Gloria Alvarez, la passionaria libérale venue d’Amérique latine

Un entretien avec Gloria Alvarez, l’influenceuse libérale la plus connue dans le monde (première partie).

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gloria alvarez (collection personnelle de l'auteur)

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Gloria Alvarez, la passionaria libérale venue d’Amérique latine

Publié le 3 mars 2022
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Gloria Alvarez, la passionaria libérale, dit tout et c’est dans Contrepoints !

Elle s’exprime pour la première fois en France.

Gloria Alvarez est une jeune femme influente. Auteur de trois livres, conférencière très sollicitée en Amérique latine, en Espagne ou aux USA, hyper active sur les médias sociaux avec 377 000 followers sur Twitter et 242 000 sur Instagram, elle est sans doute l’influenceuse libérale féminine numéro un dans le monde ! Elle prône le libéralisme dans tous les domaines. Liberté, frontières, aide internationale, drogues, féminisme, programme pour une présidentielle, élection française, auteurs préférés… Beaucoup de sujets sont abordés dans sa riche et longue interview à distance, réalisée par Raphaël Krivine le 2 février 2022. À titre exceptionnel, l’entretien est disponible en français et en anglais.

She expresses herself for the first time in France, and it is in Contrepoints.

Gloria Alvarez is a powerful young woman. Author of 3 books, a much sought-after speaker, in Latin America Spain and the USA, hyper active on social media with 377 000 followers on Twitter and 242 000 on Instagram, she is perhaps the No. 1 female libertarian influencer in the world!  She advocates liberalism in all areas. Freedom, borders, international aid, drugs, feminism, program for a presidential election, French election, favorite authors… Many topics are discussed in her rich and long interview conducted on february 2, 2022 by Raphaël Krivine.

 

Contrepoints : Pouvez-vous vous présenter en disant quelques mots sur votre parcours universitaire ?

Gloria Alvarez : Je suis originaire du Guatemala et j’ai des racines hongroises et cubaines. J’ai fréquenté une université très particulière, l’Université Francisco Marroquin, qui a accueilli l’an dernier, en novembre, la réunion de la Société du Mont Pèlerin, l’une des rencontres les plus prestigieuses entre libéraux classiques, libertariens et capitalistes du monde entier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je n’ai pas choisi cette université en connaissant le libéralisme classique, bien sûr, car en Amérique latine, ces idées n’avaient jamais été populaires.

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai compris à quel point cette université était unique, parce que son fondateur, cet ingénieur guatémaltèque, Manuel Ayau, avait beaucoup de contacts avec la Foundation for Economic Education, avec Leonard E. Read, son célèbre essai I, Pencil. Puis il a rencontré Milton Friedman, Ludwig Von Mises et Hayek. Tous ces efforts se sont transformés en un projet à très long terme, à savoir la création d’une université qui vient de fêter ses cinquante ans. Elle a été très utile pour amener des professionnels de différents horizons – ingénierie, médecine, publicité, affaires internationales et sciences politiques dans mon cas – à ces idées et pour relier le Guatemala au mouvement du libéralisme classique dans le monde entier.

Contrepoints : Can you introduce yourselves with some words about your education? 

Gloria Alvarez : I am originally from Guatemala with Hungarian and Cuban roots. I went to a very unique university called University of Francisco Marroquin, which actually last year in November hosted The Mont Pèlerin Society meeting, which is one of the most prestigious meetings between classical liberals, libertarians, capitalists from all around the world since the end of World War Two until now. I didn’t choose that university knowing anything about classical liberalism, of course, because in Latin America these ideas had never been popular.

And after I graduated from there, I understood how unique this university was, because this guatemalan engineer, Manuel Ayau, had a lot of contacts with the Foundation for Economic Education, with Leonard E. Read and his famous essay I’ Pencil. Then he got to meet Milton Friedman, Ludwig Von Mises and Hayek.

All these efforts turned into a very long term project for him, which was creating a university, and little by little, the university just turned 50 years last year. It has been very helpful into bringing up first of all, professionals from different backgrounds, engineering, medicine, advertisement, international affairs, and political science in my case to these ideas of course, economists and business people, and also connecting Guatemala with the movement of classical liberalism all around the world.

 

… Et ensuite vous avez découvert l’aide internationale ? 

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai commencé à chercher des bourses d’études. Je voulais travailler dans le développement international. J’avais la vision très utopique que la Banque mondiale, le Fond monétaire international, les Nations unies, Oxfam et toutes ces grandes agences avaient pour mission de mettre fin à la pauvreté, et je voulais y travailler dans ma perspective de marché libre. Mais plus j’étudiais en master en développement international, plus j’apprenais à connaître des gens comme William Easterly et son célèbre livre, The White Man’s Burden, Why the West’s efforts to aid the rest have done so much ill and so little good, ou Dambisa Moyo, l’économiste africaine qui a écrit Dead aid: why aid is not working and how there is a better way for Africa.

J’ai compris que toutes ces agences d’aide internationale nuisaient en fait à toute possibilité de mettre fin à la pauvreté. J’ai donc fait du travail de terrain à Rome avec des immigrés sénégalais et j’ai pu les interviewer. J’ai compris que le problème du tiers monde est qu’il veut se développer, mais que toutes les routes pour les marchés sont très difficiles.

Des immigrés sénégalais de 19 ans, qui travaillaient dans de très mauvaises conditions, en vendant des sacs chinois devant l’Opéra de Rome, m’ont dit :

Vous voyez l’hypocrisie des Européens parce qu’ils ont l’UNICEF et Oxfam et ils envoient de l’argent en Afrique. Mais tout cet argent va à nos dictateurs et ces dictateurs créent la guerre et cette guerre fait qu’il est difficile pour moi de travailler. Alors que si je viens ici et que j’envoie de l’argent à ma famille directement par Western Union, ils me persécutent. Ils ne me donnent pas de visa, alors je ne comprends pas le marché avec les Européens. Ils disent qu’ils veulent développer l’Afrique, mais ils ne veulent pas utiliser le libre-échange et ils ont mis en place un protectionnisme généralisé, de l’agriculture à l’énergie.

J’ai vu exactement le même problème que les latino-américains rencontrent quand ils vont aux États-Unis. De là est née ma passion pour la défense de la liberté absolue et un rejet complet de faire partie de ce récit de l’aide internationale.

And then you discovered international aid ? 

After I graduated from that, I started looking for scholarships. I wanted to work in international development. I still have the very utopian vision that the World Bank, the International Monetary Fund, the United Nations, Oxfam and all these big agencies where in the business of ending poverty, and I wanted to work on them from my free market perspective but the more I studied master degrees in international development, I got to know people like William Easterly and his famous book, The White Man’s Burden, Why the West’s efforts to aid the rest have done do much ill and so little good, or Dambisa Moyo, the African economist that wrote Dead aid: why aid is not working and how there is a better way for Africa.

I understood that all these international aid agencies are actually harming any possibility of poverty ending. So I did some field work in Rome with Senegalese immigrants and from first hand experience interviewing them. I understood that the problem in the Third world is that they want to develop, but all the roads for markets are highly difficult. Senegalese immigrants that were like 19 years old, that were working in really bad situations, selling like Chinese bags outside the Opera of Rome, they said to me. Well, you see the hypocrisy of the Europeans because they have UNICEF and Oxfam and they send money to Africa.

But all that money goes to our dictators and those dictators create war and that war makes it hard for me to work. Whereas if I come here and I send money back home directly through Western Union to my family, they persecute me. They don’t give me a visa so I don’t understand the deal with Europeans. They say they want to develop Africa, but they don’t want to use free trade and they had protectionism all over the place from agriculture to energy to everything that they have.” When I saw that, I saw the exact same problem that Latin Americans face when they go to the United States and all of those findings created my passion for advocating for absolute freedom and also a complete rejection to being part of that narrative of the international aid.

Comment avez-vous acquis votre notoriété ?

Après Rome, je suis retournée au Guatemala et j’ai refait de la radio. J’en faisais à temps partiel quand j’étais à l’université. Et j’ai commencé à transmettre ces idées aux jeunes, indépendamment de ce qui se passait politiquement dans mon pays. Mon message a toujours été de dire : « vous ne pouvez pas contrôler qui est votre président, surtout si vous êtes en Amérique latine ».

Si vous lisez Atlas Shrugged d’Ayn Rand, vous verrez que les profiteurs, les pillards et leurs copains sont partout, alors il faut se demander ce que vous pouvez faire dans votre sphère individuelle, quelles que soient les conditions, pour sortir du seuil de pauvreté. Avec ce message, j’ai commencé à acquérir une certaine notoriété dans mon pays.

Ayn Rand credits Ian (CC BY-NC 2.0)

Et j’étais assez satisfaite, car même si mon travail ne payait pas beaucoup, je savais au moins que petit à petit, individuellement, j’aidais des jeunes Guatémaltèques à obtenir une bourse d’études ou à investir dans leur propre éducation, indépendamment de qui était au pouvoir. C’est ainsi que quelques années plus tard, grâce à d’autres métiers que j’ai commencé à exercer (dans les médias sociaux, dans une banque et dans une société de téléphonie mobile), j’ai prononcé un discours en Espagne en 2014 qui est devenu viral.

Depuis, j’ai donné environ 4000 conférences dans toute l’Amérique latine, aux États-Unis et en Europe ! Internet, qui est le pays le plus libre du monde, offre beaucoup d’opportunités à ceux qui promeuvent le libéralisme classique dans le monde et le capitalisme, des concepts que normalement la télévision, la radio et les journaux ne veulent pas couvrir…

How have you built your notoriety ?

After Rome, I went back to Guatemala and radio. I used to do radio as my part time job when I was in university. And I started portraying these ideas to young people regardless of what was happening politically in my country. Like my message has always been, you cannot control who’s your President, especially if you are in Latin America.

If you read Atlas Shrugged from Ayn Rand, it’s like the moochers and looters and their cronies are everywhere So it’s like what can you do in your individual sphere, regardless these conditions to step away from the poverty line. With that message I started getting notoriety back home. And I was quite satisfied because even though my job didn’t pay a lot, at least I knew that little by little, individually, I was helping young Guatemalans for instance getting a scholarship or investing in their own education, regardless of who was in power.

That is how few years in the role, through other jobs that I start having (in social media, with a bank and a cell phone company), I did a speech in Spain in 2014 and it went viral and since then, I’ve been giving pretty much like 4.000 conferences all over Latin America, the US or Europe.  Internet, which is the freeest country of the mall, is giving a lot of opportunities to people that are pushing classical liberal and capitalist ideas into the world. Because these are ideas that normally the TV on the radio and newspapers didn’t want to cover…

Vous citez différents économistes qui étudient les pays non développés, vous connaissez forcément l’économiste péruvien Hernando De Soto et sa théorie sur les droits de propriété ?

Oui, Hernando De Soto livre l’une des leçons les plus importantes sur la propriété privée. Il dit que si vous marchez la nuit dans un endroit sans lumière, même un chien sait par son aboiement où la propriété commence et où elle se termine et il aboie seulement pendant que vous marchez autour de cette propriété. C’est fascinant parce que parfois, le bon sens est le moins commun de tous les sens et des exemples comme celui-ci montrent pourquoi la propriété privée est si fonctionnelle pour la civilisation.

You are quoting different economists studying undeveloped countries, you certainly know the Peruvian economist Hernando De Soto and his theory about the rights of property ?

Yes, actually Hernando De Soto delivers one of the most important lessons about private property. He says even a dog, if you’re walking at night into a place that has no light, even a dog knows by its bark where the property starts and where the property ends and he only barks while you were like walking around that property. It is fascinating because sometimes, common sense is the least common of all the senses and examples like that show why private property is so functional to civilization.

Comme vous avez moins de 40 ans, vous n’avez pas pu vous présenter à l’élection présidentielle au Guatemala. Est-ce que votre objectif est toujours de devenir une femme politique ou avez-vous l’intention de rester du côté intellectuel du libéralisme ?

Pour les prochaines élections, j’aurai 38 ans et je vais relancer ma campagne présidentielle. Cette fois, je vais inclure des nouveaux thèmes comme l’approche du professeur Onkar Ghate (de l’Institut Ayn Rand) sur la pandémie du point de vue de la liberté, qui est un travail fantastique sur la façon d’aborder une pandémie sans perdre la liberté.

Je vais inclure les crypto-monnaies. Je parlerai également de la légalisation des drogues, bien au-delà de la cocaïne, de la marijuana et des cartels de la drogue en Amérique latine. Je l’aborderai davantage sous l’angle de la médecine par les plantes et de la manière dont l’université Johns Hopkins, par exemple, avec la MAPS (Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies), a découvert que des substances comme la psilocybine, la MDMA, la DMT et la CBD peuvent aider à soigner un grand nombre de maladies mentales.

Comment le Guatemala pourrait-il devenir, grâce à ses ressources naturelles uniques, une sorte de plaque tournante de la psychiatrie au XXIe siècle ? Pourtant ça va être complètement illégal. Ça ne me dérange pas. Le but de ma participation à la campagne est de mettre en contraste le fait que tous les candidats qui se présentent n’ont jamais de projets.

Parce que moins ils s’engagent et plus leur message est ambigu, plus ils obtiennent de voix. Je veux donc créer un contraste et que les gens puissent s’interroger sur cette différence. Nous ne sommes pas condamnés à avoir des politiciens médiocres sans projets concrets.

As you are under 40, you couldn’t run for presidential election Guatemala. Is it still an objective to become a politician or do you intend to remain on the intellectual side of liberalism ?

 
For next elections I’m going to be 38 and I’m going to relaunch my presidential campaign. This time I’m going to include things like Professor Onkar Ghate (from the Ayn Rand Institute) approach on pandemic from a freedom side, which is a fantastic work about how to approach a pandemic without losing freedom. I’m going to include cryptocurrencies.

I will also talk about drug legalization, way beyond cocaine, marijuana and like the drug cartels in Latin America. I am going to approach it more to plant medicine and how Johns Hopkins University, for example, with the MAPS (Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies) that is finding out that substances like Psilocybin, MDMA, DMT, CBD can help with a lot of of psychological illnesses.

How Guatemala could become because of its unique natural resources a kind of hub for psychological medicine in the in a 21st century? Still it is going to be completely illegal. I don’t mind. Why do I do this? It is more to put into contrast that all the candidates that are running never have plans. Because the less they commit to something and the more ambiguous their message, then more votes they get. So I want to create a contrast and that people can question that difference. We’re not doomed to have mediocre politicians that don’t have concrete plans. There is an option now regardless of the age.

À propos des drogues, pouvez-vous préciser votre pensée ? 

Tout d’abord, nous devons diviser les drogues entre le côté obscur et le côté lumineux, comme dans La Guerre des Étoiles. Si nous parlons des drogues en général, cela va des substances comme les médicaments à base de plantes à celles que nous fabriquons dans les laboratoires et qui détruisent des vies. Nous devrions les diviser en deux catégories : les substances sombres qui représentent le pire de l’humanité et les substances qui peuvent réellement traiter les maladies mentales.

Et si nous les gardons illégales, nous n’aurons jamais assez de connaissances et de sagesse sur la façon de diviser ces deux catégories et de créer des marchés qui peuvent être bénéfiques. Toute dépendance qui rend les individus plus violents, plus malheureux, n’est pas due à la substance en elle-même, tout comme le contrôle des armes à feu : ce ne sont pas les armes à feu qui tuent des gens, c’est toujours la main de quelqu’un qui veut tuer.

C’est la même chose avec les drogues. Pour moi, les substances en elles-mêmes ne sont pas destructrices ou constructives. Tout dépend de leur utilisation. Plus nous avons des substances illégales et interdites, moins nous aurons de chances de les utiliser à bon escient.

About drugs, can you tell us more about your view ? 

First of all we have to divide drugs into the dark side and the light side, like in Star Wars. If we talk about drugs in general, it goes from substances as plant medicines to the ones that we make in labs that destroy lives.

We should divide them into the dark substances that potentialize the worst in Humanity versus substances that can actually treat mental illnesses. And if we keep them illegal, we will never have enough knowledge and wisdom on how to divide these two and create markets that can be beneficial. Every addiction that makes people more violent, more miserable, it’s not due to the substance in itself, just as like the gun control: it’s not that guns kill people, it’s always the hand of somebody wanting to kill. It is the same with drugs.

For me, substances in themselves are not destructive or constructive. It all depends in the use. The more we have something illegal and prohibitate, the less chance we will never have of using those substances for the good.

Mais vous finirez par atteindre 40 ans… Que se passera-t-il alors ?

Le problème au Guatemala est que les candidatures indépendantes sont illégales et je refuse de créer un parti politique. Nous avons eu une guerre civile pendant 36 ans. Lorsque celle-ci a pris fin et que la guérilla marxiste a été mise hors d’état de nuire, nous avons connu une vague de violence, d’enlèvements et de corruption.

Des partis politiques, nous en avons désormais plus de 50. Aucun d’entre eux n’a d’idéologie. Ils travaillent plus ou moins comme des agences de publicité… Ils se reproduisent, se dotent d’un leader, et s’ils n’arrivent pas au pouvoir, ils disparaissent. Donc, créer un parti politique en soi vous oblige à faire partie de ce système obsolète.

Même à plus de 40 ans, cela ne servirait à rien de me présenter, car il faudrait alors faire de nombreux compromis avant même d’être au pouvoir, et je ne souhaite pas le pouvoir pour le pouvoir. Je veux le pouvoir pour faire les réformes qui pourraient aider le Guatemala. Si vous regardez les pays qui s’en sortent bien en matière de droits individuels, de prospérité, de richesse réelle, ce sont ceux qui sont en tête de l’indice de liberté économique, de liberté humaine. Ce sont donc les politiques qui marchent vraiment. Mais si les gens ne sont pas prêts et veulent continuer à vivre dans cette médiocrité, comme c’est le cas de toute l’Amérique latine, eh bien qu’il en soit ainsi.

But eventually you will hit 40 ? What will happen then ?

The main problem in Guatemala is that independent candidacies are illegal and I refuse to create a political party. Whoever studies the politics of Guatemala will see that we had a civil war for 36 years.

When that was finally over and the Marxist guerilla was out of business, we had a wave of violence and kidnaps and corruption and now political parties. We have more than 50. They all list of them is like 20 years old. None of them have ideology. They work more or less like advertisement agencies that are born. They reproduce, they create a figure, and if they don’t get to power, they disappear. So making a political party in itself forces you to be part of that obsolete system.

Even if I hit 40, there’s no point in running because then you have to compromise a lot even before you are in power and for me it’s like I don’t want power for the power. I want the power in order to do the reforms that I think could help Guatemala, not because I delusionally think so, but because if you look at the countries who are doing great in individual rights, in prosperity, in real wealth, those are the countries that are on top of the index of economic freedom, of human liberty. So these are the politics that actually work. But if people are not ready for them and they want to continue living in this mediocrity, that it’s like the case of all Latin America, well then so be it.

À propos de votre présence sur les médias sociaux, on pourrait vous considérer comme une jeune influenceuse montrant vos meilleurs selfies. Est-ce simplement votre façon de vivre ?

La chance que j’ai eue, c’est que je suis devenue virale à l’âge de 29 ans. J’étais donc déjà une personnalité avec ce que j’ai toujours défendu. Je n’étais plus une adolescente en devenir. J’ai toujours aimé la nature. J’ai une fascination pour les sixties. Pas la dimension socialiste, mais cette période de rébellion qui a apporté de nouvelles libertés et des actions collectives. J’aime la musique.

Si j’ai commencé à faire de la radio, c’est parce que j’aime la musique. Et puis j’ai toujours beaucoup bougé depuis que je suis enfant, parce que mon père travaillait dans toute l’Amérique centrale et j’ai toujours été habituée aux nouveaux départs. Dire au revoir, garder des amitiés… Quand on déménage beaucoup, qu’est ce qui a une vraie valeur dans la vie ? Ce sont les connexions humaines plus que les choses matérielles. Même si je ne suis pas un super capitaliste, je ne crois pas qu’il faille consommer pour consommer.

Je ne crois pas que les objets vous rendent heureux. Selon moi, les marchés devraient être libres afin que nous puissions avoir du temps pour les choses qui ont vraiment de la valeur. Je n’ai pas besoin de passer du temps à chercher une bouteille de lait ou un morceau de pain. C’est ce que fait le socialisme. Il vous limite à vous consacrer à sortir de la misère pour que vous n’ayez pas de temps pour autre chose.

Beaucoup de gens ont remis en question ma démarche sur les médias sociaux en me disant : « ne montre pas cette partie de qui tu es. Ne dis pas que tu es athée. Ne dis pas que tu veux légaliser les drogues, contente-toi de haïr le socialisme… ». Au début, la droite latino-américaine voulait m’utiliser comme leur enfant modèle et ensuite elle n’a pas aimé cette facette non conservatrice de ma personnalité. Donc se battre pour mon identité, c’est quelque chose qui m’est venu naturellement parce que je me suis dit que si je devais aller dans cette voie, je devais préserver qui j’étais.

About your presence on social media, one might consider you as a young influencer showing your best selfies. Is it just your way of living?

The blessing that I had is that I went viral when I was 29. So I was already a person with the things that I have always loved. I was not a teenager forming my mind. And I I’ve always loved nature. I have a fascination for the decade of the 60s.

None of the socialist part of it, but like their rebellion of bringing new liberties and doing action. I love music. The reason why I started on radio was because I love music. I’ve always moved a lot since I was a kid because of my dad’s work all over Central America, so I was always used to new beginnings. Saying goodbye, keeping friendships and when you move a lot, what are the things that are valuable in life? These are human connections more than material stuff.

Even though I’m not like super capitalist, I don’t believe in consuming for consuming. I don’t believe that stuff makes you happy. I believe that markets should be free so that we can have time for the things that are actually valuable. I don’t have to spend time looking for a gallon of milk or the next piece of bread.  Which is what socialism does. It focuses you on getting out of poverty so you don’t have time for anything else.

A lot of people questioned it like “don’t show this part of who you are. Don’t talk that you’re atheist. Don’t say that you want to legalize drugs…”. It sticks to hating socialism. Because at first the cronies of the right wing of Latin America wanted to use me as their poster child and then they didn’t like that non conservative part of me. So fighting for my identity, it was something that came natural to me because I thought if I’m going do this, I have to preserve who I am.

Mais par votre présence sur les médias sociaux, ne cherchez-vous pas à être une influenceuse auprès des jeunes ?

Certainement. Je veux être une source d’inspiration pour les plus jeunes en leur montrant qu’il n’est pas nécessaire de se perdre dans une carrière de politicien. Je suis convaincue que la raison pour laquelle les gens en Amérique latine sont obsédés par ces messies populistes est qu’ils veulent croire que le politicien est pur, qu’il est parfait, qu’il est une sorte d’ange qui ne fait pas d’erreur et qu’avec sa baguette magique, il va les sortir de la pauvreté.

Nous devons montrer que, comme les sportifs, les musiciens, les artistes, les architectes, les médecins, les politiciens restent des personnes de chair et de sang avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Au final, cela a été un long chemin qui m’a permis de montrer que l’on peut rester soi-même et avoir des idées très importantes à communiquer.

 

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Vous ne pouvez satisfaire un public en lui mentant si vous voulez communiquer certains messages et espérer qu’il y ait des gens qui peuvent relier les points et penser comme vous. Et c’est ainsi que je me suis séparée des conservateurs de droite et des socialistes marxistes d’Amérique latine. C’est un peu comme si je créais une nouvelle niche de bannis qui ne sont ni défendus ni soutenus par l’un ou l’autre camp !

Don’t you try also to be an inspiring person to younger people?

Sure. I want to be inspiration to younger people that you don’t have to lose yourself in the process of becoming a politician. I am convinced that the reason why people in Latin America are obsessed with this populist messiahs is because they want to believe that the politician is unpollusive, is perfect, is a kind of angel that doesn’t make any mistake and with their magic wand, they’re going to take them out of poverty.

We have to show that as a sports, people, musicians, artists, architects, doctors, politicians are also people of flesh and blood with their good their bad their ugly, they have good days or bad days. So for me it’s been a journey of showing you can be all these things and still have very important ideas to communicate and also there comes a point where you don’t want to satisfy an audience by lying to them.

You want to communicate certain messages and hope, that there are people out there that can connect the dots and think similar to you. And this has been the road of separating myself from right wing conservatives and marxist socialists in Latin America. And kind of like creating a new niche of outcast that are not defended nor supported by either or the other side.

Quel est votre degré de libéralisme classique ? 

Je m’identifie plutôt à Ayn Rand. Je ne suis pas une anarcho-capitaliste. Je crois en un gouvernement minarchiste en charge de la justice et de la sécurité où vous avez une chaîne solide, du moment où un crime est commis ou une escroquerie jusqu’au procès et je mettrais en œuvre la Common Law qui est un concept que nous n’avons pas en Amérique latine.

Nous utilisons davantage le système positiviste français… Je crois qu’il faut privatiser autant que possible. Les prisons par exemple peuvent être mieux gérées par une libre compétition. Hayek doit rencontrer un anarcho-capitaliste qui me convaincra que l’anarcho-capitalisme fonctionne en temps réel. J’ai toujours dit à mes amis anarcho-capitalistes que je serai la première à soutenir leur approche, mais je suis pour l’ouverture des frontières, pour tout ce que les marchés impliquent, y compris pour les personnes qui travaillent et produisent sur ces marchés.

Bryan Caplan est un auteur brillant qui explique pourquoi les frontières ouvertes ont tout leur sens dans le monde. La raison pour laquelle j’utiliserais l’armée au Guatemala est que chaque fois que nous avons des catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, des tempêtes tropicales, des éruptions volcaniques, les seuls capables d’aider pendant ces catastrophes naturelles sont les militaires.

What is your degree of classical liberalism? 

I identify more with Ayn Rand. I am not an anarcho capitalist. I do believe in a minarchist government with the roles of justice and security where you have a strong chain from the moment a crime is committed or a scam until you go to trial and I would implement common law which is something that we don’t have in Latin America.

We use more there the French positivistic system… I do believe that you have to privatize as much as you can. If prisons can be better run by a free competition of who provides the full, the security and all the line of the construction of the jails. Hayek has to meet an anarcho-capitalist that convinces me that anarcho capitalism works in real time.

I’ve always said to my anarcho capitalist friends, I’m going to be the first one supporting that, but I am about open borders, especially for everything that markets involve, including the people who work and produce in those markets. Bryan Caplan is a brilliant author explaining why open borders make all the sense in the world. The reason why I use the military in Guatemala is because whenever we have natural disasters like earthquakes, tropical storms, volcanoes erupting, the only capable of helping in those moments of natural disasters is the army.

A suivre

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  • Dommage qu’il faille aller en Amérique du sud pour entendre parler d’Ayn Rand. Ici on respire un air socialiste dès la maternelle…

  • Ou l’avez vous trouvé celle la, c’est Joe qui vous l’a envoyé

  • Les commentaires sont fermés.

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