En route vers l’hyperinflation allemande de 1923

Un siècle après, notre situation économique ressemble à celle de l’Allemagne avant l’hyperinflation de 1923.

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En route vers l’hyperinflation allemande de 1923

Publié le 16 mai 2022
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Article disponible en podcast ici.

Pénurie de blé, de pétrole, de gaz, de métaux ou d’huile, etc. Le tout avec une inflation de 5 % et une belle croissance de 0 %. Notre situation ressemble à l’Allemagne de 1920 avant l’hyperinflation…

L’Allemagne de 1920

Durant la Grande guerre, le gouvernement allemand a massivement émis de la monnaie pour financer sa guerre, soit par l’émission d’obligations, soit par la création du mark-papier à la place du mark-or, mettant fin à l’étalon-or.

Une fois sorti des poches de l’État, tout cet afflux de liquidités est allé directement dormir sur les comptes des Allemands. La guerre est plus propice à l’épargne qu’aux dépenses des ménages. Ainsi l’inflation restait faible durant la guerre.

Ce n’est que 8 ans après la fin du conflit que cette fausse monnaie imprimée durant la guerre inonda l’économie allemande. Le réveil de l’argent dormant a provoqué une forte pression sur la demande qui entraîna l’hyperinflation.

Il faut aussi souligner qu’après 4 ans de guerre et d’importants tributs à payer aux vainqueurs pour réparation, l’économie allemande restait atone, incapable de suivre la demande avec davantage d’offres.

Nous avons donc d’un côté une demande à la hausse soutenue par le réveil d’épargnes dormantes ; et en face une offre limitée due à une longue récession de l’économie et un sous-investissement des moyens de production.

Cela a conduit à une hyperinflation. Le mark-papier à parité avec le mark-or en 1914 a fini à 1 000 000 000 000 en 1923.

Or notre situation actuelle est similaire à l’Allemagne d’après guerre, mais sans la guerre…

Un sabotage de l’économie actuelle

Cela fait 10 ans que la BCE et la FED inondent l’économie de faux argent, par l’émission d’obligation à taux 0 %, ou par le quantitative easing.

Pourtant comme avec l’Allemagne, cette inondation de liquidité a été absorbée par l’épargne, limitant l’inflation ces dernières années. Même les généreux chèques donnés par Trump et Biden pour stimuler la consommation ont fini épargnés (actions, bitcoin, assurance, etc.).

Aussi la reprise économique post-covid a été l’étincelle qui a mis le feu à l’inflation. D’un coup les énormes capitaux dormants inondent le marché et créent une pression sur la demande.

En soi une économie saine peut y répondre en augmentant l’offre. Mais notre économie a été sabotée par deux idéologies.

Idéologie écologique

Les bureaucrates nous chantent des lendemains sans pétrole dans lesquels la puissance d’une centrale nucléaire sera remplacée par un panneau solaire. Et au final on se retrouve à importer du gaz de schiste (très polluant) pour le liquéfier (très polluant) et le transporter par bateau (très polluant). Tout cela pour éviter une centrale nucléaire…

Non content de s’attaquer à l’énergie électrique, au point que chaque hiver semble maintenant se jouer au watt près en France, l’écologie a aussi permis de raréfier les énergies fossiles par les taxes et freins à l’investissement. Cette situation était déjà préoccupante. Mais maintenant que l’Union européenne souhaite tout simplement couper le pétrole et le gaz russe, on se dit que finalement nous n’étions pas à une taxe près.

Alors, bien sûr, comment faire fonctionner toutes ces machines qui coupent du bois ou minent du fer ? Je veux bien mettre un pull cet hiver pour me réchauffer sans gaz. Mais allons-nous mettre un pull sur le haut fourneau pour le chauffer à plus de 1200°  afin de fabriquer l’acier ?

Idéologie économique

L’État peut accroître le PIB par davantage de dépense. Pour ce faire, rien de plus simple : les taux à 0% rendent le capital caduc qui ne joue plus son rôle de moteur de la croissance par le réinvestissement des profits, puisque son rendement est à 0 %. À la place, l’État s’endette toujours plus pour stimuler la consommation en espérant qu’à son tour celle-ci stimule la croissance.

Avec les taux à 0 %, cette croissance est purement artificielle, elle ne reflète plus un gain de production et de richesse dans le pays, mais uniquement un gain de consommation soutenu par un endettement de l’État. Le PIB se retrouve au sommet d’une montagne de dettes, éloigné de la vraie production du pays.

Nous sommes donc dans une situation semblable à l’Allemagne de 1920. L’utilisation de la planche à billets a créé une montagne de dette étatique d’un côté et de l’épargne dormante de l’autre, le tout dans une économie atone ne pouvant pas suivre la demande.

Paradoxalement, c’est une embellie économique qui, comme en Allemagne, a déclenché le réveil de l’argent dormant et son tsunami dévastateur dans l’économie.

Pour ceux qui pensent que les politiques gèrent très mal notre monnaie, vous en avez encore une fois la preuve.

Pour ceux qui pensent que les politiques sont juste bons à ravager notre économie en démarrant des guerres inutiles. Vous pouvez constater que l’Union européenne s’est contentée d’assécher notre accès à l’énergie et aux capitaux tout en inondant l’économie de son argent magique. Bien qu’efficace pour saboter notre économie, cela n’a pas suffi à l’UE qui souhaite démarrer une guerre contre la Russie.

La situation est semblable à celle de l’Allemagne en sortie de guerre, à la différence que la guerre n’est pas derrière, mais devant nous.

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