L’Ukraine candidate à une Union européenne hypocrite

L'Union européenne met comme d’habitude la priorité sur la forme politique, en accordant à l’Ukraine le statut de candidat.
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The european union flag in the european parliament in Strasbourg by European Parliament(CC BY-NC-ND 2.0)

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L’Ukraine candidate à une Union européenne hypocrite

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 juillet 2022
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Comme si souvent, l’Union européenne vient de démontrer encore une fois son manque de connexion avec la réalité et sa préférence avant tout pour la communication politique. Étant donné les circonstances actuelles dans lesquelles se trouve l’Ukraine – sa lente mais inéluctable défaite militaire et son économie en chute libre – que fait alors l’Union européenne ?

 

Un geste politique

Est-ce qu’elle fait ce qui aurait été le plus logique, le plus humain et le plus à même de limiter des victimes et des dégâts ultérieurs en Ukraine, c’est-à-dire chercher activement et avec urgence une solution politique et diplomatique à ce conflit, et non une solution militaire irréaliste ?

Est-ce que l’Union européenne essaie de mettre tout son poids derrière une initiative de cessez-le-feu ? Pas du tout. Au contraire, elle met comme d’habitude la priorité sur la forme politique, en accordant à l’Ukraine le statut de candidat à l’Union européenne.

Mais de quelle Ukraine candidate parlons-nous ? Quelle sera son économie, son gouvernement, son territoire, dans seulement un an ? Nul ne le sait… On peut aussi se demander pourquoi l’Union européenne donne aujourd’hui priorité à son élargissement futur, alors qu’une sérieuse crise économique et financière, essentiellement auto-infligée, est en cours en Europe, causée par une politique monétaire laxiste, une politique énergétique disjonctée et les sanctions anti-russes. Dans ces conditions, la priorité n’est pas les nouveaux membres potentiels, qui avant tout vont coûter cher aux contribuables européens, en plus des milliards d’euros d’assistance et de prêts (2014-2021) qui probablement ne seront jamais remboursés, et outre les 6 milliards d’euros déjà versés à l’Ukraine depuis le 24 février 2022.

Cette décision d’attribuer le statut de candidat est donc un geste purement politique, comme l’a même admis Macron : « oui, c’est un message politique, je l’assume totalement », et même « symbolique », comme l’a annoncé le Premier ministre belge Alexandre de Croo, indiquant que la décision n’a pas vraiment de valeur réelle. Le média pro-européen Euronews explique même qu’il ne faut pas avoir d’attente de résultat de cette candidature car il s’agit d’« un processus d’adhésion long, complexe et souvent tortueux », qui peut être suspendu ou « renversé si les conditions sous-jacentes ne sont plus remplies ».

En effet, ce statut de candidat n’est en aucun cas une garantie d’adhésion à l’UE et peut durer des décennies, comme le savent la Turquie (depuis 1999) et la Macédoine du Nord (depuis 2005). De plus, encore selon Euronews, « jusqu’au début de cette année, l’Ukraine n’a jamais été considérée comme un candidat sérieux pour entrer dans l’UE. ». Alors qu’est-ce qui a changé depuis quelques mois ? Pourrait-ce être la position envers la Russie qui a été « récompensée », tout comme d’ailleurs le gouvernement pro-occidental de la Moldavie l’a été en recevant elle aussi le statut de candidate à l’UE ?

Un bien meilleur candidat, la Géorgie, n’a pas été « récompensée » de cette manière. Mais la Géorgie n’a pas condamné la Russie et n’a pas participé aux sanctions contre celle-ci. Cette décision de l’Union européenne ne semble donc a priori rien à voir avec la politique économique menée et les niveaux de gouvernance atteints par le pays candidat en question, mais plutôt avec sa position officielle dans le conflit entre l’Occident et la Russie.

 

Il était une fois les quatre libertés

L’Union européenne est devenue une organisation supra-étatique avec des pouvoirs alarmants sur les populations européennes, considérant le peu de contrôle démocratique dont elle fait l’objet. Ses actions politiques sont souvent intrusives et liberticides, comme par exemple le récent vote sur le pass sanitaire européen, ou la politique monétaire inflationniste menée par la Banque centrale européenne. Il est possible de mentionner aussi l’excessive réglementation qu’elle veut imposer dans tous les secteurs économiques du continent, telle la récente décision d’interdire la vente de véhicules neufs à moteur thermique à partir de 2035.

Dans ce contexte dystopique dont le libéral aimerait se réveiller, il est parfois difficile de se rappeler ce qu’elle était jadis. Pendant les années qui suivirent la signature du Traité de Rome en 1957, l’Union européenne était bien loin d’être le monstre bureaucratique et globaliste qu’elle est aujourd’hui. Elle n’était alors qu’une petite organisation ayant pour seul rôle de protéger le libre-échange et la libre circulation de personnes, les fameuses quatre libertés.

Si un tel libéralisme était encore au cœur de la mission et des valeurs de l’Union européenne, des pays pauvres comme l’Ukraine, la Moldavie et les Balkans auraient pu immédiatement adhérer et commencer à échanger. Ces nouveaux membres devraient alors se développer naturellement, c’est-à-dire grâce au capitalisme. Ils ne bénéficieraient pas de la redistribution des États plus productifs vers les moins productifs qui existe aujourd’hui et qui rend politique l’adhésion à l’Union.

Le libéral doit s’opposer à l’Union européenne de 2022, et évidemment à son élargissement, car le libéralisme est antinomique à la planification centralisée. C’est une opposition libérale à toutes les forces politiques centripètes qui essaient de concentrer et centraliser toutes les décisions concernant la vie de centaines de millions d’Européens. Le libéral doit promouvoir toutes les initiatives dans le sens contraire : un soutien à toutes les forces politiques et économiques centrifuges, qui souhaitent donc décentraliser et délocaliser le plus possible la vie politique et économique des Européens.

Comme l’a montré l’historien libéral Ralf Raico, le succès du continent européen a eu lieu « dans un contexte d’entités politiques multiples et concurrentes. » C’était justement grâce à la dispersion du pouvoir chez une multitude de différents États, institutions et guildes, souvent au niveau local, que l’Europe a pu si spectaculairement se développer et s’enrichir. En effet, toutes choses égales par ailleurs, les petites nations ont davantage de succès que les grandes.

L’Union européenne d’aujourd’hui est tout le contraire de ce développement. La volonté de faire avancer les candidatures à l’Union de certains pays et pas d’autres, pour des raisons purement politiques, est un signe de plus de ce qu’est devenue cette organisation. L’ascendance politique de l’Union européenne ne peut donc que faire craindre le pire en ce qui concerne la stabilité et la prospérité futures de l’Europe.

 

 

 

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  • UE ou pas, un grand terrain de jeu comme l’ Ukraine où tout sera à reconstruire doit sérieusement aiguiser des appétits. Ne serait-ce pas la course des faux culs les plus lèche botte à des milliers de kilomètres des balles qui sifflent?

    • Sauf que la question est en train de devenir « qui paiera ? ». Et que l’argent est en train de se raréfier à vitesse grand V. Alors, un terrain de jeu pour les théories écolo de l’UE, aller y reconstruire infrastructures, industrie et agriculture aux normes environnementales les plus modernes, dans un pays au 122e rang pour la lutte contre la corruption, et attendre évidemment en vain le moindre retour sur investissement, merci bien !

  • L’Europe de Bruxelles ce devait être la démocratie, la prospérité et la paix
    Nous avons le totalitarisme, la crise économique, et la guerre
    Il faut donc en sortir

  • L’ Ukraine , Ou plutot ce qu’il en restera dans quelques mois ou années.
    Le peuple Russe n’est pa prés de pardonner a Zelinsky, Macron et Biden !
    La France risque d’en crever : Suivez l’avenir de Renault et de Kourou, ça vous donnera une idée.
    J’explique: Le Passage trés brutal a la voiture electrique, qui va creer un creux giganstesques dans les vantes ,plus la perte de la plus grosse usine du groupe, c’est normalement la mort assurée.
    Pour kourou, la France est incapable finacéeremnt de gere sans l’appoint des fusées russes …. ce sera revendu donné aux americains avant 5 ans !!!

    • Arrêtons avec cette vulgaire propagande pro kremlin relayée avec zele par des populistes souverainistes qui prennent leurs instructions à Moscou.
      Allez donc vivre en russie ce pays de cocagne ou le niveau de vie est 4 fois inférieur à la France……😂😂😂😂

      -4
      • Apres vous !
        J’argumente, je done deux exemples concrets qui pesent des milliards d’euros.
        Vous repondez insultament, vous vous croyez chez Hanouna !

        • Vos arguments ne sont que des reprises de la basse propagande russe
          Vous devriez aller sur RT et Spoutnik ou vous feriez un tabac….😂😂😂.

          -3
  • Les commentaires sont fermés.

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