Elon Musk vient-il de sauver la liberté d’expression ?

L’achat d’une part de Twitter par Elon Musk pourrait être exactement ce que les défenseurs de la liberté d’expression attendaient.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Elon Musk - The Summit 2013 on wikimedia commons - Creative Commons Attribution 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Elon Musk vient-il de sauver la liberté d’expression ?

Publié le 9 avril 2022
- A +

Par Jon Miltimore.

 

Ce week-end, le PDG de Twitter, Jack Dorsey, a fait des commentaires qui semblent confirmer certains de mes soupçons.

Depuis quelque temps, je me demande si Dorsey n’est pas en train de se réveiller tranquillement (ces tweets sur le bitcoin, l’inflation et Murray Rothbard ne sont pas passés inaperçus – du moins pas par nous). Et ces commentaires de samedi indiquent que, comme le Dr Frankenstein, il commence à voir le monstre qu’il a créé.

« Les beaux jours de Usenet, d’IRC, du Web… et même de l’email (avec PGP)… étaient incroyables. La centralisation de la découverte et de l’identité dans les entreprises a vraiment endommagé l’Internet », a tweeté Dorsey. « Je réalise que je suis partiellement à blâmer, et je le regrette ».

Cette prise de conscience est importante mais aussi complexe. La censure en entreprise est une question épineuse pour les libertariens, qui d’une part soutiennent la liberté d’expression mais d’autre part reconnaissent le droit des entreprises privées telles que Twitter, Facebook et YouTube de supprimer du contenu et des utilisateurs pour les raisons qu’elles souhaitent, même si cela crée une culture étouffant la recherche, le débat et l’expression.

Malheureusement, c’est précisément la culture que la Big Tech a créée – en grande partie à cause de l’abandon par les entreprises américaines de la doctrine de Friedman, qui soutenait que la responsabilité sociale incombait aux actionnaires des entreprises, et non aux dirigeants. Dorsey semble l’avoir compris.

Il n’est pas exagéré de dire que j’ai ressenti un sentiment de désespoir face à la censure de la Big Tech, en particulier pendant la pandémie. Il y a quelque chose de sombre et de dystopique dans le fait qu’une poignée de sociétés travaillant directement avec le gouvernement censurent et bloquent des personnes pour avoir partagé des « informations erronées ».

La réflexion de Dorsey semblait être un pas dans la bonne direction pour une question épineuse – admettre le problème est le premier pas sur la voie de la guérison. Puis quelque chose de bien plus important s’est produit.

Lundi, on a appris que le fondateur de Tesla, Elon Musk, avait acquis une participation de 9,2 % dans Twitter. La nouvelle de cet achat a fait grimper en flèche le cours de l’action Twitter dans les transactions de pré-marché. Plus important encore, cet achat fait de Musk le principal actionnaire de l’entreprise.

Il s’agit d’un événement important, car avant la nouvelle de l’achat, des rumeurs avaient circulé selon lesquelles Musk pourrait lorgner sur Twitter pour aider à corriger la direction de la liberté d’expression.

« La liberté d’expression est essentielle au bon fonctionnement d’une démocratie », a tweeté Musk le 25 mars, « Pensez-vous que Twitter adhère rigoureusement à ce principe ? ».

Les réponses au sondage de Elon Musk étaient unilatérales – plus de 70 % des deux millions de votants ont répondu « non » – et les analystes estiment que l’achat de Musk est la preuve qu’il a l’intention de jouer un rôle actif dans la gestion de Twitter.

Dan Ives, analyste technologique chez Wedbush Securities, a déclaré à CNN :

« Je pense qu’il a l’intention de jouer un rôle actif et de forcer le changement chez Twitter. C’est un coup de feu à travers l’arc au conseil d’administration et à l’équipe de direction de Twitter pour entamer des discussions« .

Ceci est significatif car, comme Dorsey y a fait allusion, l’internet a été centralisé sous le parapluie d’une poignée de sociétés, ce qui facilite pour le gouvernement une externalisation efficace de la censure des discours problématiques, généralement sous couvert de protection des Américains contre la désinformation ou les discours de haine.

Jusqu’à présent, la Big Tech a surtout joué le jeu avec le Big Government. Mais Dorsey et Musk semblent reconnaître que quelque chose est pourri dans la Silicon Valley. Et l’un d’entre eux, au moins, semble prendre des mesures pour y remédier. C’est d’une importance vitale, car la liberté d’expression fait partie intégrante de la liberté et de la quête humaine de la vérité.

… si nous voulons vraiment comprendre pourquoi la liberté est nécessaire dans une société civilisée, » a un jour observé le grand reporter américain Walter Lippman, « nous devons commencer par réaliser que, parce que la liberté de discussion améliore nos propres opinions, les libertés des autres hommes sont notre propre nécessité vitale.

Depuis des années, alors que la censure de la Big Tech devenait de plus en plus agressive, les champions de la liberté ont insisté sur le fait que le marché était la solution au problème, et non le gouvernement.

L’achat important de Twitter par Elon Musk pourrait être exactement ce que nous attendions.

Sur le web

 

Traduction Justine Colinet pour Contrepoints

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Avatar
    jacques lemiere
    9 avril 2022 at 8 h 40 min

    twitter ‘ou facebook ou contrepoint ne sont le terrain de la guerre pour la liberté d’expression..

    ce qui importe sont les lois qui culpabilisent l’expression de certaines idées ou les médias pour les rapporter.

    les médias doivent POUVOIR être un contre pouvoir..

    les medias existent pas pour faire plaisir au pouvoir mais en tant qu’entreprises..l’action de l’état les favorise..c’est de la bête connivence..

  • Les heureux temps de Usenet sont finis, ils ne faut pas s’illusionner, ils ne reviendront pas. C’est une question d’état d’esprit chez les contributeurs, et les teneurs de réseaux n’ont eu qu’un rôle très secondaire dans cette disparition.

  • Plus il y aura de concurrence et d’acteurs dans médias plus il y aura de liberté d’expression et chacun choisira celui qu’il préfère payant ou gratuit. Par besoin du régulateur soi disant moral. Il y a « parler » concurrent de tweeter, c’est classé comme extrême droite par les bien pensants mais si tweeter vous ferme le clapet eh bien celui non.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Robby Soave. Un article de Reason

 

L'année dernière, la comédie originale de Dave Chappelle, The Closer, a suscité l'ire de la communauté des activistes transgenres, et Netflix est devenu la cible de protestations. Ted Sarandos, co-PDG du géant du streaming, a d'abord défendu le droit de Chappelle à créer des comédies offensantes, mais il est revenu quelque peu sur ses commentaires dans le but d'apaiser "un groupe d'employés qui ressentaient certainement de la douleur et de la souffrance."

Il était donc diffic... Poursuivre la lecture

Les censeurs du monde entier retiennent leur souffle : Elon Musk a suspendu temporairement l’accord de rachat de Twitter, occasionnant une plongée en bourse de la célèbre entreprise à l’oiseau bleu. Avant de l'acquérir, le milliardaire voudrait évaluer le nombre de faux comptes et de spam sur le réseau, que ses administrateurs estiment à environ 5 %.

Elon Musk a bien précisé qu’il avait toujours l’intention de reprendre Twitter pour en faire une véritable zone de libre expression, au grand dam d’une improbable coalition de progressiste... Poursuivre la lecture

Donald Trump est de retour sur Twitter. Pas encore, mais presque. Elon Musk a en effet annoncé qu’il rétablirait le compte de l’ancien président Américain une fois l’OPA terminée, en ajoutant que le bannissement de Donald Trump était, selon ses propres mots : stupide, stupide et moralement condamnable.

Aussitôt, la planète libérale-quand-ça-m-arrange a hurlé au sacrilège et au loup en dénonçant un risque de perte de pluralisme et de dérive idéologique qui déboucherait sur la privation des libertés, dont la sacro-sainte liberté d’expres... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles