Arbre balsa : l’Amazonie menacée par les éoliennes

Le balsa, arbre amazonien, est utilisé pour la fabrication des pales d’éoliennes. L’engouement pour ses dernières contribue à la déforestation.

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Arbre balsa : l’Amazonie menacée par les éoliennes

Publié le 2 décembre 2021
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Par Gilles Granereau.

L’éolien n’a plus le vent en poupe si l’on en croit les très nombreuses réactions « anti-éolien » rapportées par les médias.

Malgré le forcing mené par les partisans de la « transition énergétique », l’adhésion de la population aux programmes d’installation des énergies renouvelables (ENR) sur le territoire, et notamment des éoliennes, est loin d’être consensuelle.

Seuls ceux qui ont un intérêt quelconque à l’installation des ENR (notamment financier, mais aussi idéologique et/ou lié à leur carrière) adhèrent avec enthousiasme aux projets. Mais aborder le sujet avec objectivité amène à présenter rapidement les principaux inconvénients découlant de l’installation des éoliennes, et également de présenter un impact jusque-là méconnu du processus même de la fabrication des pales.

L’éolien et les oiseaux

Les premières craintes relatives à l’impact de l’éolien sur l’environnement furent rapportées entre autres par une association, le Conseil mondial pour la nature, qui dans un article intitulé « Le grand carnage » a montré que la mortalité aviaire due à l’éolien est bien plus importante que les chiffres avancés par l’ADEME qui affirme « que chaque éolienne ne tue en moyenne qu’entre 0,4 et 1,2 oiseau par an » (on appréciera l’écart…).

Un fascicule du ministère de la Transition écologique rapporte :

Dans une étude de 2017, la LPO estime qu’une éolienne peut être responsable de la mort de 0,3 à 18,3 oiseaux par an. À titre de comparaison, un chat errant est responsable de la mort d’environ 60 oiseaux par an.

À cet égard, on pourra se rapprocher d’un prospectus d’information qui indique :

Selon différentes études et méthodes, un chat bien nourri peut capturer en moyenne 27 proies par an, contre 273 pour un chat errant et 1071 pour un chat haret.

Notons à ce sujet que l’allusion à l’impact des chats errants est dans la droite ligne de la stratégie de l’organisme qui n’avoue qu’à demi-mots son souci de contrôler, voire d’éliminer les chats domestiques pour assurer le bien-être des oiseaux et autres petits mammifères.

Le Conseil mondial pour la nature avance des chiffres totalement différents :

Aux États-Unis, les chiffres récents les plus cités sont de 573 000 oiseaux (et 888 000 chauves-souris) par an, soit près de 15 oiseaux par éolienne1. Cela fait de 12 à 37 fois plus que les estimations de l’ADEME. En Allemagne, l’ornithologue Bernd Koop avait estimé la mortalité annuelle entre 60 000 et 100 000 oiseaux par Gigawatt (GW) de capacité éolienne installée.

Pour les 39 GW que comptent nos voisins d’outre-Rhin, cela ferait entre 2 340 000 et 3 900 000 oiseaux morts par année, soit environ 100 fois plus que ce qu’affirme l’ADEME… Les 18 000 éoliennes d’Espagne tueraient en moyenne entre 6 et 18 millions d’oiseaux et de chauves-souris par an. Cela reviendrait à une mortalité de 100 à 300 oiseaux et 200 à 600 chauves-souris par éolienne et par an.

La pertinence de l’éolien

L’argument apporté par ceux qui n’ont aucune connaissance de la problématique consiste à dire que l’énergie faisant fonctionner les éoliennes est gratuite, renouvelable et durable. Or, il n’en est rien, et l’on doit tout d’abord intégrer l’impact écologique et économique de la fabrication, puis celui du démantèlement.

Dans un article paru dans Contrepoints, Michel Negynas développe un intéressant calcul réaliste, intégrant tout à la fois la fabrication et le démantèlement, et conclut :

On dépensera donc trois fois plus en éolien qu’avec un EPR, soit 18 millions d’euros/MW effectif.

La rentabilité n’est certainement pertinente que pour les investisseurs qui bénéficient de subventions et/ou de droits de polluer (échanges sur le marché du carbone), et vendent leur production au-dessus du prix du marché de l’électricité.

L’impact social

De nombreuses réactions ont été suscitées dans le cas de projets éoliens, qui, outre la destruction de la valeur paysagère, déprécient la valeur de l’immobilier, et semblent induire des problèmes de santé chez les résidents proches de fermes éoliennes, problèmes qui ne sont que rarement pris en compte dans les projets d’installation de champs d’éoliennes.

Un impact méconnu

Nous avons évoqué plus haut très brièvement quelques-uns des impacts négatifs liés à l’éolien. C’est par hasard que j’ai eu connaissance d’un article paru dans l’édition espagnole du journal El País dont le titre a de quoi surprendre : « Los molinos de viento deforestan el Amazonas », soit Les moulins à vent (éoliennes) participent à la déforestation de l’Amazone.

L’introduction de l’article nous en apprend plus sur le sujet :

Qu’est-ce que la déforestation du balsa dans la forêt amazonienne équatorienne a à voir avec la production d’énergie éolienne en Europe ? Ces deux activités, apparemment si éloignées l’une de l’autre, ont un lien pervers : la fièvre des énergies renouvelables a déclenché la demande mondiale pour le bois de cet arbre amazonien, une ressource naturelle utilisée en Europe et en Chine comme composant dans la construction de pales d’éoliennes, construites dans le feu de la transition énergétique portée par la nécessité de décarboner l’économie.

L’auteur donne un lien sur Google permettant de voir en quoi et comment est utilisé ce bois.

Le balsa

Cet arbre présente la particularité d’avoir une densité de 0,14, soit 140 kg/m3. Il est donc beaucoup moins dense que, par exemple, le pin maritime qui affiche 0,62 de densité (620 kg/m3). Le balsa est homogène, peut être facilement travaillé, et présente une bonne résistance malgré sa faible densité. Pour ces raisons, il est utilisé en aéromodélisme, et plus généralement en modélisme, ou dans l’industrie pour alléger et renforcer des structures composites (ce qui est le cas des pales d’éoliennes).

Le balsa est aussi nommé fromager pyramidal (Ochroma pyramidale) ; il était précédemment classé dans la famille des Bombacaceae (comme les baobabs), mais est désormais rattaché à la famille des Malvaceae, sous-famille des Bombacoideae. C’est un grand arbre pouvant atteindre plus de 40 mètres de haut. Il est originaire des forêts tropicales d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale.

Son fruit contient une fibre laineuse ferrugineuse, nommée kapok, que l’on utilisait jadis pour rembourrer les oreillers et matelas. Sa culture est particulièrement délicate, car contrairement à d’autres arbres pouvant être plantés en lignes espacées, il exige de pousser en touffes.

Dans les conditions optimales de développement, sa croissance est très rapide, il peut atteindre 6 mètres sa première année ; il est possible de le couper à partir de 6 ou 7 ans, mais son optimum d’exploitation se situe vers 15 ans, alors qu’il atteint une trentaine de mètres.

La ruée économique sur le balsa

Jusqu’à l’avènement des éoliennes la demande en balsa restait relativement marginale, et l’approvisionnement permettait d’assurer une gestion durable des balsas, en réalisant des prélèvements mesurés et contrôlés. L’auteur de l’article précise :

L’Équateur, qui est le principal exportateur, avec 75 % du marché mondial, compte plusieurs grandes entreprises telles que Plantabal SA à Guayaquil, qui consacre jusqu’à 10 000 hectares à la culture du balsa pour le commerce à l’étranger. Mais avec l’essor de la demande à partir de 2018, cette entreprise et d’autres grandes entreprises achetant auprès de fournisseurs indépendants ont eu du mal à faire face aux commandes internationales.

L’année 2018 est considérée comme celle où la demande pour la production de pales d’éoliennes s’est intensifiée. En effet, l’augmentation de la longueur des pales, pouvant atteindre 100 mètres, oblige à trouver des solutions pour les alléger au maximum.

L’utilisation du balsa, selon le procédé de composite sandwich, permet de renforcer les fibres et d’atteindre des longueurs importantes sans que la résistance ne soit mise en cause. Au titre des inconvénients, on peut en citer un concernant les besoins en ce bois rare, à savoir que la réalisation d’une pale de 100 mètres peut induire la mise en œuvre de 150 m3 de bois…

Il s’ensuit un emballement du marché, la demande étant supérieure à l’offre de balsa. L’auteur du journal El País, indique :

Cette augmentation de la demande a conduit à la déforestation de l’Amazonie. Les coupes illégales de balsa prolifèrent car, ce bois étant peu cultivé, les exploitants recherchent le balsa qui pousse naturellement sur les îles et les berges des fleuves amazoniens. L’impact de cette exploitation sur les peuples indigènes de l’Amazonie équatorienne est très fort, tout comme l’extraction minière et pétrolière, et la ruée sur le caoutchouc l’étaient à l’époque.

Ces exploitations illégales affectent par conséquent la forêt vierge. De plus elles sont favorisées par la création d’une véritable autoroute récemment construite, et qui a permis d’atteindre des zones forestières jusque-là préservées de la déforestation.

Il est regrettable que cette information ne soit pas relayée et ne fasse pas l’objet, lors des coûteuses réunions internationales comme la COP 26 de Glasgow, de prise de mesures contraignantes ! Mais il est plus facile d’imposer des contraintes aux citoyens-contribuables que nous sommes, en argumentant sur de faux problèmes tel l’impact imaginaire du CO2 sur les climats, que de s’attaquer aux fabricants et exploitants d’éoliennes qui sont implicitement adoubés par la climatocratie et bénéficient de ce fait de sauf-conduits et de privilèges leur permettant de dégager d’importants bénéfices.

On peut donc affirmer aujourd’hui que la transition écologique contribue, par le biais de ses politiques énergétiques, au déboisement de la forêt amazonienne !

 

  1. Des données plus récentes sont données dans une étude américaine : «… nos projections laissent peu de doute sur le fait que le nombre annuel d’oiseaux perdus à cause des éoliennes américaines est d’au moins un demi-million, et une estimation tout aussi prudente porterait ce nombre à près de 700 000 oiseaux. Il est possible que le chiffre pourrait dépasser 1 million. Et pour les multiples raisons évoquées ci-dessus, il s’agit probablement de sous-estimations ».
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  • l’amazonie est le problème des brésiliens pour l’essentiel..
    c’est un argument qui je dois avouer ne me touche qu’à demi.

    En dépit de l’impossibilité de définir un « mieux environnemental » objectif, en tant que machine à transformer les fossiles en électricité utiles pour un mode de vie contemporain , le nucléaire apparait comme supérieur.. SAUF à diaboliser la radioactivité artificielle .

    mais qui suis je pour m’indigner de la déforestation en Amazonie?

    et qui suis je pour m’indigner que mon voisin abatte un arbre sur son terrain?

    et j’ai une solution pour sauver l’Amazonie..l’acheter…aux brésiliens et payer des impots au brésil..

    • L’Amazonie est aussi, certes dans une faible mesure, le problème de la France, elle en recouvre largement une région, je ne suis pas sûr que la gestion française de cette forêt soit exemplaire. On a un peu tendance à l’oublier et à se contenter de taper sur le Brésil.

  • « L’éolien n’a plus le vent en poupe si l’on en croit les très nombreuses réactions « anti-éolien » rapportées par les médias »
    Non, juste 75 % !

    « Malgré le forcing mené par les partisans de la « transition énergétique », l’adhésion de la population aux programmes d’installation des énergies renouvelables (ENR) sur le territoire, et notamment des éoliennes, est loin d’être consensuelle. »
    Ben oui, seulement à 75 % !

    « Seuls ceux qui ont un intérêt quelconque à l’installation des ENR (notamment financier, mais aussi idéologique et/ou lié à leur carrière) adhèrent avec enthousiasme aux projets. »
    A part les 75 % de la population qui y adhérent !

  • Les arbres et les petits oiseaux… Une telle préoccupation de l’écologie écologiste est émouvante, tellement on y est peu habitué par ici !

  • La déforestation a lieu en Amazonie. Donc est écologiste car sans impact sur l’écologie européenne.
    Il en est de même avec les terres rares extraites en Chine et nécessaires aux cellules des panneaux photovoltaïques.
    Il en est de même pour le lithium péruvien nécessaire aux batteries des automobiles et bientôt aux batteries devant assurer le stockage de l’électricité pour les périodes sans vent.
    L’écologie est une vaste escroquerie menée par des militants lobotomisés aux discours d’une minorité d’extrême gauche qui a trouvé ce créneau pour exister et prendre le pouvoir.

    • Et aidés par gvt avides de voix

    • désolé..définissez écologisme car c’est la défense de l’environnement..et non de votre environnement..
      l’environnement est global …

      l’environnement est l’analogue idéologique à l’interet général..

      la protection de l’ environnement implique alors de pouvoir saccager le votre pour le bien « global »…

      l’écologisme c’est en fait la gastronomie..des gens prétendent savoir ce qui est bon pour l’environnement..
      imbécillité qu’un adage d’enfant peut voir, les gouts et les couleurs ça ne se discute pas..

      l’écologisme est une impasse SAUF les décroissances.. ou la surpopulation..

  • C’est un peu leger ….

    • mon dieu on y a voit l’interet de jeancovici et son problème..donnez moi 100 milliards et je vais « bien » les dépenser… c’ets un étatiste et un scientiste .

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