Twitter Files : comment Pfizer a étouffé la contestation de ses vaccins

Les courriels révélés lors de cette grande purge d’informations montrent qu’un haut cadre du géant américain Pfizer a usé d’influence pour faire censurer des gazouillis.

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Twitter Files : comment Pfizer a étouffé la contestation de ses vaccins

Publié le 17 janvier 2023
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Mythologique roi d’Elis, petite cité située à l’est de la Grèce, Augias est surtout connu pour ses écuries nettoyées par Hercule lors du cinquième de ces douze travaux.

Si celles du fils d’Hélios sont devenues un modèle du genre, les écuries twitteresques ne nous donnent guère d’autre image, tant Jack Dorsey et Elon Musk semblent avoir remplacé Augias et Hercule pour nos contemporains.

Après les révélations sur la collusion avec l’État américain, les listes noires et les millions de dollars payés par le FBI au réseau à l’oiseau bleu, c’est sur fond de débat sur les vaccins anti-covid que les dernière révélations arrivent sur le devant de la scène.

Ainsi, les courriels révélés lors de cette grande purge d’informations montrent qu’un haut cadre du géant américain Pfizer a usé d’influence pour faire censurer des gazouillis qui auraient pu nuire à la vente de vaccins de l’entreprise dirigée depuis 2019 par le vétérinaire grec Albert Bourla, nommé en pleine traversée du désert du fait de l’expiration de ses principaux brevets.

Une histoire mêlant un ancien commissaire de la FDA, un ancien amiral 4 étoiles de l’armée américaine, un lobbyiste démocrate et un blogueur sceptique.

 

Un homme d’intérêts

Pour commencer, attardons-nous sur le protagoniste : Scott Gottlieb est un médecin à 550 000 suiveurs sur Twitter. Ancien commissaire de l’autorité de régulation des médicaments, il contribue régulièrement à la chaîne CNBC, un des nombreux équivalents américains de BFM Business. Voix éminente dans le débat sanitaire, Gottlieb est surtout membre du comité exécutif du conseil d’administration de Pfizer et chef de son comité de réglementation et de conformité, supervisant les réglementations et procédures applicables à la vente et au marketing de l’entreprise.

Ces fonctions lui permettent de percevoir la coquette somme de 365 000 dollars annuels de la part de la firme dont près de la moitié du chiffre d’affaires de l’année 2021 était liée aux vaccins contre le Covid-19.

 

Une épine dans le pied

Cet intérêt l’a sans doute incité à demander la suppression de tweets mettant en cause les vaccins proposés par la société au logo bleu.

Deux tweets en particulier sont mis en exergue par les différents échanges de courriels.

Le premier, publié début septembre 2021, vient d’un blogueur, Justin Hart, 123 000 suiveurs au compteur, moquant le taux de mortalité du virus asiatique et questionnant l’intérêt de faire perdre trois années de scolarité aux enfants au nom d’une maladie tuant moins de 1 % de la population.

Plus étonnant est le second tweet visé, une semaine plus tôt seulement, puisqu’il a été écrit par le docteur Brett Giroir, ancien collègue de Gottlieb, amiral et coresponsable de la santé publique dans l’administration Trump. Un homme reconnu, loin d’être antivaccins, qui a eu le malheur d’évoquer la supériorité de l’immunité naturelle sur l’immunité vaccinale tout en encourageant les personnes fragiles à se faire vacciner.

 

Éviter la contagion

Face à ces tweets, Gottlieb aurait fait appel au même lobbyiste que celui de l’administration démocrate en place, Todd O’Boyle, point de contact entre Joe Biden et Twitter, afin que le tweet ne puisse devenir – sans mauvais jeu de mot – viral.

Il aurait écrit :

« Ici, il tire une conclusion radicale d’une seule étude rétrospective en Israël qui n’a pas été examinée par des pairs. Mais ce tweet finira par devenir viral et entraînera une couverture médiatique. »

Par l’intermédiaire de Jira, le système interne de gestion des plaintes de Twitter, O’Boyle aurait transmis cette demande en omettant soigneusement d’évoquer les intérêts financiers de Gottlieb dans la firme pharmaceutique.

La Strategic Response, en charge de ces cas, a conclu à l’absence de violation des règles d’utilisation, mais une étiquette « misleading », mentionnant le caractère fallacieux du gazouillis, est ajoutée à ce dernier.

 

Une justification sécuritaire

Les raisons de ces attaques contre les deux tweets ont été justifiées diversement.

Celui de Justin Hart menaçait des intérêts directs de Pfizer, qui allait voir son vaccin approuvé incessamment sous peu pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Or, si les parents commençaient à douter de la pertinence d’une telle vaccination, les ventes de ce produit risquaient de dégringoler.

Cet argument, non assumé par Gottlieb, s’ajoute à une explication émanant du protagoniste principal lundi 9 janvier. Sans jamais rien nier de ce dont il est accusé, Gottlieb a évoqué le climat de violence, y compris physique, à l’encontre des partisans de la vaccination. Sa démarche était sécuritaire, afin d’éviter que lui et les siens ne soient un jour agressés par un opposant. À l’appui de ses propos, il a de lui-même publié des courriels visant des tweets menaçant sa personne et sa famille.

Dans un tweet publié peu après, Gottlieb ajoute à sa justification l’évocation de la volonté d’un dialogue respectueux sur le sujet des vaccins.

Or, le tweet de Brett Giroir n’avait rien de radical, insultant ou violent mais s’inscrivait justement dans un débat apaisé entre médecins compétents sur ces sujets.

Gottlieb aurait également visé des tweets d’Alex Berenson, journaliste américain lauréat en 2007 du Prix Edgar Allan Poe pour son roman d’espionnage The Faithful Spy et opposé à la gestion de la pandémie telle que pratiquée en Occident. Un journaliste soutenu de longue date par le nouveau propriétaire du réseau social fondé par Jack Dorsey et qui aurait eu le tort de critiquer à plusieurs reprises le docteur Fauci, conseiller santé de Donald Trump puis de Joe Biden et connu pour son inimitié à l’égard du premier.

 

Une habituée des polémiques

Fondée en 1846 à New York et évoluant initialement dans la confiserie, Pfizer n’est pas à sa première polémique. En 177 ans d’existence, l’histoire de la société a été égayée de plusieurs affaires. Entre 1995 et 2009, l’entreprise aurait payé près de 6,171 milliards de dollars d’amende dans des affaires allant de la mort d’enfants nigerians lors de tests de médicaments contre la méningite en 1996 à la contamination de salariés par un virus créé en laboratoire en passant par des faits de corruption avec les autorités chinoises, l’affaire Cahuzac-Rocard ou encore les doutes sur les contrats passés avec différents pays et autorités, allant jusqu’à des pressions sur certains États sud-américains.

La dernière controverse nous ramène dans l’Hexagone et en particulier dans la cité phocéenne où 300 patients ayant contracté des maladies après une vaccination contre la Covid-19 par le géant américain ont assigné la firme en justice. La première audience s’est déroulée le 9 janvier dernier.

 

Un enchaînement d’affaires

Lancés par Elon Musk et plusieurs journalistes début décembre, les Twitter Files nous éclairent sur le débat public américain des trois dernières années, brossant aussi bien les affaires Hunter Biden que la gestion de la pandémie de Covid-19.

Les rapports étroits entre le réseau aux 544 millions d’utilisateurs et les autorités américaines, du gouvernement fédéral au FBI, ont déjà ouvert les yeux des plus sceptiques, notamment s’agissant de la gestion de la pandémie et du traitement des dernières élections présidentielles américaines.

Il y a toutefois fort à parier que nous n’ayons, pour l’instant, vu que la face émergée de l’iceberg.

 

Article mis à jour le 17/01/23  à 8h43.

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  • Le truc qu’ils n’avaient pas prévu c’était que Musk rachète Twitter. 🤣🤣🤪

  • «6171 milliards de dollars d’amende»… ?

  • pas vraiment réussi..

    la majeure partie des gens qui cherchent à convaincre le font en tentant étouffer la contestation..
    mais seul l’état ale pouvoir de bâillonner une personne.
    les média sociaux, via internet et téléphonie.. ne sont pas l’alpha et l’omega..un média social ça se crée..
    la liberté c’est le droit le plus strict d’interdire ce qu’on veut chez soi.. refuser un client, un moyen de paiement..refuser quelqu’un en raison de critères arbitraires..

    twitter, facebook ne sont pas public..

    il ya une différence fondamentale entre un monopole ds fait et un monopole d’état.. l’huma n’est pas la pravda..

    le mal ici vient du politique..
    un autre vient du manque de diversité des médias. mais.il suffit de refuser l’autorité de ces médias..ils n’en ont pas..

    Il me semble avoir tout entendu sur les vaccins..

    la loi… défendre la liberté d’expression

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