Midterms américaines : victoire au centre

Un avertissement pour Trump mais aussi pour Biden : aucun des deux n’a gagné cette élection, preuve de la fatigue des deux personnages.

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Tump and Biden by Emma Kaden(CC BY-SA 2.0)

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Midterms américaines : victoire au centre

Publié le 9 novembre 2022
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Les résultats définitifs des élections de mi-mandat aux États-Unis ne sont pas encore totalement connus. Toutefois plusieurs tendances se dessinent déjà. Le Sénat devrait être remporté par les Démocrates et les Républicains risquent même de perdre un siège. La Chambre des représentants devrait être remportée par les Républicains mais avec une avance moindre que ce qu’on aurait pu imaginer.

À première vue, ce sont des résultats décevants pour le Parti républicain. Mais en regardant de plus près, on remarque que l’establishment du parti et les centristes ont bien réussi tandis que les trumpistes ont eu davantage de mal à percer. C’est un avertissement pour Donald Trump mais aussi pour Joe Biden : aucun des deux n’a gagné cette élection, preuve de leur fatigue.

 

Les élus de Trump : des résultats plus que décevants

Parmi les élus poussés par l’ancien président Donald Trump, on trouve JD Vance qui a remporté le siège sénatorial de l’Ohio. Néanmoins, en Pennsylvanie, qu’il s’agisse du Sénat avec Mehmet Oz ou de l’élection du gouverneur Douglas Mastriano, les candidats populistes ont perdu face aux Démocrates. De même, en Alaska et pour la Chambre des représentants, Sarah Palin est en mauvaise posture face à la candidate démocrate et doit aussi faire face à un autre Républicain.

Malgré l’impopularité de Biden, Donald Trump n’a pas réussi à faire gagner ses partisans.

 

L’establishment républicain, les vrais gagnants ?

Du côté de l’establishment républicain, les choses vont beaucoup mieux. Marco Rubio a été réélu sénateur en Floride, les gouverneurs du Texas et de la Floride Greg Abbott et Ron DeSantis sont aussi reconduits.

Le gouverneur républicain Phil Scott du Vermont, État pourtant des plus à gauche, a été réélu avec plus de 70 % des voix. La raison de son succès est sa bonne gestion, notamment budgétaire.

 

Une élection qui démontre moins de polarisation que prévu ?

La victoire des Républicains modérés au détriment des élus de Donald Trump est la preuve que la population est plus centriste qu’elle ne parait. Comme le montre le projet « The Hidden Tribes of America », la vaste majorité des Américains est fatiguée par la polarisation.

Seulement 8 % des Américains seraient des activistes progressistes et 6 % des conservateurs dévots. Au final, moins de 15 % seraient vraiment extrémistes. L’étude ajoute aussi parmi les radicaux les conservateurs traditionnels qui représentent 19 %. Un tiers des Américains est vraiment actif et vocal sur la scène politique.

Inversement les moderate (centre droit), les passive liberals et les désengagés politiquement représentent respectivement 15 %, 15 % et 25 %, soit la majorité silencieuse fatiguée du discours de ces radicaux. Et c’est cette catégorie qui décide des élections.

 

 

Voir les commentaires (8)

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Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Pourquoi vouloir systématiquement parler de Trump dans ces élections ? Etant des élections locales, les gens se concentrent sur leur quotidien…
    Le problème des « candidats Trump » est certainement plus par rapport à leur popularité dans la vie quotidienne (qui voudrait une Palin en gestionnaire ?), plus que leur appartenance proche de Trump…
    Concernant Fetterman, l’émotionnel y a joué beaucoup, d’ailleurs, il est bon de précisé qu’il a été élu à priori à 51% tout juste… Et l’Etat de Pennsylvanie est un Etat toujours à 50/50…
    Le seul argument des démocrates est : « votez pour nous, sinon la démocratie sera en danger ! » ; qui n’a pas trop bien fonctionné à priori… et les explications pour tenter d’expliquer cela est magique dans les médias de propagande type MSNBC et CNN. Et juste pour ça, c’est une victoire 🙂

    • @maniaco
      Bonsoir,
      Fetterman à plus de 50% m’a franchement surpris. L’émotionnel comme vous dites, ou plutôt le summum de la victimisation car il a été vu et traité comme tel par les médias nationaux après le débat. Son attaque cérébrale fait de lui une pauvre petite victime de celles qu’aiment les démocrates car elles sont inattaquables/intouchables.

    • En quelques mots votre commentaire apporte une vision plus nuancée et réaliste que la plupart des articles. Serait il complotiste de penser que ces prévisons médiatiques unanimes d’une victoire écrasante n’étaient pas en fait pour mieux annoncer une « défaite » alors que les résultats mitigés étaient prévisibles.

  • Merci pour le lien sur le projet de décryptage.
    Quel grand écart entre la politique (représentation) institutionnelle et la politique (représentation) médiatique. Cette dernière occupe l’espace de manière trompeuse et outrageuse mais heureusement que la sagesse des lois naturelles vient la tempérer. Nous avons eu le même type correction en France lors des dernières législatives avec un souci potentielle de concentration du pouvoir.

  • La contre performance des Républicains est essentiellement imputable à leur position contre l’avortement. Ils l’ont payé chez les femmes et chez les jeunes qui se sont déplacés pour les sanctionner.

    -1
    • On ne peut pas occulter aussi le fait que les candidats les plus vocaux pro Trump ont été défaits, en particulier dans les swing states, et le renforcement en parallèle de DeSantis, désormais vrai rival de l’ancien président. Le GOP sera intéressant à suivre ces prochains mois, le terrain de jeu s’est beaucoup ouvert.

  • Les médias français aiment bien utiliser Trump comme repoussoir des républicains, comme si il n’ y avait pas d’ autres candidats.

  • Les commentaires sont fermés.

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