Pourquoi le débat politique est devenu aussi stupide

Le cancer bureaucratique avance, et prive les citoyens de leur capacité politique.

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Pourquoi le débat politique est devenu aussi stupide

Publié le 30 septembre 2022
- A +

Une micropolémique idiote en chasse une autre. Un jour, ce sont les propos grotesques de Sandrine Rousseau qui agitent médias et réseaux sociaux. Un autre, le col roulé de Bruno Le Maire, ou encore le match de foot entre élus RN et LFI (qui ne se fera pas).

Chaque fois, des propos anecdotiques, des postures savamment entretenues et montées en épingle par des éditorialistes et des influenceurs complaisants. Pain bénit pour les médias subventionnés, ces faits divers politiques permettent de remplir le vide médiatique et d’alimenter l’agitation permanente.

 

Réformer par la menace

Pendant ce temps-là, Emmanuel Macron cherche à passer en force sa réforme des retraites. Un peu comme d’habitude. Ce jeudi, Olivier Dussopt indiquait sur LCI que si les oppositions s’entendaient pour poser une motion de censure en réponse à cette réforme particulière, alors le président de la République n’hésiterait pas à dissoudre l’Assemblée nationale. Incapable de négocier, mal élue, la majorité présidentielle n’a d’autre choix que de montrer les dents pour réformer.

La « méthode » Macron n’étonne personne, parce qu’elle est identique à celle employée au moment de la crise des Gilets jaunes, de la crise sanitaire ou encore de la transition énergétique ou la crise en Ukraine : d’un côté, le vrai débat politique est confisqué par des bureaucrates qui n’estiment pas avoir de compte à rendre aux élus et aux citoyens, de l’autre, le débat politico-médiatique se contente de ressasser en boucle des anecdotes et des éléments de comm’ des partis et de l’exécutif pour amuser une galerie apathique, voire infantilisée.

On invente des comités Théodule sur le climat ou de type CNR pour contourner les institutions ordinaires du gouvernement représentatif, et on continue à implémenter en parallèle des politiques publiques coûteuses, inefficaces et sans véritable légitimité hors bureaucratosphère.

 

Qui décide pour qui ?

Petit à petit, la bureaucratie s’approprie tous les grands débats politiques qui devraient être collectivement débattus par l’intercession des organes élus : écologie, santé, retraites, guerre en Ukraine. Qui a été consulté sur le sujet ? Où sont les grands débats publics sur la fermeture de Fessenheim, l’interdiction des moteurs thermiques, la participation française à la guerre en Ukraine ?

Quelle que soit la réponse aux questions posées, ce n’est pas le citoyen qui est consulté. Ce ne sont pas les individus qui décident, mais bien la technostructure, assise sur une expertise qui se révèle régulièrement discutable, et même potentiellement catastrophique, comme c’est le cas en matière énergétique, et peut-être bientôt alimentaire. L’effet visible de cette confiscation du Politique, c’est la trivialisation à l’extrême du débat public. L’arène politico-médiatique devient une sorte d’arrière-cour crépusculaire où voisinent des images instagram de Bruno Le Maire ou les vidéos TikTok du président de la République.

La bureaucratie ne participe pas à la conversation civile avec le reste des citoyens parce qu’elle s’estime au-dessus de ça. Elle ne distingue pas entre gouvernants et gouvernés comme en démocratie libérale, mais entre direction et exécutants, comme si le pays était une gigantesque administration dans laquelle tout le monde a vocation à se soumettre à sa tutelle bienveillante. Sans discussion possible. Pourquoi discuter avec la vile multitude quand on est certain d’incarner le parti de la Raison, de la Science et de la Modération ?

Si les sujets importants sont du ressort des bureaucrates, que reste-t-il aux citoyens ordinaires ? Peu de choses, mais sans doute beaucoup de frustration, cette frustration qui alimente le populisme partout en Europe, de la Suède à l’Italie. À l’illibéralisme bureaucratique répond l’illibéralisme national-populiste.

Voir les commentaires (15)

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Créer un compte Tous les commentaires (15)
  • Bonjour,

    Je pense que vos propos illustre parfaitement le ressentie populaire. Excellent article 🙂

  • Très belle analyse 🙂

  • La bureaucratie est le pire ennemi de l’humanité. Un tyran sans bureaucratie est un tyran sans pouvoirs, en tous cas ils seraient très limités, et le souffle de la pression plus ou amicale de ses prétendus sujets lui effleurerait la nuque tous les jours avec pour message clair : prends garde !
    La bureaucratie est l’extension géographique d’un pouvoir centralisé. Le pire du pire étant qu’en grossissant cette bureaucratie offre un pouvoir à de multiples tyrans secondaires, des perdants en vérité, encore plus terribles et nuisibles. C’est une machinerie, qui par principe, pourrait broyer n’importe quelle société.

  • Richard Ferrand évoque une élite éclairée. Moi je dirais plutôt une élite allumée !
    Les énergies renouvelables, les contraintes agricoles, le marché de l’électricité, le plan hydrogène, le Grenelle de l’environnement… Que d’idées lumineuses sont sorties des cerveaux féconds de ceux qu’on appelle à tort des élites.
    Notre bureaucratie est directement inspirée du soviétisme dont on sait comment il s’est terminé.

  • Chiche! Que Macron dissolvent l’assemblée, au point d’exaspération ou en sont les français, le résultat risque de surprendre.

  • Les Français votent écolo pour les Européennes, Nupes et LREM (composé de plus de 50% de socialistes) en France. Ils ne reçoivent en retour que les programmes pour lesquels ils ont votés. Pourquoi se plaindre ? Le gouvernement gère le pays comme le veut le vote de la population. Idem pour les maires et conseillers régionaux.
    Où est le problème ?
    Pour changer, qu’il fasse comme l’Italie, la Pologne ou la Hongrie. S’il ne le fait pas, c’est que le pays est bien géré.

  • Excellente analyse. Rien à ajouter.

  • « cette frustration qui alimente le populisme partout en Europe, de la Suède à l’Italie »

    Devons nous comprendre que parce que les zélites éclairées ne consultent pas le bas peuple imbécile que ce dernier se réfugie dans un vote « populiste » ?

    C’est assez croustillant de lire cette conclusion dans un article qui dénonce le mépris des politiques sur les aspirations des peuples européens.

    Pourquoi les européens votent à droite ? (comprendre « populiste » chez l’auteur)
    Mystère…mais je vous propose ces quelques pistes de réflexion :

    – Parce que les nations en ont assez de la culture woke & racialiste importées des USA avec les encouragements de nos zélites éclairées et de l’UE
    – Parce que les nations en ont plus que soupé de l’invasion migratoire et le délinquance qui y est associée
    – Parce que les nations en ont marre de voir leurs héritages culturels, historiques, civilisationnels détruits par ces mêmes politiques et l’union européenne au nom d’une soit disant inclusivité (qui favorise la partition et la haine de l’autre) et au profit d’une civilisation qui n’a que mépris pour nous
    – Parce que les nations en ont plus que ras le bol de ces politiques responsables de tout et coupables de rien (endettement, déficits, délinquance, criminalité, délabrement des hôpitaux, de l’éducation nationale…)
    – PARCE QUE, et je prends l’exemple de l’Italie, associer  » l’illibéralisme national-populiste » (l’horreur, quasiment le NAZISME comme dirait l’autre) avec un programme favorisant l’héritage culturel italien (la chrétienté), la famille et le travail, c’est faire preuve d’un dogmatisme gauchiste bien grassouillet.

    Présentez votre candidature à LFI ou à la mairie de Nantes, elle sera sans aucun doute étudiée avec la plus grande mansuétude.

    -1
  • « cherche à passer en force sa réforme des retraites »
    D’un point de vue théorique, vue la capacité de compréhension de la quasi-totalité du corps social, je ne vois pas comment une refonte du système de retraites lucide (donc libérale) pourrait intervenir autrement que par la force.
    Elle n’aura donc pas lieu, ce qui est dommage parce que techniquement c’est jouable si on soigne astucieusement la transition entre la répartition actuelle et la capitalisation future.

  • la santé n’est pas un sujet de débat public…le débat public est le concept de santé publique..et ses conséquences notamment sur votre santé..

    l’écologie ?????
    ce n’est pas un débat sur les retraite mais sur les retraites contrôlés par l’etat.

    trop tard me semble t il certains ne conçoivent même pas que leur santé ou leur retraite est leur affaire … ou que l’etat prenne à paul pour donner à Georges …sans que paul ait rien volé à georges!!

    • le débat est stupide car le champ d’action politique actuel est beaucoup trop important..

      conseil scientifique pour le covid.. gens parfaitement intelligents qui finissent par dire des stupidités..

      la politique actuelle c’est en grande partie saler la soupe dans l’interet de tous les convives .. vous avez beau être » intelligent »..si vous admettez que cela doit être fait..vous devez être arbitraire, ce sera comme ça !! et puis zut…

      • l’action politique POSE l’incapacité de gens à voir leur interet!!!! donc leur stupidité!!!

        même sur contrepoint on a des gens qui se plaignent de l’incompétence des élus!!!! .

        le sujet n’est le domaine no pas de compétence mais de légitimité d’action..

        de quoi on décide au vote!!!!

        les plans soviétiques n’etait pas « stupides »..ou faits par des » imbéciles. »..

  • Toujours pertinent Frédéric Mas !

  • Les commentaires sont fermés.

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une personne en combinaison de prptection
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