La Grande Illusion de la création d’emploi par les start-up

Publié Par Emploi 2017, le dans Travail & emploi

Par Jacques-Charles Flandin.
Un article d’Emploi2017

La Grande Illusion de la création d’emploi par les start-up

Bureau de start-up (Crédits : Bench Accounting, CC-Zero)

Tout est bon au gouvernement pour tenter de remonter dans les sondages d’opinion et pour se donner une image de dynamisme. Le malheur, c’est qu’en lisant entre les lignes, on s’aperçoit qu’il ne s’agit la plupart du temps que de rêves et de fantasmes peu fondés.

Ouvrez votre journal, suivez vos liens sur internet, allumez votre téléviseur, parcourez une revue périodique. Bref, cherchez à vous informer… À moins d’être sourd, aveugle ou illettré, vous ne pourrez manquer de trouver une rubrique ou une pleine page ou une étude détaillée sur le nouveau phénomène à la mode : l’explosion de la création de start-up et leurs conséquences dans tous les domaines, qu’il s’agisse de finances, d’innovation, d’emploi ou que sais-je. À les croire, la création de start-up est la panacée, encourageons-les et tous les problèmes de la France seront résolus…

94% de créations d’emplois sans salariés

Cependant, la réalité est parfois extrêmement loin du quotidien. Si nous nous penchons sur l’emploi, les statistiques et les études de l’OCDE, de l’INSEE, de France Digitale et d’Ernst and Young, sont assez convergentes. On y trouve que les jeunes entreprises de moins de 50 salariés représentent 12% des emplois mais 33% des créations, cependant 94% des créations se font sans aucun salarié.

Si on se limite aux start-up, on constate qu’il se crée plus de 1.000 entreprises par jour dans le monde et probablement moins de 3.000 par an en France. En France, les créations de start-up sont en progression exponentielle, mais les créations d’emplois qu’elles génèrent ne sont qu’en évolution linéaire.

En France, on sait que 37% des jeunes de plus de 18 ans envisagent de créer leur entreprise mais que moins de 15% passent à l’acte, tous secteurs confondus. La plupart du temps, les start-up utilisent les services de stagiaires peu ou pas payés. Quand elles font des offres d’emploi, cela concerne essentiellement quelques diplômés de formation supérieure dans les secteurs technologiques, marketing et commerciaux.

Taux de survie très faible des entreprises

Ces offres sont très souvent en CDD et quelquefois en CDI. Malheureusement le taux de survie de ces entreprises est très limité et il est patent que 90% des créations débouchent sur des échecs qui remettent sur le marché les collaborateurs qui se sont laissés séduire par des projets irréalistes.

Il est absolument indispensable de permettre à toutes ces start-up d’arriver à un taux de succès bien supérieur. Cela sous-entend un financement adéquat et un accompagnement systématique. Or, les financements initiaux sont largement insuffisants car ils ne reposent que sur les business angels dont les moyens sont limités par une fiscalité exubérante, en particulier une taxation systématique des plus-values éventuelles à des taux prohibitifs. L’accès aux financements par les fonds d’investissements est inaccessible car les dits fonds ont des exigences de volume d’affaires et de rentabilité incompatibles avec ceux de ces entreprises en phase de démarrage.

L’arbre qui cache la forêt

Les quelques rares succès dont se gargarisent les médias sont les arbres qui cachent la forêt. Chaque jour, on nous parle de levées de fonds de plusieurs millions d’euros mais cela ne concerne in fine que moins de 50 entreprises ayant au demeurant déjà plusieurs années d’existence.

Personne ne se penche sur le sort de ces milliers de start-up qui n’arrivent pas à décoller faute de trouver les quelques dizaines de milliers d’euros indispensables à assurer leur survie. Un des plus importants réseaux de business angels n’arrive à en financer qu’une trentaine par an dont moins de cinq réussissent à trouver des fonds pour un second ou un troisième tour.

Soyons lucides, il ne suffit pas de créer à tour de bras des pépinières et des incubateurs pour permettre un vrai décollage de ces start-up, car l’accompagnement sans le carburant ne peut que générer une perte de vitesse et un crash sans espoir de reprise.

Sur le web

  1. Le premier financement, et souvent l’accompagnement existent pour des sommes allant à quelques dizaines de K€.
    Des associations comme Initiative France, par exemple, font cela tous les jours.
    Pour les « deuxième » ou « troisième » tour, effectivement, c’est plus compliqué.
    Peut être que trop de « créateurs » ne veulent ou ne savent pas qu’il peuvent être « accompagnés ». Car on ne s’improvise pas entrepreneur,même « micro » sur une simple « bonne idée ».

    1. Trop de créateurs, et même de ceux qui les soutiennent, oublient que le but d’une entreprise est de croître et faire des profits dans des échanges gagnant-gagnant. L’Etat confisque les profits et transforme ainsi la motivation en instinct de survie, les business angels le deviennent par conviction morale idéologique plutôt que par appât du gain, et comme la rentabilité, même différée, est passée au second plan derrière d’autres critères, le système ne peut pas survivre sans perfusion.
      Quand j’étais jeune, on disait que pour faire une entreprise, il fallait un minimum de 3 personnes : un inventeur, un manager et un investisseur. Le point essentiel est de se demander comment ces 3 personnes pourraient se rencontrer dans le système actuel et pourquoi diable elles s’associeraient, sinon par volonté de martyre…

  2. Normal quand on a un système aussi débile : un droit du travail ingérable, une fiscalité violente pour l’épargne et son investissement, des seuils absurdes paralysant toute velléité d’expansion, etc…Les français crèveront de leur bêtise insondable!

  3. Trois remarques:
    – l’auteur semble ignorer qu’internet permets maintenant a tout le monde de participer a des levées de fonds via des sites spécialisés, cela sans avoir besoin des modèles de financements traditionnels.
    Take that le français aime l’assurance vie et déteste les risques. Ceci expliquant cela.
    Tout comme n’est pas mentionné que dans une société de services, l’intensité capitalistique est basse et le besoin en main d’œuvre beaucoup moins élevés que lorsque l’agriculture et l’industrie composaient le tissu économique français.
    La matière grise devient primordiale et hélas cela ne coure pas les rues.

    – la liberté (y compris celle d’entreprendre) est inversement proportionnelle au poids de l’etat dans la vis economique et juridique.
    Dans les pays où liberté rime avec faible présence de l’état, les échoppes fleurissent de partout. Et les échecs aussi : c’est la vie.
    Ceux qui ont le bonheur de travailler hors europe ont pu constater cela par eux mèmes.

    – l’auteur affirme beaucoup de choses, mais donne peu de sources, voir aucune. « En France, les créations de start-up sont en progression exponentielle » Et bien j’aimerais avoir les courbes sur lesquelles ce monsieur appuie ses dires.

    D’ailleurs ca vient de faire tilt: contrepoints publie beaucoup, mais il n’y a JAMAIS aucune source.
    Pas très sérieux tout ça

  4. Ce n’est pas une illusion, c’est de la propagande. Personne n’y croit et en particulier pas ceux qui propagent ce discours et qui bénéficie gentiment d’emplois publics.
    Pour financer une startup en France, il faut au minimum un pote bien placé à la BPI. Les gens de la BPI n’ont pas suffisamment d’amis pour infléchir la courbe de l’emploi. C’est mathématique.

    1. ou un notaire bien place qui pourra t’aider et va te conseiller.

  5. Et puis, quand on sait qu’à une certaine époque, c’était l’État qui était le premier « rapace » envers le créateur d’entreprise, peut être qu’il en est toujours de même maintenant. Alors ce ne sont pas les « start-up » qui vont créer les « emplois de demain ». Pourquoi?, parce que tout le monde ne peut pas être bac+4,5,6 en informatique, en ingénierie de ceci ou de cela, robotisien ou domoticien multiplateformes web, chercheur en microbio ou maxitruc. Quand on « sait » que nos enfants « rêvent » d’être fonctionnaire, pour les « avantages induits », on est mal barrés pour créer des emplois. Alors, que faire?.

    Libérer les enseignements techniques, les vrais. Plus de sciences soi disants sociales, psycho, économiques, rien que du concret. Les sciences de l’ingénieur.
    Electricité, électronique, informatique, etc, des classiques en quelques sortes. Quant on sait que les « américains » sont allés sur la lune, par la puissance de calcul de simples calculettes, alors, je ne doute pas qu’on peut faire différemment pour rendre aux français l’envie de s’en sortir.
    Certains ont connus le « plan Informatique » de JJSS, d’autres on connus les plans « Calculs » du ministère concerné, et plus près de nous, il y eu les foireux plans de l’éducation nationale. Alors, demandons aux « résistants et peut être survivants » des filières pro, techniques, technologiques des écoles, collèges, lycées, de relever les défis suivants.
    Collèges et Lycées, l’élaboration, la construction, et la mise en fabrication de milliers de bicyclettes électriques.
    Objectif, permettre à chaque collégien, lycéen de se rendre à son établissement d’enseignement technique en vélo électrique construits par ces même élèves. Et plus tard à son lieu de travail.
    Section de BTS, IUT, Universités, l’élaboration, la construction, la mise en fabrication et la commercialisation de véhicules électriques du genre scooter ou plus si « capacités technologiques ». Les fabricants de véhicules à moteur thermique nationaux ne verront pas cela d’un bon « oeil » mais ils ont déjà « perdus » la guerre « écologique » avec les normes anti-pollution draconiennes que l’UE va sortir suite aux scandales des voitures diesels.
    Et ces constructeurs de véhicules à moteur thermique seront encore dans le « vent » quand, quand, quand, on s’apercevra qu’il était plus simple de confier à l’électrique, ce que l’on a confié au « pétrole ». Le fameux lobby pétrolier. On voit déja les gros titres des journaux: : « Les écoliers de France, ressuscitent « La Jamais Contente » Et le véhicule thermique pourrait être l’exception dans 5 ans.
    Un quinquennat. De droite, très nationale, évidemment.
    Et si quelques uns rétorquent : « Et que faites vous des stations hors agglomération, pour recharger les vélos, les scooters, les voitures? ».
    Et bien, lançons le plan « circulation du future ». Tous les vélo routes bordant nos canaux, ou traversant nos campagnes, devront faire l’objet d’études de faisabilité par les élèves en section Bâtiments et Travaux Publiques des Établissements d’enseignements techniques concernés. Et que l’on ne vienne pas dire qu’il faut des bac+4,5,6 pour élaborer ces projets. Et la constitution du revêtement de ces chemins de route pour ces véhicules personnels électriques ne devrait pas couter les yeux de la tète pour le contribuable. Quant à la récupération de ces diverses batteries, les fabricants de batteries sur le territoire national en aurait une « délégation » de service.
    Et pourquoi, cela n’a jamais été mis en place?.
    Parce que l’Enseignement National Publique ne sait plus donner aux « apprenants » le gout de l’effort, l’envie de se dépasser, de se valoriser aux yeux de ses parents, de ses amis. « Ils » ont préférés leur donner une culture d’assisté au CAF, au RSA, au RMI, au APL. Et faire croire qu’ils (les élèves) valent autant que leurs professeurs. L’apprenance doit disparaitre.
    Parce que les Politiques ne savent faire qu’une chose: s’autoreconstruire. Plus de fonctionnaires à chaque élection. Le fameux « Toujours Plus ».
    Question subsidiaire : Citer le nom d’un fonctionnaire, créateur d’entreprise personnel?.
    Alors, que fait-on pour les start-up?. Rien, strictement rien. Elles vivent leur vie en levant les fonds qu’elles peuvent trouver auprès de banquiers nationaux, internationaux, « de paradis fiscaux » aussi.
    Il faut « sauver le peuple » c’est à dire donner une raison de vivre, de se lever le matin, à ces millions de français « oubliés » par les élites politiques UMPS et autres Enarchistes. Et si les américains sont parvenus sur la lune avec leurs calculettes (suivant l’interview d’un très haut responsable de la NASA de l’époque), en France, appliquons la formule dites après le premier choc pétrolier : « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Et qu’on n’est pas plus cons que ceux qui nous gouvernent (depuis 40 ans).
    Ils (les UMPS) n’ont pas « tout essayé » contre le chômage. Par contre, ils nous ont « enchainés à leurs dettes, nous, nos enfants et nos petits enfants ».

  6. trop de createurs et peu d’emplois, mais je pensais que M. Macron voulait que la France soit le pays des starts up?

  7. La création d’activités liées aux nouvelles technologies serait une opportunité pour l’emploi ?
    N’y comptez pas. Les explications ici :
    http://motiodigitalus.net/digital-et-emploi-pourquoi-ce-ne-sera-pas-la-solution-universelle/

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