L’Europe souveraine, un rêve réaliste

Voici une vision de l’Europe souveraine, celle qui ne va bâtir aucun empire, sinon celui de la paix qu’elle saura mieux défendre que ne le peuvent aujourd’hui nos patries dispersées.

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European Flag by Rock Cohen (CC BY 2.0)

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L’Europe souveraine, un rêve réaliste

Publié le 8 juillet 2022
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Alors que l’Europe révèle le meilleur d’elle-même face à la guerre en Ukraine agressée par Poutine, alors qu’elle a fait de son mieux pour que les Européens se protègent du covid, alors qu’elle a organisé la relance de l’économie de notre continent, on ne parle en France de l’Europe que pour en dire du mal. À l’exception notable  du président Emmanuel Macron qui aime l’idée européenne, le reste de l’éventail politique qui s’est réduit aux deux extrêmes, à gauche comme à droite, exprime une même europhobie désolante fondée sur un nationalisme étroit, le rejet d’abandonner l’identité française au profit d’une Europe souveraine, un populisme qui oppose le « peuple »- comme si l’on pouvait agréger dans un ensemble cohérent la diversité des individus censés constituer celui-ci – et les « élites » de Bruxelles qui veulent leur imposer des règles et des droits qu’ils ne jugent pas légitimes. Ainsi l’on entend l’extrême gauche défendre l’idée de désobéir aux traités européens, et à l’extrême droite le déploiement d’un programme de fermetures de frontières, d’abandon du marché unique et du retour à une économie bien de chez nous qui déboucherait sur un Frexit sournois et une autarcie calamiteuse.

Le projet européen nous propose un avenir plus séduisant que notre petit pré carré national : appartenir à une grande nation souveraine et démocratique, travailler, étudier, vivre, aimer au sein d’un espace élargi où se croisent des langues, des coutumes et des traditions singulières. Un tel environnement enfantera la tolérance, la curiosité, des découvertes communes. Cette Europe souveraine n’est pas pour demain, sans doute, mais rien n’interdit d’y réfléchir aujourd’hui alors que l’avenir avance à grands pas.

 

La symbiose de nos différences

À la suite de nombreuses délégations de souveraineté, les pays de l’UE partagent déjà ensemble un grand nombre de procédures, de réglementations, de politiques et d’institutions. Ils profitent d’un grand marché et ont, au fil du temps, de plus en plus d’intérêts communs et de valeurs partagées, notamment la paix et la démocratie. Ils échangent non seulement des produits mais aussi des étudiants, des artistes, des footballeurs, des professeurs, des ouvriers, des migrants et des politiciens. Si l’Europe était souveraine, cela ne changerait pas grand-chose dans nos vies quotidiennes, sinon l’usage d’un plus vaste espace d’échanges et d’activités, plus de puissance, de soft power, d’économies d’échelle et un héritage culturel qui lui aussi nous est commun et s’enrichit sans cesse dans une symbiose de nos différences et de nos créations.

Cette grande nation préserverait la pratique de la subsidiarité sur un paysage plus vaste et unifié, et n’affecterait pas les traditions, langues et cultures  locales. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer des régions à l’identité forte qui, dans une fédération, n’abandonnent aucun élément de celle-ci. Ainsi les habitants du Texas, par exemple, se définissent, malgré leur singularité, comme des Américains. Ceux de Pernambouc se disent Brésiliens. Ceux de Bavière, Allemands. Pourquoi les habitants de l’Union ne pourraient-ils pas, eux aussi, rester attachés à leurs origines et devenir des citoyens européens ? Pourquoi ne pas faire de l’Europe notre grande nation ? La guerre en Ukraine démontre que nos intérêts nationaux sont les mêmes – à la seule et désolante exception de la Hongrie -, et dès lors, pourquoi ne pas avoir une diplomatie commune, une armée européenne – laquelle pourrait rester compatible avec l’OTAN –  et, bien sûr, un gouvernement européen ?

Une utopie, diront certains, mais tout, en politique, commence par une utopie, et certaines deviennent une réalité. Ce fut le cas de l’Europe.

Ses adversaires ont peu d’arguments décisifs pour s’opposer à cette grande nation. Les souverainistes en voulant nous enfermer dans nos pays nous promettent ainsi un avenir étriqué. Les populistes veulent embrigader les individus singuliers que nous sommes dans un « peuple » irréel et uni face aux « élites », ses ennemies fantasmées, et nous savons qu’il s’agit là de l’antichambre de la dictature. Les pessimistes, enfin, les moins dangereux, mais les plus ennuyeux, voient l’avenir en noir et l’Europe en déclin.

 

Une nation européenne souveraine et démocratique

Une vision optimiste d’une Europe encore en construction apparait plus pertinente.

Un consensus règne pour la rendre plus démocratique et moins bureaucratique. Pour cela, il faudra sans doute un jour un nouveau traité constitutionnel, et si je pouvais l’écrire, il serait court et compréhensible pour tous.

Il s’agirait avant tout de considérer le Parlement européen comme la grande institution démocratique qu’il doit être. Ses membres seraient candidats sur des listes transnationales parce qu’il existe des conservateurs, des sociaux-démocrates, des libéraux, des verts, et même des communistes, parfois,  dans tous les pays de l’Union. Ces listes associeraient des candidats de même obédience venus de plusieurs États, et une fois élus, ils représenteraient plus fidèlement les sensibilités européennes. Ce traité donnerait à l’Europe les institutions d’un régime parlementaire, celui déjà de la majorité des pays membres. Le président de l’Europe serait élu par la majorité des élus et cette majorité pourrait  être constituée par un seul parti ou une coalition réunie par l’élaboration d’un programme de législature. Le président formerait un gouvernement qui remplaceraient la Commission. S’il faut une chambre haute, on peut imaginer un Sénat permettant aux États membres d’être représentés de façon égalitaire, pour approuver, selon une règle majoritaire, les lois du parlement, ou les désapprouver par un vote à la majorité qualifiée.

Enfin, ce gouvernement serait régalien, se préoccupant exclusivement de la sécurité intérieure, de la défense et de la diplomatie avec pour priorité la protection de nos libertés, et de son budget de fonctionnement contrôlé par le Parlement. Le principe de subsidiarité continuerait à s’appliquer dans les domaines non régaliens. La justice européenne, enfin, comme il se doit, serait indépendante.

 

La peur de nos libertés

Cette vision d’une Europe souveraine semble un rêve réaliste. Ce projet se dessine déjà sous nos yeux, avec un dynamisme nouveau face aux défis du moment, le climat, la guerre, la pandémie.

Contrairement aux pessimistes, je ne crois pas au déclin de l’Europe qui ferait le bonheur de la Russie et la Chine. Je crois au contraire que ces pays ont peur de l’élan européen, de sa puissance bienveillante, de sa démocratie, de son grand marché, de ses succès économiques, de ses libertés protégées par le droit.

Cette peur de l’attractivité de la démocratie est manifeste avec la prise de contrôle de Hong Kong par Pékin, effrayé que des Chinois puissent démontrer qu’on est heureux en démocratie (à cet égard, inquiétons-nous du sort de Taïwan). L’agression militaire russe en Ukraine confirme cette même peur du modèle occidental que Poutine considère comme une menace vitale pour son autocratie. Ce qui anime ces deux pays, c’est la peur que nos libertés deviennent chez eux contagieuses.

 

L’empire de la paix

L’Union européenne est née de l’ardent désir de paix de ses concitoyens vivant dans un continent longtemps ravagé par des conflits meurtriers. Ce ne sont ni l’Europe, ni l’Otan, alliance défensive, qui provoquent des conflits, ce sont les nationalismes et les dictatures.

Cette Europe souveraine ne va bâtir aucun empire, sinon celui de la paix qu’elle saura mieux défendre que ne le peuvent aujourd’hui nos patries dispersées. Elle sera forte et bienveillante. Elle sera notre avenir ou celui de nos enfants, parce que les Européens veulent la paix, et parce qu’à la fin « l’Union fait la force ».

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  • Que de niaiseries…

  • J’ai été sidéré par l’introduction; l’Ukraine le covid, les plans de relance.
    Je ne serais pas contre une fédération européenne avec une armée, une diplomatie, mais dans les faits l’Europe est une couche administrative de plus qui nous pourri la vie (interdiction des véhicules thermiques par exemple) sans parler de l’Euro qui a permis au pays du sud d’emprunter plus que raisonnable.
    Détricotons toute cette structure (qui bénéficie aux fonctionnaires européens), faisons un marché libre sans règlements idiots (courbure du concombre), quant à l’euro difficile maintenant d’en sortir, le mal est fait.

    • Ah, cher gillib, que vous me faîtes plaisir en évoquant le règlement européen sur la courbure des concombres ! J’avais trouvé ce texte si exceptionnellement (là, j’errais : les eurocrates ne cessent de pondre des règlements aussi c…) monstrueux que j’ai gardé la copie des plus « beaux » passages…
      « Nihil novi sub sole » [Rien de neuf sous le soleil], disaient les Romains. En tout cas, je vous signale un « ancêtre » de ce type de bureaucratie délirante et incontrôlée, brillamment évoqué par Georges Blond dans le chapitre 1 de son « Histoire de la flibuste » (1969), à savoir la Casa de Contratación qui était l’administration coloniale espagnole au XVIIe siècle :
      « Depuis sa création (1503), la Casa [de Contratación, établie à Séville] n’avait cessé de croître et de s’étendre, augmentant ses effectifs et ses pouvoirs. Elle était devenue une plante monstrueuse, une araignée géante, une pieuvre, et ses règlements de plus en plus précis et péremptoires ordonnaient tout, prévoyaient tout sur les navires et en Amérique, depuis la largeur des bords des chapeaux des Indiens esclaves des colons espagnols jusqu’aux cantiques à entonner chaque matin à bord des galions selon le propre du temps – et cette masse de règles minutieuses et maniaques était une montagne creuse, un néant, car plus elle grandissait, moins on la respectait, la Casa finissant par être une bureaucratie en soi sans effet hors d’elle-même. »
      Le drame actuel, c’est que l’horrible bureaucratie de l’UE dispose de multiples moyens pour faire introduire et appliquer ses règlements dans les États membres de l’UE.
      Pour le reste, je me permets de vous renvoyer à mon commentaire de cet article de M. Faure, que je viens de poster.

  • Bon après la théorie, passons à la pratique……. énergie, heu non , raté / économie, heu encore raté…. politique internationale ??? bof pas mieux. Alors je continue de rêver……… à un monde meilleur

  • Une puissance bienveillante? Se soumettre à une puissance supérieure, ça finit toujours par mal tourner. Il ne faut se soumettre que lorsqu’on a pas le choix.
    Donc dans le cas de l’UE, ne lui déléguer que ce dont les états ne peuvent s’occuper eux même. Selon la propre pensée de nos politiques, l’état est tout, donc l’UE ne peut être que rien. Bien sûr en pratique, déléguer à l’UE permet de créer des positions pour quand on perd les élections nationales..
    Bref, l’UE c’est bien pour créer des projets transfrontaliers, ah ben tien, le libre échange par exemple?
    Quand est ce que l’UE s’occupe du libre échange des cigarettes, de l’alcool, des employés, des contrats de sécu?

  • J’espère, sans y croire, que c’est du second degré. L’Europe des contes de fées et des contribuables défaits…

  • On se moque de qui provoque les conflits. L’important est qui pourrait y mettre fin et au contraire y prend parti, avec la plus grande faiblesse diplomatique qui soit. Mais rassurons nous, l’interdiction des moteurs thermiques va faire disparaître les chars d’assaut et les moissonneuses-batteuses dès 2035 !

  • Tout cela ruisselle du déni des réalités. Pauvre Michel,…
    « Alors que l’Europe révèle le meilleur d’elle-même face à la guerre en Ukraine agressée par Poutine, alors qu’elle a fait de son mieux pour que les Européens se protègent du covid, alors qu’elle a organisé la relance de l’économie de notre continent »… wow… le meilleur d’elle-même face à la guerre en Ukraine ? 130 jours de débandade et de livraison d’armes non sécurisée à un cadre militaire ukrainien corrompu jusqu’à la moelle… elle aurait fait de son mieux pour protéger les européens du covid… ben voyons ! les statistiques parlent d’elle-même… elle a organisé la relance de notre économie… désopilant ce Michel… alors que l’euro est un échec patent qui avait été prédit par des économistes ayant les pieds sur terre mais seulement retardé par des artifices monétaires crapuleux depuis 2008.
    Et la liberté des peuples, de chaque peuple, à disposer d’eux-mêmes ? Le capitalisme de connivence et la démagogie des politiques nous ont amené des résultats structurels à long terme édifiant sur la pertinence du dirigisme économique. On voit enfin, 20 ans plus tard, les pertes structurelles à long terme de leurs choix énergétiques hors-sol et calamiteux. Orienter, favoriser la recherche tous azimuts dans des domaines clés, c’est une chose. Mais intervenir comme ils l’ont fait en cassant les dynamiques existantes est criminel. Au final, les coquins s’empiffrent, les élus se payent de mots en nous jouant du pipeau et en emmenant tout le monde au désastre, notre monde, notre civilisation à la ruine, sans même être capable d’assurer les seules fonctions régaliennes de sécurité et de justice qui leur incombent. C’est juste de la communication et de l’ingénierie sociale. C’est de la forfaiture sinon de la haute trahison.
    L’économie est une chose trop grave pour être laissée au main des banquiers et des économistes de plateaux. Ce que l’on attend de nos politiques c’est de laisser les entreprises s’en occuper en assurant un cadre concurrentiel non biaisé par la corruption. Ce que l’on attend de nos politiques c’est de se protéger avec intelligence et discernement des lobbies de tout poil, industriels comme idéologiques. C’est de laisser les médecins soigner plutôt que de commercer sur la maladie avec les grands groupes pharmaceutiques. C’est de s’assurer que la presse scientifique n’est pas instrumentalisée par ces mêmes grands groupes.
    Il faut que les politiques réapprennent à conduire en regardant la route et les panneaux mais pas le compteur et le GPS.
    Prévenez-moi quand l’expression « courage politique » ne sera plus un oxymore.
    J’ai pas poney, j’ai pas hockey. J’ai juste une entreprise sur le feu. Et c’est plus important que leurs niaiseries car au final c’est bien ça qui nourrit la liberté et la dignité, et pas leurs narratifs bidons qui consistent à seulement mettre la poussière sous le tapis en repoussant les problèmes à plus tard.

  • Michel Faure se présente comme « Journaliste, écrivain, européen et libéral. » … et le problème commence là, avec l’emploi du terme « européen » : comme tout Français (ou hongrois, norvégien, italien ou Suisse), je suis également un européen au sens géographique, historique, culturel, etc. Mais ce n’est pas à cela que se réfère M. Faure : par « européen », il entend supranationaliste, fédéraliste, bref, européiste.

    On a parfaitement le droit d’avoir cette opinion et cette vision du fonctionnement et du rôle de l’Union européenne (UE), regroupement de 27 pays, qu’on ne saurait donc confondre avec l’Europe à laquelle appartiennent également le Royaume-Uni, la Norvège, la Suisse, la Serbie, l’Ukraine, la Russie, etc.

    Et c’est bien là le problème créé par les européistes. Implicitement, avec la complicité des médias, ils imposent deux impostures :
    – l’Europe, c’est l’UE et il n’existe rien d’autre en-dehors de cela : on vient de voir que c’est faux ;
    – il n’y a qu’une conception envisageable et acceptable des relations entre États membres de l’UE – et même entre pays européens en général – qui est l’européisme, c’est-à-dire la vision de ce Monsieur (fédéraliste, supranationaliste, intégrationniste, etc.) ;
    Implicitement, toute autre conception (Europe des nations, coopération libérale limitant le rôle des institutions supranationales, etc.) est au mieux sans intérêt, au pire nocive : les attaques sournoises et haineuses récurrentes contre les souverainistes (assimilés à des esprits étriqués quand on ne les traite pas de « fachos ») symbolise l’intolérance des européistes.

    Au-delà de mon opposition sur le fond à cette idéologie européiste, je vomis ce fanatisme intolérant qui prétend interdire toute autre vision de la coopération entre États européens. Et comme ces gens-là prétendent être les seuls à incarner le Vrai, le Juste, le Bon, le Beau, … ils imposent partout cette imposture verbale et intellectuelle et ne reculent devant aucun moyen pour imposer leur politique :
    Exemple particulièrement symbolique sur ce dernier point, je rappelle que, en 2005, le peuple français a rejeté à près de 55 % (avec un taux de participation exceptionnel de presque 70 %) le projet de soi-disant « constitution européenne », après des mois des débats approfondis et assez souvent de qualité et une forte implication citoyenne que l’aventure du site d’Étienne Chouard (rendant accessible et compréhensible l’énorme texte qui faisait l’objet du référendum) ; quasiment tous les médias et les personnes y ayant accès ont accablé d’insultes les Français qui avaient si mal voté ; et, 2 ans après, par un tour de passe-passe, certes juridiquement correct mais politiquement illégitime, avec la complicité d’une majorité de députés et de sénateurs, M. Sarkozy fit voter un texte – qui devint le traité de Lisbonne – dont le contenu était quasiment identique à celui que la nation française avait si nettement rejeté. Le tout sous les caquètements triomphants des journalistes et les ricanements indécents du promoteur de ce projet, feu M. Giscard d’Estaing.
    Ce jour-là, un certain nombre de Français ont été dégoûtés de voter à l’avenir « puisque, de toute façon, ils font comme ils veulent ».

    La voilà, la soi-disant « Europe » des européistes qui avance sournoisement sous les bannières de l’imposture et des arrangements dont on exclut les citoyens.

    Sur le fond, il existe de multiples raisons d’être opposé à cette conception européiste. Comme ce serait interminable, je me bornerai à donner quelques exemples :

    1 – Il n’existe pas de peuple ni de nation européens mais une multiplicité de nations : unique dans le Monde, cette extraordinaire diversité de langues et de civilisations dans un espace restreint qui permet de « se fréquenter » facilement, constitue d’ailleurs un des attraits du continent européen et une telle diversité est stimulante, bien plus qu’une série de satrapies normalisées dirigées par des marionnettes de l’UE, voire des gouverneurs appointés par la commission de l’UE, le tout communiquant en « globish ». Pour ma part, je suis reconnaissant aux Italiens, Polonais et autres Danois de différer de moi, ce qui constitue une source de découvertes et parfois d’émerveillements constamment renouvelée.

    2 – En tant que Français, je suis membre de plusieurs « cercles » ou « familles », en particulier
    – l’Europe, au sens d’une certaine communauté historique et de civilisation qui fait que j’ai des repères quand je visite le Palais Royal de Varsovie ou la cathédrale de Palerme ;
    – la francophonie qui me lie notamment aux Acadiens, aux Sénégalais ou aux Romands : là encore, que de diversité, que de contacts stimulants et enrichissants !
    – la Méditerranée car il existe des relations multiséculaires entre la France et maints pays, comme le Liban, l’Égypte ou le Maroc ;
    – la latinité, car il existe des vieilles relations et affinités en tre la France et, entre autres, l’Argentine ou le Brésil…
    Et il faudrait sacrifier tous ces liens au profit d’un européisme étroit communiquant avec le reste du Monde en étasunien sur des positions validées à l’avance par Washington ? « Over my dead body », comme on dit dans ce pays !

    3 – Pour être un acteur majeur des relations internationales, il faut être souverain et indépendant en matière de défense, ce qui passe par l’armement nucléaire détenu par toute puissance majeure : aujourd’hui, après le départ du Royaume-Uni (qui n’est pas pleinement indépendant puisque son armement nucléaire est sous deux clés, une britannique et une étasunienne), la France est le seul pays souverain et indépendant en matière nucléaire, tous les autres pays étant de jure et de facto des protectorats étasuniens au sein de l’OTAN.
    En outre, par sa nature-même (il faut être en mesure de déclencher le feu nucléaire en moins d’une minute : c’est un des éléments de la dissuasion), la décision nucléaire doit être entre les mains d’une seule personne (en France, le Président de la République avec sa célèbre « valise ») ; ce ne peut être une assemblée de nains de jardins vassaux de Washington qui caquetteraient dans le vide ; et, si c’est une seule personne, de qui s’agirait-il ? Le président de la commission européenne, eurocrate non élu ?

    4 – Logiquement et légitimement, les intérêts des différents États membres ne sont pas les mêmes : pour le Danemark, le péril islamiste au Sahel est lointain alors qu’il est « aux portes » de la France ; enjeu important pour l’Italie, l’Espagne ou la France, le contrôle des espaces marins n’est qu’une notion théorique pour la Hongrie ou la République tchèque, etc.
    Le résultat est que la soi-disant « politique étrangère » de l’UE est un marais dont les sables mouvants handicapent la politique étrangère – avec les prises de position nettes qu’elle peut impliquer – des pays qui le peuvent et le veulent ; au final, cette « politique étrangère » de l’UE consiste le plus souvent en couinements bien pensants ou pacifistes déplorant la méchanceté de ce monde ou en prises de position prétendant donner des leçons de morale à la Terre entière, comme en matière d’environnement, domaine dans lequel les délires escrologistes relayés par l’UE handicapent les économies des États membres et font rire le reste de la planète ;

    5 – Enfin, deux des plus belles réussites en matière de coopération entre pays européens ont été possibles PRÉCISÉMENT PARCE QU’ELLES N’ONT PAS ÉTÉ CONÇUES NI MISES EN OEUVRE DANS LE CADRE DE L’UE, à savoir Airbus et Ariane.
    À chaque fois, l’élan a été donné par une coopération entre la France et l’Allemagne, rejointes par divers pays européens, membres de l’UE ou non, alors que certains États membres de l’UE étaient absents ou ont rejoint tardivement et symboliquement ces projets.
    Il est plus que probable que si on avait voulu lancer ces projets dans le cadre de l’UE, on aurait entendu les couinements d’un certain nombre d’États membres pour lequel la fidélité au suzerain étasunien passe avant tout et qui auraient été affolés – et donc résolument opposés – par des initiatives pouvant déplaire au « Maître » … car la réussite d’Ariane et d’Airbus « fait mal » à leurs concurrents, essentiellement étasuniens, et ulcère tous les gouvernements des États-Unis.
    Au passage, toujours dans l’imposture et le mensonge, maints européistes ont le toupet de présenter Airbus et Ariane comme des réussites « européennes », c’est-à-dire de l’UE, mensonge qui n’est quasiment jamais démenti, et surtout pas par les journalistes.

    Cela montre bien, comme je l’explique au début de cette position, qu’il est essentiel de nommer précisément les choses et donc d’utiliser les mots appropriés : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. », écrivait Camus. Et c’est se faire le complice de l’imposture européiste.

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    • Camus n’a rien rien dit à propos de « trop nommer un objet » ? Car, dieu que c’est long !

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      • @Abon Neabcent

        Sachant que cette célèbre phrase de Camus est souvent inexactement reproduite ou qu’on présente comme un propos de Camus des phrases similaires prononcées par d’autres personnes, j’ai effectué quelques recherches sur la Toile : de mémoire, c’est sur le site « Dicocitations » que j’ai trouvé une explication qui m’a paru crédible et le libellé exact de la phrase de Camus (« Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. « ) qui figure dans une préface ou une présentation d’un ouvrage du philosophe Brice Parrain.
        Pour être honnête, ayant plusieurs autres points à vérifier, je n’ai pas consacré plus de cinq minutes à faire des recherches sur le libellé de cette phrase de Camus. Si vous pouvez me fournir d’autres informations de source plus solide, y compris en rectifiant ce que j’ai écrit, je vous en serai reconnaissant.

    • Excellente réponse bien détaillée et qui espérons-le pourra éviter d’autres articles européistes délirants de Monsieur Faure qui n’a pas l’air d’avoir compris que chaque pays européen a une langue différente et qu’un état fédéraliste dans des pays qui n’ont pas de langue commune ni d’histoire commune et encore moins d’intérêt commun n’est qu’un délire de bureaucrate avide de pouvoir.

      • @Philippe : merci beaucoup de votre aimable appréciation.

        Pour faire écho à votre judicieuse expression « délire de bureaucrate avide de pouvoir », je cite à nouveau ce propos de Georges Blond – qui écrivait très bien, notamment sur l’Histoire maritime – dans le chapitre 1 de son « Histoire de la flibuste » (1969), à propos de la Casa de Contratación qui était l’administration coloniale espagnole au XVIIe siècle :
        « Depuis sa création (1503), la Casa [de Contratación, établie à Séville] n’avait cessé de croître et de s’étendre, augmentant ses effectifs et ses pouvoirs. Elle était devenue une plante monstrueuse, une araignée géante, une pieuvre, et ses règlements de plus en plus précis et péremptoires ordonnaient tout, prévoyaient tout sur les navires et en Amérique, depuis la largeur des bords des chapeaux des Indiens esclaves des colons espagnols jusqu’aux cantiques à entonner chaque matin à bord des galions selon le propre du temps – et cette masse de règles minutieuses et maniaques était une montagne creuse, un néant, car plus elle grandissait, moins on la respectait, la Casa finissant par être une bureaucratie en soi sans effet hors d’elle-même. »
        Le drame actuel, c’est que l’horrible bureaucratie de l’UE dispose de multiples moyens pour faire introduire et appliquer ses règlements dans les États membres de l’UE.

  • Non, l’UE n’est pas une nation souveraine et « démocratique », à voir.
    Qu’elle se contente d’assurer la libre concurrence entre ses membres et les protège économiquement des autres pays!
    Ce qu’elle ne fait pas en ayant fait allégeance aux lobbies écolo qui favorisent notamment la Chine et ruinent notre industrie.
    Pour le reste, elle n’a pas à imposer non démocratiquement des mœurs dont les vraies nations qui la composent ne veulent pas: lgbt, ivg, effacement des origines judéo chrétiennes,etc….

  • Un conglomérat de nations diverses soumises aux diktats d’une aristocratie hors-sol, ça s’appelle un empire, et c’est notoirement instable.
    L’UE va s’effondrer, mais elle va bien nous en faire baver avant.

  • Une fiction toute de rose teintée? Ce n’est pas une réalité possible que vous tentez de décrire, voire de proposer, mais carrément une utopie ! Un continent de paix avec la guerre en Ukraine, l’interdiction stupide des véhicules thermiques, le haro sur le nucléaire, entre autres ? Européenne convaincue, j’ai du mal à reconnaître celle qui se dessine et celle que vous dépeignez.

    • @Mariah
      Je suis, comme souvent, d’accord avec vous.
      Une précision sémantique d’importance : dans ces débats, il faut employer avec beaucoup de retenue les termes « Europe » et « européen » pour éviter les confusions que certains entretiennent :
      – « Europe » doit être employé uniquement pour désigner ce continent dans son ensemble, de Brest à Brest-Litovsk, de l’Atlantique à l’Oural, qui comprend une cinquantaine de pays, dont 27 sont membres de l’Union européenne [UE] et les autres (Royaume-Uni, Norvège, Russie, Ukraine, Suisse, …) ne le sont point ; or les européistes et autres supranationalistes – auquel je ne dénie pas le droit d’avoir et de soutenir cette opinion – emploient systématiquement le terme « Europe » pour désigner l’UE, comme si tout ce qui n’est pas membre de cette structure n’avait pas de légitimité ni même d’existence : ce n’est évidemment pas innocent car cela vise à imposer l’idée que, en matière de coopération entre pays européens, il n’y a qu’une seule option, l’UE ;
      – l’abus du terme « européen » est encore plus grave : un « européen » est une personne originaire de ce continent et, généralement, qui y vit ; utiliser le terme « européen » pour désigner uniquement les citoyens des États membre (or, entre autres, Suisses et Norvégiens sont aussi des européens) ou, pire encore, seulement les personnes qui sont d’opinion supranationaliste, fédéraliste, bref, européiste est un odieux abus de langage, encore moins innocent que le précédent, et qui a contaminé beaucoup de personnes de bonne foi : là, il s’agit clairement d’imposer l’idée qu’il ne peut exister qu’une seule conception des rapports entre pays européens, la conception européiste, bien évidemment ; et quiconque n’est pas de cette opinion est logiquement qualifié d’ « anti-européen » (ce qui est inepte en soi) quand ce ne sont pas des vocables encore moins aimables ; cette manipulation du langage témoigne de l’intolérance des européistes, dont beaucoup ne connaissent que la diffamation et l’insulte pour qualifier les personnes qui ne sont pas de leur avis, comme, par exemple, les gens préférant une « Europe des nations », donc pas supranationale, une Europe libérale, sorte de zone de libre-échange perfectionnée, ou encore les souverainistes, si souvent insultés et agressés par principe pour la seule raison qu’ils considèrent que la souveraineté nationale prime sur l’ordre communautaire de l’UE. On peut penser, arguments à l’appui, que ce n’est pas une bonne solution sans se permettre pour autant d’assimiler ouvertement les personnes de cette opinion à des abrutis, des « fachos », etc.
      Je tiens à préciser, lisant et appréciant régulièrement vos points de vue, que je ne vous range absolument pas parmi ces manipulateurs du langage. Simplement, afin de permettre des débats honnêtes et une expression sereine des points de vue, il est indispensable de refuser ces pernicieux abus de langage concernant les termes « Europe » et « européen ». Combien de fois assiste-t-on à des débats dans lesquels, dès le départ celui ou ceux qui ne sont pas européistes sont qualifiés d’ « anti-européens » et sont sommés de justifier une position aussi indéfendable : beaucoup tombent dans le panneau et consomment presque tout leur temps de parole à expliquer qu’ils ne sont pas « contre l’Europe » (= ils acceptent ainsi le cadre sémantique de discussion imposé par les européistes) sans pouvoir exposer leur vision de la coopération entre pays européens. Dans un débat, comme dans une négociation, en amont de la « confrontation », le choix du cadre, de l’agenda et des références est crucial et il ne faut surtout pas se laisser enfermer dans les paramètres imposés par une des parties car on a alors déjà à moitié perdu.

  • « L’Europe souveraine, un rêve réaliste ». Plutôt un rêve qui tourne au cauchemar !
    J’étais européiste jusqu’aux dernières élections européennes malgré un certain scepticisme sur la libéralisation du marché de l’électricité. Mais depuis, j’ai réalisé que la politique énergétique européenne, trop influencée par les allemands, est un désastre et nous envoie dans le mur. Ca se confirme avec l’interdiction des voitures à moteur à combustion, qui va gravement affaiblir nos constructeurs européens au bénéfice des asiatiques, tout en restreignant fortement notre liberté de circuler.
    Je n’ai pas voté dans le passé de manière favorable à l’UE pour qu’elle nous soumette à l’écologisme, cette idéologie régressive et obscurantiste. Donc maintenant, je voterai pour les programmes qui s’opposeront à l’UE.

    • @Hug : je vous remercie d’avoir indiqué que vous étiez « européiste » (et non « européen ») : cette honnêteté intellectuelle est malheureusement rare, presque tout le monde, consciemment ou non, acceptant le cadre sémantique posé par les européistes qui consiste notamment à monopoliser au profit de leurs thèses les termes « Europe » et « européen ».
      Merci encore !

  • L’Europe n’est pas en odeur de sainteté par ici !
    Moi, celle vantée par Michel Faure m’irait bien : un truc bien plus souverain, bien plus démocratique qu’il ne l’est aujourd’hui, et bien réduit au régalien.
    Fini la courbure des concombres, la taxonomie énergétique et les contraintes ubuesques sur nos engins motorisés.
    L’histoire n’a pas commencé comme ça – on s’est d’abord entiché de réguler l’économie – mais il me plairait qu’elle se poursuive ainsi.

    -4
  • Snif, c’est beau… Il ne manque plus que la Turquie dans l’Europe pour que le rêve de chacun devienne réalité.
    L’Europe, quelle merveilleuse réalisation où tous parlent à l’unisson. Comme la Pologne sur l’avortement ou la Hongrie sur les sanctions avec la Russie ; l’Allemagne qui nous affirme que les centrales au gaz ne participent pas à l’augmentation du CO2 dans le monde et qui est le 1ier fabricant et exportateur de pesticides dans le monde, la France qui creuse ses déficits en toute impunité…
    Non, vraiment, c’est une réussite unique dans l’histoire.

  • Souveraine, peut-être dans 150 ans, si tout va bien.

  • Les politiciens Français avaient pour habitude d’impliquer l’Europe de leurs maux, erreurs et échecs à répétitions, je suis pour le Frexit, je serais curieux de voir combien de temps tiendrait l’économie Française avant de couler totalement, à titre d’exemple B Johnson démissionne, le Titanique Britannique commence à prendre l’eau de partout, comme tout le monde sait les rats quittent le navire qui commence à couler. Se serait intéressant de voir la tête des fonctionnaires Européens Français qui perdront leurs emplois

    • Tout dépend de la nature du frexit en question. S’il impliquait un refus des normes délirantes, le choix du libre échange, la fin de l’assistanat et une réduction drastique de la fiscalité, pourquoi échouerait-il ?

  • Les commentaires sont fermés.

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