OMS, ONU : la peur, fondement de l’intervention publique

Red Alert by rykerstribe(CC BY 2.0) — rykerstribe, rykerstribe

C’est l’étrange alarmisme de l’OMS qui devrait nous alarmer.

Par Jonathan Frickert.

Dénombrerons-nous 500 000 morts d’ici la fin de l’hiver si nous ne faisons rien ? Alors que l’exécutif français semble être passé dans une phase d’alarmisme après avoir fait voter la prolongation du pass sanitaire jusqu’à l’été, l’Organisation mondiale de la santé s’est montrée ce jeudi très préoccupée par la situation épidémique européenne.

Le flamand Hans Kluge, directeur régional de l’organisation pour l’Europe depuis février 2020, a notamment pointé du doigt l’insuffisance de vaccination et l’assouplissement des mesures dans la plupart des pays européens.

Principal signe d’alerte : le doublement des hospitalisations en moins d’une semaine dans les hôpitaux du vieux continent.

Le retour de Tartuffe

Cet alarmisme a une certaine dose d’ironie, les champions mondiaux de la hausse du nombre de décès liés à la covid ne sont autres que les pays d’Europe de l’Est dont les États ne sont guère connus pour leur laxisme à l’égard de leur population.

Ensuite, l’OMS n’a guère brillé dans cette pandémie.

Depuis bientôt deux ans, l’organisation a montré, plus que dans toute son histoire, son inutilité.

Outre les soupçons de collusion avec le régime chinois, l’OMS est régulièrement attaquée pour son absence de vision et sa structure bureaucratique favorisant largement la corruption, comme le rappelait dans nos colonnes Christophe de Brouwer en avril 2020.

Tout cela évidemment financé grassement par les contribuables du monde entier, sans doute heureux de savoir que l’OMS aurait par exemple, en mars 2017, dépensé davantage pour les voyages de son personnel que pour la lutte contre les grandes épidémies qui secouent encore aujourd’hui la planète.

Autant d’éléments qui sont loin d’apporter du crédit aux alertes de l’organisation. Pour cause, au micro de nos confrères de CNews vendredi, le professeur Bruno Megarbane a mis en doute le réalisme de telles prévisions, évoquant plutôt 350 000 morts d’ici le mois de mars.

Voilà qui devrait mettre la puce à l’oreille sur l’étrange alarmisme de l’OMS.

Peur du virus ou peur de la saturation

Difficile de ne pas voir dans ces appels une réplique de ce que nous connaissons depuis bientôt deux ans. La peur du virus a été un des plus puissants justificatifs de mesures liberticides de ces dernières décennies.

Une peur masquant en réalité une autre, bien plus terrifiante pour la structure bureaucratique : celle d’une saturation hospitalière provoquée par des années de politique publique en matière de santé incapable de sauver un système maintenu en vie par des personnels de terrain parmi les plus qualifiés au monde.

Incapable de reconnaître ses erreurs en matière de politique de santé, l’État s’est trouvé dans une situation de panique à l’arrivée d’une de ces crises auxquelles nos autorités se targuaient pourtant régulièrement de se préparer.

Paniquards contre rassuristes

Cette question s’est affichée au grand jour en mars 2020, alors que la France se divisait entre les paniquards et les rassuristes. Les mesures devenaient de plus en plus pérennes à mesure que leur illisibilité devenait de plus en plus croissante.

Au cœur de ces problèmes se trouve un certain paternalisme étatique né d’une aversion de ce dernier au risque. Peur et crise s’entretiennent et se succèdent dans un mouvement cyclique au détriment des libertés qui régressent année après année.

La peur cadenasse et muselle les opinions divergentes jugées dangereuses au bien-être et surtout à la sécurité de la communauté.

Si la pandémie en est un exemple, ce schéma se répète évidemment s’agissant de la question climatique.

Le retour du catastrophisme climatique

L’alarmisme de l’OMS n’est pas sans rappeler celui de l’ONU vis-à-vis de la question climatique. Au moment même où l’OMS alertait sur les conséquences du rebond de la pandémie, le programme onusien pour l’environnement a alerté sur celles, jugées imminentes, du dérèglement climatique et a appelé à accroître significativement les financements publics, estimant que sur les 16 700 milliards de dollars de mesures de relance verte, seule une toute petite partie aurait été utilisée.

Plus récemment, l’Organisation des Nations Unies a publié une petite vidéo humoristique, évoquée samedi dans nos colonnes par Philippe Mösching, où un dinosaure évoque l’extinction prochaine de l’espèce humaine en raison du réchauffement climatique.

La peur, moteur de l’accroissement public

Qu’il s’agisse des restrictions des libertés ou de l’accroissement de dépenses publiques à l’intérêt rarement prouvé, du niveau local, national ou mondial, la peur constitue toujours un moteur puissant d’accroissement de la sphère publique au détriment du bon sens et de nos libertés.

Jeudi, l’ONU et l’OMS l’ont une nouvelle fois démontré.

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