Transition énergétique : la technostructure pilote notre appauvrissement généralisé

Pénurie de carburant, grèves dans les centrales nucléaires, prix en hausse : non, ne vous leurrez pas, rien de ceci n’arrive par hasard.

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Carburant Laurence Vagner (Creative Commons)

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Transition énergétique : la technostructure pilote notre appauvrissement généralisé

Publié le 19 octobre 2022
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Contrairement à l’anxiété (un peu feinte) qui se lit sur les visages de certains hommes-troncs de plateau de télévision, la crise se déroule plutôt comme prévu, en ce compris les actuelles « pénuries » de carburant.

Ici, les guillemets sont de rigueur puisque, comme en témoignent les pays frontaliers à la France, il n’y a pas de pénurie de carburant dans l’Hexagone par un manque quelconque de matière première mais du seul fait d’un arrêt des livraisons et de la distribution, exclusivement provoqué par une grève.

On se surprend à noter que, pour un pays « en guerre » (selon le petit clown actuellement locataire de l’Élysée), l’approvisionnement du peuple en carburant ne semble pas vital et qu’un déblocage rapide des raffineries concernées n’est pas à l’ordre du jour : ni les négociations – qu’on comprend poussives – ni même la réquisition, vaguement évoquée, ne font réellement partie des options retenues. Pour le moment, cela papote gentiment entre gouvernement, groupes pétroliers et syndicats pour voir si l’on peut, si l’on doit même envisager une sortie de crise rapide, ou seulement aussitôt que possible voire aussitôt que souhaitable.

Il apparaît en effet que ces petits mouvements irrités des syndicats ne tombent pas si mal pour le gouvernement.

D’une part, il faudrait être d’une naïveté confondante pour croire que les syndicats ne sont pas totalement à la merci des politiciens et de Macron en particulier. Leur absence totale de réaction pendant la crise du covid, leur embarrassant mutisme concernant les soignants non vaccinés suspendus, leur gêne manifeste à seulement hausser le ton alors qu’on évoque une refonte des régimes de retraite et alors même que le gouvernement est en position de faiblesse à l’Assemblée, tout ceci concourt à conclure qu’ils ne sont plus que des petits tigres de papier qu’on laissera rugir puis ronronner doucement pour donner le change mais qui n’ont plus aucune raison d’être vis-à-vis des salariés qu’ils ne font même plus mine de représenter.

D’autre part et plus à propos pour la crise courante, force est de constater que ces mêmes syndicats sont bigrement pratiques puisqu’ils provoquent des queues interminables aux stations-service, des hystéries voire des rixes aux pompes, de l’évidente tension entre les Français et un stress considérable sur la population. Et pendant tout ce temps, plus personne ne regarde le prix des carburants qui recommence à monter avec un bel entrain. Dans une ou deux semaines, à situation inchangée, on peut raisonnablement imaginer qu’ils repasseront, comme en juin dernier, la barre des 2 euros le litre. Or, cela correspond à peu près à leur prix sans les aides exceptionnelles de l’État qui lui coûtent fort cher.

En somme, les syndicats permettent de focaliser l’attention de nos compatriotes sur l’importance du carburant et de les détourner de son prix.

Pratique, tandis que le gouvernement, buté comme un ayatollah, continue dans sa démarche idéologique de transition énergétique vers un monde plus vert, décarboné (c’est-à-dire sans tous ces gueux couinant pour vivre décemment) et donc nettement moins peuplé.

Ceci n’est ni une exagération, ni l’esquisse d’un de ces complots que les médias de grand chemin n’ont de cesse de dénoncer avec la justesse et la pertinence qui leur sont coutumières : l’idée même que le prix des carburants reste durablement élevé, que l’énergie passe subitement d’abondante à rare voire rationnée n’est pas une idée neuve, mais bien à la fois le désir parfaitement exprimé de la caste au pouvoir et de la technostructure qui pilote l’agenda qu’ils se sont fixés contre le peuple, et à la fois la conséquence directe des actions mises en place depuis plusieurs années et qui n’ont donc, dans ce cadre, absolument rien de fortuit ou d’imbécile.

La fermeture arbitraire de centrales nucléaires, la distribution quasi-pornographique de subventions dodues aux énergies les moins pratiques, les moins pilotables et les plus polluantes, la guerre permanente aux produits et industries du pétrole, rien de tout ceci n’est fortuit, tout rentre dans un plan acté depuis un moment.

Et tout ceci est maintenant appliqué avec enthousiasme par tous ces ministres clairement en situation de sobriété cognitive, depuis Pannier-Runacher qui expliquait récemment (sans comprendre les âneries qu’elle sort) vouloir atteindre la neutralité carbone en 2050, jusqu’à Babeth Borne qui nous annonce sans trembler des genoux que la misère énergétique est un but et non un phénomène de mode.

Il suffit d’ailleurs d’aller éplucher les épuisants rapports gouvernementaux consacrés au sujet pour comprendre dans quel abattoir les gentils bergers amènent le troupeau français : au moyen de « trois principaux leviers », on va neutraliser tout le carbone français et ce fera un cheptel plus serein (mais si, vous allez voir, ça va bien se passer).

« Décarbonation des vecteurs énergétiques » (comprendre qu’on passe d’une production électrique nucléaire ou carbonée à une production intermittente et économiquement inabordable), « efficacité énergétique » visant à produire les mêmes services avec moins d’énergie (c’est-à-dire rouler en électrique – moins loin, moins vite, plus cher – ou forcer l’isolation les bâtiments quitte à interdire les passoires et provoquer une crise du logement) ou imposer la fumeuse « sobriété » c’est-à-dire la misère en langage courant, voilà autant de ces leviers qui permettront aux idéologues écologistes anti-carbone (i.e. anti-vous) d’aboutir à leurs buts dans lesquels les gueux n’entrent décidément pas.

Oui, décidément, ces pénuries ne sont ni une surprise, ni un obstacle pour le gouvernement mais bien une opportunité rêvée de mettre en place ses desseins les plus consternants et les plus graves pour la population. Ce n’est pas une crise passagère, c’est une situation que le gouvernement et ces khmers verts entendent faire perdurer aussi longtemps que possible.

Ce que vous allez vous prendre dans la figure cet hiver comme un train à pleine vitesse, les technocrates et autres « marcheurs fous » de la fine équipe de branleurs macroniens entendent vous en remettre une couche à chaque hiver, et ce tant que vous ne protesterez pas suffisamment.

Dans ce cadre, les rixes aux pompes présentées dans les médias sont particulièrement pratiques puisqu’elles permettront de justifier, tout comme certains sondages débiles (commandités par des vendeurs de thermostats connectés, sans rire !) la mise en place d’un moyen pratique et simple pour calmer le jeu et permettre de « réguler tout ça ma brave dame » : un joli petit pass énergétique ou pass planète heureuse ou tout type de moyen technologique de flicage avancé des citoyens dont le nom, acidulé et d’une niaiserie agressive, est probablement déjà décidé.

Non, ne vous bercez pas d’illusion : rien de tout ceci n’arrive par hasard.
—-
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  • Je ne pense pas que le plan du gouvernement soit d’appauvrir la population, mais « l’élite » déteste (méprise) le peuple et la société de consommation. L’abondance doit être réservé à « l’élite », c’est à dire ceux qui ont réussi le concours (et qui sont nés dans le bon arrondissement de Paris).
    D’où les cris contre le tourisme de masse, contre la viande tous les jours, contre la voiture individuelle, étant entendu que les vacances, la viande, la voiture doivent être réservées à « l’élites ».

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    • Il faut faire apparaître des envies et des jalousies, pour appuyer sur elles le gouvernement et écarter tout risque de contestation de ce dernier. Un monde où chacun se sentirait s’enrichir et réaliserait que sa condition s’améliore ne pourrait plus être gouverné avec ces méthodes.

    • AMHA, ni complot décroissantiste, ni même détestation.
      Juste :
      – Le peuple, on l’oublie un peu, sauf les années finissant en 2 ou en 7. Le peuple, il est dans notre angle mort. Le peuple, on n’y prend garde que quand il s’allonge devant nous sur la route, et qu’on est obligé de descendre du camion pour voir ce qu’il se passe…

    • Alors… le « plan « , en fait ce qu’ils disent, est bien en critique un plan de redistribution si il ne s’agit que de taxes et d’appauvrissement si il s’git de diminution de consommation de fossile .. mais ce discours ou promesse cette est au service de leur plan véritable qui est de rester au pouvoir..

  • Voici encore un bel exemple d’une belle arnaque en cours : https://www.youtube.com/watch?v=PdsQRrPqsM4

  • C’est quand même fort, que sur une planète où la vie est basée sur la chimie du carbone, on veuille décarboner…

    12
    • Jusqu’à, avec une certaine cohérence, réduire la taille de la population mondiale !

    • @nanard c’est plus cohérent qu’on le pense car ce que veulent les écolos et les woke c’est l’éradication de l’humain , enfin , pas de tous les humain puisque eux , les purs , seront dignes d’être épargnés . On retrouve ici certains points communs avec les cathares : lesquels cessaient de manger de la viande , de se reproduire , voulant se muer en purs esprits , bien sûr leur inculture leur évite de réfléchir à cela .

  • Même en doutant de l’objectif de misère, on peut se demander pourquoi les gouvernements suivent les ordres des écoloterroristes allemands opposés au nucléaire, jadis fleuron de l’industrie française. Les centrales n’ont pas été entretenues donc la production d’électricité diminue. Dans ce secteur aussi, les grèves décidées par des syndicats affidés retardent les remises en service.
    Les hausses de prix seront vertigineuses alors qu’on avait une électricité abordable.
    Bien joué les bouffons du gouvernement !

    10
  • Bah, toutes les civilisations finissent par disparaître à cause de la corruption de leurs élites.. On n’échappera pas à ce phénomène…. Dans la vie il y a des hauts puis, irrémédiablement des bas, nous y sommes déjà depuis quelques annees.. Et ce n’est pas propre à la France, c’est général en occident. Quand on voit la succession de ploucs occupant le haut du pavé, cela ne peut que finir mal. Macron est un gentil mais il en a rien à foutre des gens hors de son milieu, il mange bien, un beau logement, de belles économies au paradis pour son futur… Et une belle femme pas encombrante……. Et chose rare, il ne se rend pas en scooter courir la gueuse…. Il doit bien s’ennuyer !

  • Nicolas Hulot avec Jacques Attali n’avaient-ils pas écrit un livre ou justement ils proposaient d’augmenter le prix de l’essence à 2€ afin d’en réduire la consommation. Si je ne dis pas de bêtise, ils sont proches du locataire de l’Elysée.

    • Hé oui, le concept d’élasticité prix relative échappe un poil à nos « élites » qui de facto vont d’échec en échec sans que pourtant la masse (et surtout les média) ne remettent en cause leurs compétences… Un peu comme la climatologie, la macroéconomie, la géopolitique et autres bouzins qu’ils adorent pour décider l’avenir et qui ont un taux de succès effroyablement faible (ben oui, les gens sont moins cons que ce que nos élites auto-proclamées le pensent, et eux, le sont plus que ce qu’ils se racontent).

    • sans dire alors où irai le différentiel entre prix du marché et ces deux euros..
      on est dans un cas différent..

  • Je ne pense que le gouvernement ait un plan, il vit au jour le jour et subit plus qu’il n’agit.
    Par contre, ce qui est certain, c’est que certains lobbys ont bien compris tous les avantages qu’ils peuvent tirer d’un pouvoir aussi médiocre, citez-moi un ministre compétent !

    13
    • @jean paul je suis d’accord . Ils sont dans la tactique . Leur objectif ne va pas plus loin que la prochaine élection . Et tant pis pour le déluge à venir , ils seront loin , ils auront pris l’oseille et se seront tirés .

  • Nous sommes les dupes d’une bande d’irresponsables qui ont sacrifié l’indépendance sur l’autel de leurs petits intérêts carriéristes : https://www.lopinion.fr/international/marche-de-lenergie-bruxelles-renvoie-bruno-le-maire-dans-ses-cordes

  • Tout cela n’arrive pas par hasard ,augmenter les revenus sans risques des plus riches ,créer des emplois copieusement payés pour les fidèles politiques et agents verts déchus de la politique , et création d’une nouvelle religion pour les autres c,onstituant le troupeau mené à l’abattoir . Cela commence par l’Education nationale maintenant on forme les politiques nationaux et locaux à l’écologie … (celle qui découle uniquement de l ‘ONU donc du GIEC et certainement pas de tous ceux qui pensent que le climat a toujours changé et que l Homme n’y est pour rien … voila donc des propos  » complotistes  » paraît il , donc inaudibles .

  • Je voudrais soulever plusieurs points généraux sur la transition énergétique, que je crois globalement valide partout dans le monde, même si les données suivantes ne sont valides que pour le Québec:
    -Nous aurons besoin pour nous débarrasser des hydrocarbures de 26000 kWh de puissance pilotable. Actuellement la capacité (essentiellement hydroélectrique) est de 42500 kWh, construite en près de 60 ans.
    Cette capacité est presque entièrement utilisée, même s’il y a une grande variabilité au cours de l’année. Les calculs démontrent que la capacité hydraulique restante et l’ensemble de la capacité éolienne installable (sans tenir compte de la variabilité du vent bien sûr) ne seront pas suffisantes pour combler les besoins. En plus, le gouvernement a pris l’habitude de vendre par des contrats à long terme aux États-Unis la production des nouvelles centrales. (Chez nous, le gouvernement s’est comme ailleurs engagé à faire la transition énergétique mais a bien pris soin de ne pas s’engager à ce qu’il y ait de l’énergie pour ce faire. Je ne sais trop ce qu’il en est ailleurs.)
    -Les programmes d’efficacité énergétique des résidences de ces dernières années ont été un échec total, la consommation électrique par ménage ayant même légèrement augmenté. Note: le gaz n’est pratiquement pas utilisé au niveau résidentiel, sauf peut-être pour le chauffage des grand immeubles, qui ne sont pas si nombreux que cela chez nous. Et il faut s’en débarrasser de toute façon. Cela va très bien finir, pour citer H16. Continuez votre bon travail, j’apprécie.

    • Excusez-moi, j’aurais dû dire MWh et non kWh, bien sûr.

    • ok, mais si vous pouviez éviter d’utiliser e concept de « transition energetique »..

      Parce qu’une des rares fois où j’ai essayé de trouver une definition c’etait en gros, en france , faires des « renouvelables » moins de nucleaire à cause des « enjeux ».. climatiques, environnementaux, voire égalitaristes…

      SI on se construit une usine à rêves qui repose sur l’idée de se passer à 100% de fossiles..on va dans le mur..
      c’est une toute autre affaire d’anticiper intelligemment sa raréfaction pour des raisons politiques ou de marché libre .. mais si c’est pour des raisonspoltiques..je veux des principes clairs!!!

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