Retraites : l’homme à l’origine de la pagaille

Attendons-nous à ce que Laurent Berger soit condamné à attendre à la porte de Matignon ou de l’Elysée, pendant tout le temps que dureront encore les hostilités. 

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Laurent Berger by OECD(CC BY-NC 2.0)

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Retraites : l’homme à l’origine de la pagaille

Publié le 31 mars 2023
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Ne faisons pas plus attendre les lecteurs impatients : le nom de l’homme responsable, ce n’est pas celui du président actuel comme on pourrait s’y attendre. Non, l’homme en question se situe un cran en dessous dans l’échelle des célébrités : c’est Laurent Berger, secrétaire général de la Confédération Française Démocratique du Travail depuis novembre 2012.

 

Les conséquences de la sous-syndicalisation française

Moins d’un salarié français sur dix en France annonce qu’il adhère à un syndicat. Ce chiffre le plus bas d’Europe explique à lui tout seul le radicalisme du syndicalisme français :

 

Source : Statistica (OCDE)

Évidemment peu représentatif, surtout si l’on ajoute que trois syndicats se partagent le gros des adhérents, le secrétaire général d’un grand syndicat français est condamné (ou du moins il en est convaincu) à une attitude toujours en pointe afin, selon lui, de rameuter ses adhérents et d’en recruter des nouveaux.

Les syndicats ne représentent pas grand-chose en France. Cependant, le gouvernement en a absolument besoin car ils servent de justification aux consultations traditionnelles et cela même en l’absence de toute représentativité réelle comme c’est le cas actuellement. (songeons que Laurent Berger représente moins de 3 % des salariés français…). C’est en réalisant que sa position était aussi singulière, (responsabilité inexistante par suite de sa très faible représentativité et position d’interlocuteur incontournable du gouvernement) que le secrétaire général de la CFDT a décidé de sa stratégie.

 

L’enchaînement des évènements

Dès le début des discussions sur la réforme des retraites, Laurent Berger a tracé une ligne rouge concernant l’âge légal de départ : pas touche aux 62 ans ! Ce n’était peut-être pas sa conviction personnelle car de toute évidence c’est un homme intelligent qui sait probablement reconnaître les contraintes budgétaires mais il savait aussi que c’était le désir irréfléchi mais intense des salariés, et il faisait sienne la devise de Ledru-Rollin (1849) : « Il faut bien que je les suive puisque je suis leur chef ».

Il n’avait peut-être bien pas mesuré ce que cette attitude absolue allait provoquer.

Et en effet, son intransigeance fut l’étincelle qui a permis le rassemblement de tous les syndicats dans leurs revendications et dans la conduite de leur action. Supposons en effet une seconde qu’il ait choisi l’attitude inverse, d’ailleurs plus habituelle chez lui, et accepté de discuter de l’application des mesures d’âge de départ : l’unité syndicale n’aurait alors probablement pas été possible et l’ampleur du mouvement aurait été fortement réduite. Du coup, les politiques de gauche se seraient probablement divisés, tandis que les Républicains auraient certainement appuyé sans réserve le gouvernement, puisque la CFDT acceptait la discussion et que le spectre de leur non réélection changeait de visage. En conséquence, la loi serait passée sans la ressource du 49-3, et le pays se retrouverait aujourd’hui dans une paix sociale agréable. Enfin, supposons-le.

Il est cependant incontestable que la position de leader syndical inflexible avec lequel le gouvernement ne peut pas discuter pour arriver à un compromis est une position intenable à Laurent Berger qui bénéficie de sa popularité précisément parce qu’il discute habituellement avec le gouvernement.

 

Petite cause, grands effets ?

On entend souvent cet aphorisme, qui veut signifier que les grands évènements peuvent être provoqués par des détails insignifiants : Edward Lorenz (1972) a précisé cette constatation avec son « effet papillon », d’ailleurs souvent mal compris car on oublie le point d’interrogation dans le titre de sa conférence.

En réalité, les grands effets ne se manifestent que s’il existe des grands moyens pour les produire. Les petites causes sont ce que l’appui sur la commande de largage de la bombe est aux effets de l’explosion nucléaire sur Hiroshima : un évènement certes nécessaire mais minuscule par rapport à l’effet produit. Mais il faut aussi qu’il ait existé une nation puissante qui a inventé et mis au point la bombe, une industrie importante pour extraire l’uranium et l’enrichir, un avion et un pilote pour la transporter, etc. toutes choses qu’une petite nation aux petits moyens ne possède pas.

De la même manière mais dans un tout autre domaine, il a suffi de l’attitude d’un seul homme pour que des millions de personnes se mettent à manifester régulièrement dans toute la France, que les services publics se mettent en grève, que le carburant devienne rare dans les stations-service et que les marxistes divers commencent à penser au grand soir. Mais il fallait aussi que ces millions de personnes aient été remontées pendant des années par les médias et les hommes politiques, que les salariés se sentent de plus en plus bafoués par le pouvoir en place et que les syndicalistes sentent que la pression était suffisamment montée pour que la machine à manifester puisse se mettre en marche. Non, décidément, les petites causes ne produisent plutôt que de petits effets. Laurent Berger à lui tout seul a réussi à installer une pagaille rarement atteinte dans notre pays. Mais les choses étaient prêtes à fonctionner. Et malheureusement pour lui, monsieur Macron et madame Borne, tous les deux doués d’une capacité de raisonnement à niveaux multiples ont très probablement compris qui était le déclencheur.

L’épisode de la réforme des retraites va maintenant se terminer et malgré la position rigide de monsieur Berger, l’âge de départ à la retraite va atteindre progressivement 64 ans. Ce n’est d’ailleurs qu’une étape, et s’ils connaissaient le chiffre qui sera probablement atteint dans 25 ou 30 ans, les manifestants d’aujourd’hui en tomberaient à la renverse. C’est une déroute pour lui qui a cru que sa position était solide parce qu’il s’imaginait qu’on ne pouvait pas adopter une mesure lorsque la plupart des gens concernés n’en veulent pas.

Seulement, les conséquences peuvent être sévères pour lui. En effet, on n’attend plus que la réaction du Conseil constitutionnel, mais on peut être tranquille : le Conseil entérinera l’essentiel de la loi, en tiquant éventuellement (il faut bien qu’il justifie son existence) sur quelques détails secondaires. Les grèves continueront avec une participation qui ira en s’étiolant parce qu’on ne peut pas continuer longtemps à ne pas travailler et ne pas recevoir de salaire et qu’il faut bien payer son loyer, ses mensualités d’emprunt, ses vacances etc.

 

Quand on s’est trompé, il faut récupérer sa position

En personne intelligente, Laurent Berger a bien senti que ça aller mal se passer maintenant pour lui s’il persistait dans son intransigeance. Il lui faut donc trouver une solution de repli, autant que possible compatible avec la position qu’il a prise jusqu’à aujourd’hui mais qui lui permettra de reprendre son ancienne image d’intermédiaire bienveillant qui discute avec le gouvernement et trouve des solutions aux problèmes.

Seulement, il y a une grosse difficulté, conséquence directe de son attitude : le président d’une part, et madame Borne d’autre part n’ont probablement pas bien digéré, l’un comme l’autre, que Laurent Berger ait créé à lui tout seul ce chaos sans nom. Évidemment, ils ont aussi tous les deux besoin d’un Laurent Berger utile, qui sait discuter et arriver à des compromis lorsqu’ils consultent les partenaires sociaux et ils savent bien qu’on ne peut jamais compter sur la CGT de Philippe Martinez (ou de son successeur prochain).

Mais un Laurent Berger qui joue au Philippe Martinez, non, mille fois non, ce n’est pas possible ! Et il s’agit de le lui faire savoir et d’utiliser éventuellement sa déroute. Donc, une mise en quarantaine s’impose. Par ailleurs, une attitude intransigeante n’est payante que si elle permet des avancées significatives. Si elle n’aboutit sur rien, alors, les camarades risquent bien de le lui reprocher bientôt, en interne d’abord, puis sur la place publique à l’occasion des prochaines élections du secrétaire général…

Conclusion : attendons-nous à ce que Laurent Berger soit condamné à attendre à la porte de Matignon ou de l’Élysée pendant tout le temps que dureront encore les hostilités. Il ne pourra retrouver sa position et l’aura qui va avec que dans un temps où on aura oublié son attitude. Et il sera peut-être bien obligé d’utiliser en sous-main son influence dans les milieux politique et syndical qui est grande, pour essayer de faire cesser toute velléité de poursuite du mouvement. Son retour en grâce l’impose. Heureusement pour lui, en politique, les choses vont généralement plus vite que dans la vie. Cependant, il n’est pas exclu que le prénom du prochain secrétaire général de la CFDT ne soit pas Laurent.

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  • Vivement l’abrogation des ordonnances de 45. Avec la mise en place d’un vrai syndicalisme en France. Un syndicalisme, qui ne vivra pas des cotisations de l’assurance maladie et de l’assurance vieillesse des Français avec de l’argent qui devrait servir à les soigner et à payer leur retraite. Un syndicalisme qui s’occupera des salariés et qui ne roulera pas pour lui. Un syndicalisme qui vivra des cotisations de ses adhérents.

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    • Je vous rejoins sur la question de la faible représentation syndicale en France. Cependant, depuis les ordonnances de 45, il y a eu en 2008 la loi sur le financement des syndicats.
      https://www.vie-publique.fr/fiches/24064-comment-est-finance-un-syndicat
      Aussi, ne stigmatisons pas Laurent Berger et la #CFDT car ils représentent, à mon avis, la seule composante émanant des salarié•e•s à même de dialoguer avec le patronat et l’exécutif. En comparaison, les autres font de la figuration.

      -4
      • La nature a horreur du vide. Par leur présence et leur activisme mal placé, les syndicats historiques empêchent l’émergence de syndicats plus sensés qui apparaîtraient spontanément s’ils disparaissaient.

      • @FCTi
        Bonjour,
        Votre lien ne renvoie pas sur une loi. Il renvoie sur une espèce de brouillon où la conclusion est : « On ne sait pas. » Il n’y a aucune donnée chiffrée. C’est très léger.

      • ne pas oublier la loi de 1966 et la représentativité garanties aux syndicats historiques

  • Les syndicats ne sont plus représentatifs des travailleurs, et ne défendent plus QUE leurs positions depuis bien longtemps.
    Mais quand, malgré tout, on a su rester un interlocuteur crédible, on ne joue pas tout sur un coup de poker. Dans quel but, s’il s’agit d’un homme intelligent qui sait pertinemment que la réformette proposée (insuffisante, mais nécessaire …avant d’autres plus pertinentes!) est incontournable?
    Voila donc un berger bientôt sans troupeau😁! Ce qui est bien sûr dommage.

  • Il est inexact de dire que les syndicats auraient peu de légitimité puisqu’ils auraient peu d’adhérents.
    Le poids des syndicats dépend tout d’abord des élections professionnelles, qui ont lieu dans chaque entreprise.
    S’il y a peu de syndiqués en France, c’est parce que le fait d’être syndiqué ne procure aucun avantage, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays.
    Le syndicalisme souffre également d’une mauvaise image, essentiellement à cause de quelques secteurs du service public qui abusent de la grève. Dans le privé c’est complètement différent et nombre d’accords d’entreprises sont signés par des élus qui ne sentent pas obligés de rendre des comptes à leur maison mère
    Les partis politiques comptent bien moins d’adhérents que les syndicats, pourtant ils sont considérés comme légitimes.

    • @Jean-Paul
      Bonjour,
      Tous les syndicats, à eux tous, ne représentent qu’un employé du public et du privé sur dix. Ils n’ont aucune légitimité ni aucun poids. C’est la même chose avec les députés qui ne représentent quasiment personne (en moyenne 20% des inscrits) et du président qui ne représente que 38,5 citoyens sur 100. (18 772 819 sur 48 752 500).
      Les syndicats tout comme le président et l’A.N ne sont que des simulacres de démocratie et ne reposent que sur l’image et le mythe français qui les ont faits. Il n’y a pas de démocratie en France, nulle part.

    • Ce n’est pas parce que la représentativité dont se réclament les syndicats dependent « d’élections professionnelles » qu’ils en deviennent representatifs des salariés … avec 8,80% des salariés! Tout cela, cest du blabla. Et de la manipulation!
      Défendre le salarié, c’est une chose. Défendre des Corporations en est une autre à mon sens.
      Pour faire simple: à combien estimez vous les Corporations professionnelles (en %) defendues par ces syndicats minoritaires en nombre de salariés (tjrs en %)?
      Question subsidiaire; combien de Corporations défendent autre chose que leurs propres avantages? Et donc …(accessoirement?) les salariés?

  • La personne unique responsable de la pagaille en France (y compris pour ce qu’il s’agit de la réforme des retraites, de la mauvaise gestion du covid19 et des non-vaccinés que l’on a suspendus sans revenus pendant 18 mois et de l’intensification de la guerre en Ukraine), est et reste M. Emmanuel MACRON. Les français ne prennent pas d’adhésion (comme ils votent de moins en moins à tous les élections politiques – alors qu’ils se sont volontairement inscrits sur les listes électorales – pour se plaindre ensuite des candidats qui sortent des urnes) à un syndicat ou à un autre, mais ils sont bien contents lorsque ces syndicats prennent en main les actions à mener contre tel ou tel gouvernement qui veulent restreindre leurs droits sociaux !

    • Que vieux faire le covid et l Ukraine dans un débat sur les retraites
      Complètement hors sujet…..😁😁😁😁

      -1
  • Le syndicalisme qui ne s’appuie que sur l’adhésion volontaire (il est des pays où l’adhésion est obligatoire pour accéder à certains services sociaux) souffre du syndrôme du passager clandestin : en effet, du point de vue d’un salarié, il y a deux options, soit il adhère officiellement, et il risque d’être ostracisé au sein de l’organisation où il travaille, soit il n’adhère pas… et il bénéficie tout de même de ce qu’obtiennent les syndicats par la négociation et l’action… bref, aucun intérêt à adhérer sauf à s’intéresser à la vie du mouvement syndical. Le calcul est vite fait pour la majorité des salariés. Donc critiquer la non représentativité est un peu de la mauvaise foi : pour que les syndicats aient plus d’adhérents, il faudrait qu’ils deviennent incontournables pour l’obtention d’avantages divers.

  • Les seuls syndiqués sont les fonctionnaires. Et ils composent toujours plus de 90% des manifestants et des grévistes. Et plus de 20% de la population active.
    Une fois cette constatation faite, le courage politique peut résoudre nombre de problèmes de la France.

    13
  • Le vrai responsable est celui qui allume la mèche du cocktail molotov. Pas le flic qui riposte.
    Sans 80 km/h ou taxe carbone, pas de Gilet jaune.
    Etc.
    Ne jamais inverser la flèche du temps.
    Le responsable ici – il est payé pour ça d’ailleurs – est à l’Élysée. C’est lui qui a lancé la réforme des retraites. Très maladroitement qui plus est.
    Le lanceur de pavé doit avoir l’honnêteté de ne pas accuser celui qui le reçoit.

    • Surtout que dans la hiérarchie des priorités, il y a des curseurs facilement modulables pour rendre avant toute résolution des problèmes liés aux retraites l’ attractivité du travail. Ce gouvernement s’ évertue à nous déposséder de tout ce qui nous rend dignes.

    • Macron avait dit qu’il réformerait les retraites avant son élection. Donc il a été élu, c’est normal qu’il le fasse, c’est pas une surprise. Maintenant si elle ne plaît pas, pour des choses qui vont se passer dans 40 ans pour les jeunes, c’est une douce rigolade.
      Si les gens ne sont pas content, ils n’ont qu’à élire un des brillants Yaka qui va pondre un régime de retraite qui va plaire à tous les Français… avec la diarrhée législatives qui existe en France, c’est inimaginable que cette loi soit figée pour les 40 prochaines années, ça reste une loi et il suffit d’un petit vote à l’assemblée pour la changer.

      • «  »Macron avait dit qu’il réformerait les retraites avant son élection » » »
        je sais pas si je suis le seul mais j’ai pas entendu cette phrase, c’est possible que j’ai zappé son blabla habituel.

        • @lanzarote
          Bonsoir,
          Il avait surtout dit qu’il était contre le report de l’âge de départ à la retraite.

  • La France est malade de son syndicalisme: une représentativité ridicule, dont se servent les gouvernements pour justifier leurs décisions (ce sont des interlocuteurs réputés « valables », faute de mieux), une politisation inadmissible de l’action syndicale (les mouvements contestataires sont bien souvent, avant tout des revendication politiques), et compte tenu de cette faible représentativité, leurs leaders font de l’électoralisme, donc se rangent à ce qu’ils croient être l’opinion majoritaire (décrétée par les sondages, avec la valeur qu’on peut leur attribuer !).
    Une solution serait d’imposer à tout travailleur l’adhésion à un syndicat, quel qu’il soit, de ne financer ces syndicats que par les cotisations (les subventions actuelles devraient être transformées en réduction d’impôts pour permettre aux adhérents de payer leurs cotisations.

    • Pas de réductions d’impôt, pas de subventions. Celui qui cotise doit assumer pleinement son choix, sans bénéficier d’un coup de pouce public.

      • Je dirais même pas d’impôts, pas de prélèvements, et on fait ce qu’on veut de son fric.

        • Exactement ! La seule obligation devrait être de ne pas organiser son insolvabilité à la recherche de la prise en charge par la collectivité. Une obligation de s’assurer, avec la liberté complète de la manière.

    • @MichetT74
      Bonjour,
      « d’imposer à tout travailleur l’adhésion à un syndicat, »
      Et puis quoi encore !? A tout citoyen l’adhésion à un parti ?… Au parti ?

      « ne financer ces syndicats que par les cotisations »
      Voilà ! Et problème(s) résolu(s).

      • Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: je n’ai pas parlé des partis.
        Et puis, ne vous énervez pas, vous n’êtes pas obligé de partager mon point de vue.

  • le problème de la représentativité se pose tout autant pour les politique. Macron a été élu, c’est incontestable sur un plan légal. mais qu’elle est sa représentativité quand près d’un électeur sur 2 n’est pas allé voter. Le gouvernement qu’il a nommé ne tient que par le 49/3 , mesure parfaitement légale mais très contestable sur le plan démocratique. Ce qu’on désigne , pour moi abusivement, sous le qualificatif « retraite », n’est qu’un ersatz qui au mieux sera valable 3 ans, maxi. Le texte n’a été adopté que par le 49/3, le pouvoir au dernier moment a eu peur du vote et par la peur de certains députés du retour devant les électeurs. Un référendum aurait permis de trancher, au peuple de s’exprimer, au gouvernement d »expliquer, voire de convaincre.
    Il faut un coupable OK, mais le seul responsable de cette situation, c’est macron lui-même et personne d’autre.
    On ne fait pas une réforme pour faire plaisir à Bruxelles, à la Commission, aux milieux financiers, ou même au partenaire allemand, on fait une réforme pour résoudre un problème qui se pose à la France.
    Avec cet ersatz, on est loin, très loin du compte.

    • Un référendum ? Du genre « Préférez-vous être riche et bien portant ou pauvre et malade ? »
      La question des retraites se résoudrait toute seule si l’Etat ne s’en mêlait pas, ni pour les organiser ni pour les taxer. Aucun candidat n’a proposé de transition vers un système viable à long terme de retraites. D’autre part, le pourcentage de Français à même de calculer eux-mêmes les avantages ou les inconvénients des éventuelles propositions est sans nul doute à un seul chiffre. Un référendum ne serait qu’une dramatisation de plus, au service des plus grandes gueules.

      • Si le pourcentage de français à même de savoir où se trouve son intérêt est si faible, c’est qu’il est alors encore plus urgent de réformer l’éducation nationale.
        Car sinon bien vite un dirigeant dira, à raison, qu’il sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui, et en conclura la nocivité des élections libres et de la démocratie.

        • Oui. Mais pas seulement l’éducation nationale. Calculer soi-même où est son intérêt, c’est d’abord une question d’état d’esprit. Si on le veut vraiment, on en trouvera les moyens. Si on préfère paresser en faisant confiance à ses défenseurs auto-proclamés…

  • Responsable syndical ou responsable politique , c’est kif kif ; la seule chose qui les intéressent , c’est de ne rien foutre , être bien payé, se promener beaucoup et être sur le devant de la scène
    Pas d’accord Pierre ?
    Fritz

  • le syndicalisme est su représenté dans la fonction publique et sous représenté dans les entreprises. Les syndicats vivent plus des subventions gouvernementales que des cotisations des militants. Enfin, par expérience personnelle, le syndicat, du moins certains , ne s’occupent que des problèmes liés à la politique.

  • le problème n’est pas tant la réforme des retraites qui est nécessaire mais cet ersatz là . Au premier mandat, nous avons eu droit à la réforme systémique sur laquelle a planché pendant au moins 3 ans Delevoye : réforme systémique censée remplacé le système par répartition obsolète selon Macron. Puis ce qui était obsolète redevient « moderne ». Et que propose-t-il un recul de l’âge de départ à 64 ans et 43 années au moins de cotisation pour une retraite à taux plein. Le texte est passé par 49/3, parfaitement légal mais qui illustre une absence de majorité à l’Assemblée Nationale puisque dès le départ il avait été inscrit sous le titre de financement de la sécurité Sociale, ce qui permettait l’utilisation de cette procédure. Le 49/3 n’est pas prévu pour faire passer un texte mais forcer une majorité rétive à voter un texte.
    Le plus démocratique est de donner ou redonner la parole au peuple. Où macron obtient une majorité ou il l’a pas de majorité et devra former un gouvernement de coalition …. ce dont il ne veut pas; et dans ce cas, il devra partir.

    • @Libre
      Bonsoir,
      Tout texte voté au Parlement devrait être soumis tel quel aux citoyens. Si 51% l’acceptent, le texte devient loi.
      Il s’agit aussi d’avoir des Parlementaires ayant reçu 51% des voies des inscrits… ce qui n’est pas le cas à l’A.N. Le texte devrait aussi recevoir 51% d’avis favorable dans chaque chambre au préalable. Ce qui est là aussi rarement le cas.

      • Autant supprimer directement le Parlement et le Président, puisqu’il n’y a déjà que 5 élus au premier tour avec seulement le compte sur les votants. Mais il faut quand même trouver par quoi les remplacer, si on n’a pas une résidence avec gardes armés.

  • le problème est que les députés comme Macron lui même ne représente, qu’au mieux 1/3 des électeurs inscrits. Quand à proposer le texte de la dite réforme, il ne faut pas rêver, on ne consulte le peuple que pour un OUI. et pas pour un NON ou le risque d’un NON. En 2005, les Français ont dit NON au projet de constitution européenne. Modifié sur 1 voire 2 articles, le dit projet a été accepté non pas par référendum mais par congrès. Pour Sarkozy, ce fut un erreur et une faute politique. Tout le monde n’est pas de Gaulle qui en 1969 n’a pas eu peur du référendum.

  • Ne pas oublier que la CFDT des années 70 était animée de militants et de positions gauchistes, proches de la LCR. Au contraire, FO était à cette époque vu comme un syndicat favorable aux patrons ….! Tant que les syndicats ne seront pas animés et financés par les travailleurs, les directions syndicales évolueront et changeront au rythme des entrismes et des patchs internes

  • Ah oui, effectivement, nous avons deux gredins en présence. Que Berger soit responsable, pourquoi pas. Dire que Macron n’est pas le premier responsable, c’est tout de même ignorer qu’il est chef d’état, payé pour ça et responsable de ce qu’il propose, annonce et dispose.
    Votre notion des responsabilité me semblent très étrange et surtout dénote d’une capacité à manipuler les situations pour faire un article tape-à-l’œil qui n’apporte pas grand chose à la question principale : doit-on prendre l’argent des retraites ailleurs ?

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