Présidentielle 2022 : où est le libéralisme

La démocratie permet à toutes les tendances de s’exprimer, même les plus confidentielles. Mais où est le libéralisme dans les présidentielles 2022 ?

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Conferencia de Prensa - Presidente Emmanuel Macron - Día 2 By: G20 Argentina - CC BY 2.0

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Présidentielle 2022 : où est le libéralisme

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 février 2022
- A +

Ceux qui se contentent d’écrire ou de parler sont souvent d’une sévérité extrême avec les politiciens, au risque de devenir parfois injustes. L’auteur de ces lignes fait partie de ces écrivaillons ou beaux parleurs. Il ne se réserve nullement un sort plus enviable. Si, pour un instant de raison, nous recherchons les aspects positifs de l’actuelle campagne présidentielle, il n’est pas difficile de les trouver. Un seul sera évoqué ici : la démocratie permet à toutes les tendances de s’exprimer, même les plus confidentielles. Elle filtre ensuite les tendances dominantes pour désigner les gouvernants.

 

Les candidatures déclarées

Environ 25 candidatures subsistent à ce jour, mais toutes n’obtiendront pas leurs 500 parrainages :

Gauche trotskyste : Nathalie Arthaud (LO), Anasse Kazib (CCR), Philippe Poutou (NPA)

Gauche radicale : Jean-Luc Mélenchon (LFI), Fabien Roussel (PCF)

Écologistes : Yannick Jadot (EELV), Antoine Waechter (MEI), Jean-Marc Governatori (Cap écologie)

Gauche sociale-démocrate : Anne Hidalgo (PS), Christiane Taubira (primaire populaire)

Centre, libéralisme : Emmanuel Macron (LREM), Gaspard Koenig (Simple)

Droite modérée : Valérie Pécresse (primaire LR)

Droite nationaliste : Marine Le Pen (RN), Éric Zemmour (Reconquête), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Antoine Martinez (VPF), François Asselineau (UPR)

Divers : Jean Lassalle, Marie Cau, Clara Egger, Hélène Thouy, Georges Kuzmanovic, Fabrice Grimal, Stéphane Tauthui

 

Il serait bien difficile de considérer que l’offre n’est pas diversifiée. Même les représentants de micro-courants politiques peuvent être candidats, par exemple Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière (qui a ses parrainages) ou Hélène Thouy, du parti animaliste (qui ne les a pas). Il s’agit de candidatures de témoignage, visant seulement à se faire mieux connaître du grand public.

 

Le courant libéral

Globalement, le libéralisme ne peut être classé ni à la droite ni à la gauche mais comporte de multiples variantes penchant vers la droite ou la gauche. Le libéralisme économique (primat du marché, recul de l’État) est traditionnellement classé à droite, mais le libéralisme sociétal (favorable à la PMA, la GPA encadrée, l’euthanasie active, etc.) se rattache à la gauche. Quant au libéralisme institutionnel, il est difficile à classer. Il propose une décentralisation maximale du pouvoir et un principe de subsidiarité généralisé selon lequel il faut traiter les problèmes au plus près des citoyens (quartier, commune) et ne les évoquer au niveau supérieur qu’en cas d’impérieuse nécessité. Le libéralisme culturel et politique (liberté religieuse, d’expression, de réunion, d’association, etc.) est partagé par tous à l’exception des courants les plus extrêmes de droite (fascisme, nazisme) ou de gauche (wokisme).

Si Emmanuel Macron côtoie Gaspard Koenig dans la classification précédente, c’est évidemment parce que tous deux ne se réclament ni de la droite ni de la gauche. Macron, inspecteur des finances, est plus étatiste que Koenig, c’est une évidence. Mais Macron est relativement libéral sur le plan sociétal alors que Koenig ne fait aucune proposition dans ce domaine.

Gaspard Koenig représente indubitablement le courant le plus globalement libéral. Voici ses principales propositions dont le détail figure ICI.

  • Réduction drastique des normes juridiques non contractuelles (lois et règlements).
  • Création de Maisons de citoyens au sein desquelles s’exercerait la fonction publique.
  • Décentralisation forte avec autonomie fiscale des collectivités publiques.
  • Revenu universel replaçant une multitude de prestations sociales.
  • Impôt sur le revenu proportionnel et purement individuel avec une surtaxe pour les très hauts revenus.
  • Libéralisation de la fiscalité des successions, qui privilégie actuellement les transmissions intrafamiliales.
  • Protection du vivant avec le principe général « pollueur-payeur » et recul progressif de l’élevage intensif.

 

Les prétendants au second tour

En l’état actuel de l’opinion, cinq candidats peuvent parvenir à la fonction présidentielle. Voici la moyenne des sondages calculée par Le Figaro au 18 février 2022 :

  • Emmanuel Macron (24,5 %)
  • Marine Le Pen (16,6 %)
  • Valérie Pécresse (15,2 %)
  • Éric Zemmour (14,4 %)
  • Jean-Luc Mélenchon (10,1 %)

 

La probabilité que deux des cinq candidats précédents figurent au second tour est très élevée. Il faudrait un évènement inattendu pour qu’il en aille autrement. La probabilité qu’Emmanuel Macron soit opposé à l’un des quatre autres est forte puisque l’actuel président bénéficie d’une avance importante et d’un socle d’électeurs fidèles. Il reste depuis des mois autour de 25 %. Le score des quatre autres prétendants est beaucoup plus mouvant et a fortement évolué au cours des derniers mois. Une très grande incertitude subsiste donc sur la seconde position au 10 avril 2022, date du premier tour.

Comment interpréter les choix probables du second tour ?

Macron contre Pécresse : ils sont très proches et représentent un libéralisme modéré.

Macron contre Le Pen ou Zemmour : véritable choix de société, les deux opposants à Macron représentant une droite nationaliste, protectionniste et globalement anti-libérale.

Macron contre Mélenchon : véritable choix de société également, Mélenchon voulant considérablement renforcer le dirigisme étatique. Il est l’anti-libéral-type.

Quoi de plus démocratique qu’un tel choix de société ?

 

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  • il n’y a qu’une sorte plausible.. par le rebond quand on aura touché le fond..
    il faut atteindre le bout de la chaine de ponzi..

  • Où est le libéralisme ?
    Au hasard complètement ratatiné sous l’enclume de la pensée étatique..
    On peut rajouter également d’une manière générale partout dans le monde, une remise en question idenditaire, des minorités régionales ou sociales jusqu’au niveau géopolitique. Une sorte de pulsation mondiale..

    • Les études d’opinion sont inquiétantes. La jeunesse des pays occidentaux est de moins en moins hostile à un gouvernement autoritaire. Elle n’a connu que la liberté, sans doute trop encadrée, et elle ignore tout de la dictature. Entre la coercition étatique de Macron et celle de Poutine, il y a un gouffre… qu’une partie de la population prétend vouloir franchir.
      Elle tombera dans le gouffre. Et quand on y tombe, on ne s’en relève pas avant longtemps.

      • Un gouvernement autoritaire ne serait pas un problème s’il ne se mêlait que de ce qui le regarde. Un gouvernement hésitant et laxiste, avec lequel il y aurait toujours moyen de moyenner, mais omniprésent et sans principes, ce serait bien pire pour le citoyen. C’est hélas d’ailleurs bien ce vers quoi nous nous dirigeons quoi qu’en disent ceux qui hurlent à la dictature.

  • « Macron contre Pécresse : ils sont très proches et représentent un libéralisme modéré. »
    Les placer parmi les libéraux ( même modérés- ce qui comme l’ultralibéralisme ne veut rien dire) est une insulte au courant libéral! Mettriez vous comme Pagnol dans le pastis trois tiers d’eau et un tiers de pastis?
    La dilution assumée du libéralisme par certains ne laisse que peu d’espoir à son avènement! CPEF

  • C’est comme à la cantine lorsqu’on était môme, on a plus l’embarras que le choix.

  • Koenig, libéral ?
    Simplificateur, peut-être, mais un impôt à 30% complété d’une surtaxe sur les très hauts revenus pour maintenir le niveau actuel de redistribution, ça n’a rien de libéral et surtout ça sème la confusion sur ce que c’est que le libéralisme.

    • Koenig n’est, heureusement, pas un révolutionnaire idéologique.
      En formulant cette proposition, il avance l’hypothèse qu’on peut changer de paradigme (flat tax, RU, simplification normative poussée) sans renverser la table ni promettre des lendemains radieux qui n’adviendront jamais.
      Quand on voit déjà l’incapacité de nos dirigeants à réduire le nombre de fonctionnaires, malgré les solennelles promesses, la proposition fiscale qu’il fait est celle d’un honnête homme besogneux, à rebours des élucubrations melenchonesques ou pecressiennes.

      • Il ne s’agit pas de promettre des lendemains radieux, mais d’éviter de conserver des justifications indues. La flat tax à 30% ne doit représenter une baisse par rapport au cas progressif que pour 5% environ des foyers de contribuables. Sauf à mettre un seuil, lequel pourra être fixé en contradiction totale avec l’esprit de la flat tax. Demander aux très riches de compenser le manque est tout aussi dépendant d’un seuil arbitraire, qu’il faudrait probablement fixer très bas, pour définir les très riches. De plus, ça pérennise le niveau actuel de redistribution, en évitant soigneusement de devoir expliquer ce qui est bon et ce qui est mauvais dans la redistribution. Sans lui faire de procès d’intention, la promesse fiscale qu’il fait est celle d’un philosophe incapable de calculer et toujours ouvert aux détournements communistes, quand il faudrait celle d’un ingénieur rebelle aux petits arrangements.
        Flat tax à 30% avec abattement de 6000€, surtaxe pour monter à 60% au delà de 100000€, en quoi serait-ce incompatible avec ses propositions ? Pourtant, ce serait bien dans les programmes de gauche…
        Donc si un interviewer lui demande d’expliquer les avantages de la non-progressivité de l’impôt, comment espérer qu’il puisse convaincre un électeur ? Sa proposition est progressive, et elle est régie par un principe illibéral, celui que les taux et les seuils seront fixés pour maintenir la redistribution à son niveau actuel.

  • Ce qui me choque dans cet article : placer Macron en libéral avec Koenig. Et la seule justification en est plus loin, c’est qu’il n’est ni de droite ni de gauche. Or depuis 2017, on a la confirmation qu’il est bien de gauche. Et qu’il n’a aucune idée libérale, ni économique, ni sociétale.

    • D’autres, de gauche, ont la « confirmation » que Macron est de droite.
      La conclusion que je tire de votre commentaire est que vous êtes de droite.

      • EM a été le ministre de l’économie d’un gouvernement très socialiste, il a été adoubé par François Hollande comme son successeur, il a siphonné quasiment toutes les voix du PS, il a eu le soutien inconditionnel des masses médias, qui penchent très largement à gauche, il était et est à nouveau clairement le candidat de la gauche socialiste et progressiste.

        Je suis halluciné que l’on puisse encore présenter comme « libéral » le président qui a détruit le plus de libertés individuelles depuis Pétain.

        J’ajoute que le wokisme ou le mouvement progressiste n’ont absolument rien de libéraux, leurs revendications sont d’imposer un nouvel ordre moral et non de défendre les libertés individuelles. EM n’a donc strictement rien de libéral, ni dans ses paroles, ni dans ses actes.

    • Si je lis bien, la catégorie est « Centre, libéralisme ».
      Qui est libéral et qui ne l’est pas ? Tout dépend des critères utilisés évidemment. Doit-on raisonner comme les staliniens ou les trotskystes, qui certifiaient le communisme de certains (avec estampille au fer rouge) et vouaient aux gémonies les autres (« les vipères lubriques au service du grand capital ») ? Certainement pas. Il n’y a pas d’idéologie libérale. Le libéralisme est une forme de pensée qui privilégie la liberté mais laisse chacun libre (précisément) de définir les domaines les plus importants de cette liberté.
      Le libéralisme est une pensée à géométrie variable et c’est pour cette raison qu’il est le libéralisme.

      -1
      • @ Eleutheria

        Bien sûr que si, il y a une idéologie libérale de base, qui est est le jusnaturalisme.

        Après, comme le libéralisme classique a eu beaucoup de succès à ses débuts, il a été rejoint par des opportunistes qui ont fini par rejeter son fondement jusnaturaliste tout en continuant de se revendiquer du « libéralisme ».

        Depuis lors, le mot libéralisme ne veut plus dire grand chose: dans les pays anglo-saxons, il est depuis longtemps synonyme de « socialisme » et si EM a pu être présenté comme un « libéral », c’est plus par récupération de la définition anglo-saxonne, que par rapport au mouvement libéral historique français, qui s’est éteint avec le retrait d’Alain Madelin.

  • « Globalement, le libéralisme ne peut être classé ni à la droite ni à la gauche mais comporte de multiples variantes penchant vers la droite ou la gauche. Le libéralisme économique (primat du marché, recul de l’État) est traditionnellement classé à droite, mais le libéralisme sociétal (favorable à la PMA, la GPA encadrée, l’euthanasie active, etc.) se rattache à la gauche. »
    Pas mieux !

  • « Mais Macron est relativement libéral sur le plan sociétal alors que Koenig ne fait aucune proposition dans ce domaine. »
    Objection votre honneur.
    Si on laisse de côté le RU (sous forme d’impôt négatif, cf Friedman) – certains ici doutant de son marquage libéral – Koenig fait au moins deux propositions de libéralisme sociétal :
    – la libéralisation du cannabis
    – la légalisation de la GPA.

  • « Macron relativement libéral sur le plan sociétal »

    Le type qui a instauré un ausweiss pour entrer dans un restaurant… Le mot « libéral » n’a décidément plus aucun sens.

  • « Centre, libéralisme : Emmanuel Macron (LREM)… »

    Lire ça sur un site libéral alors que LREM c’est la gauche socialiste dans un pays qui meurt du socialisme avec une « droite » miamiam tout aussi socialo-étatiste.
    Bref, pour voir qui est *vraiment* le plus libéral, l’article de Jonathan Frickert est une vraie analyse sérieuse:
    https://www.contrepoints.org/2022/02/22/420274-presidentielle-les-5-programmes-les-plus-liberaux

  • Les commentaires sont fermés.

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