Scientisme et technologies, cocktail totalitaire

Le pays semble malgré tout atteint d’une maladie bien plus grave que le covid : le scientisme.

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world economic forum on latin america 2018 by Ministério da Indústria, (creative commons) (CC BY-SA 2.0)

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Scientisme et technologies, cocktail totalitaire

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 juillet 2022
- A +

À en croire les médias, le covid serait de retour. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour qu’on sollicite à nouveau le conseil scientifique, afin qu’il nous gratifie de ses recommandations. Ce dernier nous a expliqué qu’il n’envisage pas de restrictions comparables à celles des années précédentes. A-t-il enfin saisi qu’enfermer toute une population pour un virus ne présentant pas un danger mortel pour 99 % d’entre elle (et dont elle se fiche désormais éperdument) est légèrement disproportionné ? Ou peut-être a-t-il ouvert les yeux sur les effets secondaires de telles mesures, comme l’explosion des cas de dépressions ou l’hyperinflation, conséquence directe du « quoi qu’il en coûte » ?

Même si ce revirement vers plus de prudence est louable, le pays semble malgré tout atteint d’une maladie bien plus grave que le covid : le scientisme.

Du covid ou encore la politique monétaire, les politiques utilisent en permanence le travail d’experts comme prétexte à l’extension de leur pouvoir. Si tous les partis politiques ne sombrent pas tous avec la même vitesse dans cette dérive, aucun ne s’y oppose frontalement.

 

La science instrumentalisée

Se réfugier derrière des rapports d’experts pour imposer des politiques relève pourtant d’une imposture et d’une manipulation odieuses.

Imposture parce que la science se contente de dire ce qui est, elle ne dit pas ce qui doit être. La science repose sur une démarche intellectuelle objective, qui exclut par définition tout jugement normatif sur l’objet qu’elle étudie. Plus encore, la démarche scientifique s’accompagne d’une humilité dans son rapport au monde et à la connaissance. Tout modèle, tout aussi scientifique et perfectionné soit-il, n’est jamais qu’une simplification de la réalité.

À ce titre, un scientifique ne peut jamais prétendre détenir la vérité, et encore moins une échelle de valeur universelle lui permettant de donner une solution indiscutable à un problème donné. Par exemple, le médecin perd son statut de scientifique et gagne celui de tortionnaire s’il impose un vaccin à son patient contre son gré, même s’il est persuadé d’agir dans l’intérêt de ce dernier. De même, imposer des restrictions drastiques de niveau de vie à toute une population au nom de la lutte contre le réchauffement climatique n’a rien d’une démarche scientifique, c’est de la pure tyrannie.

Manipulation ensuite, parce qu’il est rare que la science parle d’une seule et même voix, et que le choix de suivre l’avis d’un expert plutôt que celui d’un autre relève d’une démarche politique et non scientifique. On l’a bien vu pendant la période du covid : les médecins ne s’accordaient pas tous à dire que la vaccination généralisée était la panacée pour sortir de l’épidémie ni sur les meilleurs traitements à proposer. La raison à cela est simple : autant il est possible d’avoir un consensus (qui n’est d’ailleurs pas un critère de scientificité) sur l’état actuel des connaissances, autant il est très difficile d’avoir un consensus sur les mesures à prendre, car cela suppose des jugements subjectifs et arbitraires.

Imposer des décisions politiques en se réclamant de rapports d’experts ou de scientifiques relève donc d’une instrumentalisation de la science qu’il faut dénoncer.

 

Des outils de surveillance toujours plus puissants

Cette dérive scientiste me paraît d’autant plus inquiétante qu’elle s’accompagne d’un développement d’outils technologiques permettant une surveillance de masse toujours plus poussée. Par exemple, il n’aurait pas été aussi grave que le gouvernement suive aveuglément le conseil scientifique durant la pandémie s’il n’avait pas aussi disposé d’un outil comme le passe sanitaire pour pouvoir surveiller toute la population et punir ceux qui s’écartaient du droit chemin.

Lors du forum de Davos, qui réunit chefs d’États et PDG de grandes entreprises, le dirigeant de la multinationale chinoise Alibaba a annoncé en toute décontraction travailler sur un projet de puce à implanter sous la peau pour surveiller votre empreinte carbone. L’objectif est de surveiller ce que vous achetez, ce que vous mangez, ainsi que où et comment vous voyagez.

Klaus Schwab, le fondateur de ce forum, défend depuis longtemps l’idée qu’il faudrait mettre en place une surveillance généralisée. Dans une interview datant de 2016, il affirmait déjà qu’il faudrait « s’habituer à une transparence totale » mais que « si vous n’[aviez] rien à cacher, il ne [faudrait] pas avoir peur ».

Signe que la population mondiale n’est pas encore complètement résignée à l’idée de plonger tête baissée dans une dystopie orwellienne, ces propositions ont été vivement critiquées sur les réseaux sociaux. Mais maintenant que la boîte de Pandore a été ouverte avec le pass sanitaire et dans un pays où tout est souvent soit interdit soit obligatoire, on est en droit de s’inquiéter que ce genre de dispositif soit un jour imposé à tous au nom de la lutte contre le réchauffement climatique ou de n’importe quel autre objectif gouvernemental.

L’avènement du Big Data permet aussi d’envisager la collecte et le traitement de données dans des proportions inédites. Le développement d’univers virtuels comme le métaverse dont rêve Mark Zuckerberg renforce le risque qu’une quantité considérable de données personnelles soient collectées par des grandes sociétés. Le scénario catastrophe serait une collusion entre secteur privé et public, le premier collectant les données et le second s’en servant pour asseoir son pouvoir.

 

Voir les commentaires (20)

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  • la science sert la vérité donc justice…et la justice n’a de sens que pour les individus..
    le scientisme c’est aussi le concept de culpabilité de groupe.. c’est un collectivisme… donc la fin de la subjectivité.. la sécu est le bébé du scientisme!!!! ta santé tu ne sais pas ce que c’est…

    vous devez avoir peur du covid. vous devez accepter le benefice risque des vaccins…

    pourquoi pas de réaction de la part des chercheurs quand des fous défilent en criant il faut croire les scientifiques !!!!!!!!!!!!

  • « Le point de vue scientiste, en tant qu’il se distingue du point de vue scientifique, n’est pas une optique sans préjugé ; c’est une optique très partisane qui, avant même de considérer son objet, prétend connaître le moyen le plus convenable de l’étudier. »
    Friedrich Hayek

  • On y va tout droit. La bonne nouvelle : ce genre de régime tombe sous son propre poids .

  •  » Le scénario catastrophe serait une collusion entre secteur privé et public, le premier collectant les données et le second s’en servant pour asseoir son pouvoir. »
    je crains que l’on y soit déjà.

    • Pire que ça, àmha
      Ce sont des entreprises privées, qui, sous prétexte de fournir des données aux politiques, en profitent pour dominer tout le monde, populations et monde politique

      -3
      • Pire que ça en effet… Les politiciens prétendent qu’ils ont « des données » fournies par « des entreprises » ou « des scientifiques » et dominent tout le monde, entreprises et scientifiques compris… Et vu le baratin qui entoure leur domination, entreprises et scientifiques n’osent pas l’ouvrir et le peuple réclame la protection des politiques… quels bêtas !

  • Oui, c’est extrêmement préoccupant ! Il faut donc continuer d’alerter et ne pas baisser les bras.

  • Les politiciens ne s’entourer jamais de scientifiques ; trop dangereux. Ils s’entourent d’experts qu’ils paient pour élaborer des théories qui vont dans leur sens et pas celui de la science.
    Et ces théories n’ont rien de scientifique et pour être acceptées des sans-dents s’appuie sur des preuves d’apparence scientifique que le sans-dents ne peut ni vérifier ni recouper.

    • Les réseaux sociaux ont permis à tout un chacun de faire exactement la même chose que les politiciens, et de payer en likes.

  • A partir du moment où les individus refusent les avis d’experts scientifiques quand ils ne leur plaisent pas, il ne faut pas s’étonner du succès des faux experts et du scientisme. C’est d’abord une affaire d’éducation à savoir distinguer l’expertise véritable de l’esbroufe à la portée de n’importe quel internaute ou de n’importe quel fonctionnaire.

    -1
    • Le petit détail étant que sur les sujets du scientisme contemporain (climat, énergie, économie, médecine – particulièrement covid) les « experts scientifiques » sont a) plus que partagés b) souvent biaisés dans leurs approches (et parfois d’une qualité/scientificité plus que suspecte) c) sélectionnés et présentés par des journalistes et des politiciens… qui justement cachent ce qui ne leur plaît pas.

      On en arrive au point où sauf à ce que vous soyez vous même un expert scientifique sur l’un des sujets en question (ou un sujet connexe) il est impossible de savoir quel avis d’expert scientifique suivre et l’intuition personnelle n’est pas un plus mauvais guide que d’autres !

      • Pas besoin d’être soi-même expert, quoi que vous en pensiez, même si je reconnais que ça aide parfois. Il suffit d’avoir comme nos anciens les deux pieds dans la glaise, et de savoir compter et mesurer les conséquences. Le niveau du certificat d’études d’autrefois suffit, nombre de mes amis qui n’ont rien de plus mais ont gardé le contact avec la réalité savent très bien reconnaître les « experts » qui n’en sont pas et en rester au simple bon sens. Appelez ça « intuition personnelle » si vous voulez, mais je préfère « bon sens », celui que les années d’enfance et d’adolescence donnaient autrefois. L’intuition personnelle irréaliste est elle encouragée aujourd’hui pour ne pas contrarier ces enfants gâtés.

        • A la réflexion, c’est peut-être non pas d’être expert soi-même qui aide, mais d’avoir dans sa jeunesse côtoyé l’un ou l’autre de ces « experts », fait quelques bonnes bouffes ensemble, et compris par l’exemple qu’en dehors d’un domaine bien précis, on est d’autant plus un savant Cosinus qu’on voit sa réputation croître dans ce domaine. Faites lire L’idée fixe du savant Cosinus à vos enfants, c’est une excellente et amusante incitation à la bonne critique des scientifiques.

  • Excellentes observations rigoureusement exacts et evidentes.
    Problemes : Les promoteurs du passe Vaccinal a l’aide d’un vaccin qui ne vaccine pas, et permet plus de 500 000 contaminations par jours, dans une population pseudo vaccinées a 85 % de 67 millions d’habitants. Ces personnes relais d’organisations ayant gagnés des milliards de dollars dans ces opérations sont toujours au pouvoir. Je n’en citerai que deux, mais pas des moindres, Macron et Ursula.

  • Il me semble que le problème est beaucoup plus grave, les consommateurs que nous sommes devenus se fichent éperdument de leur liberté et trouvent normal qu’on veuille faire leur bien malgré eux. C’est effrayant !
    J’ai 63 ans, je suis issu d’un milieu très modeste et très tôt j’ai du travailler pour gagner ma vie.
    Pour ça, je me suis offert une super 4L boîte 3 vitesses, complètement pourrie que je retapais en récupérant des pièces détachées dans une casse auto.
    J’étais heureux car j’étais libre et que je gagnais ma vie sans que personne ne vienne m’importuner.
    J’ai fait une carrière professionnelle honorable et fais partie de ceux qui continuent et « continueront » à s’acquitter de la taxe d’habitation pour leur résidence principale.
    Je ne me plains pas car j’ai vécu mes plus belles années dans un système non soviétique, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
    L’état s’occupe de tout, nous autorise à boire avec « modération et pas tous les jours », nous dit comment nous devons nous chauffer, nous explique qu’il faut aérer notre logement, nous fournit un modèle d’attestation pour promener Médor et faire pisser Mémère, nous sermonne en permanence en débusquant les complotistes qui pensent mal…
    Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les plus jeunes se satisfont de ce mode de vie, pourvu que le QR code rentre dans leur smartphone dernier cri.

  • « s’habituer à une transparence totale » mais que « si vous n’[aviez] rien à cacher, il ne [faudrait] pas avoir peur». Mensonge éhonté par inversion des facteurs. A partir du moment où vous « bénéficiez » d’une transparence totale, c’est le scrutateur qui décide si vous avez ou non quelque chose à cacher. Et uniquement lui, ce qui lui laisse toute latitude pour vous déclarer coupable, selon son bon plaisir.

    • Sauf que le monde n’est pas manichéen, séparé entre commun des mortels scrutés et scrutateurs au service de Davos. Une grande majorité du peuple rêve d’être scrutateur à la petite semaine, et fournit un appui irremplaçable aux dirigeants.

      • En effet, le système totalitaire marche généralement parce que la plupart des gens rêvent d’imposer à leurs voisins les idées/croyances qui leurs semblent « importantes ». On en revient à Bastiat et la grande fiction où chacun s’efforce de vivre aux dépens de tous les autres. Chacun accepte un peu de tyrannie parce qu’il pense qu’elle sera plus lourde sur le voisin honni, et qu’enfin « il sera obligé de faire attention au climat » (ou autre).

  • La transparence totale est pour le peuple, le secret dlEtat est pour le pouvoir. Ne cherchez pas d’autre pouvoir que le secret, et pas d’autre soumission que la transparence.

  • Les commentaires sont fermés.

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