Les ONG mentent sur les lobbyistes de l’industrie à la COP27

Le gouvernement allemand a joué un rôle de premier plan dans la promotion de l’activisme environnemental lors du sommet COP27.

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Croissance entrepreneurs écologie (Crédits davetoaster, licence Creative Commons)

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Les ONG mentent sur les lobbyistes de l’industrie à la COP27

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 décembre 2022
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La semaine dernière, nous avons beaucoup entendu parler des 636 lobbyistes du secteur des énergies fossiles qui ont pris le contrôle du processus de la COP27 et qui sont la cause principale de l’échec de l’accord final.

La conclusion était évidente : nous devons interdire à l’industrie de participer à toutes les politiques ! Les médias grand public ont couvert cette campagne des ONG, répétant les affirmations et les messages ciblés, amplifiant le dogme anti-industrie sans réellement approfondir les recherches pour voir si les chiffres étaient corrects. Si les journalistes et les dirigeants politiques avaient fait quelques recherches de base (ne serait-ce qu’en cliquant sur le lien vers les données de recherche), ils auraient rapidement découvert que les affirmations et les données étaient complètement bidon, grossièrement exagérées et créées pour susciter la peur et l’indignation.

Une fois de plus, nous avons été trompés par un groupe d’opportunistes politiques sans éthique qui profitent de la vulnérabilité et de la peur du public pour propager leurs intérêts et répandre leur haine et leur méfiance envers l’industrie et le capitalisme.

Les allégations de lobbying obstructionniste de l’industrie des énergies fossiles lors de la COP27 ont été formulées par un groupe d’ONG anti-industrie dirigé par Corporate Europe Observatory et Corporate Accountability sur la base de données recueillies par Global Witness. Ces groupes ont créé un mouvement intitulé « Kick Big Polluters Out » (virez les gros pollueurs) qui demande que la COP27 renvoie chez elles ces entreprises des énergies fossiles.

J’ai beaucoup écrit sur la façon dont le Corporate Europe Observatory se joint à toute campagne environnement-santé, jetant le discrédit sur l’industrie et faisant avancer l’argumentaire des activistes. Ils n’ont aucun scrupule à payer des journalistes indépendants pour qu’ils écrivent sur leurs campagnes ou à utiliser le financement des avocats spécialisés dans la responsabilité civile pour créer de l’incertitude. Ce qui est surprenant ici, c’est qu’un gouvernement européen, celui de l’Allemagne, finance – avec l’argent des contribuables – de la propagande mensongère incitant à la méfiance envers l’indistrie.

Mais le gouvernement allemand en a-t-il eu pour son argent ?

 

Qui pourrait aller à la COP27 ?

« 636 lobbyistes du secteur des énergies fossiles corrompent le processus décisionnel des Nations Unies afin de pouvoir continuer à réaliser leurs énormes profits pendant que le monde souffre ! »

Il s’agit là d’un argument émotionnel qui, s’il était vrai, devrait vous faire ressentir de l’indignation et vous inciterai à exiger un changement. Mais ce n’est pas du tout le cas.

Examinons d’abord le contexte.

La COP fait partie du processus de la CCNUCC qui se réunit chaque année pour un sommet qui s’est transformé en un grand événement mondial avec des conférences, des événements et des négociations. Il s’agit au final  d’une grande foire commerciale de deux semaines. Cette année, c’est l’Égypte qui l’a accueillie. Plus de 35 000 délégués se sont envolés vers Charm el-Cheikh pour assister à ces événements et participer au dialogue sur la manière de résoudre le problème du changement climatique.

Selon le site web officiel, le sommet COP27 était ouvert :

  1. Aux représentants des parties à la convention et des États observateurs,
  2. Aux membres de la presse et des médias,
  3. Aux représentants d’organisations observatrices (système des Nations Unies et ses agences spécialisées, OIG et ONG admises),
  4. Aux membres du public.

 

Les organisateurs ont créé une Zone Verte « où les milieux d’affaires, les jeunes, les sociétés civiles et autochtones, les universités, les artistes et les communautés de la mode du monde entier peuvent s’exprimer et faire entendre leur voix. La Zone Verte encourage le dialogue, la sensibilisation, l’éducation et les engagements par le biais d’événements, d’expositions, d’ateliers, de spectacles culturels et de discussions ».

Le Risk-monger aurait donc pu être un délégué s’il avait voulu « influencer injustement le processus » en tant que l’un de ces « lobbyistes manipulateurs de l’industrie des énergies fossiles ». Mais il n’aurait été délégué que de nom (avec un badge souvenir et, espérons-le, un T-shirt) et n’aurait eu absolument aucun pouvoir pour corrompre le processus. Il ne s’y serait pas rendu en tant que négociateur, aurait été bloqué dans le hall principal et n’aurait eu aucune influence sur les décisions finales et les communiqués officiels. Mais il aurait pu rencontrer d’autres personnes travaillant sur des solutions climatiques comme les piles à hydrogène, la capture et le stockage du carbone ou l’amélioration des technologies solaires. La COP28 sera organisée par les Émirats Arabes Unis sur le site de l’Expo à Dubaï (j’ai de la famille là-bas, je vais peut-être y assister).

 

Qui figurait parmi les 636 lobbyistes des énergies fossiles ?

Si 636 lobbyistes des énergies fossiles sur 35 000 personnes représentent un faible pourcentage (moins de 2 % de l’ensemble des participants), ce n’est pas insignifiant (comme nous le savons tous, l’industrie pétrolière paie le prix fort pour avoir les personnes les plus intelligentes dans la salle). Mais ce qui a éveillé ma curiosité en premier lieu c’est de savoir s’il y avait réellement 636 lobbyistes professionnels dans le monde entier qui travaillaient directement pour Big Oil.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour remarquer quelque chose de très louche dans la « recherche » fournie par Global Witness. Quatre délégués d’associations professionnelles de l’énergie éolienne étaient inclus dans la liste des lobbyistes des énergies fossiles. L’énergie éolienne est-elle un combustible fossile ? Peut-être parce qu’elle produit beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre dans la construction de ses turbines massives à la durée de vie limitée…

Les chercheurs ont recensé les délégués de nombreuses entreprises qui investissent massivement dans la production d’énergie renouvelable (éolienne et solaire) et se préparent à la transition énergétique. La liste des ONG comportait également un certain nombre de délégués qui développaient des technologies vertes à base d’hydrogène et de piles à combustible. Ces entreprises auraient en fait tout à gagner d’une sortie rapide et brutale des énergies fossiles. Dès lors, comment ces entreprises innovantes, axées sur les énergies renouvelables, pourraient-elles diffuser leurs intérêts de la manière que les groupes militants veulent nous faire craindre ? Je soupçonne leurs délégués d’avoir assisté à la COP pour se constituer un réseau et rechercher de nouvelles opportunités dans le domaine de l’énergie verte. Et la recherche d’opportunités, c’est bien une activité de capitaliste… donc cela ne saurait être.

Les textes plus sombres à droite sont mes commentaires.

Ce qui est intéressant, c’est que le grand nombre d’entreprises qui font de la recherche sur la capture et le stockage du carbone et qui développent des systèmes d’échange de droits d’émission de carbone ont été regroupées sous la rubrique « lobbyistes des énergies fossiles ». La plupart d’entre elles font des recherches et sont des pionniers qui proposent des solutions pour réduire nos émissions et leur expérience est essentielle à l’élaboration de solutions solides aux problèmes de changement climatique auxquels nous sommes confrontés. Nous avons besoin d’elles, alors qui pourrait vouloir les exclure d’un processus de dialogue sur le changement climatique ? Je suppose qu’il s’agirait de zélateurs activistes qui se préoccupent davantage de dénormaliser l’industrie que de réduire les émissions de carbone ou de protéger l’environnement.

Il y a eu d’autres erreurs curieusement négligentes dans la recherche des activistes (par exemple, les mêmes délégués ont été cités deux fois sous des catégories ou des organisations différentes), mais si l’on considère l’ensemble de la recherche, je dois dire qu’à l’exclusion des délégations de la Russie et des États du Golfe, seuls 10 % des participants à la COP27 figurant sur la liste des 636 de la campagne activiste représentaient en fait l’industrie des énergies fossiles (en supposant que nous considérions le gaz naturel, comme le fait l’Union européenne, comme une source d’énergie à faible émission, c’est-à-dire verte). Mais ce n’est évidemment pas une raison suffisante pour abandonner une grande campagne mondiale contre l’industrie.

Dans son rapport, Global Witness définit les « lobbyistes des énergies fossiles comme des personnes qui ont des liens avec des entreprises ayant des activités commerciales importantes dans le domaine des énergies fossiles, ou qui participent aux discussions dans le cadre d’un organisme commercial représentant les intérêts des énergies fossiles ».

Cela implique donc que chaque chambre de commerce ou association commerciale qui s’est rendue à la COP27 a coché cette case du zèle et du comptage de billes. Si Bill Gates y avait assisté, il aurait figuré sur la liste des « méchants ». Un fournisseur d’énergie investissant massivement dans les énergies renouvelables mais utilisant toujours des générateurs à gaz serait sur la liste. Quelque part parmi les associations professionnelles de l’énergie éolienne, il doit y avoir une entreprise ayant des intérêts dans les énergies fossiles. Honte à vous !

Admettons simplement l’évidence : ces ONG anti-industrie voulaient un titre alarmiste et cherchaient un moyen de gonfler les chiffres (sinon, elles auraient perdu leur temps… et je ferais quelque chose de bien plus utile avec le mien).

Je suis parvenu à la conclusion que la liste des 636 lobbyistes de l’industrie des énergies fossiles citait simplement tous les acteurs de l’industrie y compris les mineurs (lithium) et les agri-techs (biocarburants de nouvelle génération). La philosophie ici est que la seule façon de lutter contre le changement climatique est de mettre fin à toute activité industrielle et de revenir à un monde de prosommateurs et d’industries artisanales du type de celles des Amish.

L’argument de Naomi Klein selon lequel « vous ne pouvez pas avoir à la fois le capitalisme et lutter contre le changement climatique » sous-tend leur dogme. Ainsi, la seule façon de sauver le monde est d’interdire les entreprises et le commerce international. C’est ce qu’affirme le site web de la campagne dans sa quatrième revendication : « Le capitalisme détruit la vie telle que nous la connaissons. »

Ce cri de ralliement n’est pas seulement dirigé contre les grands émetteurs de carbone mais est également utilisé pour tenter d’abolir les banques, le transport maritime et l’agriculture moderne. Leur solution consiste à tout arrêter et à laisser la planète se guérir d’elle-même (… et ses populations geler et mourir de faim). J’ai récemment écrit une série d’articles sur la manière dont les groupes d’activistes anti-industrie appliquent contre tous les groupes industriels la même stratégie de campagne que celle qui a permis d’isoler et de délégitimer l’industrie du tabac. Il n’était donc pas surprenant de voir cette campagne commencer par une affirmation clé : « Nous ne laisserions pas Big Tobacco entrer dans une conférence sur la santé ».

Lorsque ces groupes d’activistes fortunés affirment que nous devons exclure ces « gros pollueurs » de toute discussion sur la politique gouvernementale, ils font référence à toutes les industries, y compris les entreprises de l’éolien et du solaire et celles qui investissent dans la transition énergétique verte, la fixation d’un prix pour les émissions de carbone et le développement de la proverbiale meilleure ampoule. Investir dans des solutions permettant d’avoir des formes d’énergie à plus faible émission de carbone (comme les technologies des piles à combustible) n’est qu’une activité industrielle supplémentaire à laquelle ils ne peuvent pas se fier. Et personne dans les médias n’a pris la peine de les interpeller à ce sujet.

La coalition Kick Big Polluters Out

La recherche et la campagne Kick Big Polluters Out étaient-elles donc uniquement le fait de trois organisations ? Non, bien sûr.

Ces communicateurs chevronnés savent qu’en amenant un grand nombre d’organisations de la société civile à signer, à s’associer et à s’exprimer, leur impact serait plus impressionnant. Plus les voix sont fortes, moins elles seront scrutées. Ils ont donc réuni 450 ONG au sein d’une coalition à laquelle ils ont ensuite donné pour titre un plan d’action axé sur l’impact : la campagne Kick Big Polluters Out.

Imaginez le Risk-monger, dans son sous-sol (froid) poussiéreux, en train de feuilleter les pages et les pages des organisations de la coalition mondiale des bons et des justes. Tout d’abord il a beaucoup appris sur les organisations qui ne se sont pas jointes à la chasse aux sorcières de l’industrie. Pas de WWF. Seuls quatre chapitres d’Extinction Rebellion ont signé (« Diviseurs ! ») et peu d’unités nationales des Amis de la Terre ou de Greenpeace se sont alignées. Je suppose qu’ils ont encore des problèmes avec l’acceptation de financements gouvernementaux. Les narcissiques de Just Stop Oil, qui ont fait un peu de bruit ces derniers temps, ont manifestement choisi de faire leurs propres démonstrations.

Mais beaucoup de groupes curieux occupent maintenant une position de prestige au sein du mouvement anti-industrie.

Par exemple, il existe un groupe appelé Toronto Raging Grannies. Il travaille dans le sous-sol d’une église et leurs membres viendront à vos rassemblements pour vous chanter une chanson ou deux si votre mouvement le souhaite. J’aime particulièrement la façon dont Granny Lizzie atteint les notes aiguës.

Ensuite, il y a Moxie Consultancy Collective, un « cabinet de conseil international » créé il y a quelques années lorsque trois militants se sont rencontrés lors d’une conférence et ont décidé qu’il n’y avait pas assez de compassion dans ce monde. La principale chose qu’ils ont faite est de raconter leur histoire.

L’Enviro Show est un podcast dirigé par un inconnu. Le Centre for Environmental Justice Togo n’a pas de site web (mais il a 19 adeptes sur sa page Facebook). La Montbello Neighborhood Improvement Association est également membre de la coalition et compte 78 adeptes sur sa page Facebook communautaire (dernière contribution en 2019). Au moins, c’est mieux que End Military Madness Against the Earth, qui fait partie de la coalition Kick Big Polluters Out et qui ne dispose d’aucun site ni d’aucune action de sensibilisation.

Peut-être que l’inscription d’End Military Madness Against the Earth était une blague. Je pense que quelqu’un s’est trompé en s’inscrivant comme « ministre ordonné de l’Église catholique », mais bon, cela n’a pas d’importance, nous le compterons comme une organisation (aucun journaliste ne prendra la peine de vérifier les faits de notre campagne et les 9-à-17-heures de Corporate Europe Observatory n’ont que du mépris pour leurs adeptes). Il est facile de s’inscrire et de devenir membre de la coalition. Le Risk-monger, véritablement scandalisé par cet abus industriel, a lui-même demandé à rejoindre la coalition (cela a pris 30 secondes et comme tout le monde je n’ai pas lu ce à quoi je m’engageais). Croisons les doigts.

Toutes ces organisations mondiales s’expriment d’une seule voix, alors vous feriez bien de les écouter (surtout si elles se mettent à chanter).

 

Campagnes de l’« Âge de la Stupidité »

Je ne suis plus surpris que presque toutes les grandes organisations médiatiques (de la BBC à Reuters en passant par CNBC et Le Monde) aient repris aveuglément les mensonges malveillants de ces militants sans prendre la peine de cliquer et de lire les tableaux de recherche qui montraient que la plupart des entités figurant sur leur liste travaillaient sur les énergies renouvelables, la réduction des émissions de carbone et le développement d’outils pour une transition énergétique. C’est ce que j’ai baptisé « l’Âge de la Stupidité », où les gens ne prennent plus la peine de lire et se contentent de retweeter les mèmes qui correspondent à leur parti pris politique dans des communautés fermées de personnes qui pensent comme eux.

Le dialogue est au point mort dans l’Âge de la Stupidité. Personne dans la coalition Kick Big Polluters Out ne lira cet article car je suis banni de la plupart des groupes qui ont créé une chambre d’écho protectrice pour n’entendre que les revendications qui correspondent à leurs intérêts politiques. Et si je n’ai pas été banni, les algorithmes les obligeront à travailler dur pour me trouver. Comme ces groupes utilisent les outils des réseaux sociaux pour développer leurs plateformes, leur biais de confirmation se durcit. S’ils ne lisent que la propagande anti-industrie 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, qui pourrait imaginer que nous ayons un jour besoin de l’industrie, de l’agriculture intensive ou du capitalisme ? Et comme leurs invectives bruyantes sont brutales, les décideurs politiques rentrent dans le rang.

L’objectif du processus de la COP est de créer un lieu de rencontre pour dialoguer, échanger des points de vue et trouver les meilleures solutions possibles pour aller de l’avant. Le fait qu’un groupe hétéroclite d’activistes environnementaux demande qu’on interdise à tous les acteurs de l’industrie d’échanger leurs points de vue et de partager leurs solutions n’est qu’une preuve supplémentaire de cette rupture du dialogue (et de leurs sympathies anti-démocratiques). S’ils y parviennent (comme l’ont fait les activistes gravitant autour de l’OMS en faisant interdire la voix de la recherche de l’industrie du tabac sur le vapotage dans la Convention-cadre pour la lutte antitabac), je me demande alors quel espoir il y aura pour que les prochaines réunions de la COP produisent des résolutions significatives qui seront respectées. Le rejet du dialogue est la première étape de la délégitimation (sauf pour la petite minorité qui reste dans la salle).

À l’Âge de la Stupidité, il est désormais considéré comme un fait acquis que l’échec de la COP27 est dû aux 636 lobbyistes du secteur des énergies fossiles qui ont pris l’avion (à bord de leurs jets privés, les valises remplies d’argent sans doute) pour perturber les négociations. Plus de 450 organisations mondiales ont confirmé qu’il s’agissait d’une injustice scandaleuse. Continuez à répéter le nombre « 636 » et « lobbyistes des énergies fossiles » (Goebbels 1.01) et ignorez tout ce que vous avez lu ci-dessus (car le Risk-monger travaille manifestement pour ces acteurs industriels maléfiques).

Note de l’éditeur : Il a travaillé pour l’industrie pour la dernière fois en 2006. Les faits n’ont pas d’importance (surtout si vous êtes une mamie de Toronto qui a une chanson à chanter).

 

Le modèle allemand

Une évolution effrayante est la façon dont le modèle de campagne des militants a maintenant changé. Par l’intermédiaire de son parti membre de la coalition des Verts, le gouvernement allemand a joué un rôle de premier plan dans la promotion de l’activisme environnemental lors du sommet COP27. La dirigeante des Verts, Annalena Baerbock, s’est rendue en Égypte au moins trois fois pendant le sommet alors que ses responsabilités officielles, en tant que ministre des Affaires étrangères, ne l’exigeaient pas.

Le Risk-monger peut aussi jouer à ce jeu !

En février 2022, Baerbock a nommé la directrice exécutive de Greenpeace International, Jennifer Morgan, « secrétaire d’État et envoyée spéciale pour l’action climatique internationale » du gouvernement fédéral allemand. Cette militante américaine a rapidement été naturalisée allemande et a ensuite été nommée chef de la délégation allemande à la COP27. Après la COP, Jennifer prévoit de parcourir le monde pour poursuivre la lutte contre le changement climatique au nom de l’Allemagne. Neuf mois après sa nomination, Greenpeace n’a pas encore nommé son remplaçant. Je suppose donc qu’elle est simplement en congé jusqu’à ce qu’elle s’ennuie (ou qu’elle doive passer l’examen d’allemand).

La campagne Kick Big Polluters Out a été financée par le gouvernement allemand. J’aimerais bien inventer tout ça. Pourquoi fonds publics à Corporate Europe Observatory ? L’Allemagne exige-t-elle maintenant que l’industrie ne soit plus autorisée à participer au processus de dialogue ? Qu’est-il arrivé à ce fameux processus allemand de consultation et de consensus que d’autres pays européens et l’Union européenne ont depuis adopté ?

Des idiots utiles… ou des idiots du gouvernement allemand ?

Le processus politique est donc en train d’évoluer.

Si les ONG parviennent à prendre pied dans un gouvernement, elles seront alors en mesure de financer et de mener leurs campagnes via des bureaux gouvernementaux, des délégations officielles et des dirigeants politiques tout en prétendant représenter le peuple. Leurs militants peuvent devenir ministres ou chefs de délégation et passer facilement d’un rôle à l’autre car ils ne voient aucune différence entre la promotion de leurs idéaux en tant que directeur de campagne et en tant que fonctionnaire. En finançant et en renforçant ces ONG, le parti vert allemand voit l’opportunité d’avoir un mouvement politique de base plus fort lors des prochaines élections.

Mais comment des ONG telles que Corporate Europe Observatory ou BUND pourraient-elles s’élever contre le gouvernement allemand alors qu’elles sont essentiellement des agents secrets « achetés et payés » jouant le rôle de leurs idiots utiles ? Je commence à me demander s’il a jamais été question de représenter les intérêts de la société civile ou s’il s’agit simplement de prendre le pouvoir.

Je n’ai pas peur d’admettre que je suis assez inquiet quant à l’avenir de la démocratie.

 

Source : Baffle Them with Bullshit – NGO Lies about Industry Lobbyists at COP27 – The Risk-Monger

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  • Toutes ces activités n’ont qu’un seul but : la prise du pouvoir. Pour prendre le pouvoir, il faut « éduquer » Les gueux. Il suffit pour cela de s’inspirer des méthodes utilisées par la gauche dans les démocraties occidentales : mensonges, faux bilans, fausses statistiques, peur du lendemain, promotion de la fainéantise, assistanat, … et bon sentiments qui agissent sur la corde sensible. Ensuite, éducation dès le plus jeune âge par la pensée unique.
    Et le gueux vote ensuite Lénine, Castro, Mitterrand, Hollande, Maduro, Macron, Mélenchon, Piole, Rousseau, Jadot, Hidalgo…
    Que des personnes qui n’ont pour but que la destruction du pays, voir de la civilisation occidentale.

  • problème similaire à la démocratie il faudrait empêcher de voter toutes les personnes qui utilisent des énergies fossiles. ..

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