudes, de hauts et de bas, de semaines de 70 heures… à payer 45% (taux marginal de l’IRPP) +15,5% (CSD/CRDS) soit plus de 60% sur la plus-value de cession. Nous sommes ici dans le dogme anti-capitaliste, l’anti-économique, le «brisage de rêve», la démotivation quasi-sadique, le « je-ne-sais-quoi-qui-donne-la nausée »…

• un investissement dans l’immobilier qu’il soit social, locatif, secondaire génère peu d’emplois. Un peu pour construire, rénover et entretenir mais l’essentiel du capital va au foncier qui ne produit rien.
• un investissement dans l’art maintient quelques emplois de marchands d’art mais l’essentiel va dans la poche du vendeur. Un tableau dans un salon, une salle d’attente ou un coffre-fort ne participe pas au PIB !
• l’achat d’actions du CAC40 (via un PEA ou non) ou la souscription d’OAT (via un contrat d’assurance-vie) ne crée pas non plus d’emplois !
• à l’inverse, un investissement dans une PME de croissance (et c’est particulièrement vrai pour les PMEs du numérique) va pour l’essentiel en salaires pour payer des collaborateurs qui travaillent, produisent et génèrent du PIB … (et, en sus, paient des charges sociales et des impôts…)

Taxer le capital investi dans une PME de croissance plus que l’immobilier, l’art ou des placements de père de famille, c’est totalement nier cette contribution à la croissance que nous recherchons. Taxer ce capital comme le travail c’est nier à la fois le risque pris (on peut tout perdre si l’entreprise connait des difficultés) et l’illiquidité associée (les business angels ou investisseurs en capital restent souvent 7-10 ans au capital des entreprises).
Passer brutalement d’une taxation de 19+13,5=32,5% à 45+15,5=60,5% (voire plus si la CSG augmente encore et si on y ajoute des contributions exceptionnelles), c’est létal et cela signifie condamner à mort l’économie et la croissance de notre pays !

La suite sur le site de La Tribune.

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