Crise covid : leçon introuvable sur une comédie humaine improbable

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Crise covid : leçon introuvable sur une comédie humaine improbable

Publié le 11 janvier 2022
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Les Guadeloupéens et l’État s’affrontent dans les Caraïbes, dans un climat de déraison qui se nourrit des haines réciproques. L’apaisement et la rationalité ne seraient-ils pas la voie à privilégier ? Un punch, on se pose, on échange, on élabore des solutions… Ne rêvons pas : aucun des deux opposants n’en a le désir. Un président court après sa réélection et certains Guadeloupéens se souviennent de tout ce que l’État leur a accordé antérieurement, en guise de faveurs, après qu’ils ont tout démoli, sur les docks ou ailleurs…

Face à des événements récurrents d’origine mystérieuse, l’humain cherche invariablement une explication globale. Il a besoin d’être rassuré. Lorsqu’il n’en trouve plus aucune, il fait appel à Dieu, enfin, il faisait : Dieu a laissé progressivement sa place à la science. Alors le bipède en est réduit à se rabattre sur des boucs émissaires, la finance, les étrangers, les gourous du Great Reset…

Rappel des évidences

La crise covid aura eu le bienfait de nous rappeler ces évidences et de nous montrer la rapidité avec laquelle l’humain retombe dans ses travers mortifères. Craindre le vaccin peut se comprendre mais deviner, en sous-main, l’action de puissances obscures de la Big pharma est plus surprenant…  Quant aux complotistes…

S’ils ont eu l’outrecuidance de refuser le vaccin, se dit l’obtus vacciné pour qui ce traitement représente la panacée, c’est qu’ils ont perdu tout sens commun, qu’ils s’opposent à l’intérêt général et qu’ils sont bas du plafond. Voilà, voilà… C’est devenu la norme, depuis le début de l’épidémie, jusqu’au sommet de la présidence de la République : on estampille, on divise et on dégomme… Et la situation empire en conséquence : personne n’aime se voir qualifier d’abruti.

De surcroît, la Guadeloupe cultive son identité avec détermination, ce qui doit agacer nos gauchisants républicains, qui n’accordent le privilège de vivre selon ses coutumes qu’aux victimes de contrées éloignées, Tibet ou Palestine. Sûrement pas au Français. Le Guadeloupéen n’en veut pas, des leçons de vertu métropolitaines. Il est chez lui et elle le rassure, sa tradition : c’est même précisément elle qui crée la cohésion. Un pays ouvert aux courants d’air perd illico son âme.

D’où qu’ils viennent, et s’ils ne sont pas nos ennemis, les étrangers apparaissent un peu comme des touristes. Le récit commun demeure un liguant essentiel, rien de bien original et il importe de concilier immigration et histoire, ce qui suppose de maîtriser cette dernière plutôt que la dézinguer à coups de wokisme… Les Guadeloupéens, épargnés par ce mal, ont conservé leurs racines et l’État se présente sur leurs terres ancestrales avec un certain handicap. Mais avec des lignes de crédit…

La peur du vaccin

Dans ces charmantes contrées, la science a été maltraitée comme elle l’a été ailleurs. Le vaccin est présenté comme un toxique. Je l’ai déjà dit, mais avoir peur pour de bonnes ou mauvaises raisons, c’est avoir peur tout de même. Écrivez poison sur une perfusion et personne ne se précipitera pour tendre le bras. Contraindre quiconque à s’injecter un supposé poison ne peut mener qu’à des réactions violentes. C’est une évidence pourtant inaccessible à des gouvernants soucieux d’autorité dans le domaine électoralement très payant qu’est la santé. La violence issue de ces diverses incompréhensions n’est certes pas défendable mais ses tenants restent assez simples à déterminer.

Côté gouvernement, la médecine n’est d’évidence pas le domaine de compétence le mieux maîtrisé mais en est-il seulement un ? Certes, l’État s’appuie sur les convictions de scientifiques, mais pas sur de la science, c’est-à-dire sur des données prouvées issues d’études. Il n’en existe guère alors il se contente d’avis d’experts faisant autorité.

On a vu qu’un brillant Nobel pouvait s’égarer lamentablement. On aurait dû, dès le départ, utiliser les bonnes vieilles méthodes politiques, bramer, vociférer, aboyer, haranguer les foules, plastronner en bon mâle alpha : le chef aurait pu dire – on ne sait pas comment cela va tourner mais on sait que la page va se tourner et que notre grande nation ne craint rien. L’État répondra présent, avec ses lits, ses médecins, ses respirateurs : nonobstant quelques malheureuses victimes qu’elle n’oubliera pas, la France éternelle survivra…

Je ne crois pas avoir entendu ce discours churchillien propre à rassembler un peuple qui, ému, larme à l’œil, gravira les plus hauts sommets et se remettra d’une maladie virale mortelle dans 0,3 % des cas. J’ai plutôt entendu tout et son contraire.

J’ai subi, béat, la pathétique agitation de dirigeants en déroute, j’ai vu des ministres brouillons transférer leurs trouilles à la part fragile de la population… Et, cerise sur le gâteau, les élections sont venues apposer leur touche : la raison d’être du politicien, conquérir le pouvoir et le conserver, s’est imposée dans le débat, sans considération pour le reste. Elle n’était plus que ça, l’urgence, faire réélire le boss. Le reste, on verrait une fois le boss élu.

Emmerder les emmerdeurs

Dès lors, piétinant la science en imposant un pass et un vaccin non stérilisant, divisant les braves gens afin de flatter ses propres troupes, l’alpha a tapé de son petit poing sur la table. Il allait emmerder les emmerdeurs, une tâche enfin à sa hauteur. Sans surprise, une moitié de la population l’a suivi, une autre l’a vomi.

Nous avions là un condensé de l’action politique, des dirigeants à leur propre service, une technocratie à la ramasse (quelle administration ici-bas sait stopper une épidémie insidieuse, sérieusement ?), le tout agrémenté de discours impropres à émouvoir quiconque. La jauge, le taux d’incidence, les commerces indispensables, ça prête à rire ou à bailler.

Nos dirigeants nous l’ont montré : ils ne sont pas plus avisés, pas mieux informés et pas bien plus malins que nous. Ils ne sont pas et n’ont jamais été attachés aux intérêts collectifs. Le président, cajolé tout jeune dans le berceau technocratique, n’est sûrement pas le génie que la presse nous a vendu. Il ne dispose pas du bagage intellectuel qui lui permettrait de prendre la hauteur nécessaire, à la façon d’un Pompidou en 1968 et il est sans cesse débordé par son narcissisme. Il en est réduit aux petites manigances politiques sans consistance. Il ne pondra jamais autre chose que cela, ce qui ne l’empêchera même pas d’être réélu.

Liberté avant tout

Jamais je n’ai eu autant besoin de liberté. Jamais je n’ai souhaité comme aujourd’hui établir une distance avec la politique et les politiciens, qui pèsent pourtant déjà si peu dans mon quotidien. Je rêve de l’impossible, un État cantonné à ses fonctions régaliennes. Ce qui me révulse le plus est que nous ne soyons pas unanimes à dresser ce constat.

C’est à chacun qu’il appartient de tracer son destin, individuellement, et c’est la somme des singularités qui fera une grande société. Cela suppose de laisser des miettes à l’État quand le citoyen assisté exige précisément le contraire. Prenez la feuille de route de l’État : terrasser les épidémies, réguler les variations naturelles du climat, réguler les crises économiques… Réveillez-vous. Il n’est même pas capable d’obtenir que les services hospitaliers dont il a la charge fonctionnent.

Les Guadeloupéens vont donc faire les frais de ces diverses insuffisances, ce qui ne les empêchera pas de gratter quelques privilèges au passage. Nous ne l’apprendrons que plus tard, élections passées…

Burn After reading

En songeant à la gestion de cette pandémie, j’ai pensé aux frères Cohen, Burn After Reading : pour un motif futile, la perte du manuscrit recelant des mémoires d’un agent de second rang, la machine s’emballe et les cadavres s’empilent. En toute fin, le grand boss questionne son second (traduction personnelle) :

  • Que pouvons-nous tirer de tout ça, Palmer ?
  • Je ne sais pas, chef.
  • Je ne sais pas non plus, Palmer. Je pense qu’on a appris qu’il vaudrait mieux ne pas réitérer, enfin, si j’ai vraiment compris ce qui s’est passé…
  • Oui, chef…

L’épidémie covid a été préoccupante en mars 2020 uniquement, quand certains services publics de réanimation se sont trouvés saturés dans certaines régions, alors que les confrères de cliniques voisines se grattaient le menton, désœuvrés. Elle ne répond aucunement au tableau apocalyptique qui en a été dressé.

Certaines mesures étaient certes justifiées, mais un trop grand nombre d’entre elles se sont révélées inefficaces, quand elles n’ont pas aggravé la situation. Au moins les plus exotiques feront-elles rire, plus tard. La fin se profile et le président conclue la crise de la manière la plus abjecte, par la division et la haine. Il exploite les morts et les souffrances des familles.

Se livrer à ces manipulations dans l’optique d’améliorer les cotations de son établissement quand on est praticien ou dans l’espoir d’attirer vers les urnes des bulletins en sa faveur quand on est candidat est tout aussi abject. Voyons maintenant ce qu’en dira l’Histoire. Moi, j’en ai assez…

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  • oui… ce n’est pas la crise ou les mesures; c’est bien le discours..lamentable..

    rassurons nous…notre avenir est planifié par ses zozos..

  • Bonjour Denis Dupuy, bonjour à toustes,

    Merci et courage pour la suite ! Mais restez avec nous tous ! Votre logiciel fonctionne bien et, comme pour beaucoup, nos observations laissent perplexe devant cette dérive…

    J’y vois deux points à développer : la notion d’autorité et la circulation de l’information.

    La notion d’autorité s »est retournée car elle s’affichait comme une étiquette fournit par le groupe à la personne la plus apte à tenir un rôle majeur pour atteindre un objectif. Cette autorité est du même acabit que la confiance, ils s’acquièrent par la cooptation. Oui vous allez me dire que c’est le cas… plus vraiment depuis un bon moment…
    La confiance a été dévoyée par la manière dont la publicité d’une marque d’électroménager a asséner notre population pour lui imposer sa vision de la confiance… La confiance se décrète donc maintenant…Il en est de même pour l’autorité : Après avoir été élu, celui qui occupe le trône a « le pouvoir » (Larousse : Puissance particulière de…) et non « de pouvoir » (Larousse : Avoir la possibilité, les moyens physiques, matériels, techniques, etc., intellectuels, psychologiques, etc., de faire quelque chose) et cela avec les « pouvoirs » (Larousse : droits attachés à certaines fonctions). La nuance est importante, il me semble…

    Nous sommes ici dans la nuance, la faille du système mis en place par nos textes, la faille qu’avait relevé M. Chirac avec sa phrase « … président, c’est un métier ! ». Alors que non… et pourtant, il me semble là qu’il nous faut creuser collégialement….

    Dès lors, comment désigner un homme « de pouvoir » plutôt que de donner « le pouvoir » à un homme… ou une femme bien sûr ! hihihi 😉 Je vous ai salué également par mon néologisme dès le début !

    Quant à la circulation de l’information, je suis triste de constater que plus les moyens grandissent et se développent tout azimut quant à sa technologie et son efficacité, comment se fait-il que l’information circule aussi mal ? Pourquoi toujours cette réticence, cette retenue à la distribuer ? Pourquoi se crée-t-il des réseaux parallèle de diffusion ? et son lot de discrimination fracturant notre nation par des avis divergents. Sniff !

    D’un côté, les messages sous le manteau et de l’autre, la censure, la diffamation ou le fanatisme ? Ce, dans les deux sens d’ailleurs ! À quand la simple diffusion des informations de toute part, de façon neutre, sans jet de pierres ou d’insultes ?

    Je cherche de partout des frémissements dans ces deux thèmes, sans résultat. Vous en avez ? S’il vous plaît ?
    Bien à vous toustes

    -1
    • « comment se fait-il que l’information circule aussi mal »

      Mais non ! Elle circule presque aussi bien que les Lada dans l’ex URSS…

  • Excellent!
    La V° est vouée à l’échec parce qu’elle cumule les défauts rédhibitoires ; Centralisme parisien, despotisme présidentielle, prétention d’universalisme d’un autre âge, marxisme toujours actif et maintenant, le climat.
    CPEF

  • Cette vilaine comédie où l’état est maître d’œuvre n’a pas commencé au covid mais au premier jours d’arrivée de notre charmant despote.. Les 80km/h, pour faire plaisir ou pour em….. der? La comédie des retraites pour sauver les retraites ou pour…… Et ça continue…….quant à nos îles paradisiaques, qui s’en occupe ? Personne, elles sont livrées à des moins que rien.

  • Vous avez parfaitement résumé ce que, je pense, beaucoup d’entre nous ressentent.

  • Les commentaires sont fermés.

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