Paris, capitale des taxes

Tous à vos chéquiers pour financer les délires urbains d’Anne Hidalgo à Paris !

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Paris, capitale des taxes

Publié le 9 novembre 2022
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Anne Hidalgo avait promis de ne pas augmenter les impôts à Paris. C’était pour rire.

Elle a décidé de taper les Parisiens au portefeuille par surprise au moment qui fait le plus mal. L’inflation galopante a déjà commencé à rogner leur pouvoir d’achat et leur épargne. Une récession dure pointe le bout de son nez. Joli contexte pour accroître brutalement la pression fiscale de 570 millions supplémentaires. Au groupe Changer Paris, nous avions prévenu les Parisiens qu’Anne Hidalgo entrainait la mairie sur une trajectoire financièrement intenable et qu’ils finiraient par payer la note.

Il n’a fallu que deux ans à la majorité municipale pour renier sa promesse électorale. La hausse de 51,8 % de la taxe foncière va faire mal. Elle vise tous les propriétaires à de rares exemptions près, y compris par les bailleurs sociaux saignés qui ne parviennent déjà pas à entretenir leur parc de logements. Qui peut croire que ce surcoût pour les bailleurs ne sera pas répercuté sur les loyers dans le secteur locatif privé ? Il se traduira aussi mécaniquement par des économies supplémentaires dans le parc de logements sociaux.

Cette explosion fiscale révèle une chose. Anne Hidalgo a perdu le contrôle des finances municipales, sans doute aussi celui de sa majorité au bord de l’explosion. Le train de vie courant de la mairie de Paris n’est plus soutenable. Elle accuse l’État de lui couper les vivres. Rien de neuf sous le soleil. La réduction des dotations aux villes remonte à loin. Mais la sobriété fiscale, ce n’est pas pour elle. Plutôt que de réduire la voilure, Anne Hidalgo annonce vouloir accélérer ses investissements et cherche donc de nouvelles recettes à n’importe quel prix. Terrasses, automobilistes, motards, propriétaires, tout le monde doit passer à la caisse.

N’excluons pas non plus qu’Anne Hidalgo prenne un malin plaisir à punir ainsi les Parisiens. N’ont-ils pas été que 22 000 à voter pour elle sur 1 351 000 électeurs inscrits ? Ce nombre de bulletins de vote en sa faveur est inférieur à la moitié des 55 000 agents municipaux.

Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire ont non seulement relevé toutes les taxes et contributions tout en doublant la dette en quelques années, ils n’ont rien anticipé des dérapages budgétaires en cours malgré nos alertes répétées sur l’inflation et la hausse des taux. Leur hausse a pourtant démarré bien avant l’invasion de l’Ukraine. Dès 2021, nous étions nombreux à alerter la mairie sur les risques de dérapage du coût de la dette, de l’énergie et plus généralement des prix des prestataires et fournisseurs de la ville.

Sur la seule année 2022, les taux courts et longs auront gagné plus de 3 %. Les 8 milliards de dette coûteront vite cher en intérêts : près de 250 millions d’euros en plus par an à horizon de quelques années. Ce n’est pas tout. L’inflation est passée de 0 % début 2021 à 7,10 % en octobre 2022. Et la dynamique haussière n’est pas terminée. L’impact promet d’être considérable sur un budget de 8,36 milliards d’euros. En théorie, près de 650 millions d’euros de surcoût si l’inflation se répercute sur chaque poste, y compris la masse salariale supérieure à 2.5 milliards d’euros.

Enfin, le montage douteux des loyers capitalisés sera interrompu dans un mois à la demande de Rachida Dati et du groupe Changer Paris. François Hollande avait autorisé Paris à exiger de leur part le versement immédiat de l’intégralité des loyers sur les 65 années habituelles des baux emphytéotiques signés avec eux suite à des préemptions ou des constructions neuves. La mairie encaissait ainsi 180 millions de recettes annuelles sur le dos des bailleurs sociaux. La ville de Paris ne faisait ainsi pas apparaître à son bilan la dette servant à financer ces nouveaux logements sociaux. Au total, ce sont près de deux milliards de dette hors bilan qui ont ainsi été transférés au bilan des bailleurs sociaux… dont la ville reste néanmoins financièrement solidaire. Double effet kiss-cool, la mairie se permettait d’employer ces soultes en dépenses courantes, alors que la comptabilité publique interdit formellement de le faire avec de la dette. Le rappel à l’ordre de Bercy est venu mettre fin à ce petit arrangement avec la loi qu’avait transitoirement autorisé François Hollande en son temps.

Les agences de notation ont estimé que jusqu’ici, tout allait bien. Pourtant, les finances de la ville sont en roue libre. Mais à leurs yeux, les Parisiens ont les moyens de payer. La dette risque donc de doubler à nouveau dans les années qui viennent à ce rythme effréné de dépenses et d’investissements, en particulier pour préempter des logements privés, bétonner et atteindre 40 % de logements sociaux à Paris. Il y a pourtant un risque. Chaque année, la capitale perd dix à douze mille habitants.

Depuis 2019, les classes des maternelles et des écoles primaires de Paris ont fondu de 10 % d’élèves inscrits. La dégradation du cadre de vie des Parisiens, les blocages de circulation pesant sur la mobilité et le coût de la vie à Paris menacent d’accélérer l’exode des classes moyennes et aisées qui en ont assez de servir de cobayes dans cette transformation brutale et chaotique de leur ville. Le commerce de proximité ressent déjà durement ces départs dans son activité. Espérons que les entreprises ne prendront pas le même chemin avec la récession qui s’annonce. En attendant, tous à vos chéquiers pour financer les délires urbains d’Anne Hidalgo !

Voir les commentaires (14)

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  • Le titre n’est pas trop court ? « …des taxes et du gaspillage »

  • Cependant ces taxes sont moins élevées à Paris que dans des banlieues proches. Les JO faudra bien que Paris paye. Paris pari perdu le slogan en devenir. Pauvre Paris.

  • Il n’y a pas que le budget, Anne Hidalgo et ses adjoints ne contrôlent plus rien : débandade générale.

  • Les bobo votent socialo-écolo-communistes. Qu’ils ne se plaignent pas d’en payer le prix !

  • Les bobos bientôt à SEC. PPP.

    CVEF !

  • Voilà ce qui arrive quand on réduit la voiture au lieu de réduire la voilure !

  • Avatar
    The Real Franky Bee
    9 novembre 2022 at 12 h 27 min

    Je suis parisien de naissance et j’ai vu la lente descente aux enfers pour les malheureux habitants au fil des années avec une municipalité totalement déconnectée de tout et appliquant bêtement une vision dogmatique totalement aberrante. J’ai pris la décision de fuire, et j’ai désormais la chance d’habiter à l’étranger dans une grande agglomération que je qualifierais volontiers de « ville intelligente », et où ma famille peut s’épanouir sans crainte. Pour moi, Paris est en train de sombrer dans l’indifférence la plus totale (et ce n’est pas la seule – regardez le désastre de Nantes avec Johanna Rolland).
    Le problème est que, aussi lamentables soient-elles, ces équipes municipales ne cessent d’être réélues. Comment voulez-vous que les choses changent si une majorité de personnes n’y voient aucun inconvénient ? Comme dirait un certain éditorialiste de Contrepoints : « Ce pays est foutu ».

  • A quand une interdiction de gouverner pour tous les élus qui ne savent pas gérer un budget ?

    • Une interdiction de voter pour ceux qui ne comprennent pas ce que c’est ? Le suffrage censitaire tant détesté en France.

  • Je vais pas defendre Hidalgo, mais il est sain que les electeurs paient les consequences de leurs votes. Ajoutons aussi que la taxe est nettement plus faible a paris que dans les autres grandes villes (j ignore la raison. est ce parce que l etat francais finance pas mal de chose, comme par ex le metro (a paris l etat francais paie, mais pas pour le metro de lyon ou marseille)

    Quand au couplet sur le depart des habitants de paris et la fermeture de classes. je pense que ca n a que peu a voir avec Hidalgo mais bien plus avec la hausse de l immobilier (il y le meme phenomene dans d autres villes). pour une famille il devient impossible de se loger a Paris -> demenagement ou pas d enfants

    PS: grace aux JO, les impots vont aussi flamber. Et probablement pas qu a paris car l etat va aussi prendre sa part du deficit JO

    • Si les taxes sont moins élevés à Paris, c’est à cause de la très grande densité d’entreprises qui y cotisent. Mais que ces dernières partent et le château de cartes s’effondre.

    • « la taxe est nettement plus faible a Paris que dans les autres grandes villes (j ignore la raison. »
      Une des raisons pourrait être le fait qu’on ne payait pas d’impôts locaux à Paris,
      jusque dans les années 60.
      Cela m’a été rapporté par de « vieux parisiens ».
      A confirmer, si quelqu’un a des informations.

  • Endettée jusqu’au cou , ça ne l’empêche pas de vouloir des JO grandioses … digne de la capitale .

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