Milton Friedman : l’égalitarisme qui menace la liberté et la prospérité

Dans cet épisode de Free to Choose traduit par l’Institut Coppet, Milton Friedman revient sur la mystification de l’égalitarisme, sur ses causes profondes et sur ses conséquences ultimes.

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Milton Friedman : l’égalitarisme qui menace la liberté et la prospérité

Publié le 25 avril 2018
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Par Benoît Malbranque.
Un article de l’Institut Coppet

« Tous les hommes sont nés égaux ». Les égalitaristes, qui se donnent pour égalitaires comme les loups, à l’occasion, savent se cacher en moutons (mais le bon économiste voit aussi ce que l’on ne voit pas et il reconnaîtra les siens), nous répètent ad nauseam ce poncif, qui domine à ce point les consciences que peu osent le révoquer en doute.

Considérez pourtant le nouveau-né et pratiquez sur lui quelques expériences (avec modération toutefois, car les ultralibéraux seront plus que les autres soupçonnés de maltraiter les enfants). À la naissance, chaque enfant, avant même qu’il ait été poussé sur une trajectoire de vie, est unique.

L’observateur inattentif peut observer et signaler un grand nombre de similitudes : chaque bébé aura bien deux jambes, deux bras, deux yeux, etc. Mais les médecins remarqueront au-delà d’impressionnantes différences : le métabolisme de chaque nouveau-né est différent ; sa tolérance à certains aliments et certains médicaments également.

La liste est presque infinie : le rythme de sommeil, la courbe de croissance, les capacités olfactives et d’ouïe, la force physique, la flexibilité du corps, et sans même parler de la couleur des cheveux, de la peau et des yeux, dont l’humanité offre une large palette.

Un objectif social comme un autre

Comment est-il possible, ainsi, que l’on ait pu soutenir et que l’on soutienne encore que les hommes naissent égaux, ou que l’égalité est un objectif social comme un autre ?

Dans le dernier épisode de Free to Choose traduit par l’Institut Coppet, Milton Friedman revient sur cette mystification, sur ses causes profondes et sur ses conséquences ultimes.

Heureusement, dit-il, que l’espèce humaine s’offre avec une telle profusion de différences. Cela ne fût-il pas le cas que l’on pourrait bien ne garder qu’un seul exemplaire de l’être humain et le placer dans un musée.

Heureusement, aussi, que dans de nombreux pays les êtres humains soit mis en position, par un État de droit, de jouir d’opportunités égales et de droits égaux. C’est ce que l’on peut appeler l’égalité des opportunités, différente de l’égalité matérielle des résultats. C’est cette première forme d’égalité qui a permis à des nations entières de fleurir et de prospérer.

L’égalité des résultats

Au fil du temps, cependant, on en est venu à remplacer la notion de l’égalité des opportunités par la chimère de l’égalité des résultats. On a voulu contraindre la nature et produire des hommes et des femmes égaux. Pour utiliser la métaphore utilisée par Friedman, on a voulu que dans la course économique, chacun, quel que soit la vigueur de ses efforts, soit contraint d’arriver en même temps que les autres sur la ligne d’arrivée.

Cet idéal, si opposé qu’il fût à celui de l’égalité des opportunités, est devenu à la mode. On l’a flatté dans les campagnes électorales, on a prétendu l’adopter dans les programmes, puis on a cherché sa réalisation politique. Au final, c’est la liberté qui en a payé le prix fort, car on ne peut récompenser également des efforts inégaux qu’en outrageant la liberté. On ne peut offrir davantage aux uns qu’en prenant aux autres par l’usage de la contrainte.

Aussi les politiques égalitaristes, sans même atteindre leurs objectifs, bouleversent-elles nécessairement les fondements mêmes d’une société libre et prospère. Aussi le choix s’impose-t-il de lui-même, à la vue même des résultats de l’égalitarisme. Comme dit Milton Friedman : « une société qui place l’égalité devant la liberté se trouvera dépourvue de l’une et de l’autre. Une société qui place la liberté devant l’égalité se retrouvera avec une bonne dose des deux. » De quoi satisfaire les partisans aussi bien de la liberté que de l’égalité… à condition qu’ils raisonnent.

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  • « Comment est-il possible, ainsi, que l’on ait pu soutenir et que l’on soutienne encore que les hommes naissent égaux »
    Evidemment, dit comme ça…
    Il n’a jamais été question d’autre chose que d’égalité EN DROIT.
    Pour le reste je laisse l’auteur à son délire…
    « On a voulu contraindre la nature et produire des hommes et des femmes égaux. »
    Des exemples ?

    • Procuste, Rousseau et son « Contrat social »

    • Bonjour,
      Toute sa vie, Milton F n’a ƒait que plagier la pièce de Françoise Dorin intitulée « Un sale égoïste » (Paul Meurisse) qui, encouragé par l’Abbé Martin démontre que « Chacun pour soi et ∆ieu pour tous », la solidarité n’est qu’un rêve égoïste qui ƒ… tout par terre, et l’amitié d’abord.

    • Heu, c’est exactement ce que dit l’auteur.
      Egalité en droits et opportunités, et non pas égalité tout court…

      • Hem, non. l’égalité en opportunité est bien plus que l’égalité en droit; elle suppose que quelqu’un (le plus souvent l’Etat) fournisse aux citoyens la possibilité de développer leurs talents même s’ils viennent d’un milieu économiquement et/ou culturellement pauvre. On justifie par ce biais l’éducation gratuite, par exemple, qui ne découle certainement pas de l’égalité en droits. Après on peut discuter de la légitimité d’une action qui vise à donner les mêmes opportunités à tous. On peut lire Amartya Sen par exemple, sur la notion de « capabilité », si cela vous intéresse.

  • Tous les hommes sont nées égaux en droits ! avant d’avoir des droits, on a des devoirs.

    Pour te nourrir tu doit travailler par toi même, sans voler ton voisin.

    Ca veut dire bouge toi le popotin.

    • Quand on te laisse travailler ca marche bien, comme le dit Friedman d’ailleurs.
      Enfin c’est pas le cas ici sinon ca se saurait.

    • « avant d’avoir des droits, on a des devoirs. »
      La pour le coup ça mérite d’être développé.
      D’où ça vient ?

      Il me semble au contraire que les textes fondamentaux – DDHC en tête – ne parlent justement que de droits. Aucun devoir.

      • Vous avez raison, mais c’est simplement parce que les constitutions, DDHC ou autres, sont essentiellement là pour protéger le citoyen contre l’Etat, mettre des limites à son pouvoir. Il est inutile de garantir dans un texte fondamental que le citoyen a des devoirs envers qui que ce soit, car l’Etat a déjà bien trop tendance à l’obliger à faire tout un tas de choses qu’il estime utile (souvent à tort) pour la collectivité.

      • Les droits sont en eux mêmes pour certains tout du moins des devoirs, si j’ai le droit d’être libre, j’ai le devoir de respecter la liberte d’autrui.

      • Faire 5 gosses en sachant que l’on a pas les moyens de les nourrir et de les éduquer, en se disant j’en ai rien a foutre, je vais toucher les alloc, c’est les autres qui payent.
        Avoir des devoirs, c’est prendre ses responsabilités.

    • Ce que vous visez ne sont pas des devoirs mais des responsabilités… Nul n’est obligé de travailler dans une société libérale (encore heureux). Simplement, celui qui ne travaille pas doit en assumer les conséquences.

  • Jean roule du câble : exemple = je paye 10000 euros d’impôts par an et mon voisin 0, ça participe à uniformiser la richesse au nom d’une égalité qui n’a rien à voir avec l’égalité en droit.
    d’ailleurs une égalité en droit justifierait que tout le monde (ou personne) paye des impôts pour les services dont on bénéficie

  • Là pour le coup on a de la chance, notre devise nationale – LIberté, Egalité, Fraternité – place bien la liberté avant l’égalité !

  • @JRDC
    Pour vous il n’est pas question d’autre chose que d’égalité en droit mais pour d’autres l’égalité en droit (ou en opportunités) suffit d’autant moins qu’ils n’en voient même pas l’intérêt. Le leitmotiv qui leur vient à l’esprit et qu’ils répètent benoîtement, c’est : « Ce qui me dérange, ce n’est pas d’avoir peu, c’est que l’autre ait plus! ».

    Donc clairement ils n’ont pas envie d’avoir des droits ou des opportunités pour avoir plus, ils veulent juste avoir le moins de tracas possibles et empêcher les autres de saisir leur chance de faire mieux qu’eux. Et si leur voisin arrive quand même à surmonter les obstacles pour créer une richesse supérieure à la leur, ils veulent qu’il en soit spolié. Par principe. C’est ainsi que le vice de l’envie détruit l’intelligence et la capacité de travailler.

    Quand la population d’un pays est trop atteinte par ce vice, la seule richesse possible est celle qui est tellement énorme qu’ils ne peuvent même plus s’en faire une idée ; cela la met hors d’atteinte : devenue inconcevable, elle en est invisible et elle ne les dérange plus.

    Le comique dans l’histoire, c’est quand les envieux réalisent que la richesse mondiale risque de se trouver concentrée dans peu de mains richissimes et s’en offusquent. Or si cette richesse exorbitante devient prépondérante, c’est bien parce que c’est la seule qui, étant hors de leur portée, peut résister à la férocité destructrice de leur envie!

    C’est la rage destructrice de l’envie qui pousse la richesse à des niveaux de plus en plus hauts et qui réduit à néant les vertus de l’égalité en droit sur laquelle vous croyez pouvoir compter.

    Si nous ne prenons pas la mesure des ravages que le vice de l’envie fait sur l’égalité en droit pour la faire dégénérer en égalité de résultats, pour le plus grand nombre et au plus bas niveau, nous nous berçons d’illusions et nous devons nous attendre à un réveil cruel de notre doux rêve d’égalité.

  • En clair Friedman anticipe le bon vieil antagonisme Socialisme ( et ses dérives ) vs capitalisme et ne fait que constater qu’ au moins avec le capitalisme on peut faire du Social sans vraiment affecter les libertés dites fondamentales alors le socialisme souvent autoritaire aliène liberté et le « social » est souvent illusoire voire réduit à sa portion congrue

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