Khadafi : l’inhumanité en deuil

Il disait combattre les islamistes. Il combattait aussi la liberté. Et maintenant ?

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Khadafi Couic! - Illustration de René Le Honzec

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Khadafi : l’inhumanité en deuil

Publié le 27 octobre 2011
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Il disait combattre les islamistes. Il combattait aussi la liberté. Et maintenant ?

Article publié en collaboration avec l’aleps

Khadafi Couic! - Illustration de René Le Honzec

Ainsi la page Khadafi est-elle tournée en Libye. Sa mort ne mérite ni peur ni oraison, point n’est besoin de s’y attarder. Pour autant, le sort du peuple libyen est-il scellé ?

Khadafi avait pour couverture et pour mérite, aux yeux de la diplomatie occidentale, de protéger sa région contre les islamistes : le même discours se tenait à Tunis et se tient à Alger.

La voie est-elle désormais libre pour les extrémistes de l’Islam, suivant le scénario égyptien ? Parallèlement Khadafi pendant 42 ans a été un tyran impitoyable et arrogant, doublé d’un terroriste mondial. Le Conseil National de Transition se réclame de la démocratie, et a obtenu droit de citer dans le monde libre. Mais peut-on juger de sa bonne foi dans un contexte de guerre civile, sans constitution ni élections ? Nous l’avons déjà évoqué : le président du CNT a annoncé que la future constitution sera fidèle à la charia, à la loi du Coran.

En d’autres termes la mort de Khadafi ne donne aucune garantie ni sur le sort de la démocratie ni sur la liberté religieuse.

Faut-il s’en étonner ? Les « printemps arabes » ont renversé les dictateurs de leur piédestal. Mais, à ce jour, ils n’ont pas été prolongés par l’émergence d’une société civile organisée. Le phénomène s’était déjà produit à la suite de la chute du mur de Berlin : en Russie, en Biélorussie, en Ukraine, en Roumanie, l’après-soviétisme a été géré par les cadres du parti communiste hâtivement convertis en libéraux. Ailleurs, fort heureusement, une société civile ancrée dans des convictions libérales a pu immédiatement installer la démocratie.

Le drame ou l’interrogation vécue aujourd’hui en Libye, comme en Égypte, comme en Tunisie – et peut-être demain en Syrie – est que la seule force organisée pour prendre le relais est celle des islamistes. Par exemple, à la veille des élections en Tunisie, que pèsent les quelque cent vingt listes face à celle des intégristes animés par leurs imams ?

L’Islam extrême est-il soluble dans la démocratie ? Une opposition libérale peut-elle émerger, et s’exprimer librement ? Certes tous les chefs d’États occidentaux ont salué la mort du dictateur comme une promesse de liberté et de développement. Mais que feront-ils pour accompagner les peuples libérés sur la bonne voie ? Mesurent-ils le risque d’un Moyen Orient regroupé autour de l’Iran (version pessimiste) ou de la Turquie (version optimiste), et uni dans une commune volonté d’en finir avec Israël ?

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Sur le web

Reproduit avec l’aimable autorisation de Jacques Garello, président de l’aleps.

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