David Lisnard, l’espoir du libéralisme français

La nouvelle droite doit opposer au danger mélenchonien de l’anticapitalisme « la liberté et le capitalisme populaire ».

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David Lisnard by Jean Francois Fournier(CC BY-NC 2.0)

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David Lisnard, l’espoir du libéralisme français

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 mai 2022
- A +

Depuis le retrait de la vie politique d’Alain Madelin, les libéraux sont orphelins d’un homme politique de premier plan. David Lisnard sera-t-il celui-là ?

Force est de constater la montée en puissance du maire de Cannes depuis plusieurs mois.

Tout d’abord, le président de Nouvelle Énergie n’a pas hésité à signer la tribune collective « Le libéralisme, ce mot interdit en France » parue dans Le Figaro le 22 avril. Certes, des hommes politiques ont pu se revendiquer du libéralisme par ignorance ou, plus souvent, par opportunisme, mais ici rien de tel puisque la tribune développe expressément les thèmes du libéralisme classique.

Ce sont surtout les dernières sorties médiatiques de David Lisnard qui retiennent l’attention. Ainsi, au soir du second tour, il a fait paraître un communiqué de haute tenue qui, s’il n’use pas du terme libéral, manifeste sur l’essentiel d’une congruence avec les grands thèmes libéraux en trois parties : un État performant, une société prospère, une nation unie. Dans la perspective des élections législatives, un entretien au Figaro du 28 avril vient préciser ses propos.

Le rôle de l’État

En premier lieu, David Lisnard s’attaque à la question essentielle de l’État. Il manifeste une volonté de rupture avec « quarante ans d’échecs, de conformisme, de social-démocratie et d’étatisme », avec, dit-il encore, un social-étatisme dépensier, et il entend promouvoir la « garantie de la liberté de chacun, celle qui précède le choix et l’action ». Le constat est lucide et courageux. Le maire de Cannes entend reconfigurer les limites de l’État, un thème central du libéralisme : il souhaite « un État efficace, prescripteur et non producteur », un État « qui libère », recentré « sur ses grandes fonctions souveraines ». Et cela parce que l’État est non seulement dépensier comme il ne l’a jamais été mais, paradoxalement, faible « sur ses missions régaliennes, qui constituent pourtant sa raison d’être ». Un constat opéré par les libéraux depuis de longues années.

Il ne s’agit pas seulement de grands principes, mais aussi de donner la marche à suivre pour les mettre en pratique. Aussi se concentre-t-il sur la question primordiale des finances publiques. Au lieu de les considérer séparément comme le font trop souvent nombre de ses collègues, il fait un lien entre la baisse de la dépense publique et l’allègement des prélèvements obligatoires en ayant à l’esprit « la bombe à retardement que constitue la dette ».

Il soutient -c’est l’un de ses leitmotiv- le respect de la subsidiarité, et il se caractérise sans doute comme le seul homme politique français actuel à en comprendre la portée et à insister sur sa nécessité. Le fait qu’il ait été élu à la présidence de l’Association des maires de France apparaît cohérent avec sa volonté de promouvoir les libertés municipales et plus largement les libertés locales, parents pauvres de la décentralisation manquée dans notre pays. Il insiste avec justesse sur le fait que la subsidiarité ne signifie pas un État faible, bien au contraire : c’est parce qu’il sera recentré sur ses véritables fonctions et qu’il cessera de se mêler de ce qui ne le regarde pas qu’il pourra se révéler enfin efficace et assurer la sécurité -intérieure et extérieure- qu’il doit aux Français.

En second lieu, et au titre d’une société prospère, David Lisnard défend avec persévérance le « capitalisme populaire » et la retraite par capitalisation, en n’hésitant pas ainsi à user d’expressions pourtant peu en cours dans notre pays.

En dernier lieu, face à ceux qui bafouent notre culture et à ceux qui, au contraire, ont les yeux rivés sur l’identité nationale, il rappelle l’importance de la civilisation française comme creuset des valeurs communes et de l’assimilation républicaine.

Le rôle des Républicains

David Lisnard entend donner le cap à la droite, engluée dans la « social-démocratie étatiste qui gouverne la France depuis quarante ans ». Pour subsister et plus encore prospérer, les Républicains doivent « redonner sa grandeur à la liberté et l’initiative individuelle ». Ils doivent être, dit-il joliment, « le parti de tous ceux qui veulent maîtriser leur destin ». Le président de Nouvelle Énergie rappelle que le danger qui menace la France est celui de tous les extrêmes, et pas simplement celui de l’extrême droite. La nouvelle droite doit opposer au danger mélenchonien de l’anticapitalisme « la liberté et le capitalisme populaire ». Bien qu’il ne l’exprime pas ainsi, David Lisnard lance un appel afin que les Républicains se débarrassent de leurs oripeaux conservateurs et qu’ils cessent de pratiquer une politique similaire ou semblable à celle de leurs concurrents comme ils l’ont trop souvent fait ces dernières années.

Les libéraux ne croient pas à l’homme providentiel, encore moins aux « grands hommes » justement brocardés par Frédéric Bastiat. Il n’en demeure pas moins que, pour qu’une doctrine vive, il convient non seulement qu’elle soit pensée par des intellectuels et qu’elle rencontre un écho au sein de la société civile, mais encore qu’elle soit entérinée par des hommes politiques qui se chargent de mêler le souhaitable au possible. Car, en politique comme en économie, c’est l’offre qui crée la demande.

Il faut souhaiter que David Lisnard porte haut les espoirs qui sont placés en lui.

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  • Il a désinfecté la plage de Cannes.
    Ce type est un maboul.

    -2
  • Le discours de David Lisnard est très séduisant, je l’avoue.
    Cependant, je n’oublie pas qu’en pleine psychose covidienne, il fit désinfecter les plages de Cannes à l’eau de Javel, pour rassurer sa population a t’il dit.
    J’ai du mal à faire confiance à un homme qui prend ses administrés pour des demeurés. Nous avons déjà ce qu’il nous faut avec la macronie…

    -2
    • Ce qu’il ne faut pas lire… Il n’a jamais « javellisé » les plages comme vous le dîtes. Le nettoyage des plages est une opération annuelle depuis plusieurs années effectuée dans de nombreuses villes du littoral azuréen. Estrosi le fait également à Nice.

      • Moi aussi j’aime beaucoup David Lisnard et j’aimerais que son message libéral soit entendu, fasse des émules.
        Mais il a bien fait désinfecter les plages, après avoir fait désinfecter les rues d’ailleurs. L’opération annuelle de nettoyage des plages n’a rien à voir avec ce qui a été fait en 2020, même si je peux comprendre l’argument « rassurer les vacanciers pour qu’ils viennent ». J’aurais de loin préféré qu’il proclame qu’une telle mesure n’ayant aucune utilité, il ne la ferait pas (ridiculisant du même coup Estrosi, l’idiot utile qui voulait supprimer les allocations chômage aux non-vaccinés).
        Mais je ne lui jette pas la pierre, nul n’est parfait, et vu qu’il est bien seul à porter un message un tant soit peu libéral, je ne vais pas le blâmer.
        https://leparisien.fr/societe/sante/coronavirus-a-cannes-les-plages-sont-desinfectees-31-05-2020-8327115.php?xtor=AD-366

  • Je pense que vous ne l’avez pas entendu parlé de Culture. A l’écouter c’est la porte ouverte à plus de musées publics subventionnés, plus d’expositions et spectacles sans spectateur mais subventionnés, plus d’intermittents du spectacle… Un discours digne de Jack Lang de droite. Il doit se rêver en ministre de la Culture de Macron. Il vit beaucoup trop dans les salons Cannois et Parisiens. Il a un discours marketing qui s’adapte en fonction de son auditoire.
    Seul Denis Payre a tenté d’avancer des idées libérales à la primaire de droite, mais il n’a même pas été sélectionné pour y participer. Le libéralisme se meurt progressivement à droite, il va se diluer dans le macronnisme.

    -1
    • Vous devez mal le lire. Il propose tout l’inverse. Ce qu’il souhaite c’est que la culture soit plus et mieux enseignée aux jeunes à travers une culture 100% EAC leur permettant un accès approfondi à la culture. Il considère la culture, au même titre que le sport, comme un facteur d’émancipation et d’élévation.

      Son discours n’a jamais évolué, revoyez toutes ses propositions sur la décentralisation, ses alertes sur l’open bar budgétaire etc.. certaines datent de plus d’une dizaine d’année, alors que ces sujets n’étaient jamais évoqués dans le débat public.

      Concernant Denis Payre, justement il est le premier à vanter les idées et le pragmatisme de David Lisnard. Le maire de Cannes n’a jamais souhaité une portefeuille ministériel. Il a même déjà refusé une fonction nationale fin 2017. Il ne fait pas partie de cette droite qui renonce à leurs convictions par opportunisme. Il est fidèle à ses valeurs, ses principes, droit dans ses bottes et il trace sa route.

  • Je lis quand même sur sa fiche Wikipédia qu’il a préconisé la vaccination obligatoire contre le covid – lors de son itw du 16/01/22 avec S. Mabrouk sur Europe 1.
    Des libéraux comme ça…

    -1
    • D’accord avec vos remarques, mais vu l’océan de médiocrité, ça reste l’un des meilleurs

      • Qu’il vienne avec son vaccin, et on pourra vérifier l’adage : « ce sont les meilleurs qui partent les premiers ».
        Ce type me menace physiquement, ainsi que toute ma famille.

    • Apparemment il y a sur CP des gens qui apprécient un « libéral » qui préconise la vax obligatoire contre une maladie aussi grave qu’un bon rhume…
      Des « libéraux » comme ça…

      • Il y a hélas des « libéraux » qui prétendent juger des risques à la place de ceux qui sont concernés, et se moquer d’eux s’ils ne suivent pas LEURS préconisations « libérales »…
        Quand on a le jugement personnel qu’un rhume est un étalon valable pour n’importe quelle infection virale, ok, c’est votre affaire, mais on évite de se poser en donneur de leçons.

        -2
        • Ceux qui préconisent le vaccin pour tout le monde eux aussi jugent les risques à la place des concernés. Et ils viennent aussi se moquer d’eux un peu partout.

          La différence principale c’est que les vaccinophiles ont eu le pouvoir et pulvérisé les libertés civiles y compris des vaccinés, les vaccinophobes n’ont eu qu’un quart d’heure de tribune avant d’être éliminés du débat publique, de se voir accusés de vouloir « tuer papy » etc.

          Par ailleurs, le rhume est une des causes de décès majoritaire dans les EHPAD depuis fort longtemps…

  • Avatar
    The Real Franky Bee
    4 mai 2022 at 18 h 43 min

    Un conseil : ne pas se fier aux déclarations d’un Lisnard ou autre. En témoigne, le spectaculaire et affligeant revirement d’Objectif France et de Rafik Smati vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Tout le monde a vu la violence de notre système en 2017 face au programme de François Fillon, donc pas grand monde n’a les c… de porter de nouveau un tel projet de bout en bout. Pour cela, il faudrait un homme ou femme d’Etat avec une vision d’avenir qui sort de l’idéologie ambiante (espèce plutôt rare).

  • Je retiens qu’il soutient la retraite par capitalisation et la subsidiarité. Voilà qui devrait sauver plusieurs ordres de grandeur de gens de plus que les histoires de désinfection qui obnubilent la plupart des commentateurs ici.

    • En effet, s’il est loin d’être parfait sur tous les plans, il a un discours bien plus libéral-compatible que les autres politiciens français actuels.

      C’est bien d’être « pur » dans son libéralisme classique, son minarchisme, son anarcho-capitalisme etc. mais clairement on y arrivera pas du jour au lendemain, et il faudra sans doute passer par pas mal de nuance de gris, avant d’y parvenir. Lisnard est au moins un pas dans le bonne direction même s’il a raconté (et fait) des bêtises quand tout le monde ou presque en racontait et en faisait !

      • Le problème, c’est que quand vous êtes discriminé dans votre propre pays, où vous payez des impôts, aujourd’hui encore, parce que vous n’êtes pas vax avec un produit expérimental qui ne protège pas de la contamination avec un virus dont la gravité se situe au niveau d’un rhume – c’est mon cas : pas possible d’entrer à l’hôpital aujourd’hui encore, et je n’oublie pas les soignants et pompiers suspendus sans salaire – il est compliqué d’accorder sa confiance à M. Lisnard. À mes yeux la position sur la politique vax est une ligne rouge, parce que très concrètement cela a des conséquences scandaleuses et même vitales pour certains. À moins qu’il n’ait évolué sur la question, ce qui serait la moindre des choses compte tenu de l’évolution des connaissances depuis un moment.
        Macron aussi se disait libéral avant d’être élu pour la 1ère fois (il avait même bénéficié du soutien de G. Koenig). On a vu ce que ça a donné.
        Le libéralisme économique c’est bien : je suis pour. Mais l’économie n’est pas le seul aspect du libéralisme, qui est d’abord une philosophie de la liberté et de la responsabilité individuelles. Chose que certains, même ici, semblent avoir du mal à comprendre (je ne parle pas de vous) et qui personnellement m’interloque au plus haut point. Le régime chinois actuel est manifestement plus favorable à la liberté économique que le régime français. Mais c’est un régime communiste, avec tout ce que cela signifie d’atteintes gravissimes aux libertés autres qu’économiques. Jamais je ne ferai l’apologie du régime communiste chinois.
        Lisnard, j’attends de voir si sa position évolue sur le covid ; en attendant, c’est une ligne rouge.

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