L’État macronien, en même temps, veut refaire du nucléaire avec votre argent

Il est souhaitable de relancer l’investissement dans le nucléaire, mais la façon et le timing diabolique avec lesquels le gouvernement actuel procède imposent une extrême prudence.

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Emmanuel Macron BY Jacques Paquier(CC BY 2.0)

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L’État macronien, en même temps, veut refaire du nucléaire avec votre argent

Publié le 15 février 2023
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Rappelez-vous, c’était il y a quelques années : en tant que citoyen français, vous pouviez quasiment faire ce que vous vouliez de vos finances après les indispensables ponctions fiscales et sociales qui permettaient au pays de disposer d’un système social que le monde entier nous enviait (sans nous copier, pas fou). Mais ça, c’était il y a quelques années…

En effet, grâce aux gouvernements Macron, finies les affres de la responsabilité citoyenne : rapidement, la liberté financière fut contenue, régulée, découpée en petits morceaux faciles à digérer dans les bedaines parlementaires et bientôt, le citoyen français n’eut plus besoin de se soucier de ce qu’il devait faire de son argent.

Il était temps : las d’avoir à réfléchir et prendre ses responsabilités, travaillé au corps depuis des décennies dès sa plus tendre enfance par les doux discours marxisants et léninifiants, le peuple français délégua enfin toutes les tâches importantes à ses éminents gouvernants qui se chargèrent alors de tout prendre en charge (moyennant une petite commission et 3000 milliards de dettes, hein, sachons vivre).

À partir de là, les décisions empreintes d’une imparable logique, de pertinence subtile et d’une analyse inouïe du sens de l’Histoire se sont enchaînées avec brio dans le pays.

C’est ainsi qu’il fut décidé, assez calmement, que c’en serait définitivement terminé de la production électrique nucléaire française. C’était dit, écrit, répété : fini l’atome cradingue qui ne rejette pas de CO2, place aux éoliennes dégueulasses et au gaz russe sordide qui pollue pour le remplacer. Quelques réacteurs furent donc fermés. Les gouvernants s’en félicitèrent bruyamment, la presse aussi. Une loi fut votée pour que d’autres réacteurs soient à leur tour abandonnés dans les prochaines années.

Tout était bel et bon.

Puis, toujours avec sa logique imparable, sa pertinence subtile, son sens inné de l’Histoire, l’élite décida qu’il était temps de faire un petit demi-tour bien ferme.

Et alors que la loi de Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit toujours la fermeture de 12 réacteurs supplémentaires d’ici 2035, le frétillant chef de l’État pirouettise sa politique et propose à présent – toujours sans toucher à cette loi – de flécher l’épargne des Français pour financer le développement de nouveaux réacteurs nucléaires. Si ce « En-Même-Temps » ne touchait pas ainsi au sublime, on croirait presque que c’est du n’importe quoi en boîte.

Concrètement, il semble donc décidé en hauts lieux que le Français, très moyennement capable de gérer ses finances, va voir son épargne délicatement poussée (à coups de pelle dans la nuque par des incitations fiscales ciblées, par exemple) vers une nouvelle vague de financement de l’énergie nucléaire en France, celle-là même dont on entend réduire l’importance, qui n’est pas verte et qui tue des ours polaires quand on ne s’intéresse pas à sa démographie.

On apprend ainsi que les 375 milliards d’euros (à fin 2022) d’épargne des 55 millions de Français qui possèdent un Livret A pourraient ainsi servir à financer de nouveaux réacteurs pour EDF (avec un coût total un peu inférieur à 60 milliards d’euros).

Or, si l’on peut bien sûr se réjouir de voir le gouvernement prendre la mesure de l’importance d’une stratégie énergétique de long terme, on doit cependant s’inquiéter des nouvelles tubulures fiscales chromées qu’il va déployer pour la mettre en place et ce d’autant plus lorsqu’on voit les cadors qui proposent cette stratégie, leur historique général et leur capacité à tenir leurs engagements précédents, et ce sans même parler du fait que les fonds étaient jusqu’à présent consacrés au logement social : on imagine sans mal la poussée d’urticaire de certaines égéries écolo-socialo-branchouilles lorsqu’elles apprendront la mise en place de ce tour de passe-passe : moins de social, plus de nucléaire, ça va roucouler chez les gauchistes…

En outre, peut-on écarter l’idée que ce qui est encore actuellement présenté comme des idées et des incitations ne va pas devenir rapidement des obligations et des contraintes clairement établies dans un avenir proche, à mesure que la situation du pays va devenir plus tendue ?

Du reste, il serait probablement plus aisé pour l’État de dégager les marges de manœuvre financières pour s’investir dans ces plans stratégiques si, d’un autre côté, il ne s’employait pas méticuleusement à saboter toute création de richesse. L’avalanche de décisions consternantes des 40 dernières années (l’arrêt du nucléaire n’étant que la décision la plus symptomatique du niveau d’abrutissement et de veulerie atteint au sommet du pouvoir) ainsi que le tabassage systématique et de plus en plus compulsif des créateurs d’emplois et de richesses dans le pays n’ont aidé en rien.

Clairement, cette espèce de volte-face des dirigeants au pied du mur manque cruellement de l’indispensable remise en question des méthodes et pratiques mafieuses de l’État jacobin et indique plutôt une forme de panique non avouée qui ne présage absolument rien de bon. Alors certes, il est souhaitable de relancer l’investissement dans le nucléaire, mais la façon et le timing diabolique avec lesquels le gouvernement actuel procède imposent une extrême prudence…

La semaine qui vient de s’écouler n’est pas très différente des précédentes et illustre finalement très bien la tendance générale du pouvoir actuel à resserrer son emprise sur tout ce qui concerne le citoyen français, notamment ses finances qu’il conviendra de pousser dans les bonnes directions : dans l’œil de l’État macronien, ce citoyen n’est définitivement pas assez intelligent pour comprendre sa situation et n’est pas plus capable de connaître les investissements qu’il doit faire pour s’assurer un avenir meilleur.

L’élite qui est au pouvoir (parce que c’est l’élite, voyons, et parce qu’elle mérite ce pouvoir, pardi !) sait ce qui est bon pour ce citoyen, mammifère mou et vraiment pas fin, perdu dans une vie que cette élite sait médiocre et ballotée par des événements qu’elle seule est capable d’anticiper voire de provoquer.

Il est dès lors normal qu’elle censure, qu’elle impose, qu’elle « flèche » et qu’elle décide pour vous. Et au vu de son historique, de son passif aussi puissant qu’édifiant, comment en douter ?

 


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  • Plus d’argent pour le moindre investissement en France. C’est exactement la situation des pays sous développés. Encore un point commun entre eux et la France en plus de l’éducation, la santé, l’armée, la police, la justice,….
    Merci la gauche caviar.

    12
  • Tant que cette loi scélérate de fermeture des centrales ne sera pas abrogée . Aucune promesse ne sera crédible. Il faut fermer aucune centrale ET en construire d’autres. Il faut remettre en route Fessenheim c’est moins cher et plus rapide que de construire une centrale et il faut remettre en route Superphénix en la mettant au goût du jour ET construire de nouvelles centrales à neutrons rapides pour brûler les déchets des centrales de première génération.
    Je voterai pour le parti qui le proposera.

    10
    • Et vous oubliez, du moins en ce qui me concerne, arrêter les subventions et gaspillage d’argent pour les éoliennes et les panneaux solaires !

      10
      • @Mariah : bravo !

        J’allais justement écrire que la première source de financement – insuffisante mais non négligeable – de l’énergie nucléaire doit provenir de l’arrêt du financement des énergies INTERMITTENTES (et non « renouvelables », terme faisant partie de la propagande de désinformation des escrologistes et de leurs complices), à savoir l’éolien et le solaire, catastrophiques sur tous les plans, notamment :
        – écologique : cf. notamment les conditions d’extraction des terres et métaux rares fortement consommés par ces sources d’énergie,
        – financier : coût de production élevé camouflé par d’énormes subventions, coût de construction des centrales à énergies fossiles qui doivent fréquemment prendre le relais de l’éolien ou du solaire lorsqu’il n’y a pas assez de soleil ou de vent
        – et esthétique : massacre de nos paysages ruraux par les éoliennes et architecturaux par les panneaux solaires.
        Il ne faut investir dans ces énergies intermittentes que dans une perspective de recherche et de veille technique (car, contrairement aux escrologistes, on ne doit pas être doctrinaire au point de tout rejeter) et non de production d’énergie à l’échelle industrielle : cela permet d’envisager de substantielles économies car l’argent, toujours gaspillé par M. Enmêêêêmetemps se chiffre en dizaines de milliards d’euros.

        Et delenda est escrologia !

        • @Liger
          Tout à fait. Le concept même d’énergies renouvelables doit être rejeté pour ce qu’il est : une impossibilité. Toute production (d’énergie ou autre) requiert du travail (manuel, intellectuel) et du capital, qui a lui aussi été produit par du travail et du capital dans le passé… Les énergies intermittentes n’échappe pas à cette loi qui nous est imposée par la nature. La seule chose rare c’est le travail humain, pour des raisons qui nous sont aussi imposées par la nature, notamment notre finitude, qui implique que nous disposons d’un temps limité pour satisfaire l’ensemble de nos besoins (produire, aimer, élever, s’émerveiller, se reposer…). Tout le reste est manifestement infini. Par exemple, étant donné l’abondance du carbone dans la nature, sur terre ou ailleurs, rien n’exclut qu’on puisse un jour produire du pétrole de synthèse par exemple. La seule question est celle du coût (temps) que nous désirons y consacrer, et seul le marché libre permet d’optimiser ce coût.

      • non… partialité..arrêter les subventions… OU définir la mission. de service public..

        -1
        • la logique européenne de marche libre implique AUSSI que le marche de l’lélctricité est fondamentalement européen…

          ce qui a pour conséquence que le marché est européen, il devra l’être..sauf à contredire les principes de lue. .. avec des prix qui s’alignent en tenant a compte bien sur des couts de transports…

          normalement un consommateur ne devrait rien avoir à faire de comment son jus est produit;. si il est même produit en France..

          A chaque fois que vous accepter des contradictions ou laissez trainer des ambiguïté. indépendance mais presque;.. sécurité du réseau mais pas tout à fait.. vous donner du miel aux politicards..
          parce qu’alors ils vont négocier les conditions…non pas à l’avantage de leur peuples mais de leurs politiques.. vous aurez du mal à me convaincre que la france n’a pas « vendu » sont nucleaire pour obtenir le soutien « budgétaire » de l’allemange qui elle a obtenu le soutien de ses moulins à vent..

          et cela est le résultat inévitable de la gouvernance politique du marché de l’électricité..

          • quand à libéraliser le marché.. quand on voit ce qui se passe et se dit sur les autoroutes..

            mais bon débattons…

            faut il l’indépdance de la production électrique nationale.. totale? relative pour des question de cout? l’indpédance implique la surcapacité structurelle..et certains diront du gaspillage de ressources..
            mais dès lors comment gérer la libre concurrence européenne quand l’énergie est la base de toute industrie sinon tout échange et « fausse  » tout..
            faut il pouvoir exporter? importer combien pourquoi? à quel prix puisque plus de marché? sans ici se mettre à la merci d’un politique..
            voire faut il parce qu’on estime avoir un atout construire POUR exporter… en ayant accepté de penser son propre système comme ..indépendant…hmmm..

            trop d’arbitraire, je le répète vous donnez du miel aux politiques..

            et je ne vois pas une libéralisation possible..

  • Il y a du pour et du contre. Le pour, un taux d’intérêt faible et sous contrôle du gvt, le moins, on paie pour fournir de l’énergie gratuite à des spéculateurs alternatifs ainsi qu’au reste de l’europe…. Que l’Europe paie pas les pauvres possesseurs de livrets À. Évidement ils ne seront jamais remboursés, l’état est trop endetté… Et l’ue bientôt en faillite, on sera obligé de vider nos livrets, inacceptable !

  • L’image de fin d’article résume parfaitement le propos ! Ca m’a fait ma journée ! Merci H16 🙂

  • Le terme ‘léninifiant’ est parfaitement bien vu.

  • « Il est souhaitable de relancer l’investissement dans le nucléaire »

    pourquoi ne pas dire je souhaiterais pouvoir .investir dans le nucleaire..parce que j’ai l’impression que c’est une bonne idée..

    • je ne suis pas au fait des machine européens..
      MAIS..

      si un pays subventionne de fait la production énergétique et se reserve le droit de le vendre nationalement .cela donne un avantage à l’inductrie française..
      est ce en accord avec les principes de marché non faussé européen?

      imaginez que vous financiez vous même une centrale, bein en tendu je souhaiterais vendre le jus au meilleurs prix pas nécessairement à des français..

      ce qui me fait franchement rigoler est s les gens qui disent que l’allemagne sabote le système électrique français, plus exactement que les gens s’arrtent de raisonner à un niveau qui les convient..

      en fait tout est à remettre en question.. pour retrouver de la cohérence…

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