Pourquoi l’écologie séduit-elle les Occidentaux ?

Publié Par Patrick Aulnas, le dans Environnement

Par Patrick Aulnas.

conte pour enfants credits sofi (licence creative commons)

La doctrine écologiste séduit spontanément de nombreux occidentaux qui ne s’intéressent pas particulièrement aux problèmes politiques, économiques ou sociaux. Les partis écologistes ne représentent pourtant électoralement qu’une fraction très faible de l’électorat. Par exemple, pour les élections législatives, les résultats sont les suivants au début du 21ème siècle : 8 à 10% des suffrages en Allemagne, 0 à 3% en Italie, 6 à 8% en Grande-Bretagne, 2 à 3% en France. Aux États-Unis, les écologistes n’ont pas de représentation parlementaire car les sièges sont partagés entre démocrates et républicains tant au Sénat qu’à la Chambre des représentants. Mais l’influence écologiste va au-delà de son poids électoral. Les écologistes sont parvenus à introduire des éléments de leur doctrine dans les programmes des autres partis politiques. Autrement dit, de nombreux citoyens qui ne votent pas pour les verts sont sensibles à leurs thèses, aussi bien à droite qu’à gauche, mais certainement de façon plus marquée à gauche. Les partis politiques ont donc pris en considération ce facteur dans leur offre programmatique. Une telle influence peut être expliquée par de multiples facteurs, parfois mal perçus.

La doctrine écologiste pour les nuls

archéologie de l'écologie politique rené le honzecLa pensée écologiste fait son apparition à la fin du 20ème siècle lorsque l’efficacité productive du capitalisme conduit certains penseurs à poser le problème des limites : limite de la croissance économique, quantités limitées de ressources matérielles sur la planète (matières premières, énergie). Un second aspect de l’écologisme concerne l’impact des activités humaines (industrie, transport, chauffage des locaux) sur l’évolution climatique. La pensée écologiste considère que le réchauffement climatique observé actuellement est lié aux quantités trop importantes de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère par l’humanité. Il aurait une origine anthropique.

Sur la base de ces constatations, des partis politiques radicaux ont vu le jour, pour la plupart ancrés à la gauche de la gauche. Ils proposent évidemment un autre modèle de société axé sur les économies d’énergie et de matières premières. Le modèle de croissance né aux 18e et 19e siècles est remis en cause. Le développement, plus qualitatif, se substitue à la croissance économique.
La problématique écologique ayant été confortée par de nombreux scientifiques, elle a rencontré un écho important dans l’opinion occidentale confrontée aux nuisances diverses résultant de la concentration de la population dans les grandes villes. Tous les partis politiques ont alors incorporé dans leurs programmes une dose plus ou moins importante d’écologie.

Il n’est pas question d’examiner ici le bien-fondé des thèses écologistes. Il existe une abondante littérature sur le sujet. Il s’agit d’illustrer les grandes lignes de la communication grand public en faveur de l’idéologie écologiste. Car il s’agit d’une véritable idéologie proposant d’orienter l’humanité vers une direction nouvelle en utilisant comme moyen la contrainte étatique.

Le quantitatif et le qualitatif

La présentation des thèses écologistes est globalement la suivante : l’avenir sera paradisiaque si la doxa est respectée ; il sera infernal dans le cas contraire ; le présent est déjà inacceptable et il convient de le changer au plus vite. Rien d’original dans cette approche, puisqu’il s’agit de celle de toutes les idéologies politiques. Le marxisme fonctionnait exactement de la même façon. Mais l’écologie étant une idéologie du 21ème siècle, elle maîtrise mieux les techniques de communication et fait preuve de savoir-faire pédagogique pour convaincre.

Les approches quantitatives et qualitatives sont ainsi utilisées distinctement. Le quantitatif permet de prouver que la situation actuelle n’est pas satisfaisante et que sa pérennisation conduirait à l’apocalypse. Il serait possible de prendre de multiples exemples en utilisant les rapports du GIEC : désertification, manque d’eau douce, montée des mers, fonte des glaces, événements climatiques extrêmes plus fréquents (tornades, tempête, sécheresse, inondations), disparition d’espèces animales, etc.

L’exemple le plus connu permettra d’illustrer le propos : l’élévation des températures sur la planète. Le 5e rapport du GIEC (2013-2014) indique :

  • La température moyenne mondiale (terre et océans) a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012.
  • La période 1983-2012 a probablement été la plus chaude depuis 1400 ans.
  • D’ici 2100, la hausse des températures serait de plus de 2°C par rapport à 1850, début de l’ère industrielle selon trois des quatre scénarios envisagés.

Pour le profane, les chiffres indiqués ne paraissent pas devoir susciter une inquiétude excessive. L’utilisation du conditionnel et de l’adverbe probablement permettent de penser que rien n’est assuré et qu’il s’agit d’hypothèses. Et il s’agit effectivement d’hypothèses probabilistes assez fragiles. Pourtant, lorsque les membres du GIEC communiquent sur le sujet, ils considèrent tous que la situation est très grave et qu’il importe que la gouvernance politique agisse au plus vite pour éviter la catastrophe future. L’apocalypse est pour demain : le délai est inférieur à un siècle. La vulgarisation sur internet, à la télévision ou à la radio en rajoute dans la simplification et ne comporte en général aucun aspect critique. La description quantitative de la catastrophe écologique en cours permet de donner à la présentation un aspect rigoureux, scientifique. La date de début de la marche vers l’abîme (milieu du 19e siècle) est choisie de façon à mettre en évidence l’erreur majeure qu’a pu constituer la croissance économique. De toute évidence, les hommes se sont trompés de chemin en voulant sortir de l’ancestrale pénurie.

L’analyse qualitative est réservée au monde idéal qui doit naître si les hommes ont la sagesse de respecter strictement la doctrine. La croissance, notion bassement quantitative, sera remplacée par le développement. Selon la doxa, il peut y avoir développement sans croissance à condition d’interdire certaines pratiques et de réglementer strictement la production et la distribution. L’écologisme est un étatisme. Le développement sera ainsi durable ou soutenable, c’est-à-dire qu’il ne compromettra pas la situation des générations futures. Les énergies utilisées seront vertes ou douces, en tout cas renouvelables : pas question donc de continuer à puiser dans les énergies fossiles, agression inadmissible à l’égard du milieu naturel. Le vent et le soleil pourvoiront aux besoins énergétiques de l’espèce humaine comme ils l’ont toujours fait depuis que le monde est monde. La technologie n’est pas entièrement proscrite : l’ancestral moulin à vent, devenu éolienne, peut désormais produire de l’électricité. Le rayon solaire également par le biais de panneaux captant son énergie. Autrement dit, la réprobation concerne l’exploitation de l’énergie contenue dans la matière, à l’exception du bois et des déchets qui sont… renouvelables. Le retour aux énergies préindustrielles est patent.

L’une des principales découvertes de la physique au 20e siècle, la relation entre matière et énergie, est écartée. L’énergie nucléaire est totalement diabolisée par l’écologisme. Pourtant, la matière fournira probablement à l’humanité future une source d’énergie inépuisable en utilisant des technologies que nous n’imaginons même pas aujourd’hui (la fusion nucléaire fait l’objet de recherches très actives). Mais cette manière de penser, optimiste, est contraire à l’idéologie écologiste qui entend bien exploiter la peur pour s’imposer politiquement.

La révolution des transports est également au programme. L’automobile deviendra non polluante et le transport collectif sera privilégié, libérant les villes des encombrements. D’ailleurs, les productions seront relocalisées, limitant ainsi considérablement les transports de marchandises. Les quantités auront drastiquement diminué mais la qualité de la vie sera incomparable.

Même si cette présentation est volontairement caricaturale, elle correspond à l’image que souhaitent donner de l’avenir à construire les militants écologistes. Les idéologies opposent toujours l’avenir radieux au présent sinistre qu’il faut dépasser au plus vite. Le présent et son prolongement sans écologisme sont ainsi décrits comme une marche vers la fin du monde. L’avenir édénique que propose la doxa est un tableau du classicisme français, un chef d’œuvre de Nicolas Poussin : équilibre, raison, sérénité, pureté.

L’apprenti sorcier et le paradis perdu

Deux mythes très enracinés dans la culture occidentale sont utilisés par l’idéologie écologiste. Cette utilisation est évidemment latente, mais sa force réside précisément là. Le vieux mythe de l’apprenti sorcier remonte à l’Antiquité. Il raconte les mésaventures d’un apprenti magicien (ou sorcier) qui utilise un sortilège de son maître pour broyer des grains de blé. Mais il oublie la formule magique permettant d’arrêter le processus. Fort heureusement, son maître intervient à temps. L’homme occidental, avec ses sciences et ses techniques, est perçu par beaucoup comme un apprenti sorcier et l’expression est souvent prononcée au Café du Commerce. L’idée de l’apprenti sorcier est omniprésente dans le monde occidental depuis que les sciences et techniques ont permis de développer des capacités opérationnelles importantes, c’est-à-dire depuis le 19e siècle. L’antiproductivisme écologiste est en rapport avec une réticence envers la science et même, pour les extrémistes de l’écologie profonde (deep ecology), avec une condamnation pure et simple du progrès scientifique. Les disciplines scientifiques étant devenues extrêmement spécialisées et totalement impénétrables pour le non spécialiste, la peur de l’inconnu conforte facilement l’idée que les scientifiques jouent un jeu dangereux. Nous devrions donc les mettre au pas en les soumettant à la volonté des assemblées électives de nos démocraties, c’est-à-dire en réalité d’une petite oligarchie. Voilà exactement l’ambition de l’écologie politique.

La manipulation par la peur est un ressort puissant qui a toujours été utilisé par les politiques depuis la plus lointaine Antiquité. L’énergie nucléaire offre à cet égard une opportunité sans égale. Seul un haut niveau de formation scientifique permet de comprendre finement ce qu’est l’énergie nucléaire. Elle est perçue comme une inconnue plutôt suspecte par le plus grand nombre, d’autant que l’utilisation militaire de cette énergie à Hiroshima et Nagasaki l’a associée à la destruction, à la souffrance et à des images de fin du monde. Il est donc facile d’utiliser une catastrophe civile, comme celle de Fukushima, pour diaboliser le nucléaire. Évidemment, les chiffres de l’accidentologie comparative ne sont jamais fournis : combien de catastrophes dans les mines de charbon (remises en exploitation en Allemagne) depuis le 19e siècle ? Combien de centaines de milliers de morts dues aux accidents ou à la silicose ?

Un autre mythe très ancien apparaît clairement dans l’approche de l’écologie par le grand public : celui du paradis perdu ou de l’âge d’or. Dans un lointain passé existait un monde idyllique, un âge d’or se caractérisant par l’innocence et le bonheur. Les poètes grecs le situent juste après la création de l’homme par les dieux. Les chrétiens reprennent l’idée avec le paradis terrestre antérieur à la chute, c’est-à-dire au péché originel commis par l’homme. Le ressenti des habitants des grandes villes, très densément peuplées, dont la qualité de l’air se dégrade et où le cadre de vie naturel de l’être humain a disparu, peut les amener à regretter le paradis perdu imaginaire de la société préindustrielle. C’est du moins sur ce mode que travaille la propagande écologiste en laissant entendre que l’avenir qu’elle va construire permettra de renouer avec le cadre idyllique de l’état de nature. Le côté rousseauiste de l’écologie nous ramène presque à la glorification du locus amoenus (lieu amène ou idyllique), thème courant des poètes de l’Antiquité et que la peinture et la poésie occidentales ont continué à illustrer jusqu’au 19e siècle. C’est dire si l’habileté est grande et profonde : nous touchons à un imaginaire culturel et esthétique présent depuis des millénaires dans notre culture.

L’écologie politique représente aujourd’hui un pôle d’influence de plus en plus important. Elle repose sur des questionnements qu’il n’est pas possible d’éluder mais y répond de façon idéologique en proposant un monde futur qui naîtra de la contrainte étatique et ne pourra durer que par une contrainte encore plus forte. Si les préoccupations environnementales doivent être prises en considération, ne permettent-elles pas également une instrumentalisation politique ? Les hommes et les femmes attirés par le pouvoir ne trouvent-ils pas dans la doctrine écologiste une occasion inespérée de faire rêver à un monde qui n’existera jamais ? L’utilisation de la peur de l’avenir et d’une habile vulgarisation reposant sur une mythologie très ancienne permettent ainsi d’obtenir l’adhésion d’une fraction croissante des populations occidentales. À une époque où le doute et le scepticisme l’emportent, voilà une opportunité politique devenue rare.

  1. D’accord mais que proposent les libéraux ?

    On laisse faire le marché et l’air va se purifier ?

    C’est là que nous sommes inaudibles.

    1. La propriété privée et la liberté. Je ne vois pas ce qu’un libéral pourrait proposer d’autre en restant cohérent. On n’a jamais battu aucun adversaire en le laissant décider des règles du jeu.

      1. La responsabilité ?

        1. La responsabilité est comprise dans le droit juridique de la propriété privée.

          1. 544 code civil : La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.

            Tout le problème est quelles lois et quels réglements… et c’est là que ça dérape.

            1. En quoi ça dérape ?

              1. Qu’est-ce qu’on met dans les lois c’est ça le problème … les libéraux diront rien « je suis chez moi l’état n’a a s’occuper que du régalien », et les autres diront il faut plus ou moins réglementer selon l’endroit où ils se situent sur le spectre politique.

                1. Pourquoi poser la question si vous connaissez déjà la réponse? En effet, la réponse est rien. On ne fait rien, à part reconnaître et défendre la propriété.

                  1. Non je pense que les libéraux doivent repenser leur doctrine en accordant plus de place à la responsabilité ce qui achoppe actuellement.

                    1. A part si vous pensez à de la contrainte étatique, les libéraux accordent déjà toute la place qu’il faut à la responsabilité. Lui accorder plus de place reviendrait à s’en servir de prétexte pour limiter le droit de propriété.

                  2. Le rapport à la technique n’est pas aussi suffisamment pensé. Il ne devrait pas y avoir d’un coté l’homme, la nature et la technique. Mais la nature et la technique seulement. L’homme étant tout à la fois technique et nature. Je pense que c’est là que se situe la voie écologique libérale.

                    1. Il n’y a pas d’écologie « libérale » ou d’écologie « socialiste », seulement une discipline scientifique qui étudie les rapports des êtres vivants avec leur milieu et qu’on appelle l’écologie.

                    2. Il n’y a pas d’écologie « libérale » ou d’écologie « socialiste »,

                      EELV, c’est quoi ?
                      Un parti politique non ?

                    3. EELV est bien un parti politique, MichelC as one point. Mais l’écologie, malgré le second E de EELV, n’a rien à voir avec ces guignols. Je me répète : c’est une discipline scientifique, etc..

                    4. EELV ce sont bien des guignols. Un point 🙂

                2. Adèle : Qu’est-ce qu’un Etat ferait de plus ou de mieux que le secteur privé dans le domaine de l’environnement ?

                  1. L’interdiction de la chasse

                    1. C’est une blague ?

    2. « On laisse faire le marché et l’air va se purifier ?  »

      On prend soin de ce qui nous appartient, non ?

      1. Par forcément, je peux polluer le sous-sol de mon terrain si j’y trouve un gain.

        1. Voila une réponse authentique. Le gain! Je pollue si ma petite personne y trouve un gain! Le matérialisme, le productivisme à l’état pur.
          Vous êtes des exemples parfaits de la tragédie des biens communs.

        2. Quel rapport entre votre sous-sol et l’air qu’on respire tous ?

        3. Finalement, vous ne faites que reprendre la posture anticapitaliste typique sur le péché du profit, source de tous les maux…
          Et si vous trouvez un gain à tuer ? Si vous trouvez un gain à exploiter ?

      2. Non. C’est la que vous avez tort. L’humanité et sa destinée ne se résume pas à un « marché ». Vous n’avez que ce mot à la bouche.

        1. Humanité et tout vos beaux mots ça n’existe pas. L’humanisme est le plus grand fascisme de tout les temps et l’éthique la plus grande imposture intellectuelle (merci Kant).

          Tenez lisez ça et sortez de votre clairière – encore que clapier serait plus approprié vous concernant (en toute amitié) :

          http://www.amazon.fr/gp/product/2755505745/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2755505745&linkCode=as2&tag=liborg-21&linkId=JFRGCGI6SP7SCWA3

          1. Des grands mots? C’est the argument des libéraux! Défendre l’homme face au bolchévisme vert… c’est l’arroseur arrosé.

          2. Sauf que le libéralisme est fondamentalement un humanisme.

        2. Non, en effet. Et personne n’a dit ça. Par contre, tous les problèmes d’attribution des ressources rares, et la manière optimale d’utiliser celles-ci se résolvent par le marché. Et ça tombe bien, puisque c’est précisément ce qu’on lui demande.

          Pour la destinée de l’humanité, contrairement à vous, on ne voit pas si grand. On préfère considérer humblement qu’on sait pas tout mieux que tout le monde et que par conséquent, il vaut mieux laisser les gens libres de trouver leur voie et de vivre leur vie comme ils l’entendent. C’est peut-être moins ambitieux que le bonheur ultime de l’humanité, mais c’est aussi moins prétentieux. Et surtout, on ne fait jamais 100 millions de morts pour une cause de ce genre, contrairement a tous les sauveurs du monde.

          De Ducobu, vous prenez pas que le pseudo, vous. Pour le coup, vous en avez aussi les notes.

          1. Il n’y a pas de destinée de l’humanité. Pipo.

            Il y a le néant ou pas le néant et ce aussi longtemps que personne ne pourra répondre à cette question de façon convaincante :

            pourquoi il y a t’il quelque chose plutôt que rien ?

            1. Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien ?
              Umberto eco : « parce que Je ».
              En fait, la question « pourquoi » (pour quoi, quel but) n’a pas de sens. Seule se pose la question du « comment ».

              1. Je trouve que cette question a beaucoup de sens. Elle pose la question de l’existence de Dieu ou autres…

                1. En clair c’est inutile.

                2. 1) Brillant exposé de Pierre Simon de Laplace.
                  2) Question de Naboléon : Et « Dieu » dans tout cela ?
                  3) Réponse de Laplace : Sire, je n’ai pas besoin de cette hypothèse.
                  4) Disgrâce (relative) du plus grand mathématicien/astronome de l’époque.

            2. « Il n’y a pas de destinée de l’humanité. Pipo. »

              Alors là, j’en ai vraiment rien à b…, je suis athée. Ce qui m’intéresse c’est qu’il y’a des gens pour s’en prévaloir et s’en déclarer les défenseurs, et que c’est eux et ceux qui les suivent qui sont systématiquement à l’origine des horreurs et des massacres.

              « Il y a le néant ou pas le néant et ce aussi longtemps que personne ne pourra répondre à cette question de façon convaincante : »

              Il n’y a pas de néant, on le constate du seul fait qu’on existe. Et même si cette existence est une illusion, alors il reste quand même l’illusion.

              « pourquoi il y a t’il quelque chose plutôt que rien ? »

              On constate qu’il y’a quelque chose. Pourquoi devrait-il y’avoir une raison à ça?

    3. La pureté de l’air est bien la cinquième roue du carrosse pour les écolos. Ceux-ci sont bien trop occupés par Gaïa, la bio-diversité, le nucléaire, l’épuisement des ressources, les OGM, le RCA, les marchés, les lobbys, les capitalistes …

      Je me demande même ce que pureté de l’air peut vouloir dire : l’air est rempli de gaz divers, particules provenant de sources plus ou moins naturelles, de pollens, de spores, de micro-organismes … D’une part il existe des sources naturelles pour ces gaz ou particules, et d’autres part on ne peut pas grand-chose contre la pollution par le vivant (spores, pollens, bactéries …) à moins de vivre en atmosphère confinée. Comme toujours, c’est la concentration qui compte – et l’expérience qui nous permet de savoir quels sont les seuils à ne pas dépasser.

      En fait, la complexité du monde est pour nous quasiment infinie : aussi bien dans le domaine spatial (infiniment grand et infiniment petit), temporel (passé et futur), et dans les interactions entre ses composants (matériels, humains, vivants, inertes) … Cela donne évidemment le vertige dès qu’on commence à s’intéresser à un sujet, et génère des inquiétudes et des angoisses pour l’avenir si on se focalise sur un sujet en particulier.

      Il me semble que la démarche écologiste procède d’une réaction de défense et de repli : le monde est trop complexe et trop effrayant, retournons à l’état de nature, rejetons la science, la technologie et surtout la maîtrise de la nature. Cela revient à rejeter ce qu’on ne comprend pas et à adorer une divinité – Gaïa en occurrence – comme dans toute religion. Pour un écologiste, ce mysticisme est rassurant : l’humanité ayant derrière elle quelques milliers d’années et évoluant assez lentement, on peut supposer qu’il en sera de même pour la durée de sa propre vie et celle de ses enfants, alors que la prise en main de son avenir par la technologie peut modifier la donne assez rapidement.

      Cependant, croire en la garantie de son petit confort actuel repose sur les à-priori d’une génération occidentale privilégiée qui n’a pas connu la guerre, la faim, la maladie ou même la lutte pour la survie. Le monde et la nature semblaient sûrement moins idylliques il y a un siècle à la majorité de paysans qu’on a arraché à leur durs travaux agricoles pour se faire hacher menu dans les tranchées, avant d’être atteint par la grippe espagnole pour les survivants. On adorait moins Gaïa à l’époque …

      Bref, toutes les questions « écologiques » sont fondées, mais les conclusions sont totalement biaisées : elles reposent sur un à-priori de monde naturel idyllique, sur une vision occidentale des problèmes et des buts, et sur une vision volontairement partielle puisque la focalisation initiale sur ces questions naît d’un rejet de la complexité globale.

      1. « Cependant, croire en la garantie de son petit confort actuel repose sur les à-priori d’une génération occidentale privilégiée qui n’a pas connu la guerre, la faim, la maladie ou même la lutte pour la survie. »

        C’est aussi et surtout un effet du socialisme larvé de chez nous, qui réduit à néant notre capacité à bien évaluer les risques.

        1. Le socialisme donne sans rien demander en retour : ni engagement, ni résultat. Il est fatal que toute une génération ait été éduquée dans la croyance que l’état peut tout et que le citoyen a des droits et aucuns devoirs.

          Pour les écologistes, cela signifie que tout est possible et qu’il n’y a ni priorité, ni choix à faire, ni limites ni conséquences ou effets de bords. Cela permet à des points de vue totalement contradictoires de cohabiter dans la mouvance écolo tant qu’ils ne prennent pas position contre les autres points de vue et de faire l’impasse totale sur les coûts où les conséquences sociales et économiques. Cette génération d’assistés pense bien sur que les principes s’appliquent à tout le monde : ceux pour qui cela poserait problème sont ceux qui ne bénéficient pas des largesses de l’état à cause bien sur des méchants capitalistes.

          Cherchez l’erreur …

    4. On laisse faire le marché et l’air va se purifier ?

      la pollution de l’air n’a rien a voir avec le marché (économie) .
      c’est simplement une histoire de densité de population et d’aération de la ville .
      et on le voit bien a Paris , il suffit d’un changement des vents et l’Allemagne crée un pic de pollution , on ne peut rien y faire !

      1. On ne peut rien y faire? C’est complètement faux.

          1. On peut rien y faire? Comparez la qualité de l’air dans les années 50 et celle d’aujourd’hui. Si vous appelez ça ne rien faire bravo.

  2. Au niveau éducatif, il faut redonner toute leur place aux sciences objectives et arrêter d’endoctriner les gosses!

    1. C’est évident. Ça et cesser de succomber aux sirènes de l’égalitarisme.

  3. On n’insiste jamais assez sur la notion de contrainte qui est inhérente à l’écologie politique. je crois que quelques exemples refroidiraient la majorité des « naïfs ». Des commissaires politiques en nombre toujours croissant seront nécessaires à la surveillance des modes de vie de chacun depuis la maternité (allaitement maternel prolongé) jusqu’au cimetière (nouvelle manie de critiquer la crémation) en passant par nos productions agricoles (pesticides, OGM, irrigation…), notre alimentation (végétarienne) et nos modes de chauffage ou de déplacement (si on y a encore droit). Ces emplois de commissaires politique sont à ce jour les seuls emplois écologiques que je vois vraiment arriver, le reste c’est de la poudre aux yeux.

  4. En Suisse le PLR ( partie des liberaux radicaux ) s associe regulierement avec le partie écologiste pour les votations :
    Par exemple si un grand projet étatiste ( tunnel aéroport… ) ne constitue pas un investissement rentable. C est ici que se situe le liberalisme écologique : dans son opposition a la contrainte étatiste qui fait de grands projets  » pour le bien commun « .
    Si l etat veut imposer un barrage sur une terre privée et que le propriétaire refuse malgré une contrepartie de l état, le soutient a ce propriétaire me parait proche des idéaux du liberalisme non ?

    1. « Si l etat veut imposer un barrage sur une terre privée et que le propriétaire refuse malgré une contrepartie de l état, le soutient a ce propriétaire me parait proche des idéaux du liberalisme non ? »

      C’est même exactement l’un des idéaux du libéralisme.

  5. En fait il y a un troisième mythe qui pourrait expliquer le succès de l’écologisme auprès de l’opinion publique et c’est tout simplement celui du péché originel. L’influence (ouverte ou dissimulée) de la religion chrétienne dans les mouvements écologistes est très importante et ceci depuis l’apparition du premier d’entre eux en Allemagne par des conservateurs protestants.

  6. Elle séduit l’occidental parce que l’écologie est le dernier supplément d’âme de l’individu dans les sociétés évoluées. Depuis le début de l’humanité, le progrès a été (je vais oublier des strates dans mon résumé suivant) dans ces sens jusqu’à ce sommet de la conscience qu’est devenu la préservation de Gaïa, entre autre le biotope qui seul nous nourrit à ce jour. Avec la conscience fausse (malthusiens) que l’humanité croissante pourrait faire diminuer la part de chacun et mener à des guerres d’extermination.

    Dans l’ordre :
    – se nourrir et se protéger
    – la découverte du feu
    – la découverte de l’agriculture
    – la découverte des métaux
    – la naissance de l’écriture
    – la naissance de la philosophie
    – …
    – l’ère des technologies et des arts majeurs
    – la fin de l’esclavagisme et le début de la liberté individuelle
    – l’ère de la pollution industrielle
    – l’ère de l’écologie

    Comme l’a bien montré Patrick Aulnas dans son article, le plus grand étonnement extérieur de cette écologie politique est bien son opposition à l’énergie nucléaire qui seule pourrait permettre à terme rapide l’éradication de la pollution malgré la gestion très problématique (pour l’instant) de ses déchets. Sachant enfin que le problème de la gestion de ceux-ci serait éteinte le jour où la fusion sera contrôlée (dans moins de 100 ans probablement) car cette dernière a une grande qualité : son processus détruit les isotopes.

    Il faut donc de toutes nos forces travailler pour l’écologie et la maîtrise des déchets, leur collecte et leur transformation, comme il faut pour les mêmes raisons réalistes et avec la même force lutter contre l’écologie politique, qui n’a qu’une ambition, nous faire repartir des centaines d’années en arrière avec le feu dans la grotte pour tout programme, en gros du survivalisme mâtiné de pollution par le charbon comme dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Car s’il y a une idée centrale qui maintient cohérente cette horde d’idéologues, c’est leur détestation toute marxiste-léniniste de notre société occidentale capitaliste, libérale et industrielle qu’elle vomit par tous les pores de sa peau.

    Quant à l’origine des changements climatiques « d’origine anthropique », les chercheurs les plus sérieux s’orientent désormais vers les cycles de 12 ans des taches noires sur le soleil. Ce qui ne signifie pas qu’il faut arrêter de travailler ardemment, comme pour les CFC, sur la réduction de la production des gaz carboniques rejetés dans l’espace et de la pollution de la mer qui pour l’instant est la grande poubelle. Mais on ne pourra jamais non plus contrôler les émanations volcaniques…

    Mais je n’irai pas comme Patrick Aulnas jusqu’à cracher sur la figure de l’apprenti sorcier, car les mythes ont toujours été depuis la nuit des temps des barrières et constructions mentales qui ont souvent empêché l’humanité de sombrer dans le chaos. Ils sont nécessaires. Ils sont une barrière mentale, une espèce de conscience antédiluvienne et morale (une peur de toute évidence, par toujours mauvaise conseillère, comme le mythe des 5 cavaliers de l’Apocalypse) pour éviter la tentation du pire, une expérience trop souvent revenue chez l’espèce humaine.

    Espèce humaine qui est avant toute chose « bio ». Car nous n’avons rien à envier aux prédateurs dont se gobergent nos écrans animaliers. Nous sommes au sommet de la pyramide.

    Mais pourquoi aussi devrait-on se priver des découvertes écologiques et énergies vertes qu’on provoqué ces prises de conscience depuis les années 1970, aussi dans la gestion des ressources, qui ont tous permis d’optimiser les véhicules, comme les habitations, comme les modes de consommation ? C’est tout bonus pour l’humanité à venir.

  7. « L’une des principales découvertes de la physique… (…). Mais cette manière de penser, optimiste, est contraire à l’idéologie écologiste… »

    Cette manière de penser n’est pas « optimiste », mais POSITIVISTE. :o)

Les commentaires sont fermés.