Politique-fiction : Elon Musk président ?

À supposer que les États-Unis amendent leur Constitution pour permettre aux personnes nées hors du territoire de devenir président, Musk serait-il un bon chef ?

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Politique-fiction : Elon Musk président ?

Publié le 8 février 2022
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Elon Musk, PDG notamment de Space X et Tesla, ne laisse personne indifférent. Et comme toute personne avec un tel niveau de popularité, on aime s’imaginer à quoi ressembleraient ses politiques s’il pouvait en promulguer.

Elon Musk président : le positif

Il est certain qu’à l’instar de Donald Trump, ses tweets alimenteraient les medias d’informations de par leur mordant – mais aussi, pour Musk, leur classe.

Récemment, la sénatrice Elizabeth Warren – qui embrasse les wokes sans s’en cacher – et d’autres collègues se sont indignés de la désignation de Musk comme personnalité de l’année au Times. Elle veut que Musk paie sa « juste » part d’impôts (ladite part n’étant jamais objectivement définie), elle qui a sciemment menti sur ses origines afin d’obtenir un poste de professeur – profitant ainsi de la discrimination « positive » de plusieurs institutions publique. Côté honnêteté, on repassera.

Musk, qui pourrait pourtant s’acquitter de 15 milliards d’impôts, est somme toute demeuré calme et a simplement traité Warren de « Karen », le cliché de la femme qui veut parler au patron et se croit tout permis. Les réactions des wokes pour dénoncer l’utilisation du terme montre que Musk a définitivement marqué des points.

Plus généralement, de par ses actions, Musk montre une affinité certaine pour le libéralisme. Il a, avec grand fracas, déménagé une bonne partie des opérations de Tesla (et sa propre personne) au Texas. Il n’a pas caché son dédain pour l’étouffante réglementation de la Californie, mais aussi pour le gouvernement en général, qu’il traite de « monopole qui ne peut pas faire faillite. »

Parlant de faillite, il s’est levé contre le ruineux projet de Biden, Build Back Better. Il a remarqué que les voitures Tesla se vendent malgré leur non-éligibilité à un crédit d’impôt – bien que d’autres constructeurs y aient droit. De plus, Build back better contenait un article qui aurait ajouté un autre crédit d’impôt si la voiture achetée provenait de travailleurs syndiqués américains. Musk a ainsi ironisé que Biden était une marionnette des syndiqués du secteur automobile.

Le négatif

Malheureusement, malgré ses commentaires et certaines de ses actions, Elon Musk n’est en réalité qu’un beau parleur.

En effet, un examen plus approfondi de sa carrière professionnelle montre qu’il doit une très grande partie de sa fortune au gouvernement. Certes, il ne faisait que profiter des incitatifs qui lui étaient proposés et il a eu nettement plus de succès que d’autres comme Solyndra.

Mais le fait demeure que, contrairement à Bill Gates (Microsoft) et Jeff Bezos (Amazon), sa fortune provient principalement de ses actions comme, hum, péripatéticienne du gouvernement.

C’est particulièrement évident avec Space X. Bien que le financement des premiers tests provenait de financement privé, la compagnie a véritablement pris son essor quand la NASA s’y est intéressée et lui a donné des contrats de ravitaillement et, plus récemment, l’exclusivité des lancements de ses fusées. La compagnie a également reçu des contrats de l’aviation et profité des largesses du Texas, supposément libéral du côté fiscal, pour ses lancements.

Tesla aussi doit son « succès » aux largesses du gouvernement. Sous Obama, la compagnie a reçu un prêt du département de l’Énergie pour la fabrication de véhicules moins gourmands en essence. Le prêt a certes été remboursé avant terme, mais Tesla aurait-elle pu se développer autant sans ce prêt ? Et que dire de la vente d’indulgences vertes (crédits carbone), créées par le gouvernement, qui a rapporté 500 millions en date de 2015, et d’autres bénéfices salariaux non explicités en date de 2020.

Finalement, SolarCity aussi doit son « succès » grâce aux généreuses subventions de l’État de New York qui a allongé 750 millions en prêts et subventions pour que la compagnie construise une usine à Buffalo. On espérait ainsi la création de 5000 emplois – 150 000 dollars chacun. Ces fonds étatiques s’ajoutent à ceux du fédéral, à hauteur d’au moins 500 millions, ainsi qu’aux subventions aux particuliers aux panneaux solaires – vendus par SolarCity – qui couvraient jusqu’à 30 % de l’installation.

Bref, malgré ses déclarations intéressantes et quelques actions concrètes, Elon Musk semble bien illustrer l’expression Grand parleur, petit faiseur. Bien que l’on puisse saluer son succès ainsi que son remboursement rapide de ses prêts publics, une écrasante partie de sa fortune s’est bâtie autour d’entreprises qui profitent des largesses du gouvernement.

Si, au moins il avait l’honnêteté de Warren Buffet qui rappelle que les investissements dans les énergies dites vertes n’ont du sens que s’ils sont subventionnés. On verra sa véritable grandeur comme homme d’affaires si ses compagnies survivent à une coupure éventuelle des subventions directes et indirectes.

Et selon ses propres mots, il est socialiste. Reste à voir s’il implanterait de telles politiques en voulant réduire l’action de l’État.

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  • Vous écrivez que SpaceX a été privilégié par le Gouvernement américain. Je ne suis pas d’accord.
    Vous oubliez de dire que SpaceX était en concurrence avec d’autres fournisseurs possibles (à commencer par ULA) comme fournisseur de la NASA. SpaceX a remporté la confrontation avec ses compétiteurs possibles, « à la loyale ». Ensuite les conditions de rémunérations, ça se négocie. C’est ça le libéralisme.
    NB: Les prix bas des premiers lancements (relativement à leur coût) n’ont été qu’une anticipation sur les économies d’échelle qu’apporteraient leur plus grand nombre. Toutes les nouvelles sociétés font ce genre d’anticipation à partir du moment où elles ont les financements nécessaires. A ce stade, le problème des financiers est de croire ou non aux perspectives de développement de leur client. Cette projection et cette prise de risque, ça s’appelle faire de la banque (je sais, ça a été mon métier).

    • Absolument. En fait SpaceX fait aujourd’hui économiser de l’argent à la NASA car le coût de ses prestations est inférieur à celui que la NASA aurait supporté en le faisant elle-même (cas classique de gain lié à l’externalisation auprès d’une société privée).

  • Les commentaires sont fermés.

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