L’humanité est peut-être en passe de gagner la guerre contre le SIDA

Il y a moins de quarante ans, le SIDA était une pandémie incurable. Aujourd’hui, on commence à entrevoir vaccin et guérison.

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L’humanité est peut-être en passe de gagner la guerre contre le SIDA

Publié le 13 août 2018
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Par Marian L. Tupy.

L’humanité est en passe de gagner la guerre contre le SIDA. Les décès dus à la maladie sont en baisse et il en va de même pour le nombre de nouveaux cas. De plus en plus de malades ont accès à une thérapie antirétrovirale bon marché et efficace, et il est probable que dans un avenir proche un traitement ou un vaccin portera le coup de grâce définitif à cette terrible maladie.

Une brève histoire du SIDA et du virus HIV

Le SIDA (ou syndrome d’immunodéficience acquise) est un ensemble de désordres médicaux en aggravation progressive causé par le virus de l’immunodéficience humaine ou VIH (HIV en anglais). Non traité, il entraîne finalement le décès de la personne infectée. En général, le HIV se transmet lors de rapports sexuels non protégés, lors de transfusions avec du sang contaminé et via l’utilisation de seringues hypodermiques infectées. La transmission peut aussi se faire de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

Les scientifiques estiment que le HIV est une variante du virus d’immunodéficience simienne ou VIS (SIV en anglais) qui attaque le système de défense immunitaire des singes. Ils pensent que le virus a « sauté » des simiens aux humains dans les années 1920 lorsque des chasseurs congolais se sont retrouvés en contact avec du sang animal.

Les premiers cas documentés d’infections par le HIV se situent notamment au Congo en 1959, en Norvège en 1966 et aux États-Unis en 1969. À ses débuts, la maladie se diffusait surtout au sein de la communauté gay. En 1978, le taux d’infection atteignait 5% des homosexuels hommes à New York et San Francisco.

La maladie commença à intéresser la presse généraliste en 1981 puis fut baptisée SIDA l’année suivante. Au fil du temps, elle en vint à concerner tout le monde puisque les hommes et les femmes hétérosexuels représentent la vaste majorité des 76 millions de personnes touchées par le virus depuis 40 ans. Ils représentent également la vaste majorité des 35 millions qui en sont décédées sur la même période.

Étant donné que le virus HIV se transmet essentiellement via les rapports sexuels, son fort potentiel de destruction fut très rapidement identifié. En conséquence, les chercheurs du monde entier ont consacré la majeure partie des 40 dernières années à travailler sur des vaccins, des traitements et des médicaments anti-SIDA.

Les traitements ont évolué rapidement et radicalement

Les premiers médicaments permettant de ralentir la progression du HIV sont apparus au milieu des années 1990. Aujourd’hui, le SIDA peut être combattu avec un traitement antirétroviral hautement actif (HAART en anglais) qui non seulement freine l’évolution du virus mais diminue le risque de transmission d’une personne à une autre.

La pandémie a atteint son point culminant au milieu des années 2000, époque où 1,9 million de personnes mouraient chaque année du SIDA. En 2017, la mortalité est tombée à moins de 1 million. Vers 1995, on comptait 3,4 millions de nouvelles infections chaque année. En 2017, elles ne furent plus que 1,8 million. En 2017 toujours, 37 millions de personnes souffraient du SIDA. Parmi elles, 59% avaient accès aux soins nécessaires (voir graphique ci-dessous).

Actuellement, l’Afrique subsaharienne représente presque les deux tiers des personnes vivant avec le HIV. La prévalence du virus y culminait à 5,8% en 2000 et se situe à 4% aujourd’hui. Dans cette région, 44% des personnes infectées ont accès à un traitement HAART.

En 2000, un tel traitement coûtait plus de 10 000 $ par patient et par an. Si l’on en croit les observations de l’ONU :

En moins d’un an, le prix a fondu à 350 $ par an suite à l’arrivée de produits génériques. Depuis, le coût du traitement a continué à baisser en raison de la concurrence qui s’est instaurée entre les fabricants de produits génériques de qualité.

En 2016, ce prix est tombé à 64 $ par patient et par an. Une large part du financement provient des programmes d’aides occidentaux tel que le plan d’urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le SIDA.

Perspectives d’avenir

Que peut-on attendre du futur ? Jusqu’à présent, le virus s’est montré diaboliquement difficile à éradiquer. Il convient donc de rester prudent vis-à-vis de toute nouvelle avancée médicale. Cela dit, on en sait beaucoup plus sur le HIV aujourd’hui et les scientifiques sont probablement plus proches que jamais de la mise au point d’un vaccin ou d’un traitement permettant une guérison définitive.

Par exemple, à la fin de l’année dernière, des médecins qui utilisaient du Nivolumab, un traitement anti-cancer développé par les laboratoires Medarex et mis sur le marché par Bristol-Myers Squibb, ont remarqué « une diminution radicale et persistante » des globules blancs infectés par le HIV.

Un vaccin contre le HIV est peut-être également en route grâce à une nouvelle molécule élaborée par des scientifiques de Harvard, du MIT et des Instituts américains de la santé. D’autres chercheurs ont montré que cette molécule a déclenché une réponse immunitaire protectrice chez les humains et a empêché deux tiers des singes de devenir infectés.

Les esprits chagrins pourront toujours se plaindre : 40 ans, c’est bien long pour venir à bout du virus HIV. Mais d’un point de vue historique, cette remarque témoigne surtout de l’ignorance de qui la profère. La variole, la polio, les oreillons, la maladie du ver de Guinée et le paludisme ont été la plaie de l’humanité pendant des millénaires. Aujourd’hui, toutes ces maladies sont éradiquées pour certaines et guérissables pour les autres. Quarante ans entre l’irrruption d’une pandémie et son traitement – et, espérons-le, son éradication prochaine – ne sont jamais qu’un clin d’œil à l’échelle de l’histoire des hommes.

Traduction par Nathalie MP pour Contrepoints de Humanity is winning the war on AIDS.

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  • Bonjour

    Lire le livre de de Fumento  » The Myth of Heterosexual AIDS: How a Tragedy Has Been Distorted by the Media and Partisan Politics ».

    Livre édifiant sur la propagande de la fin des années 80, où on nous promettait la fin du monde. Avec le totem; la capote.

    La même propagande est en marche avec le RCA, avec les même acteurs; les média, les politiques et les scientifiques médecins qui ont avancés des chiffre farfelus de séropositifs, ce qui prouve que la communauté scientifique peut se tromper.

    • @ gillib
      « ce qui prouve que la communauté scientifique peut se tromper » , c’est vite dit mais assez faux!
      Ce n’est pas la communauté scientifique (internationale) qui se trompe et l’accuser en bloc n’a pas de sens.
      La maladie est mortelle dans presque tous les cas. Actuellement, correctement traitée, les signes vécus ou recherchés au laboratoire peuvent disparaitre, même avec un traitement intermittent. On ne parle que d’une guérison apparente et il n’est pas encore légitime d’arrêter tout traitement définitivement. Et ce seront sans doute des patients traités qui arrêteront eux-mêmes leur traitement et leurs cas diront peut-être alors si une guérison réelle est possible, au moins pour certains. C’est ainsi que la science avance lentement. (on sait qu’il faut 5 ans pour dire que quelqu’un est « en rémission » du cancer, ce qui n’exclut pas la récidive parfois bien plus tardive.) En science, on n’affirme que ce qui a été régulièrement prouvé et en médecine les « vérités » n’existent qu’affublées de 2 %ages (min et max), issus des multiples études sérieuses relativisant cette « vérité ». Donc les personnes peuvent se tromper, pas la communauté scientifique internationale aux opinions variées.

      • Je persiste, les publications médicales d’estimation de nombres de sero positifs en 90 en France étaient de 250 000 à 350 000, chiffres totalement farfelus puisque en 2002 la première estimation sérieuse (avec modèles mathématiques) donnait 102 000. Bien entendu AIDS s’est mis à menacer, gesticuler (et je suis poli), car ces chiffres ne lui plaisaient pas.
        Je comprends un médecin Parisien dans un centre d’infectiologie s’alarmer en voyant les malades passer de 0 à +sieurs milliers, mais au niveau de la France la situation était tout autre (encore les méfaits du Parisiano-hospitalo-centrisme).
        Les médecins complices? Estimer 5 fois plus de sero-positifs que la réalité relève plutôt de l’effet de loupe; le SIDA étant devenu une maladie à la mode (si je puis dire).
        Avez vous lu le livre de Fumento? On vois tous les groupes d’intérêts (même divergent) utiliser ce drame pour leur propre agenda de concert.

        • @ gillib
          Merci de votre réponse. Vous aurez remarqué que je parlais bien de la communauté scientifique internationale.
          D’où sortent les chiffres? Ministère de la santé ou « sociétés savantes? Comptés ou estimés?
          Je n’ai pas supposé l’absence de conflits d’intérêt, voire de corruption ou de tricherie dans des études françaises (dans votre cas cité): c’est bien pour ça que la « communauté » contrôle la vraisemblance des chiffres d’un pays parmi ses voisins et comme cela qu’on a quasi pu déceler le foyer primitif où l’épidémie a commencé, a posteriori, bien sûr.
          Et non, je n’ai pas lu ce livre.

          • Les chiffres de sero positifs sont ceux estimés. Ces chiffres des années 1985-1995 sont une estimation de nbre de sero-positifs en France.
            Je n’ai pas ici les références, je suis près de la piscine avec un jus de pamplemousse glacé et n’ai pas de BU à ma disposition ;), et je parle d’après mes souvenirs.
            Les 102 000 sont ceux de la prévalence estimée par rétrocalcul (pool de malades x taux de contamination x et durée d’incubation).

            C’est vrai que les médecins français ont été durablement frappés par « l’affaire du sang contaminé » à cette époque et qu’ils faisaient (en tout cas en France) profil bas.

            Merci Georgina Dufoix.

            Quant à la campagne sur le preservatif, seul moyen de prévention, le livre de Fumento démontre qu’il est plus dangereux d’avoir des rapports avec préservatif avec une population à risque que sans avec une personne lambda.
            Faut-il choisir son partenaire, être monogame fidele et éviter les rapports anaux, ou bien avoir des rapports homosexuels avec préservatif ?
            En un mot, donne-t-on les bons conseils?
            Le Pape et Pr Montagnier ont donné leur avis, à la fureur des média et des lobbys LGBT.

            • @ gillib
              D’abord, je vous souhaite bien du plaisir, près ou dans la piscine, abreuvé de boissons faîches et agréables, bien sincèrement.

              Ensuite, oui, et vous verrez ce problème prendre de l’ampleur, dans l’avenir! Les infos lues, vues ou lues devraient logiquement être exactes, au moins dans l’estimation mathématique de probabilité.
              L’esprit humain préfère de loin, le oui ou non ou le noir et blanc, en négligeant tout ce qu’on appelle « échelle des gris ».

              Pour ma part, je suis persuadé que c’est par le réflexe du doute qu’on peut approcher d’une « vérité nuancée » bien plus réaliste. Le mode en , mais est sans doute anachronique mais c’est le mien.

              Donc, je fais bien la différence entre « mon avis » et l’interprétation d’une citation (hors contexte!!!) où il est plus aisé de discerner ce qui est affirmé de ce qui ne l’est pas: c’est actuellement essentiel pour saisir ce qu’il y a à confirmer!

              • @ gillib
                Désolé pour ces erreurs:
                – (5 ième ligne) Lire les informations ENTENDUES, vues ou lues
                – (lignes 12 et 13) Lire le mode est sans doute anachronique, mais c’est le mien.
                Désolé!

  • 40 ans qu’on me bourre le mou en me disant que faire l’amour c’est dangereux.
    Mes parents ont connu la libération sexuelle, moi je n’ai connu que la montée du puritanisme au niveau mondial.
    Le SIDA est une aubaine pour les malthusiens et les moralisateurs de tous poils.

  • La maladie date de 1920, elle n’a divergé vers le statut épidémique qu’en 1980; pourquoi et comment ?
    Parce qu’entretemps la perméabilité de l’espèce humaine a explosé au rythme de la surpopulation et de la mobilité.
    Nous avons eu la chance que la transmission soit limitée. Imaginons qu’elle soit aussi contagieuse que la grippe: le problème de la surpopulation serait durablement résolu.
    Le prochain virus qui sera très contagieux longtemps avant d’être symptomatique pourrait bien ne pas nous laisser le temps de réagir et n’épargner que quelques tribus isolées.

    • @ mc2
      Oui, enfin… Tout a changé en 60 ans! Surtout en Afrique! les routes, les véhicules, la « mobilité », la population, l’urbanisation, le trafic aérien etc …
      Et puis, vous savez, avec les pignoufs anti-vaccin, la rougeole est revenue et a recommencé à tuer, peu, mais à 100% pour les décédés!

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