Françoise Barré-Sinoussi, la découverte du VIH – Les Héros du progrès (10)

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, hommage à Françoise Barré-Sinoussi, une scientifique qui a découvert, avec Luc Montagnier, le VIH, rétrovirus qui cause le SIDA.

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Prof Francoise Barre-Sinoussi by Academy of Medical Science(CC BY-NC-ND 2.0)

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Françoise Barré-Sinoussi, la découverte du VIH – Les Héros du progrès (10)

Publié le 1 décembre 2021
- A +

Par Alexander C.R. Hammond.
Un article de Human Progress.

Voici le dixième épisode de la série d’articles intitulée « Les héros du progrès ». Ces textes fournissent de courtes présentations de héros ayant magnifiquement contribué au bien-être de l’humanité.

Notre dixième héros du progrès est une héroïne, Françoise Barré-Sinoussi, une virologue française qui a découvert le virus de l’immunodéficience humaine, le VIH, cause du syndrome d’immunodéficience acquise, le SIDA. La découverte de Barré-Sinoussi a conduit au développement de traitements médicaux qui ralentissent la progression du VIH et réduisent le risque de transmission.

Françoise Barré-Sinoussi est née le 30 juillet 1947 à Paris. Dès son jeune âge, elle montre un intérêt pour la science et décide d’alimenter sa passion pour la connaissance à l’Université de Paris. Au départ, elle voulait étudier la médecine, mais issue d’un milieu modeste, elle choisit les sciences naturelles, un cursus plus court que la médecine, pour épargner des frais d’internat à sa famille.

Après quelques années d’études à l’université de Paris, Barré-Sinoussi commence à travailler à temps partiel à l’Institut Pasteur, un centre de recherches spécialisé dans l’étude de la biologie, des maladies et vaccins. Rapidement salariée à plein temps, elle ne fréquente l’université que pour y passer ses examens. Son doctorat obtenu en 1975 et après un bref stage aux États-Unis, elle travaille alors sur un groupe de virus appelés rétrovirus.

Dans le courant des années 1980 les scientifiques se sont trouvés démunis face à l’épidémie de SIDA. Françoise Barré-Sinoussi a utilisé sa connaissance des rétrovirus pour faire des expériences sur le SIDA. En 1983, elle et son collègue Luc Montagnier font la découverte révolutionnaire du VIH, à l’origine du SIDA.

Cette découverte conduit à de nombreuses percées scientifiques qui ont contribué au combat contre le SIDA, incluant de nombreuses technologies de tests et de diagnostics, et des trithérapies qui sauvent des vies.

En 1988, elle devient responsable de son propre laboratoire à l’Institut Pasteur et commence des recherches intensives pour un vaccin contre le VIH. Sans succès à ce jour, son équipe continue de travailler sur les mécanismes visant à se protéger de la contamination.

En 2008, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier ont reçu le Prix Nobel de physiologie ou de médecine, en récompense de leur découverte du VIH. Elle a aussi reçu quantité d’autres prix et de doctorats honoraires. En 2006, elle a été nommée Grand Officier de la Légion d’Honneur, le plus haut ordre du mérite de la France. De 2012 à 2016, elle a été présidente de la Société Internationale du SIDA. Elle a pris sa retraite en 2017.

Comme Humanprogress.org l’a déjà noté auparavant, grâce à la découverte du VIH, et à la création de différents traitements, l’humanité est désormais en passe de gagner la guerre contre le SIDA. Depuis le pic de la pandémie du VIH au milieu des années 2000, alors que chaque année 1,9 million de personnes mouraient de cette affection, en 2017 moins de un million de malades en sont morts. Leur nombre est aussi en recul : 3,4 millions dans le courant des années 1990, 1,8 million en 2000 ; soit une diminution de 47 %.

Sans les contributions de Françoise Barré-Sinoussi, la croisade de l’humanité contre le SIDA ne serait pas aussi avancée et couronnée de succès qu’elle ne l’est aujourd’hui, et des millions de personnes mourraient du virus chaque année. Voilà pourquoi elle est notre dixième héroïne du progrès.

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Sur le web

Un article publié initialement 29 mars 2020.

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  • Les jurys Nobel limitent le nombre de récipiendaires. Qu’il me soit permis de rappeler que le « troisième homme » a été Jean-Claude Chermann, injustement oublié.

    • F Barré-Sinoussi était l’étudiante de JC Chermann et c’est lui qui l’a guidée tout le long de ses études sur le VIH. Mon mari les connaissait tous les deux et sait ce que chacun a accompli. Sans JC Chermann, elle n’aurait jamais eu ce prix Nobel. Je pense que Montagnier a éliminé Chermann pour des raisons de compétition minables et a mis en avant son étudiante qui ne le méritait pas sans l’investissement de son directeur de recherche. Cette femme aurait dû le dire et ne pas accepter ce prix sans que JC Chermann y soit associé mais le manque d’intégrité se retrouve souvent en recherche et beaucoup d’étudiants oublient le rôle de leur mentor une fois le travail accompli. Cette histoire est lamentable. J’ai soutenu JC Chermann à l’époque, il ne s’en est pas vraiment remis, mais je trouve que l’auteur de cet article aurait dû s’informer un peu mieux. Pour moi en faire une héroïne n’est pas acceptable.

      • L’article est très intéressant. Cependant il manifeste un optimisme qui n’est pas encore suffisamment évident en mars 2020. Le traitement de la maladie a permis quelques guérisons isolés. Mais malheureusement on est encore loin des garanties de succès total.

  • Coquille: ce n’est pas Montaigner mais Montagnier.

  • Loin de moi de vouloir nier la qualité des travaux de l’équipe qui a découvert le virus du sida, ni leur compétences ou quoi que ce soit de ce genre.
    Il ne reste pas moins que le Prix Nobel pour la découverte du HIV a été attribué à l’équipe qui a eu la chance d’être la plus rapide à une époque ou cette maladie faisait la une des journaux toutes les semaines et où des dizaines d’équipes à travers le monde cherchaient le vecteur de la maladie.
    A quelques semaines ou mois près les lauréats auraient pu être d’autres personnes et la médiatisation de la maladie a plus fait pour l’attribution du prix que l’existence d’une avancée majeure de la science.
    On trouve régulièrement de nouveaux virus, qui n’ont pas la médiatisation du virus du sida, et on n’attribue pas spécialement de prix Nobel…

  • Intéressant de voir qui veut des lauriers. Début 1967 j’ai été incorporé dans la marine nationale, centre de formation à Hourtin. Pendant cette formation de base l’on nous a aussi appris certains comportements. Un message que je n’oublierai jamais et qui était particulièrement destiné aux futurs marins embarqués, ce qui est une minorité, essentiellement adressé à ceux qui iront en Afrique : il faudra toujours vous protéger lors de rapports sexuels, en plus des maladies vénériennes connues, surtout bien montrées en détails en projection sur diapositifs et films, là bas il existe une ou des maladies qui attaquent le système immunitaire. Aucun médicament actuel ne pourra vous soigner, vous êtes condamné à mort. Il devait bien s’agir du SIDA qui n’avait pas encore de nom. Ensuite d’autres que les militaires se sont occupés de cela, peut être aussi pour raison économique, pas seulement la gloire… J’ai maintes fois raconté cela à des médecins qui, parfois hochaient la tête ou s’intéressaient au sujet en déclarant : pas étonnant que la grande muette sache des choses non publiques.

  • Et Jean-Claude Chermann ??????? Comment peut-on écrire un tel article sans évoquer la polémique sur l »oubli » de JC C ?

  • Les commentaires sont fermés.

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