Gouvernement Borne : ne rien changer pour que rien ne change

Élisabeth Borne est la seconde femme à être nommée à la fonction de chef du gouvernement après Édith Cresson en 1991. Elle est le troisième Premier Ministre d’Emmanuel Macron depuis 2017 (la première depuis sa réélection en 2022) et à la tête du quatrième gouvernement de celui-ci après Édouard Philippe (I & II) et Jean Castex.

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Elisabeth Borne By: Jacques Paquier - CC BY 2.0

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Gouvernement Borne : ne rien changer pour que rien ne change

Publié le 22 mai 2022
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Un mois après sa réélection et à trois semaines des élections législatives, le président de la République (sur proposition du Premier ministre) a choisi son gouvernement. L’attente a été longue, ne serait-ce que par les spéculations sur le nom du successeur de Jean Castex. Sinon, on garde les mêmes et on continue. Deux surprises cependant : le maintien du garde des Sceaux et le nouveau titulaire de la rue de Grenelle.

Il faut dire que, soutenu par une coalition hétéroclite qui a fini par se traduire par la création de « Ensemble ! » (cf. infra) l’équilibre gouvernemental a été difficile à trouver.

Le « en même temps » du premier quinquennat se traduit ainsi pour Jupiter : parité homme/femme, parité dans les soutiens tout en cassant les ambitions individuelles, plaire à la droite mais aussi à l’extrême gauche, montrer à tous que le politique prime sur tout et tout le monde.

Le gouvernement d’Élisabeth Borne comprend 27 membres, contre 40 pour le dernier gouvernement. La moyenne d’âge est de 48 ans versus 51 ans pour le gouvernement Castex.

Au 20 mai 2022, la parité est respectée chez les ministres de plein exercice (8 femmes et 9 hommes) et dans le gouvernement au complet (13 femmes et 14 hommes) mais on dénombre 5 hommes ministres délégués contre une femme, 4 femmes secrétaires d’État ; une seule femme occupe un ministère régalien contre 4 hommes. Il n’y a aucun ministre d’État.

L’équipe gouvernementale réunit des membres de cinq des huit partis membres de la coalition parlementaire majoritaire à l’Assemblée nationale « Ensemble » (Renaissance – ex-LREM ; Territoire de Progrès ; MoDem ; Horizons ; Agir ; En Commun ; Le Parti Radical ; la Fédération Progressiste). Renaissance (ex-LREM), le parti du président de la République, récolte 14 postes (la Première ministre, 8 ministres, 3 ministres délégués et 2 secrétaires d’État), dont 6 avec une double affiliation Renaissance/TdP. On dénombre un ministre issu de Territoire de Progrès sans double affiliation, un ministre MoDem et un secrétaire d’État apparenté, 1 ministre délégué d’Horizons et 1 ministre délégué d’Agir. Le gouvernement comprend également 3 membres sans étiquette (2 ministres et 1 ministre délégué), 2 ministres divers droite, 3 ministres divers gauche.

Pourtant, ce gouvernement aura une vie de courte durée. Les élections législatives pourraient bien rebattre les cartes. Enfin, au-delà des nominations et des terminologies, on attend les décrets définissant les périmètres d’actions des différents ministères.

La composition du gouvernement Élisabeth Borne I

  • Mme Élisabeth BORNE Première ministre, chargée de la planification écologique et énergétique :
    • M. Olivier VERAN, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la vie démocratique
    • Mme Isabelle ROME, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances
    • Mme Olivia GREGOIRE, secrétaire d’État porte-parole du gouvernement
    • Mme Justine BENIN, secrétaire d’État chargée de la mer
    • Mme Charlotte CAUBEL, secrétaire d’État chargée de l’enfance
  • Bruno Le MAIRE, ministre de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique :
    • M. Gabriel ATTAL, ministre délégué chargé des Comptes publics
  • Gérald DARMANIN, ministre de l’Intérieur :
    • M. Christophe BECHU, ministre délégué chargé des Collectivités territoriales
  • Mme Catherine COLONNA, ministre de l’Europe et des affaires étrangères :
    • M. Franck RIESTER, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité
    • M. Clément BEAUNE, ministre délégué chargé de l’Europe
    • Mme Chrysoula ZACHAROPOULOU, secrétaire d’État chargée du Développement, de la francophonie et des partenariats internationaux
  • Éric DUPOND-MORETTI, garde des Sceaux, ministre de la Justice
  • Mme Amélie de MONTCHALIN, ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires
  • Pap NDIAYE, ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse
  • Sébastien LECORNU, ministre des armées
  • Mme Brigitte BOURGUIGNON, ministre de la santé et de la prévention
  • Olivier DUSSOPT, ministre du Travail, du plein emploi et de l’insertion
  • Damien ABAD, ministre des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées
  • Mme Sylvie RETAILLEAU, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche
  • Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire
  • Stanislas GUERINI, ministre de la Transformation et de la fonction publiques
  • Mme Yaël BRAUN-PIVET, ministre des Outre-mer
  • Mme Rima ABDUL-MALAK, ministre de la Culture
  • Mme Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre de la Transition énergétique
  • Mme Amélie OUDEA-CASTERA, ministre des Sports et des jeux Olympiques et Paralympiques

 

Décret du 16 mai 2022 portant nomination du Premier ministre – Légifrance (legifrance.gouv.fr)

Décret du 20 mai 2022 relatif à la composition du gouvernement – Légifrance (legifrance.gouv.fr)

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  • Si je comprends bien, Darmanin et Le Maire redoublent?

    • Et le petit Véran s’est pris un coup de règle sur les doigts.
      Jamais la lecture du JO ne m’avait provoqué un tel orgasme.

  • Banalité : le changement dans la continuité, tout continue ça ne change pas.

  • Toujours les mêmes têtes à claque.
    Et que dire du mépris que le nouveau ministre de l’éducation (nationale?) affiche sur son visage?
    La formule du Guépard en pire!

  • Un joli jeu de chaises musicales : on garde les principaux boulets en les changeant de place et peu importe s’ils n’y connaissent rien dans leur nouveau domaine.
    La transition écologique tant vantée par le président néo-écolo ? On met Montchalin et Pannier-Runacher, ça tombe bien, elles n’ont absolument aucune expérience sur l’environnement.
    L’économie qui déraille ? Gardons la plume de Bercy, l’homme dont le principal obstacle est l’intelligence, Bruno le rigolo. Et en cadeau, on lui confie aussi l’industrie tellement il est bon !
    La violence urbaine qui se propage dangereusement ? Continuons avec l’Iznogoud de Tourcoing, à chasser les fumeurs de hakik et les vilains fans de techno rurale, et fermons les yeux sur les petits détails comme les dizaines de suicides parmi les forces de l’ordre (déjà plus de 30 cette année). Et gardons aussi le grand Acquitator, pour être sûr que les vrais délinquants n’aillent pas en prison.
    Mais pour ne pas que ça se voit trop, on a quand même quelques changements :
    – Damien Abad, pour le petit scandale judiciaire qui rappelle celui de Darmanin en 2020
    – Pap Ndiaye, histoire de faire hurler la droite,
    – Catherine Colonna, parce que Macron adore les profils SciencePo/ENA/YoungLeader,
    – et une ministre des JO, qui était une camarade de promo de Macron à l’ENA.
    ….
    Et cerise sur le gâteau du mépris envers les français, ils appellent ça « Renaissance » !

  • Parmi tous ces gens qui composeront le gouvernement, combien ont ils un chance d’être élus le 12 juin ?.

    • Je trouve du dernier ridicule de faire démissionner les battus. La fonction de ministre n’est pas celle d’élu local. Cela revient, en quelque sorte, à donner à une partie des électeurs, ceux d’une circonscription, un pouvoir qui revient à l’Assemblée nationale, celui de censurer un Gouvernement. Quel démérite aurait un ministre à être battu face à une grande figure locale ?
      Au contraire, c’est s’ils sont élus que les ministres devraient démissionner. Ils ne doivent pas solliciter les suffrage des électeurs s’ils n’ont pas l’intention de sièger à l’Assemblée nationale s’ils sont élus.

  • « M. Olivier VERAN, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la vie démocratique ».
    C’était pas lui qui intimait l’ordre aux députés de dégager s’ils n’étaient pas d’accord? Je pense que là on va pouvoir parler de « relation toxique »…

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