Transition énergétique : Macron ne change rien

EU Leaders arrive at Sofia Tech Park for an informal dinner ahead of the EU - Western Balkans Summit By: EU2018BG Bulgarian Presidency - CC BY 2.0

Face à un « mouvement de contestation de grande ampleur », selon ses propres termes, une nouvelle méthode est en marche qui semble surtout destinée à gagner du temps. OPINION

Par Peter Libtank.

Face aux Gilets jaunes, l’objectif du gouvernement était d’annoncer un « changement de méthode mais pas de contenu ». En d’autres termes, ouvrir le dialogue avec les « classes moyennes et laborieuses » sans pour autant reculer sur le fond.

Le fond, c’est le niveau excessif, injuste et inopérant de notre fiscalité. Dans le domaine des carburants certes, mais aussi du chauffage, des transports, du logement, de l’alimentation…

Au final, la question centrale posée par les Gilets jaunes est celle de l’efficacité de l’action publique : pourquoi payer toujours plus pour une situation qui stagne ou se détériore (chômage, pouvoir d’achat, services publics, territoires, déficits, dette…) ?

« Mais, où passe donc tout ce pognon de dingue qu’on nous pique ? »

Avant de s’envoler pour l’Argentine, Emmanuel Macron a choisi de répondre mardi lors de la présentation de la Programmation Pluriannuelle de l’énergie (PPE), document qui fixe la politique énergétique de la France sur les dix années a venir.

Après avoir expliqué comment il entendait sortir le pays des énergies fossiles (gaz,  charbon, pétrole) d’ici 2050, notre Président lance une nouvelle méthode de concertation de terrain, sur une période de 3 mois, pour mettre en œuvre les mesures déjà annoncées par le Premier ministre (élargissement du chèque énergie, doublement de la prime à la conversion automobile, prime à la conversion des chaudières, élargissement des indemnités kilométriques, défiscalisation des aides au covoiturage).

Il confirme la création d’un Haut Conseil pour l’Action Climatique (en sus du Conseil National de la Transition Écologique), la loi d’orientation des mobilités (abandon des péages urbains,  autoroutes de désenclavement…), le plan d’investissement pour l’isolation et le chauffage des bâtiments et la modulation de la taxe carburants en fonction des cours mondiaux du baril.

Enfin, il conclut en évoquant la nécessité de plus de pédagogie pour renforcer le consentement à l’impôt, pour accélérer les réformes et pour rebâtir la confiance dans l’action publique. Mais rien de très concret.

Gagner du temps

Face à un « mouvement de contestation de grande ampleur », selon ses propres termes, une nouvelle méthode est donc en marche qui semble surtout destinée à gagner du temps.

Les « catégories moyennes et laborieuses » espéraient une initiative forte pour que leur argent soit mieux utiliser ou qu’il leur soit rendu, voire les deux.

Pour l’heure, elles devront se satisfaire d’un gloubiboulga de mesurettes à financer avec toujours plus de taxes et d’impôts puisque ce gouvernement se démontre peu résolu à – et incapable de – maîtriser les dépenses publiques.